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OTAN-Ukraine : Kyiv supplie ses alliés pour des missiles Patriot et NASAMS alors que la Russie transforme l’hiver en arme de guerre
Crédit: Custom

Un missile conçu pour l’apocalypse

L’Oreshnik — « noisetier » en russe, un nom presque poétique pour une arme de destruction — n’est pas un missile ordinaire. C’est un missile balistique de moyenne portée capable d’atteindre des cibles situées entre 3 000 et 5 500 kilomètres. Sa particularité terrifiante : il peut emporter des ogives nucléaires. Quand Vladimir Poutine a dévoilé cette arme en novembre 2024 lors d’une première frappe sur Dnipro, il a pris soin de préciser qu’elle était « quatre fois plus puissante que la bombe d’Hiroshima ». Que l’Europe n’avait pas de systèmes d’alerte précoce. Qu’elle serait « vitrifiée » en cas d’escalade.

Cette fois, le 8 janvier, c’est Lviv qui a été frappée. Pas au hasard. Lviv se trouve à 70 kilomètres de la Pologne, membre de l’OTAN. Le missile a été tiré depuis le polygone de Kapustin Yar, dans la région d’Astrakhan, à quelque 1 400 kilomètres de sa cible. Le ministère russe de la Défense a revendiqué avoir détruit l’usine de réparation aéronautique de Lviv, affirmant qu’elle entretenait des chasseurs F-16 et MiG-29 transférés par l’Occident. La Russie a présenté cette attaque comme une « réponse » à une supposée frappe ukrainienne sur la résidence de Poutine à Valdaï le 29 décembre 2025 — une allégation que Kiev et Washington ont catégoriquement démentie.

Le message derrière la frappe

Les experts militaires sont unanimes : cette frappe relève davantage du signal politique que de la logique tactique. Pourquoi utiliser un missile coûteux, sophistiqué, capable de porter des têtes nucléaires, pour frapper une cible que des drones Shahed auraient pu atteindre à moindre coût ? Parce que le message compte plus que la destruction. « C’est un message clair destiné à Trump, Macron, Merz et aux dirigeants européens », a déclaré le maire de Lviv, Andriy Sadovyi. « La frappe a été effectuée à la frontière de l’Union européenne. Un missile similaire pourrait atteindre les capitales européennes en six à sept minutes. »

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, n’a pas mâché ses mots : « La Russie tente de nous forcer à abandonner notre soutien à l’Ukraine, mais nous ne serons pas intimidés. » La haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a qualifié le tir d’Oreshnik d’« escalade claire contre l’Ukraine et d’avertissement à l’Europe et aux États-Unis ». Elle a ajouté, amère : « Poutine ne veut pas la paix. La réponse de la Russie à la diplomatie, ce sont plus de missiles et plus de destruction. »

Six à sept minutes. C’est le temps qu’il faudrait à ce missile pour atteindre Paris, Berlin, Varsovie. Le temps d’un café. Le temps de regarder une vidéo sur son téléphone. Le temps de dire au revoir à ses enfants sans même savoir que c’est la dernière fois. Et pendant que nous calculons ces minutes avec un frisson dans le dos, les Ukrainiens, eux, vivent cette menace chaque nuit depuis trois ans. Chaque soir, le sifflement des alertes. Chaque matin, le compte des morts. Qu’est-ce qu’il faudra pour que nous comprenions que leur guerre est aussi la nôtre ?

Sources

Sources primaires

Ministère ukrainien des Affaires étrangères, communiqué officiel sur la réunion du Conseil OTAN-Ukraine, 12 janvier 2026. Ukrinform, « NATO-Ukraine Council meeting: Kyiv requested Patriot, NASAMS missiles », 12 janvier 2026. Ministère russe de la Défense, déclaration sur la frappe Oreshnik, 12 janvier 2026. Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), briefing au Conseil de sécurité, 13 janvier 2026.

Sources secondaires

The Moscow Times, « Russian Army Claims Oreshnik Missile Struck Aircraft Repair Plant in Lviv Region », 12 janvier 2026. France 24, « Russia says hypersonic Oreshnik missile hit Ukrainian aircraft repair plant », 12 janvier 2026. CBC News, « Russia is using its hypersonic missile to send a political message », 9 janvier 2026. Al Jazeera, « Russia hits Ukraine with Oreshnik hypersonic missile: Why it matters », 10 janvier 2026. PBS News, « Russia uses its new hypersonic missile in major attack on Ukraine and warning to the West », 9 janvier 2026. Euronews, « Russia uses advanced hypersonic Oreshnik ballistic missile to strike Ukraine », 9 janvier 2026. UN News, « Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis », 13 janvier 2026. Atlantic Council, « Ukraine faces its most perilous winter yet », 2025. Congressional Research Service, « PATRIOT Air and Missile Defense System for Ukraine », 14 juillet 2025. Army Recognition, « Germany delivers more Patriot air defense missile systems to Ukraine », novembre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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