La réduction d’un président à néant
L’humiliation est méthodique. Calculée. Quand le New York Times demande à Trump si Zelensky dispose d’un quelconque levier dans les négociations, la réponse est brutale : « Il n’a vraiment aucune carte à jouer. Il n’en a jamais eu depuis le premier jour. » Pas de nuance. Pas de diplomatie. Juste un constat glacial qui réduit le président d’un pays en guerre à un pion sans valeur. Et quand on insiste, quand on demande ce que Zelensky possède alors, Trump enfonce le clou : « Il n’a qu’une seule chose… Donald Trump. » La phrase résonne comme une sentence. Comme si le sort de 44 millions d’Ukrainiens dépendait du bon vouloir d’un seul homme. Comme si trois ans de résistance héroïque, de sacrifices inimaginables, de courage face à l’envahisseur ne comptaient pour rien.
Cette déclaration n’est pas anodine. Elle révèle la vision que Trump a de cette guerre : une affaire personnelle où il joue le rôle du sauveur providentiel. « Sans mon implication, la Russie aurait pris toute l’Ukraine », affirme-t-il. « La guerre aurait pu évoluer en troisième guerre mondiale. » Le messianisme est total. L’ego, démesuré. Et la réalité, complètement déformée. Car si l’Ukraine tient encore debout aujourd’hui, ce n’est pas grâce à Trump. C’est grâce au courage de ses soldats. À la détermination de son peuple. Au soutien de l’Europe et de l’OTAN. Mais dans l’univers trumpien, tout tourne autour de lui. Tout dépend de lui. Et Zelensky n’est qu’un figurant dans son propre drame.
Le chantage permanent
Cette posture n’est pas nouvelle. Depuis son retour au pouvoir, Trump a multiplié les déclarations ambiguës sur l’Ukraine. Tantôt il promet de mettre fin à la guerre « en 24 heures », tantôt il menace de couper l’aide américaine si Kiev ne se plie pas à ses exigences. Dans l’interview du New York Times, il reconnaît que les négociations ont calé. Qu’un accord n’a pas été trouvé pour Thanksgiving ou Noël comme il l’espérait. Et il rejette la faute sur les deux camps : « J’ai eu des cas où j’avais tout réglé avec Poutine et Zelensky ne voulait pas conclure l’accord, ce qui m’a choqué. Puis j’ai eu des cas où c’était l’inverse. Je pense que maintenant, ils veulent tous les deux faire un accord. »
Mais cette équivalence est trompeuse. Car Zelensky ne refuse pas un accord par caprice. Il refuse de sacrifier son pays sur l’autel d’une paix qui ne serait qu’une capitulation déguisée. Il refuse d’abandonner le Donbas, où la Russie contrôle désormais 75% de la région de Donetsk et 99% de celle de Luhansk. Il refuse de laisser la centrale nucléaire de Zaporizhzhia entre les mains de Moscou. Il refuse de condamner son peuple à vivre sous la menace permanente d’une nouvelle invasion. Et pour cela, Trump le présente comme un obstacle. Comme quelqu’un qui complique les choses. Comme si résister à l’agression était un problème plutôt qu’un droit.
Cette arrogance me révulse. Cette manière de traiter Zelensky comme un subalterne, comme un mendiant qui devrait être reconnaissant d’avoir l’attention du grand Donald Trump. Je pense à cet homme qui a refusé de fuir Kiev quand les chars russes étaient aux portes de la ville. Qui a dit « J’ai besoin de munitions, pas d’un taxi » quand les Américains lui proposaient l’exil. Qui est resté avec son peuple, dans le danger, dans la peur, dans l’incertitude. Et Trump ose dire qu’il n’a rien ? Qu’il n’a que lui ? Non. Zelensky a son peuple. Il a sa dignité. Il a son courage. Il a trois ans de résistance qui ont prouvé au monde entier que l’Ukraine ne se laisserait pas effacer. Trump peut bien se pavaner, se croire indispensable, se prendre pour le sauveur de l’humanité. La vérité, c’est que sans l’Ukraine, sans son refus de plier, sans sa détermination à exister, il n’y aurait rien à négocier. Il n’y aurait qu’un pays rayé de la carte et un dictateur qui regarderait déjà vers la prochaine cible.
Des garanties qui n'en sont pas — le piège sécuritaire
L’intuition comme politique étrangère
La question est posée clairement : les États-Unis iraient-ils en guerre pour défendre l’Ukraine si la Russie l’envahissait à nouveau après un accord de paix ? La réponse de Trump est sidérante : « Eh bien, je suis fermement convaincu qu’ils ne réinvaderaient pas, sinon je n’accepterais pas. » Relisez cette phrase. Relisez-la lentement. Les garanties de sécurité américaines pour l’Ukraine reposent sur la conviction personnelle de Trump que Poutine ne réattaquera pas. Pas sur un traité. Pas sur un engagement juridique. Pas sur un mécanisme automatique comme l’Article 5 de l’OTAN. Non. Sur l’intuition d’un homme qui, dans la même interview, admet que Poutine lui a menti sur une prétendue attaque de sa résidence.
Cette approche est l’exact opposé de ce qui fait la force de l’OTAN. Quand un pays membre est attaqué, tous les autres doivent réagir. C’est automatique. C’est contraignant. C’est ce qui a maintenu la paix en Europe pendant des décennies. Mais pour l’Ukraine, Trump propose quelque chose de radicalement différent : une garantie conditionnée à sa propre évaluation de la situation. Et quand on lui demande ce qui se passerait si la Russie réinvadissait malgré tout, il refuse de répondre : « Je ne veux pas dire ça. Je ne veux pas être en position de dire ça, parce que j’ai l’obligation de voir si je peux sauver des vies. » Traduction : aucun engagement ferme. Aucune garantie réelle. Juste des mots creux et des promesses floues.
Quinze ans ou cinquante ans ?
Le flou s’étend également à la durée de ces hypothétiques garanties. Fin décembre 2025, lors de la rencontre à Mar-a-Lago, Trump avait évoqué 15 ans. Zelensky, lui, en voulait 30, 40, voire 50. La différence n’est pas anodine. 15 ans, c’est une génération. 50 ans, c’est une garantie de long terme qui permettrait à l’Ukraine de se reconstruire, de se développer, de vivre sans la peur permanente d’une nouvelle agression. Mais Trump a été clair : il attend que l’Europe prenne le relais. « Ils vont reprendre une grande partie », a-t-il dit, refilant la responsabilité à des alliés qui n’ont pas forcément les moyens — ni l’envie — de garantir seuls la sécurité ukrainienne.
Et puis il y a cette phrase, prononcée par Zelensky lui-même, qui résume toute l’angoisse ukrainienne : « Sans garanties de sécurité, cette guerre ne peut être considérée comme vraiment terminée. Nous ne pouvons pas reconnaître qu’elle est finie, car avec un tel voisin, il reste un risque de nouvelle agression. » C’est la voix de l’expérience. La voix d’un pays qui a déjà vu la Russie annexer la Crimée en 2014, envahir le Donbas la même année, puis lancer une offensive totale en 2022. Un pays qui sait que les promesses de Moscou ne valent rien. Que les accords signés peuvent être déchirés du jour au lendemain. Que seule une garantie solide, crédible, automatique peut offrir une véritable protection. Et ce que Trump propose n’a rien de tout ça.
Je lis ces garanties et je vois un piège. Un piège soigneusement conçu pour donner l’illusion de la sécurité tout en ne garantissant rien du tout. Parce que si tout repose sur l’intuition de Trump, sur sa conviction que Poutine ne réattaquera pas, alors qu’est-ce qui se passe quand cette intuition se révèle fausse ? Qu’est-ce qui se passe quand Poutine, comme il l’a fait tant de fois, ment, trahit, attaque ? Trump dira quoi ? « Désolé, je pensais qu’il ne le ferait pas » ? Et pendant ce temps, les chars russes rouleront à nouveau vers Kiev. Les missiles tomberont à nouveau sur les villes. Les familles fuiront à nouveau. Et l’Ukraine se retrouvera seule. Encore. Toujours. Parce qu’on lui aura vendu des garanties en toc. Des promesses creuses. Des engagements qui ne tiennent qu’à un fil — le fil de l’humeur d’un homme qui, visiblement, voit cette guerre comme un business plutôt que comme une tragédie humaine.
"On fait de l'argent avec cette guerre" — le business avant tout
Le cynisme à l’état pur
Et puis il y a cette phrase. Cette phrase qui résume tout le cynisme de l’approche trumpienne. Cette phrase qui glace le sang : « La guerre ne nous coûte rien. On fait de l’argent avec la guerre maintenant. » Pendant que 25 à 30 000 personnes meurent chaque mois entre forces russes et ukrainiennes, pendant que des villes sont détruites, pendant que des millions de gens vivent dans la terreur, Trump parle profit. Il explique comment les États-Unis vendent des armes à l’OTAN au prix fort, qui les transfère ensuite à l’Ukraine. Il se vante d’avoir récupéré les 350 milliards de dollars d’aide alloués sous Biden grâce à un deal sur les terres rares. « J’ai récupéré l’argent », dit-il, comme s’il parlait d’un investissement immobilier plutôt que d’une guerre qui a fait des centaines de milliers de morts.
Ce n’est pas nouveau. Le complexe militaro-industriel américain a toujours profité des conflits. Mais rarement un président l’a dit aussi crûment. Aussi ouvertement. Aussi fièrement. Trump ne cache rien. Il assume. Il revendique. Pour lui, cette guerre est une opportunité économique. Une chance de faire tourner l’industrie de l’armement. De vendre des missiles, des chars, des systèmes de défense antiaérienne. Et tant pis si derrière chaque vente, il y a des vies brisées. Des familles détruites. Des enfants qui grandissent dans la peur. Pour Trump, ce sont des détails. Des externalités. Des dommages collatéraux dans une équation où seul le profit compte.
Les terres rares et le deal ukrainien
Le deal sur les terres rares mérite qu’on s’y attarde. Ces minerais, essentiels pour l’industrie technologique et militaire, sont abondants en Ukraine. Et Trump a visiblement négocié un accord qui permet aux États-Unis d’y accéder en échange de l’aide militaire. « J’ai récupéré l’argent », répète-t-il, comme si l’Ukraine devait rembourser son droit à se défendre. Comme si l’aide américaine était un prêt plutôt qu’un soutien à un pays agressé. Cette vision transactionnelle de la géopolitique est révélatrice. Pour Trump, il n’y a pas d’alliés. Il n’y a pas de valeurs communes. Il n’y a pas de solidarité face à l’agression. Il n’y a que des deals. Des contrats. Des échanges où chacun doit y trouver son compte.
Et pendant ce temps, l’Ukraine saigne. Les chiffres donnés par Trump lui-même sont vertigineux : 25 à 30 000 morts par mois entre les deux camps. Si on fait le calcul, ça donne entre 300 000 et 360 000 morts par an. Depuis le début de la guerre en février 2022, on parle de plus d’un million de victimes — morts et blessés confondus. Trump qualifie ce conflit de « pire guerre depuis la Seconde Guerre mondiale ». Il a raison. Mais au lieu d’en tirer la conclusion qu’il faut tout faire pour l’arrêter, pour protéger les civils, pour garantir une paix durable, il en tire la conclusion qu’il faut en profiter. Qu’il faut vendre des armes. Qu’il faut récupérer l’argent investi. Le cynisme est total.
Je lis ces mots et j’ai la nausée. « On fait de l’argent avec la guerre maintenant. » Comment on en arrive là ? Comment on en arrive à un point où un président américain peut dire ça sans que le monde entier ne hurle d’indignation ? 25 à 30 000 morts par mois. Vous vous rendez compte ? C’est l’équivalent d’une ville moyenne qui disparaît tous les mois. C’est des milliers de familles qui pleurent. Des milliers d’enfants qui deviennent orphelins. Des milliers de parents qui enterrent leurs fils, leurs filles. Et Trump parle profit. Il parle business. Il parle de combien l’Amérique gagne. Je regarde ces chiffres et je me demande : à quel moment on a perdu notre humanité ? À quel moment la vie humaine est devenue une ligne comptable ? À quel moment on a décidé que la souffrance des autres était acceptable tant qu’on en tirait un bénéfice ? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est que cette phrase restera. Qu’elle marquera l’histoire. Qu’elle sera citée dans les livres comme l’exemple parfait du cynisme géopolitique du XXIe siècle.
Poutine ment, Trump ferme les yeux
L’incident de la résidence
Il y a eu cet incident. Récemment. Poutine a appelé Trump pour lui dire que sa résidence avait été attaquée par l’Ukraine. Une information grave. Une escalade potentielle. Sauf que le renseignement américain a vérifié. Et il n’a trouvé aucune preuve. Aucune. L’attaque n’a jamais eu lieu. Poutine a menti. Délibérément. Pour manipuler Trump. Pour influencer sa perception du conflit. Pour le pousser à durcir sa position envers Kiev. Et quand le New York Times demande à Trump pourquoi Poutine lui a menti, la réponse est désarmante : « Je ne sais pas si c’était la vérité ou pas. Il m’a dit que sa maison avait été attaquée. »
Pas de colère. Pas d’indignation. Pas de remise en question. Juste une acceptation passive du mensonge. Et puis Trump enchaîne sur autre chose : « Ses navires sont partis très rapidement aujourd’hui… C’est un signe de respect. » Il parle d’un incident maritime où la Russie a retiré ses bâtiments. Et il y voit du respect. De la déférence. Comme si Poutine était un partenaire fiable plutôt qu’un dictateur qui ment, qui manipule, qui envahit ses voisins. Cette naïveté — ou cette complaisance — est dangereuse. Parce qu’elle envoie un message clair : Poutine peut mentir à Trump sans conséquence. Il peut inventer des attaques. Il peut manipuler les faits. Et Trump ne bronchera pas.
La crédibilité de Poutine en question
Ce n’est pas la première fois que Poutine ment. C’est même sa marque de fabrique. En 2014, il a nié que les « petits hommes verts » en Crimée étaient des soldats russes. Avant d’admettre, des mois plus tard, que si, c’était bien l’armée russe. En 2022, il a nié préparer une invasion de l’Ukraine. Jusqu’au jour où les chars ont franchi la frontière. Il a nié bombarder des civils. Nié les massacres de Bucha. Nié les crimes de guerre. Et maintenant, il invente des attaques contre sa résidence. Le mensonge est systématique. Institutionnalisé. C’est une arme de guerre au même titre que les missiles et les chars.
Et Trump le sait. Il ne peut pas ne pas le savoir. Ses services de renseignement le lui ont dit. Ses conseillers le lui ont répété. Mais il choisit de fermer les yeux. De minimiser. De passer à autre chose. Parce que reconnaître que Poutine ment, c’est reconnaître qu’on ne peut pas lui faire confiance. C’est reconnaître que les garanties de sécurité basées sur l’intuition que « la Russie ne réinvadera pas » ne valent rien. C’est reconnaître que tout l’édifice de son plan de paix repose sur du sable. Alors Trump préfère ignorer. Préfère croire — ou faire semblant de croire — que Poutine est un partenaire avec qui on peut négocier. Même quand tous les faits prouvent le contraire.
Cette complaisance me terrifie. Parce qu’elle montre que Trump n’a rien appris. Qu’il n’a rien compris. Poutine lui ment en face et il hausse les épaules. « Je ne sais pas si c’était la vérité ou pas. » Sérieusement ? Tes services de renseignement te disent que c’est faux et tu ne sais pas ? Ou tu ne veux pas savoir ? Parce que savoir, ça obligerait à agir. Ça obligerait à reconnaître que Poutine n’est pas un partenaire fiable. Que ses promesses ne valent rien. Que tout accord signé avec lui peut être déchiré du jour au lendemain. Et ça, ça détruirait tout ton narratif. Toute ta posture de grand négociateur qui va résoudre la guerre en Ukraine. Alors tu préfères fermer les yeux. Préfères faire comme si de rien n’était. Et pendant ce temps, Poutine continue de mentir, de manipuler, de tuer. Et toi, tu parles de respect. De signes de respect. Je regarde ça et je me dis qu’on est foutus. Que si c’est ça, notre réponse face à un dictateur qui ment, qui envahit, qui massacre, alors on a déjà perdu.
25 000 morts par mois — les chiffres de l'horreur
L’hécatombe invisible
25 à 30 000 morts par mois. C’est le chiffre donné par Trump lui-même dans l’interview. Entre forces russes et ukrainiennes. Chaque mois. Depuis des mois. Si on fait le calcul, ça donne entre 300 000 et 360 000 morts par an. Depuis le début de la guerre en février 2022, on parle de plus d’un million de victimes — morts et blessés confondus. Des chiffres vertigineux. Des chiffres qui dépassent l’entendement. Des chiffres qui, à force d’être répétés, finissent par perdre leur sens. Parce qu’on ne peut pas vraiment comprendre ce que représente un million de victimes. On ne peut pas vraiment saisir l’ampleur de la tragédie.
Mais essayons quand même. 25 000 morts par mois, c’est l’équivalent d’une ville comme Annecy ou Beauvais qui disparaît tous les mois. C’est 833 morts par jour. 35 morts par heure. Presque une mort par minute. Chaque minute qui passe, quelqu’un meurt dans cette guerre. Un soldat russe dans une tranchée du Donbas. Un soldat ukrainien qui défend sa ville. Un civil pris sous un bombardement. Un enfant qui jouait au mauvais endroit au mauvais moment. Chaque minute. Sans arrêt. Depuis trois ans. Et Trump parle de profit. Il parle de business. Il parle de combien l’Amérique gagne avec cette guerre.
La pire guerre depuis 1945
Trump a raison sur un point : c’est « la pire guerre depuis la Seconde Guerre mondiale ». Par son intensité. Par sa durée. Par le nombre de victimes. Par la destruction systématique de villes entières. Marioupol, rasée. Bakhmout, détruite. Avdiivka, anéantie. Des dizaines de milliers de bâtiments réduits en poussière. Des millions de personnes déplacées. Des familles séparées. Des enfants traumatisés. Des vies brisées. Et tout ça pour quoi ? Pour l’ego d’un dictateur qui refuse d’accepter que l’Ukraine est un pays souverain. Pour les ambitions impériales d’un régime qui rêve de reconstituer l’Union soviétique. Pour une guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu.
Les chiffres des pertes russes sont particulièrement stupéfiants. Selon les estimations occidentales, la Russie aurait perdu plus de 700 000 soldats — morts et blessés — depuis le début du conflit. C’est plus que toutes les pertes soviétiques en Afghanistan pendant dix ans de guerre. C’est plus que toutes les pertes américaines au Vietnam. Et pour quel résultat ? La Russie contrôle aujourd’hui environ 18% du territoire ukrainien. Elle a pris le Donbas — ou presque. Mais à quel prix ? Des centaines de milliers de morts. Une économie exsangue. Des sanctions internationales. Un isolement diplomatique. Et une armée qui, malgré sa supériorité numérique, n’arrive pas à vaincre un pays qu’elle pensait écraser en quelques jours.
Je regarde ces chiffres et je ne sais plus quoi ressentir. 25 000 morts par mois. Un million de victimes. Des villes entières détruites. Comment on fait pour continuer à vivre normalement en sachant ça ? Comment on fait pour se lever le matin, boire son café, aller travailler, pendant que des milliers de gens meurent à quelques milliers de kilomètres ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Ce que je sais, c’est que ces chiffres ne sont pas que des statistiques. Que derrière chaque mort, il y a une histoire. Une famille. Des amis. Des rêves qui ne se réaliseront jamais. Des enfants qui ne naîtront jamais. Des vies qui auraient pu être belles, riches, pleines. Et qui se sont arrêtées dans une tranchée, sous un bombardement, dans une ville assiégée. Et Trump parle de profit. Il parle de business. Il parle de combien l’Amérique gagne. Et moi, je me demande : comment on en est arrivés là ? Comment on a pu perdre à ce point notre humanité ?
L'Ukraine, otage d'un seul homme
La dépendance américaine
L’Ukraine est piégée. Piégée dans une dépendance totale vis-à-vis des États-Unis. Et plus précisément, vis-à-vis de Donald Trump. C’est lui qui décide de l’aide militaire. C’est lui qui négocie avec Poutine. C’est lui qui définit les contours d’un éventuel accord de paix. Et Zelensky le sait. Il le sait tellement qu’il a dû ravaler sa fierté, faire le voyage à Mar-a-Lago, sourire devant les caméras, accepter l’humiliation publique. Parce qu’il n’a pas le choix. Parce que sans l’aide américaine, l’Ukraine ne peut pas tenir. Les missiles, les chars, les systèmes de défense antiaérienne — tout vient des États-Unis. L’Europe aide, bien sûr. Mais pas assez. Pas au point de compenser un retrait américain.
Cette dépendance est dangereuse. Parce qu’elle donne à Trump un pouvoir démesuré. Un pouvoir de vie ou de mort sur un pays entier. S’il décide de couper l’aide, l’Ukraine s’effondre. S’il décide d’imposer un accord défavorable, Kiev n’aura d’autre choix que d’accepter. Et Trump le sait. Il en joue. Il en abuse. Quand il dit que Zelensky n’a « qu’une seule chose… Donald Trump », ce n’est pas une figure de style. C’est une réalité géopolitique. Une réalité cruelle. Une réalité qui place le sort de 44 millions d’Ukrainiens entre les mains d’un homme qui voit cette guerre comme un business plutôt que comme une tragédie humaine.
Le chantage au réarmement
Dans l’interview du New York Times, Trump a été interrogé sur ce qu’il ferait si Poutine rejetait ou sabotait le plan de paix. Est-ce qu’il réarmerait l’Ukraine ? La réponse est révélatrice : « Je ne veux pas être en position de dire ça. » Autrement dit, aucun engagement. Aucune garantie. Si les négociations échouent, si la Russie refuse de jouer le jeu, Trump ne promet rien. Il pourrait réarmer l’Ukraine. Ou pas. Tout dépendra de son humeur. De ses intérêts. De ses calculs politiques. Et pendant ce temps, l’Ukraine attend. Espère. Prie pour que Trump ne l’abandonne pas.
Ce chantage permanent est insupportable. Parce qu’il transforme l’aide à un pays agressé en monnaie d’échange. En levier de négociation. En outil de pression. L’Ukraine ne demande pas la charité. Elle demande le droit de se défendre. Le droit d’exister. Le droit de ne pas être rayée de la carte par un voisin impérialiste. Et pour ça, elle a besoin d’armes. De munitions. De soutien. Mais Trump conditionne tout ça à sa bonne volonté. À son appréciation personnelle de la situation. À son intuition sur les intentions de Poutine. C’est intenable. C’est injuste. Et c’est profondément dangereux pour l’avenir de l’Ukraine — et de l’Europe.
Je regarde cette situation et je vois un otage. Un pays entier pris en otage par un homme qui se prend pour Dieu. Qui décide qui vit et qui meurt. Qui donne ou retire son soutien selon son humeur du jour. Et le pire, c’est que Zelensky n’a pas le choix. Il doit sourire. Il doit remercier. Il doit accepter l’humiliation. Parce que l’alternative, c’est la défaite. C’est l’invasion totale. C’est la fin de l’Ukraine en tant que nation indépendante. Alors il ravale sa fierté. Il fait le voyage à Mar-a-Lago. Il écoute Trump lui dire qu’il n’a rien, qu’il n’a que lui. Et il encaisse. Parce qu’il n’a pas le choix. Et moi, je regarde ça et je me dis que c’est ça, la géopolitique du XXIe siècle. Un jeu de pouvoir où les petits pays sont à la merci des grands. Où la justice n’existe pas. Où seule la force compte. Et où un homme seul peut décider du sort de millions de gens. C’est révoltant. C’est injuste. Et c’est notre réalité.
L'Europe face à ses responsabilités
Le réveil tardif
L’Europe se réveille. Enfin. Après trois ans de guerre. Après des centaines de milliers de morts. Après avoir laissé les États-Unis porter l’essentiel du fardeau militaire. Trump l’a dit clairement dans l’interview : il attend que l’Europe prenne le relais sur les garanties de sécurité. « Ils vont reprendre une grande partie », a-t-il affirmé. Et effectivement, les signaux se multiplient. Emmanuel Macron a annoncé une réunion à Paris en janvier pour discuter des garanties de sécurité. Ursula von der Leyen a parlé de « garanties de sécurité en béton » pour l’Ukraine. Des pays comme la Pologne, les États baltes, le Royaume-Uni multiplient les déclarations de soutien.
Mais les paroles ne suffisent pas. L’Europe doit maintenant passer aux actes. Et ça veut dire quoi, concrètement ? Ça veut dire augmenter massivement la production d’armement. Ça veut dire livrer des missiles longue portée, des chars, des avions de combat. Ça veut dire mettre en place un mécanisme de garanties de sécurité crédible, automatique, contraignant. Ça veut dire accepter que la sécurité de l’Ukraine est indissociable de la sécurité européenne. Que si l’Ukraine tombe, la Pologne sera la prochaine. Puis les États baltes. Puis qui sait ? L’Europe a mis du temps à comprendre ça. Trop de temps. Mais maintenant qu’elle commence à le comprendre, elle doit agir. Vite. Fort. Sans hésitation.
La question de l’OTAN
La question qui revient sans cesse : pourquoi l’Ukraine n’est-elle pas dans l’OTAN ? Pourquoi ce pays, qui se bat depuis trois ans contre l’agression russe, qui a prouvé sa détermination, son courage, sa capacité à résister, n’a-t-il pas droit à la protection de l’Article 5 ? La réponse est complexe. Certains pays européens, notamment l’Allemagne et la France, ont longtemps freiné l’adhésion ukrainienne par peur de provoquer la Russie. Comme si ne pas provoquer Poutine avait empêché la guerre. Comme si la prudence diplomatique avait servi à quelque chose. Spoiler : non.
Aujourd’hui, la donne a changé. De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer l’adhésion rapide de l’Ukraine à l’OTAN. Parce que c’est la seule garantie de sécurité qui vaille vraiment quelque chose. La seule qui soit automatique, contraignante, crédible. Mais Trump bloque. Il ne veut pas d’une Ukraine dans l’OTAN. Il préfère des garanties bilatérales, floues, conditionnées à son bon vouloir. Parce qu’une Ukraine dans l’OTAN, ça voudrait dire un engagement américain automatique en cas d’agression. Et ça, Trump n’en veut pas. Il veut garder les mains libres. Garder le contrôle. Garder le pouvoir de décider, seul, de ce qu’il fait ou ne fait pas.
L’Europe doit se réveiller. Vraiment. Pas juste faire des déclarations. Pas juste organiser des sommets. Mais agir. Concrètement. Massivement. Parce que si on laisse Trump décider seul du sort de l’Ukraine, on est foutus. Si on accepte que la sécurité européenne dépende du bon vouloir d’un homme qui voit la guerre comme un business, on est foutus. L’Europe a les moyens d’agir. Elle a l’économie. Elle a l’industrie. Elle a la population. Ce qui lui manque, c’est la volonté politique. Le courage de dire : ça suffit. On ne laissera pas Poutine redessiner les frontières européennes par la force. On ne laissera pas l’Ukraine tomber. On ne laissera pas un dictateur dicter sa loi. Et si ça veut dire augmenter nos budgets de défense, produire plus d’armes, envoyer plus de soutien, alors on le fera. Parce que l’alternative, c’est quoi ? Attendre que Poutine s’arrête de lui-même ? Espérer que Trump change d’avis ? Prier pour que tout s’arrange ? Non. L’Europe doit prendre ses responsabilités. Maintenant.
Un plan de paix conçu pour échouer
Les points de blocage
Le plan de paix de Trump est censé être à 90% finalisé, selon Zelensky. Mais les 10% restants sont les plus importants. Les plus difficiles. Les plus susceptibles de faire tout capoter. Il y a d’abord la question du Donbas. La Russie contrôle aujourd’hui 75% de la région de Donetsk et 99% de celle de Luhansk. Et elle refuse catégoriquement de rendre ces territoires. Moscou a même exigé que l’Ukraine retire ses troupes des zones qu’elle contrôle encore dans le Donbas. Autrement dit, une capitulation pure et simple. Zelensky, lui, propose de transformer ces zones en zone économique libre contrôlée par les forces ukrainiennes. Mais il insiste : toute décision doit être soumise au peuple ukrainien par référendum.
Ensuite, il y a la question de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia. La plus grande d’Europe. Actuellement sous contrôle russe. Un danger permanent. Une épée de Damoclès au-dessus de l’Ukraine et de toute l’Europe. Zelensky veut qu’elle soit rendue à l’Ukraine. Poutine refuse. Et Trump ? Il ne dit rien. Il évite le sujet. Parce qu’il sait que c’est un point de blocage majeur. Que ni Kiev ni Moscou ne cédera. Et que s’il prend position, il risque de faire capoter toute la négociation. Alors il préfère laisser ça dans le flou. Dans l’incertitude. Dans l’espoir que ça se règle tout seul. Spoiler : ça ne se règlera pas tout seul.
Le piège du cessez-le-feu temporaire
Zelensky a proposé un cessez-le-feu de 60 jours pour permettre l’organisation d’un référendum sur le plan de paix. Une idée qui semble raisonnable. Qui permettrait de consulter le peuple ukrainien. De lui donner son mot à dire. Mais la Russie refuse. Catégoriquement. Poutine l’a dit clairement lors d’un appel avec Trump : un cessez-le-feu temporaire ne ferait que prolonger le conflit. Et Trump a acquiescé. « Je comprends cette position », a-t-il dit. Traduction : pas de cessez-le-feu. Pas de pause. Pas de répit pour l’Ukraine. La guerre continue. Les bombes continuent de tomber. Les gens continuent de mourir. Pendant que les négociations s’enlisent.
Ce refus du cessez-le-feu révèle la stratégie russe. Moscou ne veut pas d’une pause. Elle veut une capitulation. Elle veut que l’Ukraine accepte ses conditions sans discussion. Sans référendum. Sans consultation du peuple. Et elle compte sur la lassitude. Sur l’épuisement. Sur le fait qu’à force de perdre des soldats, des territoires, des villes, Kiev finira par céder. C’est une guerre d’usure. Une guerre où le temps joue pour la Russie. Où chaque jour qui passe affaiblit un peu plus l’Ukraine. Et Trump le sait. Mais il ne fait rien pour changer ça. Il laisse la situation pourrir. En espérant qu’un accord émergera. Un jour. Peut-être.
Ce plan de paix est un piège. Un piège soigneusement conçu pour donner l’illusion d’une solution tout en ne résolvant rien. Parce que les points de blocage sont insurmontables. Parce que la Russie ne cédera jamais sur le Donbas. Parce que l’Ukraine ne peut pas accepter de perdre 20% de son territoire. Parce que personne ne veut vraiment d’un accord — sauf Trump, qui veut pouvoir dire qu’il a mis fin à la guerre. Peu importe les conditions. Peu importe le prix. Peu importe si l’accord est juste ou pas. Ce qui compte, c’est l’image. Le narratif. La possibilité de dire : « J’ai réussi là où les autres ont échoué. » Et pendant ce temps, l’Ukraine saigne. Les négociations s’enlisent. Les morts s’accumulent. Et Trump parle de profit. Il parle de business. Il parle de combien l’Amérique gagne. Je regarde ça et je me dis qu’on n’est pas près de voir la paix. Pas une vraie paix. Pas une paix juste. Juste un cessez-le-feu bancal qui ne tiendra pas. Qui explosera à la première occasion. Et qui replongera l’Ukraine dans la guerre. Encore. Toujours.
Conclusion : quand la géopolitique devient du commerce
Le bilan d’une interview
Deux heures d’interview. Deux heures qui ont révélé la vraie nature de l’approche trumpienne sur l’Ukraine. Une approche transactionnelle. Cynique. Où la guerre est un business. Où les vies humaines sont des lignes comptables. Où les garanties de sécurité reposent sur l’intuition d’un seul homme. Où Zelensky est réduit à n’avoir « qu’une seule chose… Donald Trump ». Où Poutine peut mentir sans conséquence. Où 25 à 30 000 personnes meurent chaque mois pendant que le président américain se vante de faire du profit. Cette interview restera. Elle marquera l’histoire. Elle sera citée dans les livres comme l’exemple parfait du cynisme géopolitique du XXIe siècle.
Mais au-delà du cynisme, il y a l’inquiétude. L’inquiétude pour l’Ukraine, otage d’un homme qui voit cette guerre comme une opportunité plutôt que comme une tragédie. L’inquiétude pour l’Europe, qui doit maintenant prendre ses responsabilités face à un allié américain peu fiable. L’inquiétude pour l’avenir, parce que si ce plan de paix échoue — et il y a toutes les chances qu’il échoue —, la guerre continuera. Les morts s’accumuleront. Les villes seront détruites. Et Trump haussera les épaules en disant : « J’ai essayé. » Avant de passer à autre chose. Avant de trouver un autre business. Un autre deal. Une autre opportunité de faire du profit.
L’Ukraine face à son destin
L’Ukraine est à un tournant. Elle peut accepter le plan de Trump, avec ses garanties floues, ses conditions inacceptables, ses zones d’ombre. Elle peut espérer que Poutine respectera un accord — alors qu’il n’a jamais respecté aucun accord. Elle peut croire que Trump la défendra — alors qu’il refuse de s’engager clairement. Ou elle peut refuser. Continuer à se battre. Continuer à résister. En espérant que l’Europe prendra le relais. Que les garanties de sécurité viendront d’ailleurs. Que la justice finira par triompher. C’est un pari risqué. Un pari qui pourrait coûter des milliers de vies supplémentaires. Mais c’est peut-être le seul pari qui vaille la peine d’être tenté.
Je regarde cette interview et je vois l’avenir. Un avenir où la géopolitique n’est plus qu’un jeu de commerce. Où les alliances se font et se défont selon les intérêts du moment. Où les petits pays sont à la merci des grands. Où la justice n’existe pas. Où seule la force compte. Et où un homme seul peut décider du sort de millions de gens. C’est terrifiant. C’est révoltant. Et c’est notre réalité. Mais au milieu de tout ça, il y a l’Ukraine. Ce pays qui refuse de plier. Qui refuse de disparaître. Qui continue de se battre malgré tout. Malgré Trump. Malgré Poutine. Malgré l’indifférence du monde. Et ça, c’est quelque chose. C’est peut-être la seule chose qui compte vraiment. Parce que tant que l’Ukraine résiste, tant qu’elle refuse de céder, tant qu’elle continue d’exister, il y a de l’espoir. L’espoir que la justice finira par triompher. Que les dictateurs finiront par tomber. Que les peuples libres finiront par gagner. Je ne sais pas si cet espoir est justifié. Je ne sais pas si l’Ukraine tiendra encore longtemps. Ce que je sais, c’est qu’elle mérite mieux que ça. Mieux que Trump et son cynisme. Mieux que Poutine et sa brutalité. Mieux que ce monde où la vie humaine ne vaut rien. Elle mérite la paix. La vraie paix. Pas un cessez-le-feu bancal. Pas des garanties en toc. Mais une paix juste, durable, qui lui permette de se reconstruire, de se développer, de vivre sans peur. Est-ce que cette paix viendra un jour ? Je ne sais pas. Mais je l’espère. De tout mon cœur, je l’espère.
Sources
Sources primaires
Euromaidan Press – « Trump admits US ‘makes money’ from Ukraine war, won’t promise to defend Kyiv if Russia attacks again » – Maxim Volovich – 12 janvier 2026 – https://euromaidanpress.com/2026/01/12/trump-ukraine-interview-nyt-security-guarantee-zelensky/
The New York Times – « Our Interview With President Trump » – Transcription complète de l’interview – 11 janvier 2026
Sources secondaires
BBC News – « US offered Ukraine 15-year security guarantee, Zelensky says » – Bernd Debusmann Jr et Harry Sekulich – 29 décembre 2025 – https://www.bbc.com/news/articles/c36z615y443o
Al Jazeera – « Zelenskyy says US security guarantee text ready to be finalised with Trump » – 8 janvier 2026
Reuters – « Zelenskiy says US security guarantees document set to be finalised with Trump » – 8 janvier 2026
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