Quinze ans, trente ans, cinquante ans: la durée qui change tout
Les détails qui commencent à émerger des négociations sont stupéfiants. Les États-Unis ont offert à l’Ukraine des garanties de sécurité pour quinze ans. Quinze ans. C’est une génération. C’est le temps qu’il faudra pour qu’un enfant né aujourd’hui puisse voter, s’engager, peut-être avoir ses propres enfants. Mais Zelensky, dans sa détermination farouche, pousse encore plus loin. Il veut des garanties pour trente, quarante, cinquante ans. Pourquoi? Parce qu’il connaît la Russie. Parce qu’il sait que quinze ans, c’est court. Très court. Et que Moscou a la mémoire longue — et les ambitions encore plus longues. Le document que Zelensky demande de finaliser n’est pas un simple accord commercial. C’est un traité de sécurité qui lierait Washington à Kiev pendant des décennies. Un engagement que personne n’aurait osé imaginer il y a un an à peine.
Et ce n’est pas tout. Les garanties américaines ne seraient pas isolées. Elles s’inscriraient dans un cadre trilatéral: Ukraine, États-Unis, Europe. Un document multilatéral qui lierait les trois partenaires dans un engagement commun. Plus un document bilatéral spécifique entre Washington et Kiev. Plus un troisième document sur la reconstruction et le développement économique, baptisé « Roadmap for Ukraine’s Prosperity ». Trois documents. Trois piliers. Une architecture de sécurité sans précédent dans l’histoire moderne. Là où l’Otan a échoué à protéger l’Ukraine en 2014, où l’accord de Minsk s’est avéré être un piège mortel, cette nouvelle architecture vise à créer un filet de sécurité si dense, si complexe, si puissant que même la Russie y réfléchirait à deux fois avant d’attaquer. En théorie, du moins.
Les troupes au sol: promesse ou illusion?
Le 6 janvier, à Paris, quelque chose d’encore plus spectaculaire s’est passé. La France et le Royaume-Uni se sont engagés à déployer des forces sur le territoire ukrainien en cas de cessez-le-feu. Emmanuel Macron a parlé de « plusieurs milliers » de soldats français. Keir Starmer a confirmé que Londres et Paris établiraient des « hubs militaires » à travers l’Ukraine et construiraient des installations protégées pour les armements et équipements militaires. Ce n’est plus de la diplomatie verbale. C’est un engagement concret, tangible, militaire. Des soldats européens sur le sol ukrainien, en uniforme, armés, prêts à intervenir si la Russie viole un accord de paix.
La Coalition of the Willing — cette alliance de 35 pays réunie à Paris — a adopté une déclaration d’intention qui, si elle est honorée, représenterait un changement fondamental dans l’équilibre géopolitique européen. Les États-Unis dirigeraient un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu avec participation européenne. Une force multinationale européenne serait déployée. L’armée ukrainienne serait renforcée, ses stocks d’armes reconstitués, pour qu’elle puisse agir comme première ligne de dissuasion contre toute reprise des combats. Sur le papier, c’est parfait. C’est solide. C’est rassurant. Mais là encore, la réalité de la guerre en Ukraine nous a appris à nous méfier des engagements sur papier.
Et là, je m’arrête. Je relis ces phrases et je me demande: est-ce que je suis en train de rêver? Des soldats français en Ukraine? Des garanties de sécurité pour cinquante ans? Un document « historique » qui serait finalisé « au plus haut niveau »? Il y a deux ans, ce genre de promesse aurait été considéré comme de la science-fiction. Aujourd’hui, c’est sur la table. Et je jubile. Désolé si ça choque, mais je jubile. Après des mois à voir l’Ukraine encaisser, à voir les villes bombardées, les enfants tués, les civils massacrés — voir enfin l’Occident se lever et dire « ça suffit, cette fois on s’engage vraiment », ça fait du bien. Vraiment. Mais en même temps, cette petite voix dans ma tête me chuchote: « et si c’était encore une illusion? Et si dans six mois, les soldats français ne sont jamais venus? Et si les garanties américaines restent lettres mortes? » La confiance, ça se construit dans la durée. Et l’Ukraine a vu sa confiance brisée trop de fois pour croire aveuglément. Vous comprenez ce sentiment? Ce mélange d’espoir et de peur qui ne vous lâche pas?
Section 3: L'ombre russe qui plane toujours
Moscou ne reste pas silencieux
Pendant que les diplomates occidentaux et ukrainiens peaufinent leurs accords à Paris, une autre conversation se déroule dans l’ombre. Les États-Unis sont en contact avec la Russie. Pas officiellement, pas publiquement, mais bel et bien. Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain, et Jared Kushner, le gendre et conseiller de Donald Trump, ont rencontré l’envoyé russe Kirill Dmitriev à Paris le 7 janvier. Des discussions qui ont été confirmées par les deux parties, mais dont le contenu reste enveloppé de mystère. Ce qu’on sait, c’est que Trump et Poutine ont eu un appel téléphonique avant la rencontre de Mar-a-Lago avec Zelensky. Un appel où, selon l’ancien ambassadeur russe aux États-Unis Yuri Ushakov, Trump a écouté l’évaluation du Kremlin sur les propositions. Un appel où les deux présidents se seraient mis d’accord sur un point: le cessez-le-feu temporaire proposé par l’Union européenne et l’Ukraine ne ferait que prolonger le conflit.
Mais ce qui est vraiment préoccupant, c’est le silence de Moscou sur les garanties de sécurité. La Russie n’a pas commenté officiellement la réunion de Paris. Elle n’a donné aucun signe qu’elle accepterait un règlement soutenu par des troupes étrangères en Ukraine — une condition qu’elle a rejetée par le passé. Et surtout, elle continue d’exiger l’inacceptable: le retrait complet des troupes ukrainiennes du Donbas, la reconnaissance internationale de son contrôle sur les territoires occupés. Ces demandes sont inacceptables pour Kiev. Elles sont inacceptables pour l’Ukraine dans son ensemble. Et pourtant, elles restent sur la table. Pendant que l’Occident promet des garanties de sécurité pour quinze ou cinquante ans, Moscou continue d’occuper environ un cinquième du territoire ukrainien sans montrer la moindre volonté de compromis.
Le Donbas: l’abcès qui ne guérit pas
La question territoriale reste le point de blocage principal. Le Donbas. Cette région de l’est de l’Ukraine que la Russie revendique, partiellement occupée depuis 2014, envahie en 2022. Moscou contrôle actuellement environ 75% de la région de Donetsk et 99% de la région de Louhansk. Ces deux régions constituent collectivement le Donbas. Et la Russie veut le reste. Tout le reste. Aucun compromis possible. Aucune négociation acceptable. Moscou exige que Kyiv retire ses troupes de la partie de la région qu’elle contrôle encore. L’Ukraine, elle, propose que la zone devienne une zone économique libre, patrouillée par ses forces. Mais Zelensky a insisté: toute discussion sur ce point doit inclure le peuple ukrainien. Un référendum.
Un référendum qui nécessiterait un cessez-le-feu de soixante jours. Soixante jours de calme relatif pour permettre au peuple ukrainien de se prononcer sur son propre avenir. Mais la Russie ne soutient pas un cessez-le-feu temporaire. Pourquoi? Parce qu’elle sait que pendant un cessez-le-feu, l’Ukraine se réorganiserait, se réarmerait, se renforcerait. Et parce qu’elle croit, probablement à juste titre, que le peuple ukrainien ne voterait jamais pour abandonner son propre territoire. Le Donbas est devenu plus qu’une région. C’est devenu un symbole. Un symbole de la souveraineté ukrainienne, de la détermination à ne pas céder un pouce de terre, de la volonté de résister coûte que coûte. Et ce symbole, ni Moscou ni l’Occident ne peuvent l’ignorer.
Je relis ces paragraphes et je me demande: à quel moment un humain décide-t-il de faire ÇA à un autre humain? À quel moment Vladimir Poutine a-t-il regardé une carte de l’Ukraine et s’est-il dit: « cette terre, je vais la prendre. Peu importe combien de gens je vais devoir tuer. Peu importe combien de villes je vais devoir détruire. Peu importe combien de mères vont pleurer leurs enfants. Je vais la prendre. »? Je n’arrive pas à comprendre. Vraiment. La guerre, je peux comprendre les raisons géopolitiques, les stratégies militaires, les calculs de puissance. Mais ça, non. Le Donbas n’est pas juste un territoire. C’est des millions de vies. Des familles. Des histoires. Des rêves. Comment peut-on réduire tout ça à des lignes sur une carte? Comment peut-on accepter que des gens meurent pour ça? Et comment l’Occident peut-il discuter de garanties de sécurité pendant que la Russie continue d’occuper une partie de l’Ukraine comme si de rien n’était? Cette dissonance me rend fou. L’espoir d’un côté, l’injustice de l’autre. Ça ne colle pas. Ça ne colle pas du tout.
Section 4: L'architecture de la sécurité: promesses et réalités
Le mécanisme de surveillance: drones, satellites, yeux partout
Le plan détaillé pour les garanties de sécurité commence à prendre forme. Selon la déclaration de la Coalition of the Willing, les alliés participeraient à un mécanisme proposé par les États-Unis pour la surveillance et la vérification du cessez-le-feu. Les officiels précisent que ce mécanisme impliquerait probablement des drones, des capteurs et des satellites — mais pas de troupes américaines au sol. Une distinction importante pour Washington, qui veut soutenir l’Ukraine sans s’engager militairement de manière directe. Les États-Unis dirigeraient, les Européens participeraient, et l’ensemble formerait un système de surveillance global, constant, inévitable. Chaque mouvement de troupes russes serait observé. Chaque violation serait documentée. Chaque tentative de reprise des hostilités serait immédiatement détectée.
Mais la surveillance ne suffit pas. La déclaration prévoit également la création d’une cellule de coordination de la coalition États-Unis-Ukraine à Paris. Une structure permanente qui assurerait la liaison entre les partenaires, coordonnerait les livraisons d’équipements, organiserait les entraînements, synchroniserait les stratégies. Et surtout, l’architecture post-cessez-le-feu inclurait le renforcement de l’armée ukrainienne, meurtrie par des années de guerre. Reconstituer les stocks d’armes. Remplacer les équipements perdus. Moderniser les capacités défensives. L’objectif est clair: l’Ukraine elle-même doit devenir sa première ligne de défense. Une armée puissante, bien équipée, bien entraînée, capable de dissuader toute reprise des hostilités par sa simple existence. C’est une vision ambitieuse. Une vision qui, si elle se réalise, transformerait l’Ukraine en un rempart militaire à la frontière orientale de l’Europe.
Les hubs militaires: une présence tangible sur le sol
Le engagement de la France et du Royaume-Uni est encore plus concret. Starmer a été explicite: en cas de cessez-le-feu, le Royaume-Uni et la France « établiront des hubs militaires à travers l’Ukraine et construiront des installations protégées pour les armements et équipements militaires pour soutenir les besoins défensifs de l’Ukraine ». Ces hubs ne seraient pas de simples bases temporaires. Ils seraient des installations permanentes, protégées, dotées d’infrastructures lourdes. Des endroits où l’armée ukrainienne pourrait stocker des armes, effectuer des réparations, se former, se réapprovisionner. Des endroits où des conseillers militaires français et britanniques seraient présents en permanence. Des endroits qui, en cas d’attaque russe, deviendraient immédiatement des cibles — et des preuves tangibles de l’engagement occidental.
Macron a parlé de « plusieurs milliers » de soldats français. Un chiffre vague mais significatif. Pas une compagnie symbolique. Pas un détachement de quelques centaines d’hommes. Des milliers. Une force significative, capable de projeter de la puissance, de montrer que l’engagement n’est pas symbolique. Mais tous les pays européens ne sont pas sur la même ligne. L’Allemagne a adopté une posture plus prudente. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré que les forces allemandes pourraient rejoindre pour surveiller un cessez-le-feu, mais seraient basées dans un pays voisin. La Belgique a dit qu’elle soutiendrait l’effort par sa marine et son aviation. La Croatie et la République tchèque ont déclaré qu’elles ne déploieraient pas de troupes. L’unité européenne n’est pas totale. Les engagements ne sont pas uniformes. Et cette disparité, cette différence d’approche, pourrait devenir un point de vulnérabilité dans l’architecture de sécurité.
Fermez les yeux. Représentez-vous la scène. Des milliers de soldats français en uniforme, défilant dans les villes ukrainiennes. Des hubs militaires britanniques, construits en dur, protégés par des bunkers. Des drones américains survolant le ciel ukrainien, surveillant chaque mouvement. Ça ressemble à quoi? À une occupation? À une protection? Aux deux? Et surtout, que se passerait-il si la Russie attaquait l’un de ces hubs? Que se passerait-il si des soldats français ou britanniques étaient tués? L’engagement « historique » deviendrait alors une réalité sanglante. Une guerre directe entre l’Otan et la Russie. Est-ce que l’Occident est vraiment prêt pour ça? Est-ce que les peuples français, britanniques, allemands sont prêts à envoyer leurs fils mourir pour l’Ukraine? Je ne sais pas. Je ne sais pas si les dirigeants ont pensé jusqu’au bout à cette éventualité. Et ça me fait peur. Vraiment.
Section 5: La reconstruction: quand les promesses se chiffrent en milliards
La « Roadmap for Ukraine’s Prosperity »: un plan de 800 milliards
Parmi les trois documents que Zelensky a mentionnés, le troisième est peut-être le plus ambitieux: la « Roadmap for Ukraine’s Prosperity ». Un plan de reconstruction et de développement économique dont on parle déjà en termes de 800 milliards de dollars. Huit cent milliards. C’est plus que le PIB annuel de nombreux pays européens. C’est une somme vertigineuse, presque irréelle. Mais c’est le coût de la guerre. Le coût de la destruction. Le coût des infrastructures bombardées, des villes en ruines, des usines détruites, des ports endommagés. L’Ukraine a besoin de tout. De tout reconstruire. De tout repartir à zéro, mais mieux qu’avant. Plus fort. Plus résilient. Plus moderne.
Zelensky a donné des instructions précises. La Premier ministre Yuliia Svyrydenko, le vice-Premier ministre Taras Kachka, et le ministre de l’Économie Oleksii Soboliev doivent assurer une « surveillance complète et un examen d’expert de tous les aspects économiques des futurs accords entre l’Ukraine et les États-Unis, ainsi que les accords trilatéraux: Ukraine – Europe – Amérique ». Le président ukrainien a insisté: « Nous avons défini les paramètres nécessaires pour les mécanismes d’utilisation des fonds de reconstruction qui viendront de nos partenaires. » La reconstruction ne sera pas un chèque en blanc. Elle sera encadrée, surveillée, organisée. Des mécanismes précis pour utiliser l’argent. Des contrôles pour éviter la corruption. Des objectifs clairs pour chaque dollar investi.
Les partenaires: qui paiera, et combien?
La question centrale, bien sûr, est: qui paiera? Les États-Unis ont promis de diriger les efforts. L’Europe a confirmé son engagement. Mais les détails restent flous. Les 800 milliards viendront-ils entièrement des budgets publics? Les fonds privés seront-ils impliqués? Y aura-t-il des mécanismes de prêt, de subvention, d’investissement? Zelensky a mentionné des « fonds de reconstruction qui viendront de nos partenaires », sans préciser la répartition. Ce qu’on sait, c’est que la reconstruction ne se fera pas sans un engagement massif de l’Occident. Un engagement financier sans précédent dans l’histoire de l’aide internationale.
Mais la reconstruction n’est pas que de l’argent. C’est aussi une vision. L’Ukraine ne veut pas juste reconstruire ce qui était. Elle veut construire ce qui sera. Des infrastructures modernes. Des énergies renouvelables. Des villes résilientes. Une économie intégrée à l’Europe, compétitive, innovante. Une « Roadmap for Ukraine’s Prosperity » qui n’est pas juste un plan de reconstruction, mais un plan de transformation. De l’Ukraine d’avant la guerre, pays post-soviétique en transition, vers une nouvelle Ukraine, membre de plein droit de la famille européenne, puissance économique régionale, leader dans les technologies vertes et numériques. C’est une vision ambitieuse. Une vision qui, si elle se réalise, pourrait transformer non seulement l’Ukraine, mais toute l’Europe de l’Est.
Huit cent milliards. Je relis le chiffre et j’ai le vertige. Huit cent milliards de dollars pour reconstruire un pays que la Russie a détruit. Ça donne une idée, non? Une idée du coût de cette folie. Du coût de l’ambition d’un homme. Du prix payé par des millions de gens qui n’ont rien demandé. Et je me demande: dans dix ans, dans vingt ans, est-ce qu’on se souviendra de tout ça? Est-ce qu’on se souviendra que l’Europe a payé huit cent milliards pour reconstruire ce que la Russie a détruit? Est-ce que les Russes se souviendront? Est-ce qu’ils comprendront un jour que chaque usine bombardée, chaque pont détruit, chaque école en ruine, c’est de l’argent qui n’ira pas pour leurs propres enfants? Pour leurs propres hôpitaux? Pour leurs propres routes? Ou est-ce que l’histoire oubliera, comme elle a oublié tant d’autres horreurs? Cette question me hante. Vraiment.
Section 6: Le calendrier: quand les promesses deviennent réalité
Les prochaines deux semaines: le moment de vérité
Zelensky a été clair: « Nous avons discuté du calendrier pour les deux prochaines semaines en termes de réunions, de préparation de documents, et de signatures possibles. » Deux semaines. Quatorze jours pour finaliser un document historique. Quatorze jours pour transformer des pourparlers en engagements. Quatorze jours pour que les promesses deviennent réalité. Le rythme est frénétique. La pression, énorme. Mais c’est le prix de l’urgence. La guerre ne s’arrête pas pendant les négociations. Les bombardements continuent. Les gens meurent. Chaque jour qui passe sans accord est un jour de trop.
Les fonctionnaires ukrainiens travaillent jour et nuit. Les diplomates occidentaux sont en permanence en contact. Les téléphones ne s’arrêtent jamais de sonner. Chaque détail est examiné, débattu, négocié. Chaque mot du document est pesé. Chaque engagement est vérifié. Il ne peut pas y avoir d’ambiguïté. Pas d’espace pour l’interprétation. Pas de place pour les échappatoires. Si l’Ukraine va signer ce document, elle doit savoir exactement ce qu’elle signe. Exactement ce qu’elle obtient. Exactement ce qu’elle peut attendre de ses partenaires. La confiance a été brisée trop de fois pour qu’on laisse place au moindre doute.
Janvier, février: le moment décisif
Zelensky a suggéré que des fonctionnaires ukrainiens pourraient rencontrer Trump à la Maison Blanche en janvier, potentiellement aux côtés de dirigeants européens. Une réunion au plus haut niveau pour finaliser les plans de pourparlers futurs. Le moment symbolique serait puissant: le président ukrainien et le président américain, côte à côte, entourés des dirigeants européens, annonçant un accord historique. L’image ferait le tour du monde. Le message serait clair: l’Occident est uni, l’engagement est réel, la sécurité de l’Ukraine n’est plus négociable.
Mais janvier passe. Février arrive. Et la guerre continue. Les frappes russes se poursuivent. Les pertes s’accumulent. Le document n’est pas encore signé. Les engagements ne sont pas encore formels. Et l’inquiétude grandit. Combien de temps peut-on maintenir ce rythme? Combien de temps l’Ukraine peut-elle attendre? Combien de temps l’Occident peut-il maintenir son unité? Le calendrier est aussi un test. Un test de détermination. Un test de patience. Un test de volonté. Si les deux prochaines semaines passent sans résultat significatif, sans signature, sans engagement concret, alors tout pourrait s’effondrer. L’espoir se transformerait en désespoir. L’unité occidentale en division. Les promesses en illusions.
Je regarde le calendrier. Je compte les jours. Quatorze jours. C’est court. Trop court peut-être. Pour transformer des années de guerre, des milliers de morts, des millions de déplacés en un document sur papier. Mais c’est aussi long. Trop long quand chaque jour, des gens meurent. Chaque jour, des villes sont bombardées. Chaque jour, des enfants perdent leur enfance. Cette tension entre l’urgence de la guerre et la lenteur de la diplomatie me déchire. Je comprends la nécessité de prendre le temps de bien faire les choses. De ne pas signer n’importe quoi. De ne pas accepter des garanties vides. Mais je comprends aussi l’impatience. La rage de voir les négociations s’éterniser pendant que la Russie continue de bombarder. Et je me demande: si j’étais à la place de Zelensky, pourrais-je tenir? Pourrais-je attendre? Pourrais-je avoir la force de dire « non » si le document n’est pas assez bon? Ou l’urgence me forcerait-elle à accepter n’importe quoi? Cette question me hante. Vraiment.
Section 7: Les réactions internationales: entre soutien et scepticisme
L’Europe: unité retrouvée ou fragile illusion?
La réunion de Paris a été présentée comme un succès. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a salué les « bons progrès » réalisés lors des pourparlers de Floride tout en soulignant la nécessité de garanties de sécurité « en fer » pour l’Ukraine. Emmanuel Macron a parlé de garanties « robustes ». Keir Starmer a évoqué des « progrès excellents ». Les dirigeants européens ont souligné la « renewed unity » entre l’Europe et les États-Unis sur le soutien à l’Ukraine. Un message de solidarité, de détermination, d’engagement commun.
Mais derrière les déclarations publiques, les positions divergent. L’Allemagne reste prudente. La Pologne, intransigeante. Les pays baltes, impatients. La France et le Royaume-Uni, volontaristes. L’Italie, pragmatique. L’unité européenne existe, mais elle est fragile. Elle repose sur un équilibre précaire entre des intérêts nationaux divergents, des histoires différentes, des approches distinctes de la sécurité européenne. Si l’engagement américain venait à faiblir — si Trump décidait de changer de position, si la Maison Blanche réduisait son soutien — l’unité européenne pourrait s’effondrer en quelques semaines. Et l’Ukraine se retrouverait seule. Encore une fois.
Les États-Unis: entre engagement et incertitude
La position américaine est, paradoxalement, à la fois la plus claire et la plus incertaine. D’un côté, la Maison Blanche a été explicite. Un fonctionnaire a dit au Kyiv Independent: « Au cours des dernières semaines, l’équipe de Trump a réalisé des progrès considérables en ce qui concerne la fin de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Comme l’a déclaré Trump, nous sommes plus proches que jamais. » Les émissaires américains ont participé à la réunion de Paris. Witkoff a déclaré que Trump « soutient fortement les protocoles de sécurité ». Kushner a qualifié la réunion de Paris de « jalon très, très important ».
Mais de l’autre côté, Trump reste Trump. Imprevisible. Changeant. Capable de renverser une position en quelques jours, en quelques heures, en quelques minutes. Ses récentes revendications sur le Groenland — « les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland », un territoire autonome du Danemark, membre de l’Otan — ont semé le trouble. Si Trump peut menacer d’annexer le territoire d’un allié de l’Otan, qu’est-ce qui l’empêcherait de changer de position sur l’Ukraine? Qu’est-ce qui garantit que les engagements d’aujourd’hui seront respectés demain? Rien. Sauf peut-être la volonté de l’Ukraine de se battre coûte que coûte, et la détermination de l’Europe de ne pas abandonner un pays qui a payé si cher pour sa liberté.
Silence. Juste le silence. Dans les couloirs du pouvoir à Washington, à Paris, à Berlin, à Londres. Le silence des négociations secrètes. Le silence des décisions non prises. Le silence des engagements non honorés. Et dans ce silence, l’Ukraine attend. Bombardée. Assiégée. Mais debout. Toujours debout. Je pense à ces Ukrainiens qui vivent dans des villes bombardées, qui dorment dans des abris, qui entendent les sirènes chaque nuit. Et je me demande: est-ce qu’ils savent ce qui se passe dans ces palais? Est-ce qu’ils savent que leur destin est discuté, débattu, négocié par des gens qui ne risquent rien? Est-ce qu’ils savent que leur avenir tient à quelques paragraphes sur un document? Ou est-ce qu’ils s’en fichent? Est-ce qu’ils se battent parce qu’ils croient en ces promesses? Ou parce qu’ils n’ont pas le choix? Cette question me hante. Vraiment.
Section 8: Les enjeux géopolitiques: un nouveau monde en formation
L’Europe de l’Est: une nouvelle architecture de sécurité
Ce qui se joue aujourd’hui autour des garanties de sécurité pour l’Ukraine dépasse largement le cadre du conflit ukraino-russe. C’est toute l’architecture de sécurité européenne qui est en train d’être redessinée. L’Otan, qui a échoué à empêcher la guerre en Ukraine en 2014 et 2022, est en train de se transformer. L’Union européenne, longtemps dépendante de l’OTAN pour sa sécurité, est en train de développer ses propres capacités militaires. La France et le Royaume-Uni, grandes puissances militaires européennes, prennent une nouvelle responsabilité. L’Allemagne, puissance économique dominante mais militairement hésitante, est forcée de repenser sa position. La Pologne, les pays baltes, la République tchèque, la Slovaquie — tous les pays de l’Europe de l’Est qui ont vécu sous la domination soviétique sont en train de redéfinir leur sécurité.
Si les garanties de sécurité pour l’Ukraine se concrétisent, elles créeront un nouveau modèle de sécurité européenne. Un modèle qui ne repose plus uniquement sur l’OTAN, mais sur une combinaison d’engagements américains, de capacités européennes, et d’une Ukraine puissante et résiliente. Un modèle qui pourrait être étendu à d’autres pays de la région. La Moldavie? La Géorgie? Les pays balkaniques? L’Ukraine pourrait devenir le pilier central de cette nouvelle architecture, le rempart oriental de l’Europe, la première ligne de défense contre toute agression russe. Mais c’est un modèle qui repose sur des hypothèses fragiles: l’engagement américain durable, l’unité européenne solide, la volonté ukrainienne inébranlable. Si l’une de ces hypothèses s’effondre, tout le modèle s’effondre.
La Russie: un Empire en déclin ou un prédateur résurgent?
L’autre grande inconnue est la Russie elle-même. Moscou continue d’occuper environ un cinquième du territoire ukrainien sans montrer la moindre volonté de compromis. Mais derrière cette apparente intransigeance, la Russie est en train de changer. L’économie russe est sous pression. Les sanctions, bien que contournées par des « shadow fleets » et des schémas financiers complexes, commencent à faire sentir leurs effets. L’armée russe a subi des pertes colossales — plus de 400 000 soldats tués ou blessés en 2025 pour ne conquérir que 0,8% du territoire ukrainien supplémentaire. La société russe, bien que largement endoctrinée, commence à ressentir les coûts de la guerre: les morts, les blessés, les absences, les difficultés économiques.
La question que personne ne peut répondre avec certitude est: la Russie va-t-elle accepter sa défaite? Va-t-elle accepter de perdre l’Ukraine? Va-t-elle accepter de se retirer du Donbas, de la Crimée, de tous les territoires occupés? Ou va-t-elle continuer à se battre, à détruire, à tuer, jusqu’à ce que l’Ukraine soit complètement conquise ou complètement détruite? La Russie a une histoire longue d’expansion, d’impérialisme, de domination sur les peuples voisins. Mais elle a aussi une histoire de révolutions, d’effondrements, de transformations brutales. La Russie d’aujourd’hui pourrait être l’Empire en déclin d’un dirigeant désespéré. Ou elle pourrait être le prédateur résurgent qui ne reculera devant rien. L’histoire ne nous dit pas encore quel sera son avenir. Et l’avenir de l’Ukraine — et de l’Europe — en dépend.
Je regarde une carte de l’Europe. Je vois l’Ukraine, ce grand pays entre l’Union européenne et la Russie. Je vois les lignes qui le traversent: les frontières de l’OTAN, les frontières de l’Union européenne, les frontières de la Russie. Et je me demande: est-ce que ces lignes vont changer? Est-ce que l’Ukraine va devenir membre de l’OTAN? Membre de l’Union européenne? Ou est-ce qu’elle va rester dans cet espace intermédiaire, ce no man’s land entre l’Est et l’Ouest, entre le passé et le futur? Et si elle reste dans cet espace, comment survivra-t-elle? Comment se défendra-t-elle contre une Russie qui ne renonce jamais à ses ambitions? Ces questions n’ont pas de réponse simple. Mais elles sont essentielles. Parce que l’avenir de l’Europe se joue en Ukraine. Vraiement.
Section 9: Le verdict de l'histoire: quand les promesses sont mises à l'épreuve
Le test ultime: la signature ou l’échec
Les deux prochaines semaines seront le test ultime. Si le document de sécurité est finalisé, s’il est soumis au « plus haut niveau », s’il est signé par toutes les parties, alors ce sera un moment historique. Un moment qui marquera un tournant dans la guerre, dans la relation entre l’Ukraine et l’Occident, dans l’architecture de sécurité européenne. Les garanties américaines pour quinze ou cinquante ans deviendront réalité. Les hubs militaires français et britanniques seront établis. Le mécanisme de surveillance dirigé par les États-Unis sera mis en place. La reconstruction de l’Ukraine pourra commencer. Et l’espoir, cet espoir fragile qui anime les Ukrainiens depuis des années, se transformera en confiance.
Mais si les deux prochaines semaines passent sans résultat significatif, sans signature, sans engagement concret, alors ce sera l’échec. Un échec retentissant. Les promesses de garanties de sécurité resteront des promesses. Les engagements militaires resteront des engagements sur papier. La reconstruction restera un rêve lointain. Et l’Ukraine se retrouvera seule encore une fois, bombardée, assiégée, mais toujours debout. L’Occident aura perdu sa crédibilité. La Russie aura gagné un point. Et la guerre continuera, indéfiniment, jusqu’à ce que l’un des deux camps s’effondre complètement.
Le jugement de l’histoire: que retiendra-t-elle?
Qu’est-ce que l’histoire retiendra de ce moment? Est-ce qu’elle retiendra que l’Occident a finalement tenu ses promesses? Qu’il a fourni à l’Ukraine les garanties de sécurité qu’elle demandait depuis des années? Qu’il a défendu un pays agressé, un peuple assiégé, une démocratie menacée? Ou est-ce qu’elle retiendra que l’Occident a encore une fois fait des promesses vides, des engagements non honorés, des déclarations sans contenu? Que l’Ukraine a été abandonnée, trahie, livrée à elle-même face à un prédateur impitoyable?
Le verdict de l’histoire ne dépend pas seulement des gouvernements, des diplomates, des militaires. Il dépend aussi des peuples. Des peuples ukrainiens qui se battent depuis des années, qui ont perdu des milliers de vies, qui ont vu leurs villes détruites, mais qui refusent de céder. Des peuples européens qui soutiennent l’Ukraine, qui accueillent les réfugiés, qui financent la guerre, mais qui commencent à se lasser de l’effort, à douter de l’issue, à remettre en question l’engagement. Des peuples russes qui, pour la plupart, ignorent ou acceptent la guerre, mais qui commenceront peut-être un jour à comprendre le coût de cette folie. L’histoire sera écrite par tous ces gens. Par leurs choix, leurs actions, leurs sacrifices. Et le verdict sera rendu par le temps, qui seul peut dire si les promesses d’aujourd’hui sont devenues les réalités de demain.
Et moi, je pense à cette mère qui attend son fils sous les décombres d’un immeuble bombardé à Kiev ce matin-là, le 12 janvier 2026. Je pense à elle quand j’écris ces lignes sur les garanties de sécurité, sur les documents historiques, sur les engagements internationaux. Est-ce qu’elle s’en fiche? Est-ce que tout ça lui importe? Ou est-ce qu’elle pense juste à son fils? À son sourire. À sa voix. À sa promesse de rentrer ce soir-là. Et je me demande: si le document de sécurité est signé, si les garanties deviennent réalité, si la guerre s’arrête enfin, est-ce que ça changera quelque chose pour elle? Est-ce que ça lui rendra son fils? Non. Rien ne lui rendra son fils. Rien ne pourra effacer cette douleur. Cette perte absolue. Mais peut-être que ça l’empêchera d’être la dernière. Peut-être que ça empêchera d’autres mères de vivre la même horreur. Peut-être que ça sauvera d’autres enfants. Et peut-être que, juste peut-être, ça donnera un sens à tout ça. À cette guerre insensée. À cette souffrance indicible. À cette lutte acharnée pour la liberté. Je veux y croire. Je veux croire que les sacrifices de son fils n’auront pas été vains. Que sa mort aura servi à quelque chose. Mais l’espoir, c’est une drogue dangereuse. Et la douleur, c’est une éternité.
Conclusion: Le moment où tout peut basculer — ou ne jamais changer
Le document historique: promesse ou illusion?
Volodymyr Zelensky a donné l’ordre de finaliser le document de sécurité avec les États-Unis et de le soumettre « au plus haut niveau ». Un document qui, selon ses propres mots, doit être de « signification historique ». Un document qui promet quinze, trente, peut-être cinquante ans de garanties de sécurité pour l’Ukraine. Un document qui, s’il est signé, pourrait marquer un tournant dans la guerre, dans la relation entre l’Ukraine et l’Occident, dans l’architecture de sécurité européenne. Mais pendant que les diplomates négocient, les bombardements continuent. Les sirènes retentissent chaque nuit à Kiev. Les gens meurent chaque jour. Et la mère sous les décombres attend toujours un fils qui ne reviendra jamais.
Le contraste est brutal, presque violent. D’un côté, l’espoir d’un avenir meilleur, d’une sécurité garantie, d’une reconstruction financée. De l’autre, la réalité immédiate d’une guerre qui ne s’arrête pas, d’une agression qui ne recule pas, d’une douleur qui ne s’efface pas. Le document historique peut changer tout — ou ne rien changer du tout. Il peut être le début d’une nouvelle ère pour l’Ukraine et l’Europe, ou il peut être juste une autre promesse non tenue dans une longue histoire de trahisons. Les deux prochaines semaines diront. Les deux prochaines semaines décideront. Les deux prochaines semaines feront l’histoire — ou l’effaceront.
Quinze ans. Trente ans. Cinquante ans. Les chiffres tournent dans ma tête. Cinquante ans de garanties de sécurité pour l’Ukraine. Cinquante ans pendant lesquels la Russie ne pourra pas attaquer. Cinquante ans pendant lesquels les enfants ukrainiens pourront grandir sans guerre. Cinquante ans de paix. C’est beau. C’est tentant. C’est presque irrésistible. Mais est-ce que c’est possible? Est-ce qu’on peut vraiment garantir cinquante ans de paix? Est-ce qu’on peut vraiment garantir que la Russie ne trouvera pas moyen de contourner ces garanties, de les contourner, de les violer? Et si elle le fait, qu’est-ce que l’Occident fera? Enverra-t-il ses fils mourir pour défendre l’Ukraine? Ou laissera-t-il les garanties tomber dans l’oubli comme tant d’autres promesses? Cette question me hante. Vraiment. Et je pense à cette mère sous les décombres. Je pense à son fils. Je pense à tous les autres fils et filles qui sont morts, qui meurent, qui mourront peut-être encore avant que ce document soit signé — ou peut-être jamais. Et je me demande: est-ce que leurs morts auront servi à quelque chose? Ou est-ce qu’ils seront juste des lignes dans les livres d’histoire que personne ne lira jamais? Je ne sais pas. Je ne sais pas. Mais je veux croire. Je veux croire que cette fois sera différente. Que les promesses seront tenues. Que la paix arrivera. Que l’Ukraine sera libre, indépendante, sûre. Pour toujours. Parce que si ce n’est pas le cas, alors je ne veux même pas imaginer ce qui viendra ensuite. Vraiment.
Sources
Sources primaires
Ukrinform – « Ukraine’s security guarantees from U.S. to be finalized at highest level, Zelensky says » – Publié le 12 janvier 2026
BBC – « US offered Ukraine 15-year security guarantee, Zelensky says » – Publié le 29 décembre 2025
The Kyiv Independent – « Zelensky orders final review of US security guarantees; White House source praises ‘tremendous progress’ in ending war » – Publié le 12 janvier 2026
Sources secondaires
Al Jazeera – « US backs security guarantees for Ukraine, as France and UK pledge troops » – Publié le 6 janvier 2026
Le Monde – « Ukraine’s Western allies agree on key security guarantees in Paris » – Publié le 6 janvier 2026
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