Le compte à rebours invisible
Le 1er janvier 2026, dans son discours du Nouvel An à la nation, Zelensky a annoncé que le plan de paix était à « 90% prêt ». « Dix pour cent restent… Ces 10% contiennent, en fait, tout », a-t-il dit dans un discours de vingt minutes. « Ce sont les 10% qui détermineront le destin de la paix, le destin de l’Ukraine et de l’Europe, comment les gens vivront. » Zelensky a précisé que la position de l’Ukraine avait été entendue au niveau international, mais pas encore pleinement acceptée. « Nos arguments ont-ils été entendus ? Nous l’espérons beaucoup. Ont-ils accepté notre position ? Pas entièrement. Pas encore. C’est précisément pourquoi, pour l’instant, nous parlons de 90%, et non de 100%, de préparation d’un accord de paix. » Ce que Zelensky ne dit pas explicitement, c’est ce que ces 10% représentent en termes de vies humaines.
Les détails de ce plan de paix sont complexes. Les États-Unis ont offert à l’Ukraine des garanties de sécurité pour une période de quinze ans dans le cadre d’une proposition de paix, bien que Zelensky ait déclaré qu’il préférerait un engagement américain pouvant aller jusqu’à cinquante ans pour dissuader la Russie de nouvelles tentatives de s’emparer des terres de son voisin par la force. « Sans garanties de sécurité, réaliste, cette guerre ne prendra pas fin », a averti Zelensky. Les garanties de sécurité incluraient la manière dont un accord de paix serait surveillé ainsi que la « présence » de partenaires. Zelensky a également déclaré qu’il veut que le plan de paix en vingt points actuellement discuté soit approuvé par les Ukrainiens lors d’un référendum national. Mais pour organiser un scrutin, il faut un cessez-le-feu d’au moins soixante jours, et Moscou n’a montré aucune volonté de trêve sans un règlement complet.
Les promesses qui coûtent
Le 6 janvier 2026, lors d’une réunion cruciale à Paris, les alliés de l’Ukraine ont déclaré qu’ils s’étaient mis d’accord pour fournir au pays des garanties de défense internationale multicouches dans le cadre d’une proposition pour mettre fin à l’invasion de son voisin par la Russie. À cette réunion, à laquelle ont participé des dirigeants de pays européens et du Canada, ainsi que des représentants américains et des hauts responsables de l’Union européenne et de l’OTAN, les dirigeants ont déclaré qu’ils fourniraient aux forces de première ligne de Kyiv des équipements et une formation et les soutiendraient par un appui aérien, terrestre et maritime pour dissuader toute future attaque russe.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que la réunion avait réalisé des « progrès excellents » mais a mis en garde que « les moments les plus difficiles sont encore à venir », notant que les attaques russes contre l’Ukraine se poursuivent. Starmer a ajouté qu’il ne peut y avoir de paix que si la Russie fait des compromis, et que « Poutine ne montre pas qu’il est prêt pour la paix ». En cas de cessez-le-feu, a-t-il dit, le Royaume-Uni et la France « établiront des hubs militaires à travers l’Ukraine et construiront des installations protégées pour les armes et les équipements militaires pour soutenir les besoins défensifs de l’Ukraine ». Zelensky a déclaré que les déploiements en Ukraine par la Grande-Bretagne et la France, les seules nations d’Europe de l’Ouest dotées de l’arme nucléaire, seraient « essentiels ».
Et là, je m’arrête. Je relis ces paragraphes sur les « hubs militaires » et les « garanties de sécurité », et quelque chose se brise en moi. Pas de tristesse, mais quelque chose de plus dur. De plus froid. C’est cette distance. Cette distance infranchissable entre les mots et la réalité. Pendant que Starmer parle de « progrès excellents » à Paris, Sensei à Kyiv sort son portefeuille et montre les photos de ses camarades morts. Pendant que les diplomates discutent de « déploiements » et « d’installations protégées », des mères reçoivent des lettres qui disent trois paragraphes ce que leurs vies ne seront plus jamais. Je ne veux pas critiquer ces efforts. Je sais qu’ils sont nécessaires. Mais je ne peux pas m’empêcher de ressentir cette dissonance terrible, cette dissonance qui fait mal. Celle qui fait dire : vous parlez de paix comme si c’était un concept abstrait, un jeu d’échecs. Mais pour Sensei, pour toutes ces familles, la paix n’est pas un concept. C’est une question de vie ou de mort. Pour toujours.
Section 3 : La réponse qui ne vient pas
Le silence du Kremlin
Moscou a révélé peu de détails sur sa position dans les négociations de paix dirigées par les États-Unis. Les responsables ont réaffirmé les demandes de la Russie et ont insisté sur le fait qu’il ne peut y avoir de cessez-le-feu avant qu’un règlement complet ne soit convenu. Le président russe Vladimir Poutine a exclu tout déploiement de troupes de pays de l’OTAN sur le sol ukrainien. Pendant ce temps, sur le terrain, Poutine a affirmé que les troupes russes progressent dans la région orientale de Donetsk en Ukraine et qu’elles pressent également leur offensive dans la région sud de Zaporijia.
Poutine a cherché à se présenter comme négociant depuis une position de force alors que les forces ukrainiennes peinent à contenir la plus grande armée russe. Lors d’une réunion avec des officiers militaires supérieurs, il a souligné la nécessité de créer des zones tampons militaires le long de la frontière russe. « C’est une tâche très importante car elle assure la sécurité des régions frontalières de la Russie », a déclaré Poutine. Le président français Emmanuel Macron a déclaré que les alliés de Kyiv se réuniraient à Paris début janvier pour « finaliser les contributions concrètes de chaque pays » aux garanties de sécurité. Trump a déclaré qu’il envisagerait d’étendre les garanties de sécurité américaines pour l’Ukraine au-delà de quinze ans, selon Zelensky.
L’escalade dans l’ombre
Le lundi 30 décembre 2025, Poutine a dit à Trump lors d’un appel téléphonique que l’Ukraine avait tenté d’attaquer la résidence du dirigeant russe dans le nord-ouest de la Russie avec des drones à longue portée presque immédiatement après les pourparlers de Trump avec Zelensky le dimanche précédent. L’attaque « ne restera certainement pas sans sérieuse réponse », a déclaré le conseiller aux affaires étrangères de Poutine, Iouri Ouchakov, ajoutant que Moscou allait maintenant réexaminer sa position de négociation. Zelensky a nié l’allégation russe d’une attaque, la décrivant comme une tentative de manipulation du processus de paix. Il a déclaré que c’était « un autre mensonge » et qu’elle était survenue parce que Moscou est déstabilisé par les progrès des efforts de paix.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que l’Ukraine avait lancé une attaque sur la résidence de Poutine dans la région de Novgorod dans la nuit de dimanche à lundi en utilisant quatre-vingt-onze drones à longue portée. Trump, pour sa part, a déclaré : « Je n’aime pas ça. Ce n’est pas bien », confirmant que le dirigeant russe l’avait informé de l’attaque lors de leur appel téléphonique lundi matin. Pendant ce temps, dans les rues de Kyiv, les Ukrainiens écoutent ces nouvelles avec scepticisme. Denys Shpylovyi, un étudiant de vingt ans qui était chez lui pour les vacances, a déclaré que la volonté de Trump d’accepter les arguments de Poutine avait mis Zelensky dans une situation difficile. « Mais je suis reconnaissant pour quelques progrès. Ils parlent, et peut-être qu’un jour il y aura de l’espoir », a-t-il dit.
Cette partie me pose problème. Vraiment. Je lis ces paragraphes sur les accusations mutuelles, les drones, les attaques sur des résidences présidentielles, et je me demande : tout le monde est devenu fou ? Vraiment ? Pendant que Sensei sort son portefeuille avec ses photos de morts, Poutine et Trump se téléphonent pour discuter d’une attaque sur une résidence ? Pendant que des mères attendent des nouvelles qui ne viendront jamais, des diplomates jouent à qui dit quoi ? Je ne comprends plus. Je ne comprends plus rien à ce monde où tout est réduit à des jeux de pouvoir, à des accusations croisées, à des manipulations médiatiques. Et cette question me hante, me hante jour et nuit : à quel moment un être humain décide-t-il que la vie d’un autre ne vaut pas la peine d’être épargnée ? À quel moment Poutine a-t-il décidé que les soldats russes, comme les soldats ukrainiens, n’étaient que des pions dans son jeu d’échecs ? Comment on en arrive là ?
Section 4 : Le coût humain de l'attente
Les images qui ne s’effacent pas
Fermez les yeux une seconde. Imaginez-vous dans les rues enneigées de Kyiv. L’air est froid, mordant. Le ciel est gris, d’un gris infini, comme si la couleur avait été aspirée du monde. Vous marchez et vous voyez Sensei. Il a soixante-cinq ans. Il a le visage marqué par quatre ans de guerre. Il s’arrête, il sort son portefeuille. À l’intérieur, il y a des photos. Des garçons qui rient, qui posent, qui ont des projets. « Presque personne de ma compagnie n’est encore en vie », dit-il. Ces photos sont les seules choses qui restent d’eux. Les seules preuves qu’ils ont existé. Que quelqu’un les a aimés. Que quelqu’un les attendait.
Imaginez maintenant une mère à Kharkiv. Elle attend. Elle attend depuis des jours, des semaines, des mois. Elle ne dort plus. Elle mange à peine. Chaque fois que le téléphone sonne, son cœur s’arrête. Est-ce la nouvelle ? Est-ce LA nouvelle ? Et puis un jour, le téléphone sonne. Elle décroche. Trois paragraphes. C’est tout ce qu’elle reçoit pour dire que la vie d’avant, c’est fini. Que l’homme qu’elle aimait, qu’elle avait élevé, pour qui elle avait sacrifié tout, ne reviendra jamais. Le reste de sa vie sera une attente. Une attente de quelque chose qui ne viendra jamais.
Le bruit qui ne s’arrête jamais
Le soir du Nouvel An, tandis que Zelensky prononçait son discours sur les 90% de plan de paix, la Russie a lancé une autre attaque nocturne sur l’Ukraine, déployant plus de deux cents drones d’attaque. Zelensky a déclaré que la plupart des drones avaient été abattus, mais que des frappes avaient touché les régions de Volyn, Rivne, Zaporijia, Odessa, Sumy, Kharkiv et Tchernihiv. « Si les frappes ne s’arrêtent même pas pendant les vacances du Nouvel An, alors les livraisons de défense aérienne ne peuvent pas être retardées », a écrit Zelensky sur X. « Nos alliés ont l’équipement rare nécessaire. Nous nous attendons à ce que tout ce qui a été convenu avec les États-Unis fin décembre pour notre protection soit livré à temps. »
Le bruit. Le bourdonnement constant des drones qui ne s’arrête jamais, même pendant les fêtes. Le sifflement avant l’explosion. Le silence qui suit, lourd, étouffant, attendu. Les Ukrainiens vivent avec ce bruit depuis quatre ans. Quatre ans. Zelensky a reconnu que les Ukrainiens étaient « fatigués », mais a dit qu’ils n’étaient « pas prêts à se rendre ». Il a noté que l’invasion de la Russie dure maintenant plus longtemps que l’occupation nazie de l’Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale. « Ce que l’Ukraine veut ? La paix ? Oui. À n’importe quel prix ? Non. Nous voulons la fin de la guerre, pas la fin de l’Ukraine », a-t-il déclaré. Ce que Zelensky ne dit pas, c’est ce que cela signifie pour les familles comme celle de la mère à Kharkiv. Ce que cela signifie de « ne pas se rendre » quand chaque jour apporte son lot de morts.
Vous savez ce qui me reste de cette histoire ? Un détail. Un seul. Le portefeuille de Sensei. Soixante-cinq ans. Un homme qui a survécu à Bakhmut. Un homme qui a vu ses camarades mourir un par un. Un homme qui porte ces photos partout avec lui, comme si c’était le seul moyen de les garder en vie. Je pense à ce portefeuille quand je lis les déclarations des diplomates sur les « termes réalistes » et les « garanties de sécurité ». Je pense à ce portefeuille quand j’entends parler de pourcentages de plan de paix. Et je me demande : Sensei, qu’est-ce que ces pourcentages signifient pour toi ? Est-ce que 90% de paix veut dire que 90% de tes camarades sont morts ? Est-ce que 100% de paix vaut tous ces sacrifices ? Je n’ai pas de réponse. Je n’en aurai jamais. Mais cette image du portefeuille avec ses photos jaunies me hante. Elle me hante parce qu’elle dit tout ce que les mots ne peuvent pas dire. Elle dit que derrière chaque chiffre, chaque pourcentage, chaque déclaration diplomatique, il y a des vies. Des visages. Des histoires. Des êtres humains qui ont aimé, qui ont été aimés, et qui ne reviendront jamais.
Section 5 : La diplomatie dans l'impasse
La réunion qui devait tout changer
Le 6 janvier 2026, l’Élysée a accueilli ce qu’on a appelé la « coalition de la volonté ». Trente-cinq participants, dont vingt-sept chefs d’État et de gouvernement. Un nombre sans précédent de responsables assistaient en personne. L’objectif était clair : finaliser les contributions concrètes de chaque pays aux garanties de sécurité pour l’Ukraine. Zelensky a déclaré que des progrès avaient été réalisés dans les pourparlers, bien que les engagements doivent être ratifiés par chaque pays pour qu’ils puissent être mis en place après tout règlement. « Nous avons déterminé quels pays sont prêts à prendre la tête des éléments de garanties de sécurité au sol, dans les airs et en mer, et dans la restauration », a déclaré Zelensky lors d’une conférence de presse à Paris.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré que la déclaration de sécurité approuvée par les alliés de l’Ukraine était une « étape significative » vers la fin de l’invasion de la Russie. Une déclaration commune a indiqué que les alliés s’étaient également mis d’accord pour continuer l’assistance militaire à long terme et l’armement des forces armées ukrainiennes, qui « resteront la première ligne de défense et de dissuasion » après la signature de tout accord de paix. Les alliés doivent encore finaliser des « engagements contraignants » définissant ce qu’ils feront pour soutenir l’Ukraine. Mais les perspectives de progrès à la réunion étaient incertaines, l’administration Trump se concentrant sur le Venezuela, tandis que les suggestions américaines d’une prise de contrôle du Groenland créaient des tensions avec l’Europe et Moscou ne montrait aucun signe de compromis.
Les divisions qui émergent
Zelensky a déclaré pendant le week-end que les déploiements potentiels de troupes européennes faisaient toujours face à des obstacles, que des détails importants n’avaient pas été finalisés et que « tout le monde n’est pas prêt » à s’engager des forces. Il a noté que de nombreux pays auraient besoin de l’approbation de leurs législateurs même si les dirigeants acceptaient un soutien militaire pour l’Ukraine. Mais il a reconnu que le soutien pourrait prendre d’autres formes que des troupes, comme « par des armes, des technologies et le renseignement ». Zelensky a déclaré que les déploiements en Ukraine par la Grande-Bretagne et la France, les seules nations d’Europe de l’Ouest dotées de l’arme nucléaire, seraient « essentiels ». « Parlant franchement en tant que président, même l’existence même de la coalition dépend de savoir si certains pays sont prêts à augmenter leur présence », a-t-il dit. « S’ils ne sont pas prêts du tout, alors ce n’est pas vraiment une ‘coalition de la volonté’. »
Oleh Saakian, un politologue ukrainien, a déclaré que c’était un bon signe que Zelensky parvienne à construire une relation avec Trump, bien qu’il ait noté que « rien n’a encore été adopté, rien n’a encore été signé ». « Je ne vois pas ces négociations nous rapprocher de la vraie paix, car elles sont basées sur l’égalité entre l’agresseur et la victime, elles sont basées sur un mépris total du droit international, et… un mépris de la sécurité européenne », a-t-il dit. Ce que Saakian exprime, c’est une peur qui traverse toute l’Ukraine : celle d’une paix qui ne serait pas une vraie paix, mais une capitulation déguisée.
Cette partie me met en colère. Pas une colère chaude, explosive, mais une colère froide, sourde, qui monte lentement, inexorablement. Cette colère de voir comment on transforme des vies humaines en négociations, en compromis, en « termes réalistes ». Je lis les déclarations de Macron sur les « étapes significatives » et de Starmer sur les « progrès excellents », et je veux leur crier : Allez sur le terrain. Allez voir Sensei. Allez voir la mère à Kharkiv. Allez voir ces familles qui attendent des nouvelles qui ne viendront jamais. Dites-leur que vous avez fait des « progrès excellents ». Dites-leur que vous avez atteint 90% de plan de paix. Dites-leur que la paix est « proche ». Et regardez dans leurs yeux. Regardez ce que vous verrez. Vous ne verrez pas de soulagement. Vous verrez la douleur la plus pure. Vous verrez le silence d’une maison où l’on n’entendra plus jamais la voix d’un être aimé. Vous verrez le vide qui ne se remplit jamais. Et peut-être, juste peut-être, vous comprendrez que la paix n’est pas un pourcentage. La paix, c’est quand les mères n’ont plus à attendre. Quand Sensei peut ranger son portefeuille. Quand les photos ne sont plus des souvenirs de morts, mais des souvenirs de vivants.
Section 6 : Les fantômes de Budapest
Les leçons du passé
Il y a un détail qui revient constamment dans les discours de Zelensky. Un détail qui fait mal à chaque fois qu’il est mentionné. Le « morceau de papier style Budapest ». Zelensky a remercié presque tous les pays européens pour leur soutien, les listant individuellement, mais il n’a pas mentionné la Hongrie. Faisant référence à la position de Budapest sur l’invasion de la Russie, il a déclaré : « Un morceau de papier style Budapest ne satisfera pas l’Ukraine. » Cette référence renvoie aux accords de Budapest de 1994, par lesquels l’Ukraine avait accepté de renoncer à son arsenal nucléaire en échange de garanties de sécurité de la Russie, des États-Unis et du Royaume-Uni. Des garanties qui ne valaient rien quand la Russie a envahi l’Ukraine en 2022.
Pour les Ukrainiens, les accords de Budapest sont une blessure qui ne guérit pas. Ils avaient fait confiance. Ils avaient cru que la parole internationale signifiait quelque chose. Ils avaient cru que les garanties de sécurité étaient réelles. Et puis, en 2022, la Russie a envahi. Les garanties de sécurité n’ont servi à rien. Rien. C’est pourquoi Zelensky insiste si fort sur des garanties solides, contraignantes, réelles. C’est pourquoi il parle d’un engagement américain pouvant aller jusqu’à cinquante ans. C’est pourquoi il veut que les déploiements français et britanniques soient « essentiels ». Parce que les Ukrainiens savent ce que signifie un « morceau de papier style Budapest ». Ils savent ce que signifie la trahison de la confiance.
La peur qui ne s’en va pas
Oleh Saakian, le politologue ukrainien, a résumé cette peur en quelques phrases déchirantes. « Je ne vois pas ces négociations nous rapprocher de la vraie paix, car elles sont basées sur l’égalité entre l’agresseur et la victime, elles sont basées sur un mépris total du droit international, et… un mépris de la sécurité européenne », a-t-il dit. Ce que Saakian exprime, c’est que pour beaucoup d’Ukrainiens, ces négociations ne sont pas une question de paix, mais de survie. Pas de survie militaire, mais de survie en tant que nation, en tant que peuple, en tant qu’entité qui a le droit d’exister.
Zelensky a averti que l’affirmation de Poutine selon laquelle le retrait de Kyiv du Donbas mettrait fin à la guerre ne pouvait pas être crue. « C’est ainsi que sonne la tromperie lorsqu’elle est traduite du russe… Croit-on encore à eux ? Malheureusement. Parce que trop souvent, la vérité est encore évitée et appelée diplomatie, alors qu’en réalité ce sont simplement des mensonges en costume », a déclaré le président ukrainien. Zelensky a une nouvelle fois souligné sa position sur la fin du conflit : « Soit le monde arrête la guerre de la Russie, soit la Russie entraîne le monde dans sa guerre. » Ce que Zelensky ne dit pas, c’est ce que cela signifie pour des millions d’Ukrainiens qui vivent chaque jour avec cette peur que la Russie ne respecte pas les accords, que la paix ne soit qu’une pause avant la prochaine attaque.
Je m’arrête ici. Je relis ces paragraphes sur Budapest et quelque chose se brise en moi. Pas de tristesse, mais cette rage froide qui monte quand on comprend que tout cela était évitable. Que si les garanties de 1994 avaient été respectées, si la parole internationale avait signifié quelque chose, Sensei n’aurait pas eu besoin de sortir son portefeuille avec ses photos de morts. Que la mère à Kharkiv n’aurait pas eu besoin d’attendre une nouvelle qui ne viendra jamais. Que des milliers de vies n’auraient pas été brisées. Et cette question me hante : comment peut-on faire confiance à nouveau ? Comment les Ukrainiens peuvent-ils croire que de nouvelles garanties seront respectées quand celles de Budapest ne valaient rien ? Comment croire que la Russie respectera les accords quand elle n’a pas respecté ceux de 1994 ? Je n’ai pas de réponse. Je n’en aurai jamais. Mais cette rage, cette rage contre l’injustice, contre la trahison, contre le fait que des vies humaines puissent être sacrifiées sur l’autel de la « diplomatie », cette rage ne me quittera jamais.
Section 7 : Les visages de l'attente
Denys, vingt ans, l’espoir qui résiste
Denys Shpylovyi a vingt ans. Il est étudiant. Il était chez lui pour les vacances quand les journalistes sont venus l’interroger sur les perspectives de paix. Il a dit que la volonté de Trump d’accepter les arguments de Poutine avait mis Zelensky dans une situation difficile. « Mais je suis reconnaissant pour quelques progrès. Ils parlent, et peut-être qu’un jour il y aura de l’espoir », a-t-il dit. Vingt ans. Dans dix ans, Denys aura trente ans. Dans vingt ans, il aura quarante ans. S’il survit. S’il n’est pas envoyé au front. S’il n’est pas tué dans une attaque de drone. S’il n’est pas l’un de ces garçons dont on retrouvera la photo dans le portefeuille de quelqu’un.
Denys représente quelque chose de précieux. De fragile. L’espoir. Cet espoir qui refuse de mourir même quand tout autour est noir. Cet espoir qui dit : peut-être qu’un jour il y aura de l’espoir. Cet espoir qui est à la fois magnifique et terrifiant. Magnifique parce qu’il montre que même après quatre ans de guerre, les jeunes Ukrainiens n’ont pas perdu la capacité de croire en un avenir meilleur. Terrifiant parce qu’on sait que cet espoir peut être brisé en un instant. Par une notification. Par un coup de téléphone. Par une explosion. Et puis il ne restera plus rien. Juste une photo jaunie dans un portefeuille. Juste une mère qui attendra pour toujours.
Et puis… plus rien
Silence.
Pas le silence de la paix. Pas le silence qui dit que tout va bien. Mais le silence qui suit l’explosion. Le silence qui fait peur. Le silence qui dit que quelque chose de terrible vient d’arriver. Dans les rues de Kyiv, les gens s’arrêtent. Ils regardent vers le ciel. Ils attendent. Le bourdonnement des drones. Le sifflement avant l’impact. Et puis… l’explosion. Et le silence qui suit. Un silence qui dure des secondes, des minutes, des heures. Un silence qui sera brisé par les sirènes, par les cris, par les pleurs.
Ce silence, les Ukrainiens le vivent tous les jours. Tous les jours depuis quatre ans. Il n’y a pas de répit. Pas de pause. Pas de trêve. Le bourdonnement des drones continue, même pendant les fêtes. Les frappes continuent, même pendant les négociations de paix. Les morts continuent, même pendant qu’on parle de « termes réalistes » et de « garanties de sécurité ». Et ce silence qui suit chaque explosion, ce silence qui dit que quelqu’un est mort, que quelqu’un a perdu un être aimé, que quelqu’un ne reviendra jamais, ce silence hante chaque ville, chaque village, chaque maison en Ukraine.
Je pense à Denys. Vingt ans. Vingt ans. Il a toute la vie devant lui. Ou pas. Parce que dans ce monde fou, la vie peut être réduite à un instant. À une fraction de seconde. À une explosion. Et puis… plus rien. Je pense à ce que Denys a dit : « peut-être qu’un jour il y aura de l’espoir ». Et je veux pleurer. Pas de tristesse, mais parce que cette phrase est à la fois magnifique et déchirante. Magnifique parce qu’elle montre que l’espoir ne meurt jamais. Déchirante parce qu’on sait que cet espoir peut être brisé à tout moment. Denys, Sensi, la mère à Kharkiv, tous ces visages anonymes qui attendent, qui souffrent, qui espèrent malgré tout. Ils me hantent. Ils me hantent parce qu’ils incarnent cette résilience humaine qui refuse de se laisser briser. Cette capacité à continuer malgré tout. À espérer malgré tout. À vivre malgré tout. Et cette question me hante : comment les remercier ? Comment leur dire merci d’être là, d’être humains, de montrer que même dans les ténèbres les plus profondes, l’espoir survit ?
Section 8 : La montée vers l'inévitable
Les engagements qui doivent tenir
Les garanties de sécurité offertes à l’Ukraine doivent être approuvées par le Congrès américain ainsi que par les parlements d’autres pays impliqués dans la supervision de tout règlement, a déclaré Zelensky. Ce que cela signifie en pratique, c’est que même si un accord est trouvé à Paris, même si tous les diplomates s’accordent sur des « termes réalistes », même si Zelensky et Poutine signent un document, rien n’est garanti. Rien. Parce que ces garanties doivent encore être ratifiées. Par des parlements. Par des législateurs. Par des hommes et des femmes qui n’ont jamais vu les photos dans le portefeuille de Sensei. Qui n’ont jamais entendu le bourdonnement des drones. Qui n’ont jamais attendu le téléphone qui ne sonne plus.
Zelensky a déclaré que les alliés « fortement se tiennent derrière » les garanties de sécurité. Mais que signifie « fortement se tenir derrière » ? Est-ce que cela signifie que les troupes françaises et britanniques seront effectivement déployées en Ukraine ? Est-ce que cela signifie que les États-Unis interviendront militairement si la Russie attaque à nouveau ? Est-ce que cela signifie que les garanties de Budapest ne seront pas répétées ? Personne ne le sait avec certitude. Ce que l’on sait, c’est que pour les Ukrainiens, ces garanties ne sont pas des concepts abstraits. Elles sont une question de survie. Une question de vie ou de mort. Pour Sensei. Pour Denys. Pour la mère à Kharkiv. Pour tous ces visages qui attendent.
La pression qui monte
Zelensky a également appelé à une pression accrue sur Moscou si la Russie refuse d’accepter les conditions de l’Ukraine pour un règlement pacifique. « Nous avons formulé notre vision, et il doit y avoir une réponse claire de la Russie quant à savoir s’ils sont prêts à mettre fin à la guerre sur des termes réalistes », a déclaré le président ukrainien. « Soit le monde arrête la guerre de la Russie, soit la Russie entraîne le monde dans sa guerre. » Ce que Zelensky exprime ici, c’est une urgence. Une urgence absolue. Une urgence qui ne peut pas attendre des mois, des années de négociations supplémentaires.
Parce que chaque jour qui passe est un jour où des Ukrainiens meurent. Chaque heure est une heure où des mères attendent. Chaque minute est une minute où des vies sont brisées. La pression dont parle Zelensky n’est pas une option. C’est une nécessité. Une nécessité vitale. Parce que sinon, sinon le plan de paix restera à 90% pour toujours. Les 10% manquants contiendront « tout » pour toujours. Et les photos dans le portefeuille de Sensei continueront de s’accumuler. Et les mères comme celle de Kharkiv continueront d’attendre des nouvelles qui ne viendront jamais. Et les jeunes comme Denys continueront de perdre leur espoir, leur innocence, leur vie.
Je relis ces paragraphes et je sens cette montée, cette montée inexorable vers quelque chose. Je ne sais pas quoi. Mais je sens que quelque chose va se briser. Que quelque chose doit se briser. Parce que la situation telle qu’elle est n’est pas tenable. Pas humainement. Pas moralement. On ne peut pas continuer à parler de « termes réalistes » pendant que des gens meurent. On ne peut pas continuer à négocier pendant que des mères attendent. On ne peut pas continuer à parler de pourcentages pendant que des vies sont brisées. Il y a un moment où il faut dire STOP. Maintenant. Pas demain. Pas après les prochaines élections. Pas après les prochaines négociations. MAINTENANT. Parce que chaque jour qui passe est un crime. Chaque heure est un crime. Chaque minute est un crime. Et je sens cette rage qui monte, cette rage contre l’injustice, contre l’indifférence, contre cette capacité humaine à ignorer ce qui est juste là, sous nos yeux, à savoir que des êtres humains meurent pendant que nous discutons de formulations diplomatiques. Et je me demande : quand est-ce que nous allons ouvrir les yeux ? Quand est-ce que nous allons dire ASSEZ ?
Section 9 : Le seuil du décisif
Le moment de vérité
Les négociations de paix entre l’Ukraine et la Russie, dirigées par les États-Unis, se rapprochent potentiellement d’un point de rupture en janvier, avant le quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de la Russie en Ukraine le 24 février 2022. Ce que cela signifie en pratique, c’est que les semaines à venir seront cruciales. Décisives. Déterminantes. Soit un accord est trouvé, soit la guerre continue. Soit les garanties de sécurité sont mises en place, soit les Ukrainiens continuent de mourir. Soit les 10% manquants sont comblés, soit le plan de paix reste incomplet pour toujours.
Zelensky a déclaré qu’il ne signerait qu’un « accord fort », car un accord faible « ne ferait qu’alimenter la guerre ». « Que veut l’Ukraine ? La paix ? Oui. À n’importe quel prix ? Non. Nous voulons la fin de la guerre, pas la fin de l’Ukraine », a-t-il déclaré. Ce que Zelensky exprime ici, c’est que l’Ukraine ne peut pas accepter n’importe quelle paix. Elle ne peut pas accepter une paix qui signifierait la fin de son existence en tant que nation souveraine. Elle ne peut pas accepter une paix qui signifierait que les sacrifices de Sensei et de ses camarades morts ont été vains. Elle ne peut pas accepter un « morceau de papier style Budapest ».
La réponse qui viendra… ou non
Le 12 janvier 2026, Zelensky a exigé une réponse claire de la Russie aux propositions de paix formulées par les États-Unis et l’Ukraine. « Nous avons formulé notre vision, et il doit y avoir une réponse claire de la Russie quant à savoir s’ils sont prêts à mettre fin à la guerre sur des termes réalistes », a-t-il déclaré. Cette demande de réponse est un ultimatum déguisé. Pas un ultimatum militaire, mais un ultimatum politique. Un ultimatum diplomatique. Un ultimatum qui dit : répondez maintenant, ou montrez au monde que vous ne voulez pas vraiment la paix.
La réponse de la Russie viendra. Ou elle ne viendra pas. Soit Poutine accepte les conditions, soit il les refuse. Soit la Russie fait des compromis, soit elle continue sa guerre. Soit le monde intervient pour arrêter la guerre de la Russie, soit la Russie entraîne le monde dans sa guerre. Ce qui est certain, c’est que les semaines à venir seront déterminantes. Pour Sensei. Pour Denys. Pour la mère à Kharkiv. Pour tous ces visages qui attendent. Pour l’Ukraine. Pour l’Europe. Pour le monde.
Je suis arrivé à la fin de cet article et je ne sais pas quoi ressentir. Pas de soulagement. Pas d’espoir. Juste cette fatigue immense, écrasante, qui s’installe. Cette fatigue d’avoir écrit des milliers de mots sur des vies qui se brisent. Cette fatigue d’avoir décrit des souffrances que les mots ne peuvent pas vraiment capturer. Cette fatigue de savoir que malgré tout cet écrit, malgré toutes ces descriptions, rien n’a vraiment changé. Sensei sortira encore son portefeuille. La mère à Kharkiv attendra encore. Les drones bourdonneront encore. Les morts s’accumuleront encore. Et je me demande : à quoi sert d’écrire ? À quoi sert de témoigner ? À quoi sert de raconter ces histoires si elles ne changent rien ? Et puis, je pense à Denys. Vingt ans. « Peut-être qu’un jour il y aura de l’espoir ». Et je comprends. Je comprends qu’écrire, témoigner, raconter, ce n’est pas pour changer le monde tout de suite. C’est pour que le monde ne puisse pas dire qu’il ne savait pas. Pour que le monde ne puisse pas dire qu’il n’avait pas vu. Pour que le monde ne puisse pas dire qu’il ne pouvait pas faire autre chose. C’est pour que Sensei, Denys, la mère à Kharkiv, tous ces visages, ne soient pas oubliés. Jamais.
Conclusion : Les 10% qui comptent
Le cercle qui se referme
Sensei a soixante-cinq ans. Il a passé 2022 dans les tranchées de Bakhmut, où il a été blessé. Aujourd’hui, il marche dans les rues enneigées de Kyiv et quand on lui demande s’il croit que la paix est proche, il sort son portefeuille. À l’intérieur, des photos jaunies. Des visages souriants. Des garçons qui avaient vingt ans, vingt-cinq ans, trente ans. Presque personne de sa compagnie n’est encore en vie. « Mais tous ces sacrifices, ils ne sont pas en vain, car nous devons prouver… que nous existons, que nous sommes, que nous avons le droit à notre existence. » Pendant ce temps, à travers l’Europe, des diplomates en costumes élégants discutent de pourcentages dans des palais dorés. Quatre ans après que la Russie a envahi l’Ukraine, le plan de paix est à « 90% prêt ». Les 10% manquants contiennent « tout ». Vous savez ce que disent ces 10% à Sensei ? Ils disent que la vie de ses camarades morts, et la sienne, comptent pour encore 10% d’attente.
Denys a vingt ans. Il est étudiant. Il était chez lui pour les vacances quand on lui a demandé s’il croyait que la paix était proche. Il a dit : « Mais je suis reconnaissant pour quelques progrès. Ils parlent, et peut-être qu’un jour il y aura de l’espoir. » Dans dix ans, Denys aura trente ans. Dans vingt ans, il aura quarante ans. S’il survit. S’il n’est pas l’un de ces garçons dont on retrouvera la photo dans le portefeuille de quelqu’un. S’il n’est pas une statistique de plus dans cette guerre absurde.
Le silence qui reste
Silence.
Ce silence qui suit chaque explosion en Ukraine. Ce silence qui dit que quelqu’un est mort. Ce silence qui hante chaque ville, chaque village, chaque maison. Ce silence qui ne partira jamais, jamais, même quand la paix reviendra. Parce que même quand les drones arrêteront de bourdonner, même quand les bombardements s’arrêteront, il y aura ce silence. Le silence des absents. Le silence de ceux qui ne reviendront jamais. Le silence qui sera brisé par les pleurs des mères, par les souvenirs des épouses, par les questions des enfants qui demanderont : « Papa est où ? »
Quatre ans. Quatre ans de guerre. Quatre ans de morts. Quatre ans de souffrances. Quatre ans de photos dans des portefeuilles. Quatre ans de mères qui attendent. Quatre ans de jeunes comme Denys qui espèrent contre tout espoir. Et moi je suis là, à la fin de cet article, et je me demande : combien encore ? Combien de quatre ans encore ? Combien de portefeuilles comme celui de Sensei devront être remplis de photos de morts ? Combien de mères comme celle de Kharkiv devront attendre des nouvelles qui ne viendront jamais ? Combien de jeunes comme Denys devront perdre leur espoir, leur innocence, leur vie ? La Russie doit répondre. Maintenant. Pas demain. Pas après les prochaines négociations. Maintenant. Parce que chaque jour qui passe est un jour où des Ukrainiens meurent. Chaque heure est une heure où des vies sont brisées. Et ces 10% manquants, ces 10% qui contiennent « tout », ces 10% qui détermineront « le destin de la paix, le destin de l’Ukraine et de l’Europe, comment les gens vivront », ces 10%… les 10%, c’est le sang. C’est les larmes. C’est les photos dans le portefeuille de Sensei. C’est l’attente de la mère à Kharkiv. C’est l’espoir de Denys. C’est tout ce que les mots ne peuvent pas dire. Et moi je demande : combien encore ? Combien de vies sacrifiées avant que les 10% disparaissent ? Combien de portefeuilles avant que la paix arrive ? Combien de mères avant que le téléphone ne sonne plus jamais ? Je n’ai pas de réponse. Je n’en aurai jamais. Mais cette question me hante. Elle me hantera pour toujours. Combien encore ?
Sources
Sources primaires
Pravda.Ru – 12 janvier 2026 – « Ukraine Calls on Russia to Respond to Conditions for Ending the Conflict » par Anton Kulikov
Politico – 1er janvier 2026 – « Ukraine peace plan is ’90 percent’ ready, Zelenskyy says » par Ferdinand Knapp
NPR – 29 décembre 2025 – « The U.S. offers Ukraine a 15-year security guarantee as part of peace plan » par The Associated Press
NPR – 6 janvier 2026 – « The U.K. and France would install ‘military hubs’ in Ukraine as part of a peace plan » par The Associated Press
Sources secondaires
Réseau mondial de recherche sur la guerre en Ukraine
Archives officielles des déclarations de Volodymyr Zelensky
Rapports sur les accords de sécurité internationale
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