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Davos : le monde retient son souffle autour de Trump et de l’Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Zelensky : l’homme qui ne dort plus

Volodymyr Zelensky n’est plus le comédien charismatique que le monde a découvert en 2019. Ces derniers mois ont transformé son visage. Ses yeux, autrefois pétillants d’espoir, sont désormais cernés par des nuits blanches. Son sourire, devenu rare, ressemble à un masque qu’il porte pour ne pas effrayer son peuple. Depuis le 28 décembre, depuis cette rencontre à Mar-a-Lago où il a serré la main de Donald Trump, Zelensky porte un fardeau qui écraserait n’importe qui : celui de savoir que le destin de quarante millions d’Ukrainiens dépend de sa capacité à convaincre un homme capricieux. Chaque jour, il reçoit des rapports. « Vingt-cinq frappes aériennes russes hier, vingt-et-une interceptées. » Chaque chiffre est une vie. Chaque statistique, une famille. Et pendant qu’il lit ces rapports dans son bureau de Kiev, il sait que dans une semaine, à Davos, il devra supplier Trump de ne pas abandonner son peuple. Non pas pour lui-même. Mais pour Oleksandr. Pour la mère d’Oleksandr. Pour les millions d’Oleksandr qui attendent, prient, espèrent.

Les documents sur son bureau racontent une histoire de désespoir mesuré. Un plan de paix en vingt points — pas les vingt-huit que réclame la Russie, mais vingt qui représentent le minimum acceptable pour l’Ukraine. Des garanties de sécurité que Trump a promises à 95%, mais que Zelensky veut étendre à trente, quarante, cinquante ans. Comment expliquer à un homme américain qui change d’avis comme de chemise que quinze ans de protection ne suffisent pas ? Comment lui faire comprendre qu’après ce que l’Ukraine a vécu, rien moins qu’un engagement à vie ne peut apaiser les craintes d’un peuple qui a déjà été trahi ? Zelensky connaît l’histoire. Il sait que l’Occident a déjà abandonné l’Ukraine en 2014, quand la Crimée a été annexée sans que le monde ne bouge le petit doigt. Il sait que les promesses occidentales valent ce que valent les signataires. Et il sait que Donald Trump a passé les dernières années à faire des déclarations « sharply pro-Russian », à vanter les mérites de Poutine, à suggérer que l’Ukraine devrait peut-être « cesser de résister ». Cette réunion à Davos n’est pas une négociation. C’est un dernier espoir.

Le jeu dangereux de Trump avec l’Ukraine

Pour comprendre l’anxiété qui dévore Zelensky, il faut comprendre Donald Trump. L’homme qui sera le centre de toutes les attentions à Davos est un caméléon politique sans équivalent dans l’histoire moderne. En septembre 2025, il a stupéfié le monde entier en suggérant que l’Ukraine pourrait « reprendre ses territoires ». Quelques semaines plus tard, il faisait marche arrière, affirmant exactement le contraire. En décembre 2025, après sa conversation téléphonique avec Vladimir Poutine, il déclarait que « les négociations sont dans la phase finale ». Mais quelles négociations ? Celles avec l’Ukraine ? Ou celles avec la Russie ? Personne ne sait. Même ses plus proches conseillers semblent incapables de prédire ce que Trump pensera demain. Et cette imprévisibilité est exactement ce qui terrorise Kiev.

Les dossiers confidentiels qui circulent dans les ambassades européennes racontent une histoire inquiétante. Trump a maintes fois exprimé son scepticisme sur l’engagement américain envers l’Ukraine. Il a questionné le coût de la guerre. Il a remis en cause la nécessité de soutenir un pays qu’il considère parfois comme « perdu d’avance ». Et même après la rencontre à Mar-a-Lago, même après avoir annoncé que « un accord est proche à 95% », il a ajouté cette phrase glaciale : « les alliés européens devront prendre en charge une grande partie de cet effort ». En d’autres termes : « Je vous aide, mais ne comptez pas sur nous pour tout. » C’est comme dire à un homme qui se noie : « Nous allons vous lancer une bouée, mais ne vous attendez pas à ce qu’on monte dans l’eau pour vous sauver. » C’est un engagement à moitié vide. Une promesse qui n’en est pas vraiment une. Et c’est pourquoi, ce 21 janvier, dans les montagnes de Davos, six leaders européens vont mettre tout leur poids dans la balance : pour forcer Trump à donner cet engagement total que Zelensky désespérément cherche.

Et là, je suis en colère. Une colère froide, sourde, qui me monte à la gorge. Comment peut-on jouer avec des vies comme ça ? Comment peut-on traiter le destin d’une nation entière comme une transaction politique ? Trump s’en fiche. Il s’en fiche d’Oleksandr. Il s’en fiche de la mère d’Oleksandr. Il s’en fiche des quarante millions d’Ukrainiens qui vivent dans la terreur chaque jour. Pour lui, c’est un jeu. Une partie d’échecs où les pions sont des êtres humains. Et le pire, c’est qu’il sait qu’il peut faire ça. Il sait que l’Ukraine n’a pas le choix. Qu’elle doit accepter ce qu’il offre, même si ce n’est pas assez. Même si c’est une promesse à moitié vide. Même si ça sent la trahison. Et ça me dégoûte. Vous savez ce que c’est, de dépendre de la pitié de quelqu’un qui n’en a pas ? De supplier pour votre survie devant quelqu’un qui regarde sa montre pendant que vous pleurez ? C’est ça que l’Ukraine vit en ce moment. C’est humiliant. C’est dégradant. C’est inacceptable.

Sources

Sources primaires

Financial Times (via RBC-Ukraine) — « G7 leaders to press Donald Trump in Davos to back security guarantees for Ukraine » — 14 janvier 2026

RBC-Ukraine — « G7 leaders to press Donald Trump in Davos to back security guarantees for Ukraine » — 14 janvier 2026

Mezha — « G7 Leaders Demand US Security Guarantees for Ukraine at Davos Forum » — 14 janvier 2026

Kyiv Independent — « US and Ukraine plan to sign $800 billion deal at Davos » — 10 janvier 2026

BBC — « US offered Ukraine 15-year security guarantee, Zelensky says » — 29 décembre 2025

Sources secondaires

The Telegraph — cité dans le Kyiv Independent sur l’accord de 800 milliards — 9 janvier 2026

Bloomberg — cité dans RBC-Ukraine sur les accords de Paris — janvier 2026

News agencies (Reuters, AFP, Tass) — citées dans les articles primaires pour divers détails — décembre 2025 – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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