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DeepState alerte: la Russie grignote l’est et le sud de l’Ukraine — et l’Occident regarde ailleurs
Crédit: Custom

Une ligne bouge, des vies basculent

Il suffit d’un glissement de quelques pixels sur une carte pour que le réel se fissure. C’est ce que raconte, jour après jour, DeepState, ce projet ukrainien d’OSINT qui cartographie le front à partir d’indices vérifiables: images géolocalisées, vidéos croisées, déclarations confrontées au terrain. Quand DeepState signale de nouvelles avancées russes dans l’est de l’Ukraine et dans le sud, ce n’est pas une formule abstraite. C’est une suite de points qui changent de couleur, et derrière ces points, des villages qui apprennent à vivre avec la proximité du feu, des routes qui se ferment, des champs qui deviennent des couloirs de drones. La carte ne saigne pas au sens métaphorique seulement: elle matérialise l’érosion, l’usure, le grignotage patient qui transforme une région en territoire contesté. L’information frappe parce qu’elle est froide, presque clinique, et que cette froideur contraste avec ce qu’elle implique. Une avancée, ce n’est pas seulement un déplacement de troupes. C’est la pression sur les civils restés sur place, la logistique ukrainienne contrainte de recalculer, les unités obligées de s’adapter, parfois de reculer pour ne pas être encerclées. DeepState ne remplace pas les états-majors, mais sa carte devient un miroir public: elle donne à voir ce que beaucoup préféreraient ne pas regarder trop longtemps.

Cette dynamique de progression, décrite comme de nouvelles poussées russes à l’est et au sud, s’inscrit dans une guerre où le terrain compte autant que le récit. Une tranchée gagnée peut valoir une semaine de propagande; un hameau pris, un argument de plus pour dire que l’initiative change de camp. Pourtant, ce que DeepState montre surtout, c’est la lenteur terrible de la transformation: pas une vague spectaculaire, plutôt un frottement continu, un front qui râpe les marges. Dans l’est, la densité des combats rend chaque mouvement coûteux, et dans le sud, l’enjeu des axes et des nœuds logistiques pèse comme une enclume sur les décisions. Le public voit une “avancée”; les soldats voient des lignes de ravitaillement à protéger, des positions à fortifier, des batteries à déplacer pour éviter les frappes. La carte agit alors comme une alarme: elle rappelle que la géographie n’est pas neutre, qu’elle conditionne les corridors d’évacuation, l’accès aux soins, la distribution d’eau et d’électricité quand les infrastructures sont touchées. À distance, on parle de l’Ukraine comme d’un bloc. Sur le terrain, l’Ukraine est une mosaïque de localités, de carrefours, de ponts, et chaque pièce déplacée modifie le puzzle. Le message de DeepState n’est pas une sentence définitive, mais il impose une question brutale: jusqu’où ce grignotage peut-il aller avant de casser quelque chose d’irréparable?

DeepState, l’œil public du front

Il faut comprendre ce que signifie citer DeepState dans l’écosystème informationnel ukrainien. Ce n’est pas un simple compte qui commente la guerre; c’est une référence fréquemment consultée parce qu’elle s’appuie sur une méthode: recouper, attendre, corriger. Dans un conflit saturé de rumeurs, la discipline devient un acte politique. Quand DeepState indique des avancées russes dans l’est et le sud, l’intérêt n’est pas seulement le contenu, mais la logique de preuve qui l’accompagne: des mises à jour qui se veulent prudentes, parfois retardées, parce qu’il faut de la confirmation. Cette prudence a un prix: elle frustre ceux qui veulent l’instantané. Mais elle protège contre le poison de l’approximation, cette drogue douce qui fait croire qu’on sait alors qu’on devine. DeepState, comme d’autres projets OSINT, travaille avec les traces laissées par la guerre numérique: images satellites disponibles, vidéos de drones, photos prises par des militaires, parfois même des détails d’arrière-plan qu’un œil exercé peut situer. On n’est pas dans la fiction. On est dans l’archéologie du présent. Et cette archéologie est impitoyable: elle transforme un buisson, un hangar, une ligne électrique, en preuve de présence, en indication de mouvement, en signal d’avancée.

Mais cet “œil public” a aussi un effet sur la manière dont la guerre est vécue à distance. La carte de DeepState rend la progression tangible, donc partageable, donc discutée. Elle alimente des débats, des inquiétudes, des élans de solidarité, parfois des accusations. Et elle rappelle une vérité dérangeante: la transparence partielle est devenue une dimension de la guerre moderne. La Russie et l’Ukraine savent que des civils connectés observent, commentent, interprètent. Cela peut renforcer la mobilisation, mais aussi user les nerfs. Car voir un secteur se dégrader, même sans connaître les détails, installe une tension continue. L’est de l’Ukraine et le sud apparaissent alors non comme des directions abstraites, mais comme des zones où la pression monte, où les lignes s’étirent, où l’on devine des choix douloureux. La valeur de DeepState, c’est de ne pas déguiser ces mouvements en slogans. Il montre des modifications, point. Et cette sobriété, paradoxalement, rend le choc plus fort. Elle oblige à regarder le réel sans l’écran protecteur des formules héroïques. Elle oblige aussi à reconnaître que l’information, ici, est une matière vivante: elle arrive par fragments, elle se corrige, elle se nuance. Dans ce brouillard, l’outil ne donne pas la vérité totale, mais il donne une boussole. Et une boussole suffit parfois à mesurer la gravité d’un vent qui tourne.

L’est et le sud, mêmes engrenages

Dire “l’est et le sud” comme s’il s’agissait de deux cases sur un tableau, c’est oublier que ces régions portent des logiques de guerre différentes, mais reliées par le même engrenage: gagner du terrain, contraindre l’adversaire, étirer sa défense. Les avancées russes signalées par DeepState, même limitées, rappellent cette mécanique de pression. Dans l’est, l’enjeu est souvent l’attrition: user, fixer, obliger l’Ukraine à dépenser des forces pour tenir des positions qui comptent symboliquement et tactiquement. Dans le sud, l’arrière-plan stratégique pèse: les axes de communication, la profondeur défensive, la capacité à menacer ou protéger des lignes logistiques. On ne peut pas réduire ces mouvements à une simple “progression”. Une avancée peut servir à améliorer une position d’artillerie, à sécuriser un couloir pour des drones, à rapprocher des unités d’un point clé. Ce que la carte de DeepState met en lumière, c’est la continuité: on ne parle pas d’un événement isolé, mais d’un processus. Et un processus, c’est ce qui fatigue une société. Car il ne laisse pas de respiration nette. Il installe l’idée que la guerre mord, puis remord, puis recommence. La répétition, ici, n’est pas un tic de langage. C’est la nature du conflit.

Face à ce grignotage, l’erreur serait de croire que tout se résume à des flèches. Les lignes bougent parce que des unités se déplacent, parce que des stocks de munitions existent ou manquent, parce que des moyens de défense aérienne protègent ou non un secteur, parce que les drones repèrent et frappent. DeepState, en signalant des avancées russes, ne dit pas “tout est perdu”; il dit “ici, la pression a produit un résultat observable”. Et cette phrase, même sèche, doit provoquer une réaction lucide. La lucidité, c’est accepter que l’Ukraine soit attaquée sur plusieurs directions, que la guerre soit une bataille de ressources autant qu’une bataille de courage. La lucidité, c’est comprendre que chaque petit recul peut forcer une réorganisation, et que chaque réorganisation coûte du temps, de l’énergie, parfois des vies. À l’échelle internationale, ces mises à jour devraient aussi servir de rappel: le soutien ne se mesure pas en indignation, mais en continuité. L’Ukraine n’a pas besoin qu’on regarde sa carte comme un spectacle. Elle a besoin qu’on comprenne ce que signifie une ligne qui recule: une possibilité de plus pour la violence de s’approcher des maisons, des écoles, des hôpitaux, des routes où l’on tente encore de vivre. DeepState montre la carte. À nous de refuser de la regarder comme un jeu.

Mon cœur se serre quand je vois une carte devenir le langage principal d’une tragédie humaine. On se surprend à chercher des contours, des couleurs, des repères, comme si l’œil pouvait dompter la peur en la rangeant dans une géométrie. Mais la géométrie ment par omission. Elle ne montre pas le froid dans une cave, la valise jamais refermée, la chambre d’enfant abandonnée parce que le front s’est rapproché. Quand DeepState signale des avancées russes dans l’est et le sud, je pense à cette illusion dangereuse: croire que “ce n’est qu’un peu de terrain”. Non. C’est un peu de terrain et beaucoup d’existence. C’est une portion de quotidien qui bascule, un horizon qui se rétrécit. Je refuse de m’habituer à ces mises à jour comme on s’habitue à la météo. Parce qu’à force de suivre la pluie sur une application, on oublie ce que signifie être trempé. Là, ce sont des gens qui prennent l’averse du métal. Et nous, derrière nos écrans, nous avons un devoir simple: regarder sans anesthésie, et exiger que l’aide, la vérité et la pression politique ne faiblissent pas.

Sources

Sources primaires

Reuters – Dépêche sur les avancées signalées et la situation sur le front (12 décembre 2025)

AFP – Point de situation en Ukraine orientale et méridionale, avec réactions officielles (12 décembre 2025)

État-major général des Forces armées de l’Ukraine – Bulletin opérationnel quotidien (12 décembre 2025)

DeepState (UA) – Mise à jour cartographique/rapport de terrain sur les lignes de front (12 décembre 2025)

Sources secondaires

BBC News – Analyse des dynamiques militaires dans l’est et le sud de l’Ukraine (13 décembre 2025)

France 24 – Décryptage : ce que signifient les gains territoriaux rapportés (13 décembre 2025)

Institute for the Study of War (ISW) – Russian Offensive Campaign Assessment (13 décembre 2025)

RUSI (Royal United Services Institute) – Analyse sur l’évolution des opérations et capacités des belligérants (14 décembre 2025)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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