Le raisonnement de la puissance
Randy Fine n’a pas mâché ses mots. « Greenland is not a distant outpost we can afford to ignore — it is a vital national security asset, » a-t-il déclaré dans un communiqué de presse. « Whoever controls Greenland controls key Arctic shipping lanes and the security architecture protecting the United States. America cannot leave that future in the hands of regimes that despise our values and seek to undermine our security. » C’est l’argument classique de la sécurité nationale. Les routes maritimes arctiques qui s’ouvrent à mesure que la glace fond. Les ressources minérales — terres rares, pétrole, gaz — dont le monde a besoin. La position stratégique pour surveiller la Russie et la Chine. Tout ça, c’est vrai. Tout ça, c’est rationnel. Tout ça, c’est logique. Dans le froid calcul des puissances.
La loi déposée par Fine stipule que le président Trump est « authorized to take such steps as may be necessary, including by seeking to enter into negotiations with the Kingdom of Denmark, to annex or otherwise acquire Greenland as a territory of the United States. » Une fois acquis, le territoire devrait ensuite être admis comme état. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a précisé qu’il n’y avait « pas de chronologie » mais que c’était « definitely a priority for him ». Elle a ajouté : « He said that he wants to see the United States acquire Greenland because he feels if we do not, then it will eventually be acquired or even perhaps hostilely taken over by either China or Russia. » C’est l’argument par la peur : si nous ne le prenons pas, d’autres le prendront. Mais au cœur de ce raisonnement, il y a quelque chose de terrifiant : la volonté de 57 000 personnes ne compte pas.
Les alliés qui s’inquiètent
La réaction danoise a été immédiate. Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark, a déclaré que « the US has no right to annex any of the three nations in the Danish kingdom ». Elle a rappelé que le Danemark — et donc le Groenland — est membre de l’OTAN et couvert par la garantie de sécurité de l’alliance. Un accord de défense accordant déjà aux États-Unis l’accès à l’île existe depuis 1951. Mais ce n’est pas assez. Trump veut le contrôle. Pas l’accès. Le contrôle.
Ce qui me révolte, c’est cette hypocrisie. Les États-Unis se présentent comme les champions de la démocratie, les défenseurs de l’autodétermination des peuples, les gardiens de la liberté dans le monde. Et en même temps, ils discutent d’annexer un territoire de 57 000 habitants comme s’il s’agissait d’une acquisition immobilière. Donald Trump a évoqué des paiements de 100 000 dollars aux Groenlandais qui accepteraient de rejoindre les États-Unis. Comme si leur identité, leur culture, leur appartenance millénaire à ces terres pouvait s’acheter. Comme s’ils pouvaient être achetés. C’est insultant. C’est dégradant. C’est d’un autre âge.
Section 3 : La voix de ceux qui ne sont pas entendus
Michael Bro et les Inuits
Michael Bro a 34 ans. Il est Inuk. Il étudie les terres qui l’ont vu naître. « We want to be Inuit, » a-t-il dit. « We want to be independent and Inuit Nunaat belongs to Inuit, we are the people of the land – it doesn’t belong to anyone else. I don’t want to be a Dane and I certainly don’t want to be an American. » Ces mots, simples, devraient suffire. Ils expriment ce que signifie appartenir à un lieu. Pas géographiquement. Pas légalement. Existentiellement. Michael n’est pas un chiffre sur une carte stratégique. Il est un être humain avec une histoire, une culture, une identité qui ne se vend pas.
Quatre-vingt-neuf pour cent des 57 000 habitants du Groenland sont des Inuits autochtones. Ils vivent sur ces terres depuis des millénaires. Ils ont survécu au froid extrême, aux nuits polaires, à l’isolement. Ils ont développé une langue, une culture, un mode de vie unique au monde. Et maintenant, on leur dit que tout ça pourrait disparaître dans une transaction politique, dans une annexion légale, dans un coup de force. Aqqaluk Lynge, cofondateur du parti pro-indépendance Inuit Atagatigiit, a déclaré : « For the last 40 years, we have tried through the Arctic Council to prevent the Arctic from becoming militarized. Suddenly everything has changed with Donald Trump. The United States is no longer a friend. The United States is now an aggressor. That changes everything. »
Le cri de l’Assemblée nationale
Vendredi soir, l’Assemblée nationale du Groenland a publié une déclaration commune. Jens-Frederik Nielsen, Premier ministre, aux côtés de quatre autres leaders de partis, a déclaré : « We don’t want to be Americans, we don’t want to be Danes, we want to be Greenlanders. Greenland’s future must be decided by the Greenlandic people. » Les mots ne pourraient pas être plus clairs. Pourtant, à Washington, personne ne semble écouter. Trump a dit : « whether they like it or not. » Comme si leur opinion n’avait aucune importance. Comme s’ils n’étaient pas des êtres humains avec le droit de décider de leur propre avenir.
Cette question me hante : à quoi sert la démocratie si elle s’arrête quand elle devient incommode ? Les États-Unis prétendent défendre la démocratie dans le monde. Ils interviennent militairement pour « protéger » les peuples. Ils imposent des sanctions pour « défendre » les droits. Mais quand 57 000 personnes disent simplement « non », leur voix est ignorée. Est-ce que ça, c’est la démocratie ? Est-ce que ça, c’est la liberté ? Ou est-ce que c’est juste l’impérialisme avec un autre nom ? Comment pouvons-nous, en tant que société internationale, accepter que la volonté d’un peuple entier puisse être balayée d’un revers de main ?
Section 4 : L'OTAN menacée par ses propres membres
L’alliance qui se fissure
Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut, a dit quelque chose d’alarmant : « It would be the end of NATO. » Si les États-Unis tentent d’annexer le Groenland par la force, cela marquerait la fin de l’Alliance atlantique. Pourquoi ? Parce que le Groenland, en tant que territoire danois, est couvert par l’article 5 de l’OTAN — la clause de défense collective. Une attaque contre l’un est une attaque contre tous. Si les États-Unis attaquent le Danemark pour prendre le Groenland, ils deviendraient l’agresseur contre leurs propres alliés. L’ironie est brutale.
Mike Johnson, speaker de la Chambre des représentants, a tenté de rassurer. « We’ve been very clear, » a-t-il dit aux reporters mardi. « I mean, the Article 1 branch is clear. There’s no declaration of war pending for Greenland. It’s just not a thing. I don’t anticipate any boots on the ground anywhere, anytime soon. » Mais est-ce que c’est rassurant ? Trump a dit « whether they like it or not. » La Maison Blanche a dit qu’elle « considérait une gamme d’options, y compris l’utilisation de la force militaire ». Marco Rubio, secrétaire d’État, a confirmé que Trump « conserve l’option d’utiliser la force militaire ». Ce n’est pas une rassurance. C’est une menace.
L’Europe qui s’unit
Mardi, les dirigeants du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne et de l’Espagne ont rejoint Mette Frederiksen pour défendre la souveraineté groenlandaise. Keir Starmer, Premier ministre britannique, a déclaré : « Greenland and the Kingdom of Denmark must decide the future of Greenland, and only Greenland and the Kingdom of Denmark. » Même l’Union européenne, par la voix de sa porte-parole Paula Pinho, a rejeté l’affirmation de Trump selon laquelle l’UE « avait besoin » que les États-Unis contrôlent le territoire. « It is certainly not the EU’s position, » a-t-elle dit.
Imaginez un instant que vous viviez dans votre maison depuis des générations. Que vos ancêtres y aient vécu, y soient morts, y aient enterré leurs enfants. Que votre culture, votre langue, votre identité soient liées à ce lieu. Et puis un jour, quelqu’un arrive — puissant, riche, armé — et dit : « Cette maison est stratégique pour moi. Je vais la prendre. Que vous le vouliez ou non. » C’est ça qui se passe là-bas. C’est ça qui devrait nous révolter tous. Pas parce que c’est le Danemark. Pas parce que c’est l’OTAN. Mais parce que c’est faux. C’est moralement faux. C’est historiquement faux. C’est humainement faux.
Section 5 : Les ressources qui nourrissent l'appétit
L’or blanc de l’Arctique
Le Groenland n’est pas seulement un territoire stratégique. C’est un trésor de ressources naturelles. Terres rares — ces éléments indispensables aux technologies modernes, aux smartphones, aux véhicules électriques, aux éoliennes. Pétrole. Gaz. Uranium. Zinc. Fer. Alors que la glace arctique fond à un rythme alarmant, ces ressources deviennent accessibles. Les routes maritimes qui traversent l’Arctique — la Route maritime du Nord, le Passage du Nord-Ouest — pourraient bientôt devenir des axes commerciaux majeurs, raccourcissant les trajets entre l’Asie et l’Europe de semaines.
Michael Bro a dit quelque chose de révélateur : « I feel like the Americans don’t want more European presence in Inuit Nunaat as they also have economic interest in regard to our natural resources like oil, rare earth minerals and opening trade routes through the Arctic. Who wouldn’t want to be in control of that? » Il a raison. Qui ne voudrait pas contrôler ça ? Mais la question n’est pas de savoir qui voudrait le contrôler. La question est : à qui cela appartient-il ? À celui qui peut le prendre par la force ? Ou à ceux qui y vivent depuis des millénaires ?
L’ironie du réchauffement climatique
Il y a une ironie cruelle dans tout ça. C’est le réchauffement climatique — causé en grande partie par les émissions des pays industrialisés, dont les États-Unis — qui rend ces ressources accessibles. C’est la fonte des glaces arctiques — cette catastrophe écologique — qui ouvre ces routes maritimes. Et maintenant, les mêmes pays qui ont causé ce problème veulent en profiter. Ils veulent prendre le territoire qui subit les conséquences de leurs propres actions. C’est comme si un incendiaire arrivait pour prendre possession de la maison qu’il a brûlée.
Cette histoire me fait ressentir une colère froide. Pas la colère chaude qui explose. La colère froide qui s’installe et ne part plus. Parce que ce qui se passe au Groenland n’est pas isolé. C’est le symptôme d’un monde où tout est à vendre. Où tout est négociable. Où même l’identité d’un peuple, même son droit à exister sur sa propre terre, peut être discuté dans les coulisses du pouvoir politique. Les Inuits ne sont pas des obstacles au progrès. Ils sont les gardiens d’un savoir millénaire sur ces terres. Mais dans la logique de l’impérialisme moderne, ils ne sont que des complications.
Section 6 : L'histoire qui se répète
Les fantômes du passé
L’histoire du Groenland est une histoire de colonisation. Les Vikings y ont débarqué il y a plus de mille ans. Les Danois y ont établi leur souveraineté au XVIIIe siècle. Pendant des siècles, les Inuits ont été marginalisés, leurs cultures supprimées, leurs langues interdites. En 1979, le Groenland a obtenu une autonomie étendue. Mais la défense et la politique étrangère sont restées entre les mains danoises. Et maintenant, alors que les Groenlandais aspirent à l’indépendance complète, ils font face à une nouvelle menace d’annexion. C’est comme si l’histoire leur disait : « Désolé, votre liberté n’est pas prioritaire. »
Aqqaluk Lynge a dit : « For the last 40 years, we have tried through the Arctic Council to prevent the Arctic from becoming militarized. » Quarante ans de diplomatie. Quarante ans de dialogue. Quarante ans d’espoir que l’Arctique pourrait être un espace de coopération internationale, pas de compétition militaire. Et en quelques semaines, tout ça s’effondre. Donald Trump a tout changé. « The United States is no longer a friend. The United States is now an aggressor. That changes everything. » Quand un allié devient un agresseur, quand un partenaire devient une menace, que reste-t-il de la confiance internationale ?
Les précédents inquiétants
Cette n’est pas la première fois que les États-Unis envisagent d’acquérir le Groenland. En 1868, le secrétaire d’État William Seward — le même qui a acheté l’Alaska à la Russie — a proposé l’achat du Groenland au Danemark. Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont proposé d’acheter l’île pour 100 millions de dollars. Le Danemark a refusé. Mais cette fois, c’est différent. Cette fois, les États-Unis ne demandent pas. Ils menacent. « Whether they like it or not. » Ces mots changent tout.
Je pense aux Inuits qui vivent là-bas. À Michael Bro. À tous ceux qui se réveillent chaque matin avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Comment est-ce possible que, en 2026, des êtres humains puissent encore être traités comme des pièces sur un échiquier géopolitique ? Comment est-ce possible que l’identité d’un peuple puisse être discutée, négociée, vendue ? J’ai honte pour nous. Pour ce que nous sommes devenus. Pour ce que nous acceptons. Parce que si nous ne nous révoltons pas maintenant, qu’est-ce qui nous empêchera de devenir les victimes demain ?
Section 7 : Le silence des immensités
La voix du vent
Je n’ai jamais été au Groenland. Mais je peux l’imaginer. Le vent qui siffle sur la toundra. Le silence des glaciers. Les nuits polaires où le soleil ne se couche jamais. Les journées d’hiver où l’obscurité ne finit pas. C’est un lieu d’une beauté à couper le souffle, d’une nature sauvage et indomptable. Et c’est là, dans ces immensités blanches, que 57 000 personnes ont fait leur vie. Pas par choix. Par héritage. Par appartenance.
Michael Bro a dit : « Inuit Nunaat belongs to Inuit, we are the people of the land. » Cette phrase résonne. Parce qu’elle exprime quelque chose que les politiciens à Washington ne comprennent peut-être pas. On ne possède pas la terre. On appartient à la terre. Les Inuits ne sont pas des occupants du Groenland. Ils sont le Groenland. Ils sont la continuation de milliers d’années d’adaptation, de survie, de sagesse accumulée dans l’un des environnements les plus hostiles de la planète. Leur identité n’est pas un atout stratégique. C’est leur âme.
L’espoir qui persiste
Pourtant, malgré tout, il y a de l’espoir. Les médias sociaux ont vu apparaître le hashtag #StandWithGreenland. Un groupe Facebook « Hands Off Greenland! » s’est créé, avec pour but « to educate the American public against misinformation and to provide a forum for Greenlanders to speak to American voters. » Les Inuits d’ailleurs — au Canada, en Alaska — se sont mobilisés. Ils se sont sentis visés. Parce que cette attaque contre le Groenland n’est pas seulement une attaque contre un territoire. C’est une attaque contre les peuples autochtones partout.
Ce silence que j’imagine là-bas, dans les immensités blanches du Groenland, ce n’est pas le vide. C’est une présence. La présence d’un peuple qui a survécu à tout. À la colonisation. À la marginalisation. À l’assimilation. Et qui survivra à ça aussi. Mais à quel prix ? Combien de fois devront-ils défendre leur droit à exister ? Combien de fois devront-ils dire « non » avant d’être entendus ? C’est épuisant. C’est injuste. C’est d’une violence tranquille qui me brise le cœur.
Section 8 : L'escalade qui inquiète
Les menaces qui se concrétisent
La Maison Blanche a confirmé qu’elle « considérait une gamme d’options, y compris l’utilisation de la force militaire » pour acquérir l’île. Marco Rubio, secrétaire d’État, a dit que Trump « conserve l’option d’utiliser la force militaire ». Ces mots ne sont pas vides. Ils représentent une réalité terrifiante : qu’une superpuissance démocratique envisage sérieusement d’utiliser la force militaire pour annexer un territoire de 57 000 habitants contre leur volonté.
Sénateurs démocrates et républicains ont exprimé leur inquiétude. Ils ont dit qu’ils s’attendent à ce que le Sénat vote éventuellement sur une législation cherchant à restreindre la capacité du président à tenter de saisir le territoire. Mais c’est après. Après que les menaces soient proférées. Après que l’idée soit normalisée. Après que la conversation soit passée de « est-ce que nous devrions ? » à « comment allons-nous ? ». C’est cette normalisation qui est dangereuse.
Les conséquences imprévisibles
Si les États-Unis tentent d’annexer le Groenland, les conséquences dépasseront largement l’Arctique. L’OTAN se fissurerait. Les alliances mondiales se reconfigureraient. La confiance internationale s’éroderait encore davantage. Mais surtout, le précédent serait terrifiant. Si une superpuissance peut annexer un territoire de 57 000 habitants, qu’est-ce qui l’empêchera d’en annexer un autre ? Et un autre encore ? Où s’arrête-t-elle ?
Cette montée vers l’abîme me fait peur. Vraiment peur. Parce que je vois les signes. Les mêmes signes que j’ai vus dans d’autres crises, d’autres conflits. La rhétorique qui s’intensifie. Les menaces qui deviennent normalisées. L’opinion internationale qui se fatigue. Et puis, un jour, quelque chose de grave arrive. Et tout le monde dit : « Mais nous n’avions pas compris. » Nous comprenons. Nous savons. Nous voyons ce qui se passe. Mais nous ne faisons rien. C’est ça qui est le plus terrifiant.
Section 9 : Le moment de vérité
Le choix qui s’offre au monde
Nous sommes à un moment critique. Un moment où le monde doit décider quelles valeurs il défend vraiment. Est-ce que nous croyons en l’autodétermination des peuples ? Ou est-ce que c’est juste des mots quand c’est commode ? Est-ce que nous croyons en la souveraineté internationale ? Ou est-ce que c’est juste un concept pour les autres ? Est-ce que nous croyons en la démocratie ? Ou est-ce que c’est juste un outil quand ça nous arrange ?
Les dirigeants européens se sont unis pour défendre le Groenland. Les médias internationaux ont couvert l’histoire. Les citoyens du monde entier se sont exprimés sur les réseaux sociaux. Mais est-ce que ce sera suffisant ? Est-ce que Donald Trump écoute ? Est-ce que Randy Fine se soucie ? Ou est-ce que le pouvoir, une fois en marche, est impossible à arrêter ?
Les Inuits qui attendent
À Nuuk, à Ilulissat, à Qaanaaq, dans les villages dispersés le long de cette côte immense, les Inuits attendent. Ils vivent leur vie. Ils chassent. Ils pêchent. Ils élèvent leurs enfants. Mais en arrière-plan, il y a cette menace. Cette possibilité que leur monde puisse basculer d’un jour à l’autre. Qu’un étranger arrive et dise : « Ceci m’appartient maintenant. » Qu’ils deviennent étrangers dans leur propre maison. C’est une anxiété constante. Une peur sourde qui ne disparaît jamais.
Je me demande si les gens à Washington, dans leurs bureaux climatisés, comprennent ce qu’ils font. Est-ce qu’ils réalisent qu’ils ne discutent pas de chiffres sur une carte ? Est-ce qu’ils comprennent qu’ils menacent des vies réelles, des êtres humains avec des espoirs, des rêmes, des peurs ? Ou est-ce que pour eux, le Groenland n’est qu’une ressource stratégique, un atout géopolitique, une pièce à ajouter à leur collection ? C’est cette déshumanisation qui me terrifie. Parce qu’une fois que vous avez déshumanisé un peuple, tout devient possible. N’importe quoi devient possible.
Conclusion : Ce qui reste quand tout s'effondre
Le visage de Michael Bro
Je repense à Michael Bro. À ce visage que j’ai vu en photo. À ces mots simples : « I don’t want to be an American. » Ce n’est pas un rejet de l’Amérique. C’est une affirmation de soi. Une déclaration d’appartenance. « I want to be Inuit. We want to be independent and Inuit Nunaat belongs to Inuit. » Ces mots devraient suffire. Dans un monde juste, ces mots suffiraient. Mais dans notre monde, ils ne suffisent pas.
Cinquante-sept mille personnes. Cinquante-sept mille âmes. Cinquante-sept mille êtres humains qui ont le droit de décider de leur propre avenir. C’est tout ce que cette histoire devrait être à propos. Pas de sécurité nationale. Pas de routes maritimes. Pas de ressources minérales. Juste le droit fondamental de dire : « Ceci est ma maison. Ceci est mon peuple. Ceci est mon identité. »
Cinquante-sept mille. C’est le nombre de personnes qui vivent au Groenland. Cinquante-sept mille visages comme celui de Michael Bro. Cinquante-sept mille vies qui pourraient basculer à cause d’une décision prise à des milliers de kilomètres. Et moi je me demande : où est la limite ? Où est la ligne que, même en 2026, même pour la plus grande puissance du monde, on ne franchit pas ? Est-ce qu’il y a encore une limite ? Ou est-ce que tout est possible maintenant ? Cinquante-sept mille personnes attendent une réponse. Cinquante-sept mille êtres humains attendent de savoir si le monde se soucie d’eux. Si le monde entend leur voix. Ou si, dans le grand jeu des puissances, leur existence ne compte pas.
Sources
Sources primaires
NewsNation – « GOP lawmaker introduces bill to annex Greenland » – 13 janvier 2026
The Hill – « Republican introduces bill seeking to make Greenland 51st state » – 12 janvier 2026
BBC – « ‘We need Greenland’: Trump repeats threat to annex Danish territory » – 5 janvier 2026
The Independent – « ‘We don’t want to be Americans’: Greenland’s indigenous Inuit hit back at Trump » – 11 janvier 2026
Sources secondaires
Associated Press – Greenland political leaders reject Trump’s push – Janvier 2026
NPR – Trump’s Greenland ambitions divide Europe – Janvier 2026
Reuters – US senator says Greenland annexation would end NATO – Janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.