Vingt-huit attaques. Un chiffre qui n’a pas de sens
Il faut comprendre ce que vingt-huit attaques veulent dire. Ce n’est pas vingt-huit soldats qui courent vers une tranchée. C’est vingt-huit offensives coordonnées. Vingt-huit fois où l’artillerie prépare le terrain, où les blindés avancent, où l’infanterie suit. Vingt-huit machines de guerre mises en mouvement. Vingt-huit décisions prises dans des bunkers climatisés à des centaines de kilomètres de là.
Les troupes russes ont tenté d’avancer près de Shakove, Fedorivka, Rodynske, Myrnohrad, Pokrovsk, Udachne, Kotlyne, et vers Filiia et Novopavlivka. Une ligne de front énorme. Une étendue que personne ne peut défendre parfaitement. Pourtant, les Ukrainiens ont repoussé vingt-six de ces attaques.
Je pense à ces défenseurs. Je pense à ce soldat qui a tenu sa position pendant la huitième attaque. Pendant la douzième. Pendant la dix-neuvième. À chaque fois, il a dû se demander : est-ce la dernière ? Est-ce celle qui va briser la ligne ? Et à chaque fois, il a répondu par les armes.
Comment on fait ? Sérieusement, comment on fait pour tenir après la quinzième attaque de la journée ? Après la vingtième ? Le corps doit trembler. Les mains doivent être si fatiguées qu’elles ne répondent plus. Le cœur doit battre si fort qu’il semble vouloir sortir de la poitrine. Et pourtant, ils sont là. Toujours là. J’ai honte parfois, moi qui me plains si mon café est trop froid ou si Internet est lent. Eux sont là, dans la boue et le sang, et ils défendent quelque chose que la plupart d’entre nous n’ont jamais vraiment compris : la liberté. Le vrai prix de la liberté, c’est ça. Ce n’est pas des mots dans une constitution. C’est du sang sur une tranchée gelée en janvier.
Myrnohrad sous le feu : une ville qui résiste
Myrnohrad. Un nom qui sonne comme une prière. Une ville sous les bombardements constants. Les Russes ont attaqué près de cette localité à plusieurs reprises. Les Ukrainiens ont tenu. Ils tiennent toujours. Malgré les bombes guidées KAB qui tombent du ciel. Malgré les drones qui survolent leurs positions. Malgré l’épuisement qui doit être absolu.
Le 7e corps de réaction rapide des forces d’assaut aérien a rapporté que les forces ukrainiennes ont continué à tenir la partie nord de Myrnohrad malgré des frappes intenses de bombes guidées russes. Des bombes qui coûtent des millions, lancées contre des positions qui ne valent rien sur le plan matériel. Tout sauf en termes de courage.
Et pendant ce temps, l’artillerie ukrainienne et les drones frappent la route Pokrovsk-Shevchenko, une ligne de communication clé pour les Russes. Une route transformée en route de la mort. Chaque convoi qui l’emprunte est une cible. Chaque véhicule est un cercueil potentiel.
Imaginez un instant. Fermez les yeux. Vous êtes dans votre salon. Il fait froid dehors. Vous regardez les nouvelles. Et là, vous apprenez que des hommes comme vous, des hommes qui ont des familles, des rêves, des histoires, se font tirer dessus à Myrnohrad. Pas parce qu’ils ont fait quelque chose de mal. Pas parce qu’ils ont commis un crime. Juste parce qu’ils sont là. Parce qu’ils défendent leur chez-eux. Est-ce que ça vous révolte ? Ça devrait. Ça devrait vous mettre hors de vous. Parce que ce n’est pas juste. Ce n’est pas juste que des innocents paient le prix d’une ambition démente.
Les autres fronts : la guerre se déroule partout
Kostiantynivka : dix attaques repoussées
La guerre ne s’arrête pas à Pokrovsk. Elle s’étend sur des centaines de kilomètres. Dans le secteur de Kostiantynivka, les forces de défense ukrainiennes ont arrêté dix attaques ennemies. Dix. Dans une seule journée.
L’envahisseur a tenté d’avancer près de Oleksandro-Choultyne, Pleshchiivka, Ivanopillia, Berestok, Yablounivka et vers Sofiivka. Six localités. Six endroits où la mort a frappé à la porte. Et six fois, on lui a dit non.
Dans le secteur d’Oleksandrivka, les défenseurs ukrainiens ont repoussé cinq attaques près de Rybne, Yehorivka et Solodke. Dans le secteur de Huliaipole, les troupes ukrainiennes ont repoussé huit attaques près de Huliaipole et vers Dobropillia. Quatre engagements étaient toujours en cours au moment du rapport.
Dix attaques à Kostiantynivka. Cinq à Oleksandrivka. Huit à Huliaipole. Des chiffres qui s’additionnent. Des vies qui se multiplient. Je pense à ces commandants ukrainiens qui doivent répartir leurs maigres ressources. Qui doivent décider où envoyer les renforts. Qui doivent choisir quelles positions peuvent tenir et lesquelles doivent être abandonnées. Des choix impossibles. Des décisions qui pèsent sur des âmes qui ne devraient jamais avoir à porter de tels fardeaux. Et le monde continue. Les gens vont au travail. Ils font leurs courses. Ils se plaignent du prix de l’essence. Pendant ce temps, en Ukraine, des hommes décident qui vivra et qui mourra aujourd’hui.
Les secteurs moins actifs : la menace plane toujours
Même là où les armes se taisent un peu, la menace reste présente. Dans le secteur d’Orikhiv, aucune action offensive ennemie n’a été enregistrée. Mais pour combien de temps ? Dans le secteur de Prydniprovske, les envahisseurs russes ont fait une tentative infructueuse d’améliorer leur position près du pont Antonivskyi. Une tentative. Une échec. Et demain, ils réessayeront.
Dans les autres secteurs du front, aucun changement significatif de la situation opérationnelle n’a été enregistré. Aucun changement significatif. Sauf que chaque jour qui passe est un jour de plus vécu dans l’ombre de la guerre. Chaque jour de plus est une journée où des fils n’appellent pas leurs mères. Où des pères ne rentrent pas à la maison.
On dit parfois qu’aucune nouvelle est une bonne nouvelle. Dans une guerre, c’est vrai. Le silence signifie que personne ne meurt à cet instant précis. Mais le silence est aussi mensonger. Parce que la guerre ne dort jamais. Elle attend. Elle se prépare. Elle rassemble ses forces pour la prochaine offensive. Pour la prochaine vague de mort. Et les Ukrainiens le savent. Ils savent que le calme est trompeur. Ils savent que demain, ou après-demain, ou la semaine prochaine, l’ennemi reviendra. Et ils devront être prêts. Toujours prêts.
Le contexte : une guerre qui s'éternise
Les pertes civiles augmentent
Il ne faut pas l’oublier. Cette guerre ne se joue pas seulement sur les lignes de front. Elle se joue aussi dans les villes et les villages d’Ukraine. Selon un rapport de l’ONU, les frappes russes ont tué 2512 civils et en ont blessé 12142 en 2025. Soixante-dix pour cent de plus qu’en 2023. Quatre-vingt-dix-sept pour cent de ces pertes civiles ont été causées par des frappes russes contre des zones sous contrôle ukrainien.
Le rapport le plus meurtrier de l’année 2025 a eu lieu le 19 novembre contre Ternopil. Au moins 28 morts. Au moins 99 blessés. Vingt-huit vies éteintes en un instant. Quatre-vingt-dix-neuf corps déchirés. Des familles brisées pour toujours.
Vingt-huit civils tués à Ternopil. Vingt-huit. Je veux que vous imaginiez quelque chose. Vingt-huit personnes que vous aimez. Vingt-huit membres de votre famille. Vingt-huit amis. Maintenant, imaginez qu’ils soient tous enlevés en un instant. Par une bombe. Par un missile. Par une décision prise par quelqu’un que vous ne connaissez pas, dans un pays que vous ne verrez jamais. C’est ça, la réalité de cette guerre. Ce n’est pas des soldats qui s’entretuent sur un champ de bataille lointain. Ce sont des innocents qui meurent dans leur salon. Dans leur lit. Dans leur cuisine. C’est ça qu’il faut se rappeler quand on regarde ces chiffres glacés.
L’escalade technologique : des drones par milliers
La guerre change. La Russie a drastiquement augmenté la taille, l’échelle et la destructivité de ses paquets de frappe tout au long de 2025. En 2024, seuls trois paquets de frappe contenaient plus de 200 projectiles. Le plus grand en comprenait 287.
En 2025, les forces russes ont lancé 42 paquets de frappe contenant plus de 300 projectiles. Le plus grand en comprenait 823. Huit cent vingt-trois projectiles lancés en une seule opération. Une pluie de mort qui ne laisse aucune échappatoire.
Et ce ne sont pas seulement des missiles. La Russie continue de mettre à l’échelle la production et l’innovation de drones de frappe peu coûteux qui ont réussi à générer des effets de champ de bataille favorables. Des drones équipés de systèmes Starlink. Des drones qui peuvent frapper à plus de 230 kilomètres de distance.
Huit cent vingt-trois projectiles en une seule opération. Je me demande si les gens qui prennent ces décisions comprennent vraiment ce que ça veut dire. Huit cent vingt-trois explosions. Huit cent vingt-trois chances de mourir. Huit cent vingt-trois familles qui pourraient être détruites. Et pour quoi ? Pour quelques mètres de terre ? Pour une ligne sur une carte ? Pour satisfaire l’ego d’un homme qui ne connaîtra jamais la peur d’un obus qui tombe ? C’est ça qui me révolte le plus. Cette absence totale d’humanité. Cette capacité à traiter des vies humaines comme des chiffres dans un tableur Excel.
La résistance ukrainienne : quand l'impossible devient possible
Tenir la ligne : la bravoure au quotidien
À travers tous ces fronts, à travers tous ces bombardements, à travers toute cette mort, il y a une constante : la résistance ukrainienne. Ils ne reculent pas. Ils ne se rendent pas. Ils tiennent.
À Kupiansk, les forces ukrainiennes ont saisi l’initiative tactique et maintiennent une tête de pont sur la rive est de la rivière Oskil. Ils tiennent malgré les vingt à quarante bombes guidées KAB que les Russes lancent chaque jour sur les traversées. Ils tiennent malgré les drones à fibre optique et les drones Molniya. Ils tiennent malgré les systèmes de roquettes multiples et l’artillerie.
Dans la direction de Pokrovsk, les forces russes continuent d’utiliser des tactiques d’infiltration par petits groupes mais attaquent moins fréquemment en raison des mauvaises conditions météorologiques. Pourtant, ils attaquent encore. Et les Ukrainiens les arrêtent encore.
Je pense à ce commandant ukrainien qui a dit que ses forces avaient bloqué les efforts russes pour avancer depuis les faubourgs nord de Kupiansk et avaient coupé la logistique pour les troupes russes dans la ville, forçant les soldats russes à mener des missions de réapprovisionnement avec des drones. Des missions de réapprovisionnement avec des drones. Vous imaginez ? Être coupé de tout. Pas de nourriture. Pas de munitions. Juste des drones qui vous larguent quelques paquets. Et devoir survivre comme ça. C’est ça, la réalité de la guerre russe en Ukraine aujourd’hui. Une armée qui s’effondre lentement, méthodiquement, sous les coups d’une résistance qui refuse de mourir.
Les frappes ukrainiennes : frapper l’ennemi là où ça fait mal
Les Ukrainiens ne se défendent pas seulement. Ils frappent aussi. Leurs forces ont continué leur campagne de frappe à longue portée contre les actifs de défense et énergétiques russes.
L’état-major général ukrainien a rapporté que les forces ukrainiennes ont utilisé un missile ukrainien non spécifié pour frapper l’usine de production de drones Atlant Aero à Taganrog, dans l’oblast de Rostov. Une usine qui conçoit, fabrique et teste les drones Molniya à voilure fixe et des composants pour les drones de reconnaissance Orion.
Des images géolocalisées publiées le 13 janvier montrent un incendie près de l’usine de drones à Taganrog. Le feu de la guerre se retourne contre ceux qui l’ont allumé.
Il y a une certaine justice dans ça. L’usine qui fabrique les drones qui tuent les Ukrainiens est elle-même frappée par des missiles ukrainiens. Le feu de la guerre se retourne contre ceux qui l’ont allumé. Bien sûr, ça ne ramènera pas les morts. Ça ne réparera pas les villes détruites. Mais ça envoie un message. Un message simple et clair : vous n’êtes pas à l’abri. Peu importe où vous vous cachez. Peu importe à quel point vous pensez être en sécurité. La guerre viendra vous chercher. Et elle vous trouvera.
Le coût humain : au-delà des chiffres
Les pertes russes : un sacrifice inutile
Les rapports indiquent que les forces russes subissent des pertes importantes en effectifs et en véhicules blindés en raison des mauvaises conditions météorologiques. Des hommes qui meurent non pas parce qu’ils ont combattu bravement, mais parce qu’ils ont été envoyés dans des conditions impossibles.
Plusieurs douzaines de militaires russes à Kupiansk sont coupés de leurs renforts et ont un approvisionnement limité en nourriture et en munitions car les mauvaises conditions météorologiques entravent les missions de réapprovisionnement par drone. Des hommes qui attendent. Qui ont faim. Qui ont peur. Qui savent que personne ne viendra les sauver.
Ces soldats russes piégés à Kupiansk… je ne peux pas m’empêcher de penser à eux. Pas aux meurtriers. Pas à ceux qui ont commis des atrocités. Mais aux simples soldats. Aux conscrits. Aux hommes qui n’avaient peut-être jamais voulu être là. Qui se sont retrouvés dans cette guerre par hasard, par obligation, par ignorance. Maintenant, ils sont là. Coupés de tout. Affamés. Terrorisés. Et leur gouvernement les a abandonnés. Ils ne sont pas des héros. Ils ne sont pas des victimes innocentes. Mais ils sont humains. Et quelque part en Russie, il y a des mères qui attendent. Des épouses qui prient. Des enfants qui ne comprennent pas. Ça me brise le cœur.
Les pertes ukrainiennes : le prix de la liberté
Et l’Ukraine ? Qu’est-ce que l’Ukraine paie ? Elle paie en vies. En villes détruites. En infrastructures bombardées. En économie ruinée. Elle paie le prix que personne ne devrait jamais avoir à payer.
Mais elle paie aussi en espoir. En détermination. En refus d’abandonner. Chaque mort ukrainien est une tragédie. Mais chaque mort ukrainien est aussi un témoignage. Un témoignage que la liberté vaut plus que la vie. Que certains principes ne sont pas négociables. Que parfois, il faut se battre même quand tout semble perdu.
Je ne sais pas si je pourrais faire ce qu’ils font. Je ne sais pas si j’aurais le courage de tenir une tranchée sous le bombardement constant. De regarder mes amis mourir autour de moi et de continuer à avancer. De sacrifier tout pour un idéal que beaucoup de gens dans le monde ont oublié. Mais je suis reconnaissant qu’ils le fassent. Parce que s’ils ne le faissaient pas, qui le ferait ? Qui défendrait la liberté ? Qui dirait non à la tyrannie ? Nous leur devons tout. Absolument tout.
Conclusion : La guerre continue, mais l'espoir reste
Pokrovsk tient. L’Ukraine tient.
Vingt-six attaques repoussées sur vingt-huit à Pokrovsk. Ce n’est pas parfait. Ce n’est pas une victoire totale. Mais c’est une victoire. Une victoire digne de ce nom.
Les forces ukrainiennes continuent de tenir leur position à Myrnohrad malgré les bombardements constants. Ils maintiennent une tête de pont sur la rive est de la rivière Oskil à Kupiansk. Ils frappent les usines de drones russes à Taganrog. Ils repoussent les attaques à Kostiantynivka, à Oleksandrivka, à Huliaipole.
Ils tiennent. Un jour à la fois. Une attaque à la fois. Un obus à la fois.
Et moi, qu’est-ce que je fais ? J’écris ces mots. Je partage ces histoires. J’essaie de faire comprendre ce qui se passe là-bas. Mais est-ce que ça suffit ? Est-ce que des mots peuvent vraiment changer quelque chose ? Je veux croire que oui. Je veux croire que chaque fois que quelqu’un lit ces lignes et comprend un peu mieux la réalité de cette guerre, quelque chose change. Peut-être pas grand-chose. Peut-être pas tout de suite. Mais quelque chose. Parce que l’ignorance est l’alliée de la tyrannie. Et la vérité, même douloureuse, est la première étape vers la justice.
Le message aux soldats de Pokrovsk
À ceux qui sont à Pokrovsk aujourd’hui. À ceux qui ont repoussé vingt-six attaques hier. À ceux qui en affronteront d’autres demain. Je n’ai pas les mots pour vous remercier. Pas les mots assez forts. Pas les mots assez profonds.
Vous n’êtes pas des chiffres dans un rapport. Vous n’êtes pas des pions sur un échiquier. Vous êtes des héros. Des héros vivants. Des héros qui saignent. Des héros qui souffrent. Des héros qui meurent. Mais des héros quand même.
Le monde oublie parfois. Le monde se distrait. Le monde passe à autre chose. Mais vous, vous ne pouvez pas oublier. Vous ne pouvez pas vous distraire. Vous ne pouvez pas passer à autre chose. Vous êtes là. Dans la boue et le sang. Défendant quelque chose que le reste d’ensemble prend trop souvent pour acquis.
Soixante-douze affrontements en une journée. Vingt-huit attaques sur Pokrovsk. Des chiffres qui me hantent. Des chiffres qui devraient hanter tout le monde. Je pense à ces soldats ukrainiens, creusés dans leurs tranchées, attendant la prochaine attaque. Je pense à leurs familles, attendant leur retour. Je pense à ce qu’ils sacrifient chaque jour. Et je me demande : quand tout ça finira-t-il ? Quand la paix reviendra-t-elle ? Quand pourront-ils enfin rentrer chez eux ? Je n’ai pas les réponses. Personne n’a les réponses. Mais je sais une chose : tant qu’ils se battront, nous devrons les soutenir. Nous devons nous souvenir. Nous devons refuser d’oublier. Parce que leur combat est aussi le nôtre. C’est le combat de la liberté contre la tyrannie. De la lumière contre les ténèbres. De l’humanité contre l’inhumanité. Et ça, ça ne finit jamais.
Sources
Sources primaires
Ukrinform, « War update: 72 clashes along frontline since dawn, enemy’s main offensive effort concentrated on Pokrovsk », 13 janvier 2026, https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4079971-war-update-72-clashes-along-frontline-since-dawn-enemys-main-offensive-effort-concentrated-on-pokrovsk.html
Sources secondaires
Institute for the Study of War (ISW), « Russian Offensive Campaign Assessment, January 13, 2026 », 13 janvier 2026, https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-january-13-2026/
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.