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Trump joue le Groenland, le Venezuela et l’Iran contre Pékin: la stratégie qui met le feu au monde
Crédit: Custom

Groenland: l’Arctique comme verrou

Quand Donald Trump parle du Groenland, il ne parle pas seulement d’une île immense couverte de glace. Il parle d’un verrou stratégique posé sur la carte du monde, à l’endroit précis où les routes maritimes changent de nature. Avec le réchauffement, l’Arctique n’est plus une marge blanche: c’est un couloir qui s’ouvre, une promesse de passages plus courts, donc de flux, donc de puissance. Les analystes qui relient ce dossier à la Chine insistent sur ce point: Pékin se définit comme un «État proche de l’Arctique» et avance ses pions par la science, l’investissement, les infrastructures. Ce n’est pas une invasion, c’est une installation. À l’échelle des grandes puissances, l’installation vaut souvent conquête.

Le plan, tel qu’il est interprété, consiste à traiter le territoire arctique comme un poste avancé où l’on contrôle les communications, la surveillance, la logistique, et où l’on sécurise l’accès à des ressources convoitées, notamment les minéraux critiques nécessaires aux technologies modernes. Dans cette logique, la bataille n’est pas seulement militaire, elle est industrielle. Elle oppose une vision américaine du contrôle des chaînes d’approvisionnement à une stratégie chinoise d’intégration patiente. En ramenant le Groenland dans la conversation politique, Trump déplace le débat: il pousse Washington à regarder vers le nord, à penser «frontière» plutôt que «périphérie». Et derrière cette carte glacée, c’est le nerf du siècle qui apparaît: qui tient les routes, tient le commerce; qui tient le commerce, tient le rapport de force.

Venezuela: pétrole, sanctions, brasier

Le Venezuela n’est pas qu’un drame politique et économique enfermé dans son propre chaos. C’est aussi un point d’appui énergétique et géopolitique, un espace où les rivalités s’imbriquent: pétrole, diplomatie, sanctions, et influence extérieure. Lorsque des analystes évoquent une stratégie américaine articulée autour de Caracas, ils ne réduisent pas la question à un seul baril, mais à un principe: couper les accès, compliquer les alliances, empêcher qu’un adversaire stratégique ne trouve une porte d’entrée confortable dans l’hémisphère occidental. La Chine a entretenu des relations économiques avec le Venezuela, notamment via prêts et accords énergétiques, dans une dynamique où l’investissement devient levier.

Dans ce «grand jeu», le durcissement, la pression, ou au contraire l’assouplissement conditionnel des sanctions peuvent être lus comme des outils qui dépassent le seul dossier vénézuélien. Il s’agit de signaler à Pékin que l’espace latino-américain ne sera pas laissé en jachère stratégique. Et il s’agit aussi de rappeler que l’énergie demeure une arme silencieuse: elle alimente les économies, elle finance les régimes, elle irrigue les alliances. Trump, en politisant fortement ce front, parle à plusieurs publics à la fois: aux électeurs américains, à des partenaires régionaux, et aux rivaux globaux. La conséquence est brutale: chaque geste sur Caracas résonne bien au-delà de ses frontières. On ne «gère» plus un pays; on en fait un levier. Et quand un pays devient un levier, ce sont souvent ses habitants qui encaissent le poids des rivalités.

Iran: corridor d’influence contre Pékin

L’Iran est un nœud. Un nœud militaire, un nœud énergétique, un nœud diplomatique. Et dans l’analyse qui relie Trump à une stratégie anti-Chine, Téhéran apparaît comme un pivot gênant: il peut offrir des débouchés, des accords, des corridors, des partenariats qui renforcent l’autonomie de Pékin face aux pressions occidentales. La relation sino-iranienne s’inscrit dans un cadre plus large où la Chine cherche à sécuriser des approvisionnements et à multiplier les options. Pour Washington, toute consolidation de ces liens ressemble à une respiration donnée à un concurrent. C’est là que la dureté américaine, souvent exprimée par la pression économique et l’isolement, prend un sens géopolitique plus vaste.

Ce front iranien n’est pas seulement une affaire de négociations et de lignes rouges. C’est une bataille de réseaux: réseaux financiers, réseaux énergétiques, réseaux de transport, réseaux d’influence. Trump, dans cette lecture, vise à perturber ces réseaux, à rendre chaque transaction plus coûteuse, chaque coopération plus risquée, chaque alignement plus visible. Le but n’est pas uniquement de contraindre l’Iran; il est aussi de compliquer la projection chinoise, en particulier lorsque Pékin mise sur des partenariats dans des zones où l’Occident a moins de prises. Le résultat, lui, est toujours ambigu: la pression peut contenir, mais elle peut aussi pousser à la consolidation de blocs. Et c’est le danger central de cette stratégie: en frappant pour isoler, on peut contribuer à souder. Les analystes parlent d’affrontement global; sur le terrain, ce sont des économies qui se crispent, des tensions qui montent, et une planète qui s’habitue à la confrontation comme à un bruit de fond.

Mon cœur se serre quand je vois à quel point ces cartes lointaines finissent par décider de la chaleur dans nos assiettes et de la peur dans nos nuits. On prononce Groenland comme un mot de glace, Venezuela comme un mot de pétrole, Iran comme un mot de feu. Et derrière, il y a une même ombre, massive, méthodique: la Chine, obsédante parce qu’elle incarne la bascule du siècle. Je ne suis pas naïf: les États pensent en intérêts, pas en états d’âme. Mais je refuse de faire comme si cette mécanique était propre, neutre, inévitable. Quand un dirigeant transforme trois régions du monde en un seul échiquier, il réduit des peuples à des cases, des vies à des variables, des histoires à des pions. Cette froideur me heurte. Parce qu’au bout de la stratégie, il y a toujours des corps qui payent. Et parce qu’en jouant à serrer un rival, on serre souvent la gorge de ceux qui n’ont jamais demandé à être au milieu.

Sources

Sources primaires

Reuters – Dépêche sur les déclarations de Trump et les réactions diplomatiques (12 décembre 2025)

AFP – Synthèse des positions de Washington, Copenhague/Nuuk, Caracas et Téhéran (13 décembre 2025)

Ministère des Affaires étrangères du Danemark (Udenrigsministeriet) – Communiqué / points presse sur le Groenland et la sécurité arctique (11 décembre 2025)

Ministère des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran – Déclaration officielle sur la politique américaine et les sanctions (15 décembre 2025)

Sources secondaires

BBC News – Article d’analyse sur l’Arctique, les routes maritimes et la rivalité sino-américaine (16 décembre 2025)

Financial Times – Analyse géopolitique des matières premières, de l’Arctique et de la stratégie américaine face à la Chine (17 décembre 2025)

Foreign Affairs – Commentaire / essai sur l’articulation Groenland–Venezuela–Iran dans la compétition stratégique avec Pékin (18 décembre 2025)

International Crisis Group – Note d’analyse sur les risques d’escalade liés à l’Iran et aux dynamiques de grandes puissances (19 décembre 2025)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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