La ville qui refuse de tomber
Si un seul nom devait résumer l’acharnement russe, ce serait Pokrovsk. Trente-neuf assauts en une journée. Trente-neuf. Les forces russes ont attaqué sans discontinuer près des localités de Shakhove, Fedorivka, Rodynske, Myrnohrad, Pokrovsk elle-même, Kotlyne, Udachne, et en direction de Filiia et Novopavlivka. Trente-neuf fois, les défenseurs ukrainiens ont dû se lever, prendre position, viser, tirer, tenir. Trente-neuf fois, ils ont repoussé l’ennemi. Mais l’ennemi revient. Encore. Et encore. Et encore.
Pourquoi Pokrovsk ? Parce que cette ville est un nœud stratégique crucial dans le Donbass. Parce que la prendre permettrait aux Russes de percer vers l’ouest. Parce qu’elle tient encore, malgré tout. Et ça, Moscou ne le supporte pas. Alors ils envoient vague après vague de soldats. Ils bombardent. Ils pilonnent. Ils usent. Ils tentent d’épuiser les défenseurs par la pure attrition. Sauf que les Ukrainiens ne lâchent pas. Trente-neuf assauts repoussés, c’est trente-neuf victoires tactiques. Mais c’est aussi trente-neuf batailles d’usure qui prennent leur tribut.
Trente-neuf assauts. Faites le calcul. Si on suppose que les combats se répartissent sur vingt-quatre heures, ça fait un assaut toutes les trente-sept minutes environ. Toutes les trente-sept minutes, quelque part autour de Pokrovsk, des soldats ukrainiens voient arriver des véhicules blindés russes, de l’infanterie, des chars. Et ils doivent les arrêter. Imaginez tenir une position sachant que dans moins d’une heure, il faudra recommencer. Et que ça ne s’arrêtera jamais. C’est ça, Pokrovsk. C’est un marathon de violence où chaque kilomètre dure une éternité.
Les villages satellites dans la tourmente
Mais Pokrovsk n’est pas seul dans la souffrance. Tout autour, les petits villages encaissent aussi. Rodynske, Myrnohrad, Shakhove. Des noms que personne ne connaissait avant cette guerre. Des lieux qui sont devenus des champs de bataille. Des endroits où des gens vivaient, travaillaient, élevaient leurs enfants. Maintenant, ce sont des zones de combat. Des ruines fumantes. Des cratères d’obus. L’État-major ukrainien liste froidement les localités attaquées. Mais derrière chaque nom, il y a des vies bouleversées. Des familles déplacées. Des maisons détruites. Des souvenirs effacés par les bombes.
Et dans le secteur voisin d’Oleksandrivka, huit attaques supplémentaires. Près de Zelenyi Hai, Rybne, Yehorivka, Solodke. Les Russes testent. Ils cherchent la faille. Ils cherchent le point faible dans la défense ukrainienne. Ils attaquent ici. Puis là. Puis encore là-bas. C’est une stratégie d’usure pure. Faire craquer les défenses ukrainiennes par la répétition. Par l’accumulation. Par l’épuisement mental et physique des soldats qui doivent tenir partout, tout le temps, sans relâche.
Ces villages. Shakhove. Rodynske. Fedorivka. Qui connaissait ces noms il y a quatre ans ? Personne en dehors d’Ukraine. Maintenant, ils sont des symboles. Des symboles de résistance. Mais aussi de sacrifice. Chaque nom est un rappel que cette guerre ne se passe pas dans l’abstrait. Elle se passe dans des endroits réels, où des gens réels ont vu leur monde s’effondrer. Combien de maisons détruites autour de Pokrovsk ? Combien de vies brisées ? Combien de fois ces soldats ukrainiens devront-ils encore repousser les Russes avant que ça s’arrête ?
Huliaipole : vingt-six assauts, la porte du sud qui tient bon
Le verrou de Zaporizhzhia
Si Pokrovsk est le cauchemar du Donbass, Huliaipole est celui du sud. Vingt-six attaques russes repoussées en une journée. Vingt-six. Dans le secteur de Huliaipole, près de la ville elle-même et en direction de Dobropillia et Varvarivka. Pourquoi cet acharnement ? Parce que Huliaipole contrôle l’accès vers le sud de l’oblast de Zaporizhzhia. Parce que si elle tombe, les Russes peuvent pousser vers l’ouest, vers la mer d’Azov, vers le cœur de l’Ukraine méridionale. Alors ils frappent. Encore et encore.
Mais Huliaipole tient. Les Forces armées ukrainiennes ont stoppé net les vingt-six assauts. Vingt-six fois, les Russes sont venus. Vingt-six fois, ils sont repartis en laissant leurs morts sur le terrain. C’est une résistance acharnée. Une détermination qui confine à l’héroïsme. Parce que défendre une position sous un tel déluge de feu, ce n’est pas juste une question de tactique militaire. C’est une question de volonté. De refus de céder. De certitude absolue que chaque mètre de terrain perdu est un mètre trop loin.
Mettez-vous à leur place une seconde. Vous êtes dans une tranchée près de Huliaipole. Vous venez de repousser une attaque. Vous êtes épuisé. Vous tremblez encore d’adrénaline. Et puis, deux heures plus tard, les voilà qui reviennent. Encore. Vous voyez les véhicules blindés russes qui approchent. Vous entendez le bruit des chenilles sur la terre gelée. Vous savez ce qui va se passer. Et vous restez. Vous ne fuyez pas. Vous rechargez votre arme et vous vous préparez à tenir. Encore. C’est ça, le courage ukrainien. C’est pas de l’héroïsme de cinéma. C’est juste… tenir. Quand tout en vous hurle de partir.
Le déluge technologique russe
Pour tenter de percer à Huliaipole, les Russes ne lésinent pas sur les moyens. Le rapport de l’État-major est éloquent et terrifiant à la fois : quarante-deux raids aériens dans une seule journée, soixante-dix-huit bombes planantes larguées du ciel comme des colis de mort, 7,967 drones kamikazes lancés contre les positions ukrainiennes et les infrastructures civiles, 3,768 tirs d’artillerie qui ont martelé le sol ukrainien sans relâche. C’est un déluge de technologie mortelle. Un ouragan de fer et de feu qui s’abat quotidiennement sur ce pays. Les bombes planantes, ces monstres de plusieurs tonnes que les avions russes lâchent de loin, à des dizaines de kilomètres de distance, pour éviter la défense antiaérienne ukrainienne qui les attend. Elles glissent dans l’air, silencieuses, invisibles jusqu’à la dernière seconde, puis elles frappent avec une puissance dévastatrice.
Les drones Shahed iraniens qui bourdonnent dans la nuit comme des essaims de mort volante, ces engins bon marché mais terriblement efficaces que Téhéran fournit à Moscou par milliers. L’artillerie russe qui pilonne sans relâche, transformant des villes en champs de ruines, des forêts en no man’s land lunaires. Tout ça sur Huliaipole. Tout ça sur Pokrovsk. Tout ça sur l’Ukraine. Les frappes aériennes ont particulièrement visé Voloska Bakaliia dans la région de Kharkiv, Malomykhailivka dans la région de Dnipropetrovsk, et Zaliznychne, Rizdvianivka, Dolynka, et Komyshuvakha dans la région de Zaporizhzhia. Des noms de villages que personne ne connaissait. Des endroits qui sont devenus des cibles. Des lieux où vivent – ou vivaient – des gens ordinaires.
Mais en face, l’Ukraine riposte. Les forces de défense ont frappé deux postes de commandement russes, huit zones de concentration de personnel et d’équipement, quatre systèmes d’artillerie, et deux points de contrôle de drones. Coup pour coup. Obus pour obus. Drone contre drone. C’est une guerre d’usure totale. Une guerre où chaque jour ressemble au précédent. Une guerre qui dévore des hommes, du matériel, de l’énergie. Mais une guerre où l’Ukraine refuse de plier.
Sept mille neuf cent soixante-sept drones en une journée. Sept mille. Prenez un instant pour visualiser ça. Si vous deviez compter jusqu’à 7,967, ça vous prendrait combien de temps ? Des heures. Et bien chacun de ces nombres représente un drone. Un engin volant programmé pour tuer. Lancé vers l’Ukraine. Vers des villes. Vers des soldats. Vers des civils parfois. Sept mille neuf cent soixante-sept tentatives de meurtre en vingt-quatre heures. C’est industriel. C’est mécanique. C’est l’horreur moderne dans toute sa froideur technologique.
Le reste du front : partout, la pression ne faiblit pas
Onze secteurs, 141 batailles
Mais Pokrovsk et Huliaipole ne sont pas les seuls points chauds. Le front ukrainien s’étire sur des centaines de kilomètres. Et partout, les Russes attaquent. Dans le secteur de Kupiansk, quatre assauts. Dans le secteur de Lyman, onze tentatives de percer les défenses ukrainiennes. Dans le secteur de Sloviansk, trois attaques repoussées. Dans le secteur de Kramatorsk, deux assauts stoppés. Dans le secteur de Kostiantynivka, treize attaques. Partout, tout le temps, l’Ukraine se bat.
Au nord, dans les secteurs de Slobozhanshchyna septentrionale et de Kursk, l’ennemi a effectué 129 tirs d’artillerie, dont douze provenant de lance-roquettes multiples. Au sud, dans le secteur du Dniepr, une tentative d’avancer près du pont Antonivskyi. Partout, la même stratégie russe : tester. Frapper. Chercher la faille. Et partout, la même réponse ukrainienne : tenir. Résister. Ne pas céder un pouce de terrain sans le faire payer au prix fort. Les 141 affrontements de ce jour-là ne sont pas concentrés en un seul lieu. Ils sont dispersés sur tout le front. C’est une guerre totale. Une guerre qui ne dort jamais.
Regardez la carte. Vraiment. Prenez une carte de l’Ukraine et placez des points partout où il y a eu des combats ce jour-là. Kupiansk au nord. Pokrovsk au centre. Huliaipole au sud. Kramatorsk. Kostiantynivka. Lyman. Des dizaines de localités. Des centaines de kilomètres de front. Et sur chaque point, des hommes qui se battent. Des hommes qui meurent. Des hommes qui tiennent malgré tout. Comment un pays fait pour tenir face à ça ? Comment une armée fait pour défendre autant de territoires simultanément ? La réponse, c’est le courage. C’est juste le courage pur et simple de refuser de céder.
Le coût invisible de la résistance
Derrière les chiffres froids du rapport de l’État-major, il y a des réalités humaines qu’on ne voit pas. Les soldats épuisés qui dorment trois heures par nuit quand ils ont de la chance. Les munitions qui s’épuisent et qu’il faut rationner. Les positions défensives qui s’usent sous le pilonnage constant. La fatigue qui s’accumule. Le stress qui ronge. L’hiver glacial qui rend chaque minute passée en tranchée encore plus difficile. Repousser 141 assauts en une journée, c’est une victoire tactique indéniable. Mais c’est aussi un tribut humain énorme.
Et les Russes le savent. C’est précisément leur stratégie. Ils ne cherchent pas forcément à percer immédiatement. Ils cherchent à user. À épuiser. À briser le moral par la répétition. Attaquer. Être repoussé. Attaquer à nouveau. Être repoussé à nouveau. Mais revenir. Toujours. Jusqu’à ce que les défenseurs craquent. Sauf que les Ukrainiens ne craquent pas. Pas encore. Pas maintenant. Ils tiennent. Jour après jour. Combat après combat. Assault après assaut. Pokrovsk tient. Huliaipole tient. L’Ukraine tient.
Il y a une violence particulière dans cette guerre d’usure. Ce n’est pas une bataille décisive. Ce n’est pas Stalingrad ou Koursk. C’est juste… chaque jour. Chaque jour, la même chose. Chaque jour, tenir. Chaque jour, résister. Sans gloire. Sans reconnaissance internationale. Juste le devoir de ne pas lâcher. Et je me demande : combien de temps peut-on tenir face à ça ? Combien de temps avant que la fatigue ne l’emporte sur la détermination ? Les Ukrainiens ont déjà prouvé qu’ils pouvaient tenir plus longtemps que quiconque ne l’imaginait. Mais à quel prix intérieur ? À quel coût psychologique ?
Conclusion : cent quarante-et-un, le chiffre qui ne dit pas tout
Au-delà des statistiques, des vies
Le 13 janvier 2026 restera dans les annales comme une journée de plus dans cette guerre interminable. Une journée où 141 combats ont éclaté le long du front ukrainien. Une journée où Pokrovsk a encaissé trente-neuf assauts. Où Huliaipole en a repoussé vingt-six. Où l’Ukraine, une fois de plus, a prouvé qu’elle ne céderait pas. Mais derrière ces chiffres, il y a des hommes et des femmes. Des soldats qui tiennent leurs positions malgré l’épuisement. Des civils qui vivent sous les bombes. Des familles qui attendent des nouvelles de leurs proches au front.
Cent quarante-et-un affrontements, ce n’est pas juste un chiffre. C’est cent quarante-et-un moments où tout pouvait basculer. Cent quarante-et-un instants de violence extrême. Cent quarante-et-un combats où des Ukrainiens ont dû faire preuve d’un courage extraordinaire pour tenir bon. Et demain, il y en aura probablement autant. Et après-demain aussi. Parce que cette guerre ne s’arrête pas. Elle continue. Elle broie. Elle use. Mais elle ne brise pas l’Ukraine. Pas encore. Pas maintenant. Peut-être jamais.
Cent quarante-et-un combats. Et moi, assis devant mon écran, je me demande : comment on fait pour comprendre vraiment ce que ça représente ? Comment on fait pour saisir l’ampleur de cette résistance quotidienne ? Trente-neuf assauts à Pokrovsk seul. Trente-neuf fois où des soldats ukrainiens ont regardé l’ennemi arriver et ont décidé de tenir. Pas de fuir. De tenir. Quelque part en Ukraine, en ce moment même, des hommes dorment dans des tranchées gelées. Ils savent que demain, ça recommencera. Les assauts. Les bombardements. Le danger de mort permanent. Et pourtant ils restent. Ils tiennent leurs positions. Parce qu’abandonner, c’est laisser les Russes avancer d’un mètre de plus. Et chaque mètre compte. Chaque village compte. Chaque maison compte. Alors ils tiennent. Jour après jour. Combat après combat. Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que la Russie comprenne qu’elle ne gagnera jamais cette guerre. Ou jusqu’à ce que le monde entier comprenne qu’il faut que ça cesse.
Sources
Sources primaires
Ukrinform – « War update: 141 clashes on front line over past day; Pokrovsk, Huliaipole sectors most active » – 14 janvier 2026
État-major général des Forces armées d’Ukraine – Rapport quotidien sur Facebook – 14 janvier 2026
Sources secondaires
UNN – « Pokrovsk and Huliaipole directions remain the hottest: General Staff report for the morning of January 11 » – 11 janvier 2026
RBC-Ukraine – « Russia-Ukraine war – Frontline update as of January 9 » – 9 janvier 2026
UNN – « 78 combat engagements recorded on the front » – 12 janvier 2026
Pravda – « Around 130 combat clashes recorded on battlefield » – 1 janvier 2026
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