Le désaccord qui dit tout
Lars Løkke Rasmussen, le ministre danois des Affaires étrangères, est sorti de la Maison Blanche le 14 janvier avec une expression grave, pesante. Il avait rencontré JD Vance, le vice-président américain, et Marco Rubio, le secrétaire d’État. Le but ? Discuter de l’avenir du Groenland. Le résultat ? Un « désaccord fondamental ». C’est le terme qu’il a utilisé. Pas une différence d’opinion. Pas une divergence diplomatique. Un désaccord fondamental. Trump veut le Groenland. Le Danemark et le Groenland disent non. Point final. Et entre les deux, un abîme.
Rasmussen a été clair, d’une clarté cristalline. Les idées qui ne respecteraient pas l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark et le droit à l’autodétermination du peuple groenlandais sont « totalement inacceptables ». Des mots forts. Des mots qui ne laissent aucune place à l’interprétation. Mais Trump ne semble pas écouter. Ou pire : il écoute, et il s’en fiche. Il a dit que le Groenland était « vital pour la sécurité des États-Unis ». Qu’il ne pouvait pas faire confiance au Danemark pour protéger ce territoire stratégique. Qu’il n’excluait pas l’usage de la force. L’usage de la force. Contre un allié de l’OTAN. Contre la démocratie.
Le Groenland parle
Vivian Motzfeldt, la voix du Groenland, a été tout aussi directe. « Le Groenland ne veut pas être possédé, gouverné ou faire partie des États-Unis », a-t-elle déclaré. Des mots simples, mais qui portent le poids de siècles d’histoire. Des mots qui disent : nous existons. Nous avons le choix. Et notre choix, c’est de rester nous-mêmes. De rester groenlandais. De rester danois. De rester libres.
Pendant ce temps, à Copenhague, Jens-Frederik Nielsen, le Premier ministre groenlandais, s’adressait à environ 300 de ses compatriotes rassemblés. Quand il a dit que le Groenland ne voulait pas être dirigé par les États-Unis ou en faire partie, la foule s’est levée. Une ovation debout. Un moment de solidarité pure, viscérale, dans une salle danoise. Une image qui dit tout : un petit peuple, perdu dans le grand blanc, qui se dresse face à la plus grande puissance du monde.
Vous savez ce qui me frappe le plus dans cette histoire ? La dignité. La dignité absolue du peuple groenlandais. Cinquante-sept mille personnes. C’est la population d’une petite ville française. Et pourtant, face à Donald Trump, face à la machine militaire américaine, face à la pression économique et politique, ils disent non. Pas parce qu’ils sont forts. Pas parce qu’ils ont des armes. Mais parce qu’ils ont une âme. Une identité. Une histoire. Et ils refusent de la vendre. C’est ça, la vraie puissance. Pas les missiles. Pas les avions. Pas les dollars. Le refus de s’agenouiller.
Section 3 : L'OTAN qui vacille, l'alliance qui se fissure
L’ironie suprême
La scène est d’une ironie absolue, presque surréaliste. L’OTAN, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, créée en 1949 pour défendre l’Europe contre l’Union soviétique, se retrouve aujourd’hui dans une situation inimaginable. Des soldats français, allemands, norvégiens, britanniques, suédois, néerlandais, finlandais — tous alliés des États-Unis au sein de l’OTAN — déploient des troupes au Groenland. Pourquoi ? Pour se défendre contre les États-Unis. Contre un autre membre de l’OTAN. C’est comme si un frère armé protégeait sa sœur contre un autre frère. La famille ne se reconnaît plus.
Marc Jacobsen, professeur associé au Royal Danish Defence College, a résumé la situation avec une lucidité effrayante. Le déploiement militaire européen au Groenland envoie deux messages à Washington, dit-il. Le premier : dissuasion. Montrer que si les États-Unis décident de faire quelque chose de militaire, l’Europe est prête à défendre le Groenland. Le deuxième : prise au sérieux. Dire que l’Europe prend la critique américaine au sérieux, qu’elle va augmenter sa présence, prendre soin de sa souveraineté, améliorer sa surveillance sur le Groenland. Deux messages. Une seule réalité : l’alliance est en crise.
La menace sur l’OTAN
Les pays européens les plus importants ont soutenu le Danemark. La France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne. Tous ont mis en garde : une prise de contrôle militaire américaine du Groenland pourrait signifier la fin de l’OTAN. La fin de l’alliance qui a maintenu la paix en Europe pendant trois quarts de siècle. La fin de l’architecture de sécurité occidentale telle que nous la connaissons. Pour un territoire. Pour une île. Pour une obsession.
Troels Lund Poulsen, le ministre danois de la Défense, a essayé de minimiser. « Je considère qu’il est peu probable qu’un pays de l’OTAN attaque un autre pays de l’OTAN », a-t-il dit. Mais les mots sont là. La possibilité est évoquée. Le scénario est imaginé. Et le fait même qu’on puisse prononcer cette phrase — « un pays de l’OTAN attaque un autre pays de l’OTAN » — dit tout sur l’état du monde en ce 15 janvier 2026.
Comment en est-on arrivé là ? Comment l’inimaginable est-il devenu pensable ? Pendant des décennies, l’OTAN a été le pilier de la sécurité occidentale. La garantie que personne n’oserait attaquer un membre, parce que tous les autres répondraient. Aujourd’hui, cette logique s’effondre. Parce que la menace ne vient pas de l’extérieur. Elle vient de l’intérieur. Du plus puissant de tous. Et ça me fait peur. Vraiment peur. Parce que si l’OTAN casse, que reste-t-il ? Quelles alliances peuvent encore tenir ? Quels engagements ont encore du sens ? Nous naviguons dans des eaux inconnues, et personne ne semble avoir de carte.
Section 4 : Operation Arctic Endurance, le nom qui dit tout
L’exercice qui n’est pas un exercice
Officiellement, ça s’appelle « Opération Arctic Endurance ». Un exercice militaire danois, mené avec des alliés, pour évaluer la logistique, le terrain et les contributions militaires nécessaires pour un renforcement arctique plus important. C’est ce qu’on dit publiquement. C’est ce que les communiqués de presse affirment. Mais en réalité, tout le monde sait que ce n’est pas ça. Pas vraiment. C’est un message. Un message envoyé de l’Arctique à Washington. Nous sommes là. Nous ne partirons pas. Et si vous essayez de prendre ce territoire, vous aurez affaire à nous.
Le déploiement a commencé le 14 janvier. Un avion de la Force aérienne royale danoise a atterri à l’aéroport de Nuuk. Des soldats en tenue militaire en sont descendus. Des visages inconnus dans une ville qui n’avait jamais vu grand-chose de militaires. Mads Petersen, un propriétaire d’entreprise à Nuuk, a dit qu’il serait étrange de voir plus de troupes militaires. « J’espère que ce n’est pas la nouvelle normalité », a-t-il ajouté. On ne peut que partager son espoir.
Les troupes qui arrivent
Les chiffres sont modestes, mais symboliquement puissants. La France a envoyé quinze spécialistes de montagne. L’Allemagne a déployé une équipe de reconnaissance de treize membres. La Suède a envoyé trois officiers. La Norvège en a envoyé deux. Le Royaume-Uni a envoyé un officier qui rejoint le groupe de reconnaissance. Les Pays-Bas ont dit qu’ils enverraient un officier de marine. La Finlande a annoncé l’envoi de deux officiers de liaison militaire. Soit environ quarante soldats européens au total. Pas une armée. Pas une invasion. Mais une présence. Une présence qui dit : vous n’êtes pas seuls.
Emmanuel Macron, le président français, a été explicite. « La France et les Européens doivent continuer à être présents partout où leurs intérêts sont menacés, sans escalade mais intransigeants sur le respect de la souveraineté territoriale », a-t-il déclaré. Des mots qui résonnent comme une déclaration. Une ligne dans le sable. Pas de violence, mais pas de recul non plus.
Fermez les yeux un instant. Imaginez la scène. Nuuk, le 15 janvier 2026. Il fait froid. Très froid. Le vent souffle sur le fjord. Les avions militaires arrivent. Les soldats débarquent. Et pour la première fois de son histoire, le Groenland devient un sujet de géopolitique mondiale. Un pion sur l’échiquier des grandes puissances. Pourquoi ? Parce que Donald Trump a décidé qu’il voulait cette île. Juste ça. Une décision, un caprice, une obsession. Et le monde doit s’adapter. Se réorganiser. Se militariser. C’est ça, la réalité du pouvoir. L’arbitraire d’un homme qui change la vie de millions de personnes.
Section 5 : Les quinze milliards d'une défense désespérée
L’investissement massif
Copenhague a investi « presque 15 milliards de dollars au cours des deux dernières années dans des capacités dans le Grand Nord ». C’est ce qu’a déclaré Lars Løkke Rasmussen. Quinze milliards. Une somme astronomique pour un petit pays. Mais une somme nécessaire pour défendre ce qui ne peut être défendu autrement. Le Danemark renforce la sécurité arctique « en engageant des fonds supplémentaires pour des capacités militaires — pas des traîneaux à chiens, mais des navires, des drones, des avions de chasse ». La phrase est claire. Ce n’est pas le Groenland des années 1950, avec ses patrouilles en traîneau. C’est le Groenland du XXIe siècle, avec ses drones, ses satellites, ses avions de combat.
La présence militaire danoise au Groenland s’articulera autour de plusieurs activités : la protection d’infrastructures critiques, l’assistance aux autorités locales, le déploiement d’avions de chasse, la conduite d’opérations navales. Et surtout, les F-35 danois pourront désormais opérer au-dessus du Groenland avec le soutien de la flotte de ravitaillement multinationale multirôle. Une capacité significative, car le Danemark n’avait précédemment déployé des chasseurs sur l’île qu’à de rares occasions. Maintenant, ils seront là. Régulièrement. Visiblement.
Le message des armes
Poulsen a dit que la sécurité dans l’Arctique était d’une « importance vitale pour le royaume et nos alliés arctiques ». « Nous avons fait cela en 2025, et dans la continuité naturelle de cet effort, nous continuerons et étendrons la collaboration en 2026 ». Les mots sont rassurants, mais la réalité est inquiétante. Pourquoi tant d’efforts ? Pourquoi tant d’argent ? Parce que la menace est réelle. Pas une menace abstraite, théorique, lointaine. Une menace qui vient de la Maison Blanche. Une menace qui pourrait se concrétiser du jour au lendemain.
La Russie, pour sa part, a déclaré que les discussions de l’OTAN sur Moscou et Pékin constituant une menace pour le Groenland étaient un « mythe conçu pour susciter de l’hystérie ». Mais elle a averti que toute tentative d’ignorer les intérêts russes dans l’Arctique « ne resterait pas sans réponse ». Comme si la situation n’était pas déjà assez compliquée.
Quinze milliards de dollars. Ça représente quoi ? Des hôpitaux. Des écoles. Des infrastructures. Des investissements dans l’avenir. Au lieu de ça, le Danemark dépense cet argent pour défendre un territoire contre un allié. Contre un pays avec qui il a combattu côte à côte pendant des décennies. C’est aberrant. C’est absurde. C’est tragique. Et le pire, c’est que personne ne semble savoir où ça va s’arrêter. Trump parle d’acquérir le Groenland par la force. Le Danemark répond avec quinze milliards de dollars de défense. Et pendant ce temps, le peuple groenlandais regarde, attend, et espère que la tempête passera sans tout détruire.
Section 6 : Les visages d'une résistance collective
Vivian Motzfeldt, la voix qui dit non
Vivian Motzfeldt est devenue, en quelques jours, le visage d’une résistance qui ne porte pas de nom officiel mais qui est profondément ancrée dans l’identité groenlandaise. Née et élevée au Groenland, elle a vu son pays évoluer, changer, grandir, mais toujours avec cette conscience aiguë d’être un petit peuple dans un grand monde. Ses mots, simples mais fermes, ont résonné bien au-delà des frontières arctiques. « Le Groenland ne veut pas être possédé, gouverné ou faire partie des États-Unis ». Une phrase qui résume des siècles d’histoire, de lutte, de survie.
Quand elle a dit ces mots, elle ne parlait pas seulement pour elle-même. Elle parlait pour les pêcheurs de Nuuk. Pour les éleveurs de rennes du nord. Pour les chercheurs de Kangerlussuaq. Pour les cinquante-sept mille âmes qui habitent cette île immense et sauvage. Elle parlait pour une génération qui a grandi avec l’autonomie, avec la promesse de pouvoir décider de son propre avenir. Et elle disait : cet avenir n’est pas à vendre.
La communauté groenlandaise à Copenhague
La scène à Copenhague, où 300 Groenlandais se sont rassemblés pour écouter leur Premier ministre, dit tout sur l’émotion qui traverse cette communauté. Ils ne sont pas venus pour manifester. Ils ne sont pas venus pour protester. Ils sont venus pour s’entendre dire qu’ils existent. Qu’ils comptent. Que leur voix a du poids. Quand Nielsen a déclaré que le Groenland ne voulait pas devenir américain, la foule s’est levée. Une ovation spontanée, sincère, viscérale. Un moment de communion pure dans une salle danoise.
Cette scène, c’est l’incarnation même de ce qui est en jeu ici. Ce n’est pas une question de territoire. Ce n’est pas une question de ressources minérales. Ce n’est pas une question de stratégie militaire. C’est une question d’identité. De dignité. De droit à exister. Et les Groenlandais le savent. Ils le sentent dans chaque fibre de leur être. Et ils refusent de le laisser partir.
J’imagine Vivian Motzfeldt dans sa chambre d’hôtel à Washington, après cette rencontre avec JD Vance et Marco Rubio. Je l’imagine fatiguée, peut-être un peu perdue face à l’immensité de la machine politique américaine. Mais je l’imagine aussi fière. Fière d’avoir dit non. Fière d’avoir représenté son peuple. Fière d’avoir montré que même le plus petit des pays peut se lever face au plus grand des géants et dire : je suis. J’existe. Et je ne céderai pas. C’est ça, le vrai courage. Pas les armes. Pas les dollars. Le courage de rester fidèle à soi-même, même quand tout le monde vous dit de vous vendre.
Section 7 : Le silence avant la tempête
Une accalmie trompeuse
Et puis… silence. Pas le silence de la paix. Pas le silence de l’accord. Le silence de l’incertitude. Les deux parties ont convenu d’établir un groupe de travail pour poursuivre les discussions. Une tentative de continuer à parler, de trouver un terrain d’entente, d’éviter l’impasse. Mais Rasmussen a averti : il n’est pas un nouveau Chamberlain proclamant « la paix pour notre temps ». Une référence historique lourde de sens. La paix d’avant-guerre. La paix qui n’était pas vraiment la paix. La paix qui a précédé l’orage.
Le groupe de travail discutera des préoccupations concernant l’île. Mais qu’est-ce que ça signifie concrètement ? Les États-Unis veulent le Groenland. Le Groenland et le Danemark refusent. Il n’y a pas de compromis possible là-dessus. Le groupe de travail ne peut pas changer cette réalité fondamentale. Il peut seulement retarder l’inévitable. Ou peut-être pas. Peut-être qu’il peut ouvrir une porte que personne ne voit encore. Une porte vers une solution que personne n’a encore imaginée.
L’attente
À Nuuk, la vie continue. Les pêcheurs sortent sur le fjord. Les enfants vont à l’école. Les commerces ouvrent leurs portes. Mais derrière cette apparence de normalité, il y a une tension palpable. Une anxiété sourde. Les gens se demandent : que va-t-il se passer ? Que vont faire les États-Unis ? Que va faire le Danemark ? Que va devenir notre île ? Nos vies ? Nos enfants ?
Le téléphone sonne parfois. Des journalistes qui appellent. Des politiciens qui veulent des interviews. Des diplomates qui cherchent des informations. Le monde s’intéresse soudainement au Groenland d’une manière qu’il ne l’avait jamais fait auparavant. Mais cette attention n’est pas celle qu’on aurait souhaitée. Ce n’est pas l’intérêt pour la culture inuite. Ce n’est pas la fascination pour les paysages arctiques. C’est l’intérêt pour un territoire à conquérir. Et ça, ça change tout.
Le silence. Ce moment suspendu entre l’action et la réaction. Entre la menace et la réponse. Entre ce qui était et ce qui sera. J’aime ces moments dans l’histoire, ces instants où tout semble figé, où le temps lui-même semble retenir son souffle. Parce que c’est là qu’on voit ce qui est vraiment en jeu. Ce n’est pas dans le bruit des déclarations, dans l’éclat des caméras, dans la fougue des discours. C’est dans le silence que l’on comprend. Dans le silence d’une mère groenlandaise qui regarde ses enfants jouer dans la neige et se demande : comment est-ce que je vais protéger ça ?
Section 8 : Le monde qui regarde, le monde qui juge
Une crise qui dépasse les frontières
Ce qui se passe au Groenland n’est pas seulement une crise entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland. C’est une crise mondiale. Une crise qui touche au cœur même de l’ordre international. L’ordre qui a été établi après la Seconde Guerre mondiale. L’ordre qui dit que les frontières sont sacrées. Que la souveraineté est inviolable. Que la force ne peut pas changer le droit. Tout cet ordre est remis en question aujourd’hui par un homme qui décide, de manière arbitraire, qu’il veut un territoire qui ne lui appartient pas.
Les alliés européens des États-Unis sont choqués. La Chine et la Russie observent avec intérêt. Le monde entier regarde cette scène bizarre, absurde, inquiétante : une superpuissance qui essaie d’acheter un territoire allié comme s’il s’agissait d’une propriété immobilière. Et les autres qui se regroupent, qui s’organisent, qui disent non. Mais pour combien de temps ? Jusqu’où ira Trump ? Que fera-t-il si on lui dit non une fois de plus ?
Les implications pour l’avenir
Si les États-Unis réussissent à prendre le Groenland — par la force ou par la pression économique — que signifie cela pour le reste du monde ? Est-ce que cela signifie que n’importe quel pays puissant peut s’emparer du territoire d’un autre pays, simplement parce qu’il le veut ? Est-ce que cela signifie la fin du droit international ? Est-ce que cela signifie le retour de la loi de la jungle ? Les implications sont terrifiantes. Et pourtant, personne ne semble avoir de réponse claire.
L’OTAN est en crise. L’Europe est divisée. Le monde est inquiet. Et tout ça à cause d’une île de glace et de roche au milieu de l’Atlantique Nord. Une île que personne ne connaissait vraiment jusqu’à récemment. Une île qui s’est retrouvée au centre de la géopolitique mondiale par la simple volonté d’un homme. C’est ça, la réalité du pouvoir au XXIe siècle. L’arbitraire qui devient histoire.
Je pense à toutes les petites nations du monde. À tous les pays qui vivent dans l’ombre des grandes puissances. À tous les peuples qui savent que leur existence dépend de la bonne volonté des autres. Et aujourd’hui, ils regardent le Groenland. Ils regardent ce petit peuple face aux États-Unis. Et ils se demandent : si ça peut arriver au Groenland, est-ce que ça peut arriver à nous ? Est-ce que notre souveraineté vaut quelque chose ? Ou est-ce que nous sommes tous à vendre ? C’est ça, la vraie crise. Pas une crise de territoire. Une crise de confiance. Une crise de foi dans le monde tel que nous pensions le connaître.
Section 9 : Vers l'inconnu
Les scénarios possibles
Personne ne sait ce qui va se passer. C’est peut-être la chose la plus effrayante de tout. Personne — ni à Washington, ni à Copenhague, ni à Nuuk — ne peut prédire avec certitude comment cette crise va se résoudre. Trump pourrait intensifier la pression. Il pourrait menacer de sanctions économiques. Il pourrait même, comme il l’a suggéré, envisager l’option militaire. Le Danemark et le Groenland pourraient continuer à dire non. L’Europe pourrait continuer à soutenir le Danemark. L’OTAN pourrait continuer à se fracturer.
Ou peut-être qu’une solution miraculeuse émergera. Un compromis inattendu. Une médiation réussie. Une sortie de crise que personne n’a encore vue venir. Mais honnêtement, qui y croit vraiment ? Qui croit vraiment que Donald Trump va soudainement abandonner son obsession pour le Groenland ? Qui croit vraiment que cette crise va se résoudre pacifiquement ? Pas moi. Pas après ce que j’ai vu. Pas après ce que j’ai entendu.
La dernière ligne de défense
Si le pire arrive — si les États-Unis tentent une action militaire au Groenland — l’Europe sera là. La France sera là. L’Allemagne sera là. La Norvège sera là. Tous les alliés qui ont envoyé des troupes seront là. Ils sont peu nombreux. Quarante soldats. Mais ils sont le début. Le début de quelque chose de plus grand. Le début d’une défense collective qui ne dépend plus de l’OTAN, mais de la volonté des nations européennes de défendre ce qui est juste.
Marc Jacobsen l’a dit : le déploiement a deux buts. Dissuader et montrer que la critique est prise au sérieux. Mais il y en a un troisième, plus profond. Montrer que même dans un monde où les alliances se brisent, où les principes sont ignorés, où la force semble triompher, il y a encore des gens qui sont prêts à se lever et à dire : non. Pas ça. Jamais.
Nous sommes à un moment charnière de l’histoire. Un de ces moments où le futur est en train d’être écrit, sans que nous en ayons pleinement conscience. Les décisions qui seront prises dans les semaines et les mois à venir façonneront le monde pour des générations. Est-ce que nous allons vers un monde où le pouvoir fait le droit ? Ou est-ce que nous allons vers un monde où le droit fait encore quelque chose ? Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui va se passer. Mais je sais une chose : quarante soldats européens au Groenland, ce n’est pas juste un déploiement militaire. C’est une déclaration. Une déclaration que malgré tout, malgré la folie, malgré l’arrogance, il y a encore de l’espoir.
Conclusion : Le choix d'un peuple
Le message final
Jens-Frederik Nielsen l’a dit, et la foule l’a applaudi. « Le Groenland ne veut pas être dirigé par les États-Unis ou en faire partie. Nous choisissons le Groenland que nous connaissons aujourd’hui, en tant que partie du Royaume du Danemark. » Ces mots simples résument tout. Ils résument des siècles d’histoire, une lutte identitaire, une résistance pacifique mais ferme. Ils résument le choix d’un peuple de rester lui-même, malgré les pressions, malgré les menaces, malgré les tentations.
À Nuuk, sous le drapeau rouge et blanc qui flotte dans le vent arctique, les gens continuent leur vie. Ils pêchent. Ils chassent. Ils élèvent leurs enfants. Ils vivent. Mais ils savent que quelque chose a changé. Que le monde les regarde différemment. Que leur île n’est plus seulement un territoire reculé perdu dans le grand blanc. Elle est devenue un symbole. Un symbole de la dignité. Un symbole de la résistance. Un symbole de ce qui compte vraiment quand tout le reste s’effondre.
L’avenir
Demain, peut-être, Trump réitérera ses demandes. Demain, peut-être, les avions militaires continueront d’arriver. Demain, peut-être, les discussions se poursuivront dans des salles feutrées à Washington et à Copenhague. Mais à Nuuk, une chose restera vraie : le Groenland existe. Il a le droit d’exister. Il a le droit de choisir son propre avenir. Et rien — pas les dollars, pas les menaces, pas les armes — ne peut changer cette vérité fondamentale.
Quinze janvier 2026. Le jour où le monde a compris que même dans l’Arctique le plus reculé, même face à la plus grande puissance du monde, il y a des choses qui ne sont pas à vendre. Il y a des choses qui ont plus de valeur que n’importe quelle transaction. Il y a des choses qui valent la peine de se battre, même quand la bataille semble impossible. Il y a des choses qui s’appellent la dignité. Et elles sont inaliénables.
Et moi, je me demande : quand est-ce que nous avons oublié ça ? Quand est-ce que nous avons oublié que les peuples ne sont pas des terrains à acheter ? Que les nations ne sont pas des entreprises à acquérir ? Que l’histoire ne se vend pas au plus offrant ? Je regarde le Groenland, ce petit peuple qui se tient debout face aux États-Unis, et je me dis : voilà. Voilà ce qu’est le courage. Voilà ce qu’est la dignité. Voilà ce qu’est l’humanité. Et pendant que le monde tremble, que les alliances se fissurent, que l’avenir semble incertain, il y a une chose dont je suis sûr : quarante soldats européens au Groenland, ce n’est pas juste un déploiement militaire. C’est une leçon. Une leçon qui dit que même quand tout semble perdu, il y a encore de l’espoir. Et ça, ça change tout.
Sources
Sources primaires
blank »>Euromaidan Press – NATO allies deploy to Greenland as Denmark defies Trump’s annexation push (15 janvier 2026)
blank »>AP News – European troops arrive in Greenland as talks with US highlight ‘disagreement’ over island’s future (15 janvier 2026)
blank »>Reuters – Europeans send troops to Greenland as Trump presses claim (15 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>CNBC – NATO nations deploy to Greenland after tense White House talks (15 janvier 2026)
blank »>Aviation Week – Denmark increases military presence in Greenland as US seeks control (15 janvier 2026)
blank »>The National – European troops sent to Greenland as talks with US fail (15 janvier 2026)
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