Quatre-vingt-dix pour cent d’accord, cent pour cent d’illusion
Revenons en arrière. 28 décembre 2025. Mar-a-Lago, la résidence floridienne de Trump. Zelensky arrive pour ce qui devait être une rencontre décisive. Sur la table : un plan de paix en 20 points. Un document complexe, négocié pendant des semaines entre équipes américaines et ukrainiennes. Trump a parlé à Poutine pendant plus de deux heures avant la réunion. Il est confiant. Il est optimiste. Il croit tenir LA solution. « Nous avons les éléments d’un accord« , déclare-t-il aux journalistes en accueillant Zelensky. « Un accord bon pour l’Ukraine, bon pour tout le monde. » Les deux hommes passent des heures ensemble. Marco Rubio, Pete Hegseth, Steve Witkoff — l’envoyé spécial de Trump — sont dans la pièce. Côté ukrainien : Rustem Umerov, conseiller à la sécurité nationale, et l’ambassadrice Olha Stefanishyna. Ils négocient. Ils discutent. Ils avancent.
Quand ils ressortent pour la conférence de presse, l’atmosphère semble positive. « 90 pour cent du plan de paix en 20 points est convenu« , annonce Zelensky. « Les garanties de sécurité États-Unis-Ukraine : 100 pour cent convenues. Les garanties États-Unis-Europe-Ukraine : presque convenues. La dimension militaire : 100 pour cent convenue. » Ça sonne bien. Ça sonne presque… fini. Trump parle de « 95 pour cent » réglé. Il mentionne « une ou deux questions épineuses« , mais assure qu’ils « font très bien« . Quelles sont ces questions épineuses? Le territoire. Toujours le territoire. La Russie veut que l’Ukraine abandonne le Donbas — les oblasts de Donetsk et Louhansk que Poutine prétend avoir annexés mais qu’il ne contrôle pas entièrement. Zelensky a proposé un compromis audacieux : retirer les troupes ukrainiennes si la Russie fait de même, créant une zone démilitarisée surveillée par des forces internationales. Mais Moscou exige que l’Ukraine cède TOUT le territoire. Même les parties qu’elle contrôle encore. C’est inacceptable. Constitutionnellement interdit pour Kyiv. Politiquement suicidaire pour Zelensky.
Les garanties qui ne garantissent rien
Au cœur du plan : les garanties de sécurité. C’est LA clé pour Zelensky. Sans ça, pas d’accord. Parce qu’il sait — tout le monde sait — que Poutine ne cherche pas la paix. Il cherche une pause. Un moment pour se regrouper. Reconstituer ses forces. Et revenir frapper plus fort. Alors Zelensky veut des garanties béton. Solides. Contraignantes. Il demande 50 ans. Une garantie qui durerait deux générations. Qui dirait au monde : si la Russie attaque encore, nous intervenons. Pas de débats. Pas d’hésitations. Intervention. Trump offre… 15 ans. Cinq fois moins. Et encore, ces garanties doivent passer par le Congrès américain. Elles ne sont ni automatiques ni contraignantes comme l’Article 5 de l’OTAN que Zelensky voulait initialement. À Paris, début janvier, la France et le Royaume-Uni ont promis d’établir des « centres militaires » en Ukraine après un cessez-le-feu. Emmanuel Macron et Keir Starmer ont signé une déclaration d’intention. Ça sonne bien sur le papier. Dans la réalité? La Russie a déjà dit NON. Moscou refuse toute présence de troupes de l’OTAN ou de pays membres sur le sol ukrainien. Et qu’est-ce que Trump fait? Il s’aligne sur Poutine.
Vous voyez le piège? Zelensky doit accepter des garanties faibles — tellement faibles qu’elles ne garantissent rien — tout en cédant du territoire et en se démilitarisant. Et si Poutine revient dans deux ans, dans cinq ans? Qui viendra aider l’Ukraine? Les mêmes qui l’accusent aujourd’hui de bloquer la paix? Ceux qui la poussent à abandonner son territoire, son armée, sa dignité? C’est ça le deal de Trump. Accepte l’inacceptable. Renonce à tout. Et fais confiance à des garanties qui ne valent que le papier sur lequel elles sont écrites. Parce qu’au fond, qu’est-ce qu’un engagement de 15 ans face à un dictateur qui attend patiemment depuis toujours?
Poutine, le joueur de poker qui bluffe à chaque main
Le maître de la manipulation
Vladimir Poutine sait jouer. Il sait attendre. Il sait mentir avec un sourire. Depuis le début de ces négociations, il joue la même carte : l’ouverture. « La Russie maintient son ouverture« , répète son porte-parole Peskov. « Nous sommes prêts à négocier. » Belle phrase. Vide de sens. Parce que derrière, les exigences ne bougent pas d’un millimètre. Poutine veut la démilitarisation complète de l’Ukraine. Une armée limitée à quelques milliers d’hommes. Aucun armement lourd. Aucune coopération militaire avec l’Occident. Aucune possibilité de rejoindre l’OTAN — jamais. Et bien sûr, la reconnaissance officielle de l’annexion du Donbas, de la Crimée, et des autres territoires occupés. En gros : Poutine veut une Ukraine sans défense, isolée, à sa merci. Prête pour la prochaine invasion. Parce que oui, il y aura une prochaine fois. Il l’a dit lui-même, en juin 2025 : « Les peuples russe et ukrainien sont un seul peuple, et en ce sens, toute l’Ukraine est à nous. » Pas une partie. PAS juste le Donbas. Toute. L’Ukraine entière. C’est ça son objectif. Pas la paix. L’absorption. L’effacement.
Le 25 novembre 2025, Poutine a signé un décret. Titre: « Politique nationale russe jusqu’en 2036« . Contenu: accélérer les efforts pour éliminer toute trace d’identité ukrainienne dans les 20 pour cent du territoire actuellement sous contrôle russe. Russification forcée. Rééducation. Répression de la langue ukrainienne. Fermeture des écoles ukrainiennes. Tout doit devenir russe. Et ce décret entre en vigueur en… janvier 2026. Exactement maintenant. Pendant que Trump parle de paix. Pendant que Poutine joue le gars raisonnable. Il efface l’Ukraine. Village par village. Ville par ville. Identité par identité. Et Trump pense que c’est Zelensky le problème? Sergei Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a été encore plus direct le 8 janvier. Pas de cessez-le-feu. Pas même temporaire. « La Russie est prête à négocier avec l’Europe« , a-t-il déclaré. « Mais nous rejetons tout cessez-le-feu de 60 jours. » Pourquoi? Parce qu’un cessez-le-feu permettrait à l’Ukraine de tenir des élections — une des conditions du plan de paix. Et des élections légitimes renforcerait Zelensky. Lui donneraient une nouvelle légitimité démocratique. Exactement ce que Moscou ne veut pas.
La fake news du drone et de la résidence
Fin décembre, Moscou a annoncé qu’un drone ukrainien avait visé la résidence personnelle de Poutine. Drame. Indignation. Menaces de représailles. Un seul problème : aucune preuve. Aucun dégât visible. Aucune vidéo géolocalisée — alors qu’habituellement, quand l’Ukraine frappe en profondeur sur le territoire russe, les preuves abondent. Rien. Le silence. Zelensky a qualifié l’histoire de « fabrication complète« . Les analystes aussi. Pourquoi inventer ça? Pour avoir une excuse. Pour pouvoir dire à Trump : « Vous voyez? Ils sont agressifs. Ils ne veulent pas vraiment la paix. Comment peut-on négocier avec des gens qui attaquent ma maison? » C’est de la manipulation pure. De la mise en scène. Mais ça marche. Poutine évite ainsi d’avoir à rejeter frontalement le plan de Trump — ce qui risquerait d’aliéner le président américain — tout en créant un prétexte pour durcir sa position. Malin. Cynique. Efficace. Et pendant ce temps, les analystes occidentaux tirent la sonnette d’alarme. L’Institute for the Study of War (ISW) répète depuis des mois que Poutine n’a aucune intention de stopper la guerre. Que ses objectifs restent maximalistes. Qu’il veut toute l’Ukraine. L’Atlantic Council va encore plus loin : « Poutine ne peut accepter aucun accord de paix qui garantit la souveraineté ukrainienne. » Pourquoi? Parce que ça représenterait une défaite historique pour la Russie. Une humiliation. Et Poutine a bâti tout son régime sur la promesse de restaurer la grandeur russe, de reconquérir les territoires perdus lors de l’effondrement soviétique. Accepter une Ukraine indépendante, c’est admettre l’échec. C’est risquer la chute de son propre pouvoir.
Alors dites-moi. Dites-moi comment, face à ça, face à un dictateur qui joue au chat et à la souris, qui ment, qui manipule, qui fabrique de fausses attaques, qui refuse tout compromis réel, qui veut effacer toute trace d’Ukraine — dites-moi comment c’est Zelensky le problème. Comment c’est lui qui bloque la paix. Lui qui devrait juste… quoi? Accepter? Capituler? Abandonner son pays à un homme qui a déjà dit clairement qu’il considère toute l’Ukraine comme propriété russe? C’est ça que Trump veut? C’est ça la « paix » qu’il propose? Une reddition déguisée?
Trump et sa vision déformée de la réalité
Le président qui croit Poutine sur parole
Trump a toujours eu un problème avec Poutine. Pas au sens où il le déteste — au contraire. Il l’admire. Il le croit. Il prend ses déclarations au pied de la lettre. Quand Poutine dit « je veux la paix« , Trump l’entend. Il l’absorbe. Il le répète. « Je pense qu’il est prêt à faire un accord. » Basé sur quoi? Sur une conversation téléphonique de deux heures où Poutine — un ancien agent du KGB, un maître de la manipulation — lui a raconté ce qu’il voulait entendre? Trump ignore — ou refuse de voir — que Poutine continue d’intensifier les frappes sur l’Ukraine. Que les bombardements sur Kyiv se sont multipliés ces dernières semaines. Qu’une attaque massive a frappé la capitale ukrainienne le 27 décembre, tuant au moins une personne et en blessant une vingtaine d’autres. Deux jours avant la rencontre de Mar-a-Lago. Deux jours. C’est ça, la « volonté de paix » de Poutine? Bombarder des civils à la veille d’une négociation?
Mais Trump a une explication. Ou plutôt, une excuse. Quand on lui parle des frappes russes, il répond : « Je crois que l’Ukraine a aussi mené de fortes attaques. » Comme si c’était équivalent. Comme si un pays qui se défend contre une invasion était moralement comparable à un pays qui envahit. C’est le faux équilibre. La fausse symétrie. Poutine bombarde Kyiv. L’Ukraine frappe des bases militaires russes en territoire occupé. Trump : « Les deux côtés attaquent. » Non. PAS les deux côtés. Un côté défend son existence. L’autre cherche à effacer un pays de la carte. Ce n’est PAS la même chose. Jamais. Lors de sa campagne électorale en 2024, Trump avait promis de régler la guerre en Ukraine en « un jour« . Peut-être même avant d’être investi. Il a ensuite admis que c’était « une exagération« , dit « de façon figurative« , « pour faire passer un message« . Mais ça révèle sa pensée profonde : il croit vraiment que c’est simple. Qu’il suffit de forcer Zelensky à accepter les termes de Poutine et hop, c’est réglé. La paix. Problème résolu. Sauf que ce n’est pas de la paix. C’est de la capitulation.
L’analyse qui dérange : les experts contre Trump
Pendant que Trump vend son narratif simpliste, les analystes de terrain racontent une autre histoire. L’ISW a publié le 14 janvier une évaluation cinglante : « Moscou continue d’insister pour que les États-Unis, l’Ukraine et l’Europe acceptent les exigences russes, rejetant les récents efforts de paix américains pour trouver des compromis. » Traduction : la Russie ne négocie pas. Elle dicte. Elle pose ses conditions et attend que l’Occident plie. L’Atlantic Council enfonce le clou : « Poutine ne peut accepter aucun accord qui sécurise la souveraineté ukrainienne. Toute tentative de mettre fin à la guerre sans établir un contrôle politique complet sur l’Ukraine menacerait la stabilité de son propre régime. » C’est existentiel pour Poutine. S’il accepte une Ukraine indépendante, il signe son arrêt de mort politique. Peut-être littérale. Son pouvoir repose sur la promesse de grandeur. Sur l’idée que la Russie retrouvera sa place de superpuissance. Une défaite en Ukraine brise ce récit. Complètement.
L’Atlantic Council ajoute quelque chose de glaçant : « Les intérêts de Poutine sont mieux servis en cherchant à prolonger les négociations tout en travaillant vers une solution militaire. » Autrement dit : Poutine veut continuer la guerre. Les négociations sont juste une tactique pour diviser l’Occident, gagner du temps, reconstruire ses forces. Le but final reste le même : conquête militaire. Victoire totale. Et Trump joue parfaitement dans cette stratégie. En accusant Zelensky, il divise l’alliance occidentale. Il affaiblit la position ukrainienne. Il donne à Poutine exactement ce qu’il veut : un Occident fracturé, une Ukraine isolée, un narratif qui dit « c’est leur faute s’il n’y a pas de paix« . Les dirigeants européens, eux, ne sont pas dupes. Keir Starmer a été clair à Paris : « Il ne peut y avoir de paix que si la Russie fait des compromis, et Poutine ne montre pas qu’il est prêt pour la paix. » Emmanuel Macron, Friedrich Merz d’Allemagne, tous comprennent que Poutine bluffe. Que ses « ouvertures » sont du vent. Mais Trump? Trump préfère croire le dictateur russe plutôt que ses propres alliés. Plutôt que ses propres services de renseignement. Plutôt que les faits.
Et moi, je me demande : qu’est-ce qui se passe dans la tête de Trump? Est-ce qu’il est vraiment aussi naïf? Ou est-ce qu’il SAIT et il s’en fout? Est-ce qu’il préfère un « deal » — n’importe quel deal — pour pouvoir dire « j’ai réglé la guerre en Ukraine », même si ce deal condamne des millions de gens à vivre sous dictature russe? Même si ce deal garantit qu’une nouvelle invasion aura lieu dans quelques années? Parce que voilà ce qui m’empêche de dormir : Trump se fiche peut-être complètement de ce qui arrive à l’Ukraine. Tout ce qui compte, c’est l’apparence. La victoire politique. Le titre dans les journaux. Peu importe si derrière, des gens meurent. Peu importe si Poutine gagne tout ce qu’il voulait. Trump aura son moment. Et ça, ça me révulse.
Zelensky : l'homme piégé entre deux feux
La pression de tous les côtés
Volodymyr Zelensky est coincé. D’un côté, Poutine qui veut l’écraser. De l’autre, Trump qui le pousse à capituler. Au milieu : son peuple. Des millions d’Ukrainiens qui lui font confiance pour défendre leur pays. Qui ont tenu pendant près de quatre ans d’invasion. Qui ont perdu des proches, des maisons, des villes entières. Et qui refusent — catégoriquement — de céder leur territoire à l’envahisseur. La Constitution ukrainienne interdit toute cession de territoire. Zelensky ne peut pas légalement accepter les exigences russes sans passer par un référendum. Et un référendum sur l’abandon du Donbas? Ça ne passerait jamais. Le peuple ukrainien a déjà parlé : plus de 80 pour cent rejettent toute concession territoriale. Ils préfèrent continuer à se battre plutôt que d’abandonner ne serait-ce qu’un kilomètre carré aux Russes. Mais Trump s’en moque. Il veut son deal. Il veut pouvoir tweeter « mission accomplie« . Et si Zelensky refuse? Alors c’est lui le problème. Lui l’obstacle. Lui qui prolonge inutilement une guerre qu’il pourrait arrêter « s’il voulait juste être raisonnable« .
La réalité, c’est que Zelensky marche sur une corde raide. Il doit négocier — parce que l’aide américaine dépend de ça. Les armes, les missiles, le soutien financier. Tout vient des États-Unis. Si Trump coupe les robinets, l’Ukraine ne tient pas six mois. Mais il ne peut pas accepter n’importe quoi. Parce qu’accepter les termes russes, c’est signer l’arrêt de mort de son pays. Poutine reviendra. Dans deux ans. Dans cinq ans. Mais il reviendra. Et cette fois, l’Ukraine sera désarmée, seule, sans défense. Facile à envahir. Facile à conquérir. Facile à effacer. Alors Zelensky essaie. Il propose des compromises audacieux. Une zone démilitarisée dans le Donbas avec des forces internationales. Des élections pour légitimer toute décision. Des garanties de sécurité solides avant toute cession. Mais à chaque fois, Moscou dit non. À chaque fois, Poutine durcit ses exigences. Et à chaque fois, c’est Zelensky qui se fait accuser de bloquer. C’est pervers. C’est injuste. C’est révoltant.
La guerre d’usure psychologique
Il y a aussi l’épuisement. Zelensky est président depuis 2019. En temps de paix, il aurait dû faire face à des élections en 2024. Mais la guerre a tout suspendu. La loi martiale interdit les élections pendant un conflit. Alors il reste en poste. Pas par choix. Par nécessité. Et Moscou utilise ça contre lui. Le Kremlin prétend que Zelensky n’a « aucune légitimité démocratique« . Que son mandat est expiré. Qu’il n’a aucun droit de négocier au nom de l’Ukraine. C’est du foutage de gueule total — c’est la Russie qui a rendu les élections impossibles en envahissant! — mais le narratif colle. Les médias russes le répètent. Les trolls en ligne le propagent. Et maintenant, Trump semble y croire aussi. À Kyiv, l’équipe de Zelensky a changé. Andriy Yermak, chef de l’administration présidentielle, a démissionné en novembre 2025. Kyrylo Budanov, ancien chef du renseignement militaire et organisateur de plusieurs opérations spectaculaires en territoire russe, l’a remplacé. Signal : on passe en mode guerre dure. Budanov est respecté à Washington. Il a des contacts avec les Russes — pour les échanges de prisonniers — ce qui pourrait faciliter les négociations. Mais c’est aussi un faucon. Quelqu’un qui ne croit pas aux bonnes intentions de Moscou.
Je pense à Zelensky. À cet homme qui a refusé de fuir quand les Russes fonçaient sur Kyiv en février 2022. « J’ai besoin de munitions, pas d’un chauffeur », avait-il dit quand les Américains lui proposaient de l’évacuer. Il est resté. Il a tenu. Il a inspiré son peuple. Il a transformé une armée ukrainienne que tout le monde donnait perdante en une force de résistance qui a repoussé la « deuxième armée du monde ». Et maintenant, après tout ça, après quatre ans d’enfer, Trump le désigne comme celui qui bloque la paix. L’homme qui a sauvé son pays se fait accuser d’en être le problème. C’est d’une cruauté inouïe. D’une injustice absolue. Et ça me fout en rage.
Le Kremlin qui savoure sa victoire diplomatique
Peskov et Lavrov : les vautours qui attendent
Dmitry Peskov ne cachait pas sa satisfaction jeudi. Interrogé sur les déclarations de Trump, le porte-parole du Kremlin a répondu avec l’assurance d’un joueur qui vient de tirer une quinte flush royale. « Ici, nous pouvons être d’accord. C’est vrai« , a-t-il dit aux journalistes. « Le président Poutine et la partie russe maintiennent leur ouverture. » Puis il a enfoncé le clou : « La position de la partie russe est bien connue des négociateurs américains et du président Trump, ainsi que de Kyiv et du leadership du régime de Kyiv. » Notez le vocabulaire. Pas « gouvernement ukrainien« . Pas « administration Zelensky« . Non. « Régime de Kyiv. » Le terme qu’on utilise pour désigner un pouvoir illégitime. Une dictature. Un truc qu’il faudrait renverser. C’est calculé. Chaque mot compte. Peskov sait exactement ce qu’il fait : délégitimer Zelensky, renforcer le narratif russe, et surtout — SURTOUT — exploiter la faille que Trump vient de créer dans le camp occidental.
Sergei Lavrov, de son côté, joue le diplomate ferme mais raisonnable. Le 8 janvier, il a déclaré que la Russie était « prête à négocier avec l’Europe » mais qu’elle « rejette catégoriquement tout cessez-le-feu temporaire ou de 60 jours« . Pourquoi rejeter un cessez-le-feu? Parce que ça permettrait à l’Ukraine de tenir des élections. Et des élections renforceraient la légitimité démocratique de Zelensky. Exactement ce que Moscou ne veut pas. Lavrov a aussi réitéré que toute solution devait traiter des « causes profondes du conflit« . Traduction du langage diplomatique russe : l’Occident doit reconnaître la sphère d’influence de la Russie. L’Ukraine doit renoncer à toute aspiration occidentale. L’OTAN doit se retirer d’Europe de l’Est. Bref, revenir à la situation d’avant 1991. Annuler la fin de la Guerre froide. C’est complètement irréaliste. Mais Lavrov le dit avec un ton si posé, si raisonnable, que ça passe presque pour sensé. Et Trump? Trump gobe. Il pense vraiment que Poutine veut juste « régler quelques détails » et que Zelensky fait le difficile.
La propagande qui tourne à plein régime
À Moscou, les médias d’État sont en mode célébration. Les talk-shows russes — ces émissions de propagande où des « experts » débitent le narratif du Kremlin — tournent les déclarations de Trump en boucle. « Même le président américain reconnaît que Zelensky est l’obstacle! » clament-ils. « Même Trump voit que Poutine veut la paix! » C’est du pain bénit. Un cadeau diplomatique inespéré. Trump vient de faire le boulot de la propagande russe. Gratuitement. Sans même s’en rendre compte. Les réseaux sociaux russes amplifient. Les trolls partagent. Les bots retweetent. Le message se répand : Zelensky = problème. Poutine = solution. Et en Occident, des gens commencent à y croire. Parce que quand le président américain dit un truc, ça a du poids. Même si c’est faux. Même si c’est absurde. Ça devient une « version crédible« . Une « opinion légitime« . Et la vérité — que Poutine est un menteur, un manipulateur, un dictateur qui ne veut rien d’autre que la conquête totale — se dilue. Se perd. Devient discutable.
Vous voyez ce qui vient de se passer? Trump a donné à Poutine sa plus grande victoire diplomatique depuis le début de la guerre. Sans tirer un coup de feu. Sans perdre un soldat. Juste avec des mots. Juste en accusant la victime. Juste en inversant la culpabilité. C’est du génie machiavélique de la part de Moscou. Et de la bêtise monumentale — ou de la complicité volontaire — de la part de Trump. Je ne sais pas ce qui est pire. La malice de Poutine ou l’aveuglement de Trump. Mais le résultat est le même : l’Ukraine perd. Encore. Toujours.
L'Europe qui tente de sauver les meubles
Paris : le sommet de la dernière chance
Début janvier, Paris devenait le centre de la diplomatie mondiale. Emmanuel Macron avait organisé une rencontre massive : 35 participants, dont 27 chefs d’État ou de gouvernement. La « Coalition des volontaires » — ces pays qui veulent vraiment aider l’Ukraine. Sur la table : comment sécuriser une paix durable. Comment garantir que si Poutine attaque encore, il y aura une réponse. Concrète. Immédiate. Les discussions portaient sur cinq priorités : surveillance d’un cessez-le-feu, soutien aux forces armées ukrainiennes, déploiement d’une force multinationale (terrestre, maritime, aérienne), engagements en cas d’agression russe future, et coopération défensive à long terme avec l’Ukraine. Macron et Starmer ont signé une « Déclaration d’intention« . La France et le Royaume-Uni s’engagent à établir des « centres militaires » en Ukraine après un cessez-le-feu. Des installations protégées pour l’armement. Une présence européenne sur le terrain. Un signal clair à Moscou : touchez encore à l’Ukraine, et vous affrontez l’Europe.
Mais tout ça repose sur un IF géant. SI un cessez-le-feu est signé. SI Poutine accepte de négocier de bonne foi. SI la Russie ne met pas son veto à tout déploiement de troupes occidentales. SI les États-Unis soutiennent réellement cette initiative. Beaucoup de SI. Et pas beaucoup de certitudes. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a participé à un appel avec Trump et Zelensky après la rencontre de Mar-a-Lago. Elle a évoqué « de bons progrès » et la nécessité de « garanties de sécurité en acier dès le premier jour ». Mais dans les couloirs, les diplomates européens expriment leur inquiétude. Trump change de ton trop vite. Hier, il parlait de progrès. Aujourd’hui, il accuse Zelensky. Demain? Qui sait. Et sans soutien américain clair et durable, les garanties européennes sont fragiles. La France et le Royaume-Uni peuvent envoyer des troupes, oui. Mais face à la machine de guerre russe? Sans les États-Unis? C’est insuffisant. Et Poutine le sait.
L’Allemagne coincée entre deux chaises
Friedrich Merz, le chancelier allemand, marche sur des œufs. L’Allemagne ne veut pas provoquer la Russie — jamais. Trop de dépendance énergétique passée. Trop de liens économiques. Trop de peur d’une escalade. Mais en même temps, Berlin ne peut pas abandonner l’Ukraine. Politiquement, ce serait intenable. Alors Merz joue la prudence : « L’Allemagne ne rejette rien par principe« , a-t-il dit à Paris. « Nous continuerons à nous engager politiquement, financièrement et militairement. » Mais quand on lui demande si l’Allemagne enverra des troupes en Ukraine, il esquive : « Cela pourrait inclure, par exemple, le déploiement de forces pour l’Ukraine sur le territoire voisin de l’OTAN après un cessez-le-feu. » Traduction : on mettra des troupes en Pologne ou en Roumanie. Peut-être. Un jour. Si tout se passe bien. C’est loin, très loin, d’un engagement ferme. Et Poutine le voit. Il voit que l’Europe est divisée. Hésitante. Incapable de s’unir vraiment. Alors il attend. Il teste. Il pousse. Et l’Occident recule. Encore et encore.
L’Europe essaie. Vraiment. Macron, Starmer, même Merz dans une moindre mesure. Ils comprennent l’enjeu. Ils savent que si l’Ukraine tombe, la Pologne est suivante. Puis les Pays Baltes. Puis… qui sait? Poutine ne s’arrêtera pas de lui-même. Jamais. Mais l’Europe est faible sans les États-Unis. Elle le sait. Poutine le sait. Et Trump? Trump s’en fout. Il veut juste son « deal ». Même si ce deal sacrifie l’Ukraine. Même si ce deal affaiblit l’OTAN. Même si ce deal encourage tous les dictateurs du monde à tenter leur chance. Parce qu’ils verront : envahir un pays, c’est OK. Il suffit d’attendre. De négocier. De bluffer. Et l’Occident finira par forcer la victime à capituler.
Les conséquences d'une paix imposée
Ce qui arrivera si Zelensky cède
Imaginons. Imaginons que Trump arrive à ses fins. Que Zelensky, sous pression occidentale, finisse par accepter. L’Ukraine abandonne le Donbas. Elle se démilitarise. Elle reçoit des « garanties de sécurité » vagues et non contraignantes. Un cessez-le-feu est signé. Les combats s’arrêtent. Trump triomphe. Poutine sourit. Et puis? Deux ans passent. Trois ans. Cinq ans. L’Ukraine reconstruit. Lentement. Péniblement. Mais elle reconstruit. Son armée est limitée à quelques dizaines de milliers d’hommes — selon les termes de l’accord. Pas d’armement lourd. Pas de missiles longue portée. Pas de chasseurs avancés. Juste de quoi maintenir l’ordre intérieur. Et puis un jour, Poutine — ou son successeur, quelqu’un tout aussi impérialiste — décide que c’est le moment. Les troupes russes franchissent à nouveau la frontière. Kyiv appelle ses alliés. Mais qui répond? Les États-Unis? « Désolé, on a déjà donné. C’est votre problème maintenant. » L’Europe? « On condamne fermement. On envoie des pensées et des prières. Mais des troupes? Euh… c’est compliqué. » Les garanties de sécurité? Du papier. Rien que du papier.
Et cette fois, l’Ukraine tombe. Vite. Parce qu’elle n’a plus d’armée. Plus d’armes. Plus d’alliés prêts à mourir pour elle. Poutine avait raison de patienter. Il obtient ce qu’il voulait depuis le début : une Ukraine vassale. Contrôlée. Effacée. Transformée en province russe. Les écoles enseigneront que l’Ukraine n’a jamais vraiment existé. Que c’était juste une erreur historique. Un accident. Les manuels russes remplaceront les manuels ukrainiens. La langue ukrainienne sera interdite dans l’administration. Peut-être même dans les rues. Les monuments de l’indépendance seront démolis. Remplacés par des statues de généraux russes. Et dans vingt ans, une nouvelle génération grandira en ne sachant même pas que leur pays était libre. C’est ça, la « paix » que Trump veut imposer. Une paix qui n’en est pas une. Une reddition déguisée. Une condamnation à mort à long terme. Parce que Poutine ne fera pas de prisonniers. Il ne laisse jamais rien au hasard. Il efface. Il absorbe. Il détruit. C’est sa méthode. Toujours.
Le signal envoyé au reste du monde
Et ce n’est pas juste l’Ukraine qui paiera. Le monde entier regardera. Xi Jinping en Chine observera et pensera : « Donc si j’envahis Taïwan et que je tiens assez longtemps, l’Occident finira par forcer Taïwan à capituler. Intéressant. » Les dictateurs d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie noteront : « L’ordre international basé sur les règles? Du vent. La force prime. Toujours. » Les petits pays coincés entre grandes puissances apprendront une leçon terrifiante : « Vos alliés vous lâcheront. Vos garanties ne valent rien. Vous êtes seuls. Alors soit vous vous armez jusqu’aux dents, soit vous acceptez votre sort. » C’est la mort de l’ordre mondial établi après 1945. La fin de l’idée que les frontières sont sacrées. Que la souveraineté compte. Que l’agression ne paie pas. Tout ça s’effondre. À cause d’un accord imposé. À cause d’un président américain qui préfère croire un dictateur plutôt que de soutenir une démocratie assiégée. Les conséquences dépasseront l’Ukraine. Elles dépasseront l’Europe. Elles redéfiniront le 21e siècle. Et pas dans le bon sens.
Je pense à tous ces gens — ces millions d’Ukrainiens — qui ont résisté. Qui ont cru en l’Occident. Qui ont cru que défendre la liberté, la démocratie, la souveraineté, ça comptait. Qu’on ne les abandonnerait pas. Qu’on tiendrait parole. Et maintenant Trump leur dit : « Capitulez. Acceptez ce que Poutine vous offre. Sinon vous êtes le problème. » Quelle trahison. Quelle gifle monumentale. Ces gens ont tenu quatre ans. Quatre ans d’enfer. Ils ont perdu tant. Tant de vies. Tant de rêves. Et maintenant, on leur demande de tout abandonner. De se rendre. De faire confiance à des promesses creuses. Pendant que leur tortionnaire sourit et attend patiemment de frapper à nouveau. C’est insoutenable. Moralement. Humainement. C’est juste… insoutenable.
Conclusion : quand la vérité devient insupportable
La responsabilité de Trump
Revenons au début. Trump accuse Zelensky de bloquer la paix. Zelensky. Pas Poutine qui a lancé cette guerre. Pas Poutine qui bombarde des civils. Pas Poutine qui refuse tout compromis réel. Non. Zelensky. Celui qui défend son pays. Celui qui refuse de le livrer à un dictateur. Et le pire? Le Kremlin jubile. Peskov approuve. Lavrov sourit. La propagande russe tourne à plein régime. Trump vient de faire leur boulot. Gratuitement. Il a divisé l’Occident. Affaibli l’Ukraine. Renforcé Poutine. Tout ça avec quelques phrases. Quelques mots lâchés dans une interview. C’est terrifiant. Parce que Trump a du pouvoir. Énormément. Les États-Unis contrôlent l’aide militaire à l’Ukraine. Sans eux, Kyiv ne tient pas. Trump le sait. Poutine le sait. Et maintenant, Trump utilise ce levier pour forcer Zelensky à accepter l’inacceptable. C’est du chantage. Pas de la diplomatie. Du chantage pur et simple.
Les analystes sont unanimes : Poutine ne veut pas la paix. Il veut la victoire. Totale. Il a bâti tout son régime sur cette guerre. Sur la promesse de grandeur russe restaurée. Accepter une Ukraine indépendante, c’est accepter sa propre fin. Alors il continuera. Il bluffe. Il manipule. Il attend. Et Trump? Trump l’aide. Volontairement ou non, peu importe. Le résultat est le même. L’Ukraine perd. L’Europe perd. La démocratie perd. Les dictateurs gagnent. Et le message est clair : la force prime. L’agression paie. Les garanties internationales ne valent rien. Résistez tant que vous voulez, on finira par vous forcer à capituler. C’est ça, l’héritage que Trump est en train de construire. Pas un accord de paix. Une capitulation imposée. Pas la fin d’une guerre. Le début de la suivante. Parce que Poutine reviendra. Il revient toujours. Et cette fois, personne ne sera là pour arrêter l’Ukraine — ou le prochain pays sur sa liste — de tomber.
Le choix qui reste
Alors oui. Zelensky ralentit les négociations. Oui, il refuse de capituler. Oui, il pose des conditions. Et il a RAISON. Parce que céder maintenant, c’est mourir plus tard. Accepter les termes de Poutine, c’est signer l’arrêt de mort de l’Ukraine. Peut-être pas immédiatement. Mais inévitablement. L’histoire le prouve. Poutine a envahi la Géorgie en 2008. Il a annexé la Crimée en 2014. Il a lancé la guerre totale en 2022. Il ne s’arrête jamais de lui-même. Jamais. Alors quand Trump dit que Poutine est « prêt à faire un accord« , je ris. Amèrement. Parce que les seuls « accords » que Poutine respecte sont ceux qui le rapprochent de ses objectifs ultimes. Et son objectif ultime, c’est l’effacement de l’Ukraine. Complet. Définitif. Alors non. Zelensky n’est PAS le problème. Il est la dernière ligne de défense. Contre un dictateur qui ne recule jamais. Contre un Occident qui préfère l’apaisement à la résistance. Contre un président américain qui choisit la facilité politique plutôt que la justice morale.
Je pense à Zelensky ce soir. Seul dans son bureau à Kyiv. Entouré de cartes de guerre. De rapports de pertes. De messages de mères qui ont perdu leurs fils. Et il doit décider. Céder et condamner son pays à une mort lente. Ou résister et risquer de perdre le soutien américain. Perdre la guerre maintenant plutôt que dans cinq ans. Quel choix. Quel enfer. Et Trump, confortablement installé à Mar-a-Lago, lui reproche de « ne pas y arriver« . De bloquer un accord qui équivaut à un suicide national. Combien de temps un homme peut-il tenir seul contre le monde entier? Combien de temps une nation peut-elle résister quand ses alliés la poussent à abandonner? Je ne sais pas. Mais je sais une chose : si l’Ukraine tombe parce que l’Occident l’a forcée à capituler, nous porterons cette honte pour toujours. Et l’histoire nous jugera. Sévèrement. Impitoyablement. Comme elle juge toujours ceux qui ont choisi la lâcheté plutôt que le courage. La facilité plutôt que la justice. La paix des lâches plutôt que la liberté des braves.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements qui se dessinent sur l’échiquier mondial, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment Reuters, Newsweek, The Hill, CBS News, NBC News, ABC News, Al Jazeera, l’Atlantic Council, l’Institute for the Study of War, ainsi que les déclarations officielles du Kremlin, de la Maison-Blanche et du gouvernement ukrainien.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles au 15 janvier 2026. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens face aux enjeux géopolitiques majeurs de notre époque. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Newsweek – Donald Trump Blames Ukraine For Holding Up Peace (15 janvier 2026)
blank »>Reuters – Trump says Zelenskiy, not Putin, is holding up Ukraine peace deal (15 janvier 2026)
blank »>The Hill – Donald Trump says Zelensky is holding up Ukraine-Russia peace deal (15 janvier 2026)
blank »>CBS News – Trump and Zelenskyy say they’re nearly in agreement on Ukraine peace plan (29 décembre 2025)
Sources secondaires
blank »>NBC News – Trump and Zelenskyy project optimism about prospects for a Ukraine-Russia peace deal (28 décembre 2025)
blank »>ABC News – Trump says Russia and Ukraine are ‘maybe very close’ to peace deal (28 décembre 2025)
blank »>The Hill – Volodymyr Zelensky pushes US for 50-year security guarantee (30 décembre 2025)
blank »>Al Jazeera – Zelenskyy says US security guarantee text ready to be finalised with Trump (8 janvier 2026)
blank »>Jamestown Foundation – Putin Stalling Ninety Percent Complete Peace Deal (12 janvier 2026)
blank »>Atlantic Council – Putin cannot accept any peace deal that secures Ukrainian statehood (13 janvier 2026)
blank »>Institute for the Study of War – Russian Offensive Campaign Assessment (14 janvier 2026)
blank »>NPR – The U.K. and France would install ‘military hubs’ in Ukraine as part of a peace plan (6 janvier 2026)
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