Une accession au pouvoir par la force des circonstances
Delcy Rodriguez n’était pas censée devenir présidente. Ancienne vice-présidente de Maduro, ministre des Affaires étrangères de 2013 à 2017, elle avait fait partie pendant des années du cercle le plus proche du pouvoir chaviste. Sa loyauté envers le régime bolivarien ne faisait aucun doute. Elle était connue pour ses discours enflammés, sa défense farouche de la souveraineté vénézuélienne, sa rhétorique anti-impérialiste virulente. Mais le 3 janvier 2026, tout a changé. Lorsque Maduro a été capturé, c’est vers elle que les regards se sont tournés. L’Assemblée nationale, contrôlée par le parti au pouvoir, l’a immédiatement nommée présidente par intérim. Un transfert de pouvoir orchestré dans l’urgence, sous la menace d’une intervention militaire américaine imminente.
Dès sa prise de fonction, Rodriguez s’est trouvée face à une équation impossible. D’un côté, elle devait maintenir la légitimité du régime bolivarien auprès de ses partisans, des militaires, des organisations de base qui formaient l’épine dorsale du chavisme. De l’autre, elle devait répondre aux exigences de Washington, qui tenait désormais le destin du pays entre ses mains. Dans les premiers jours suivant la capture de Maduro, elle a choisi la confrontation publique. Elle a dénoncé l’opération comme un « enlèvement », une « barbarie », une violation flagrante de la souveraineté nationale. Elle a exigé le retour de l’ancien président. Elle a mobilisé les partisans dans les rues de Caracas, organisant des manifestations pour dénoncer « l’agression impérialiste ».
Mais en même temps, dans l’ombre, une autre dynamique était à l’œuvre. Rodriguez entamait des contacts discrets avec l’administration Trump. Elle envoyait des signaux, proposait des concessions, cherchait une issue négociée. C’est cette double game, ce jeu dangereux sur deux fronts simultanés, qui caractérise aujourd’hui son action. « Elle doit convaincre l’administration Trump qu’elle travaille avec eux, à leurs fins, de manière coopérative », explique Will Freeman, expert sur l’Amérique latine au Council on Foreign Relations. « Mais elle doit aussi convaincre les durs du régime Maduro, y compris l’armée, qu’elle ne va pas les trahir. » Un équilibre précaire sur un fil qui pourrait se rompre à tout moment.
Qu’est-ce qui se passe dans la tête de cette femme ? Comment fait-elle pour gérer cette pression impossible ? D’un côté, elle est entourée de militaires qui la regardent avec suspicion, qui se demandent si elle est en train de vendre la révolution. De l’autre, elle a Washington qui exige des résultats, qui menace d’autres frappes, qui lui rappelle à chaque instant que rien n’est encore acquis. Et puis il y a le peuple vénézuélien. Les millions qui attendent, qui souffrent, qui espèrent. Je ne sais pas comment on peut dormir avec tout ça sur les épaules. Je ne sais pas comment on peut prendre une décision sans avoir peur qu’elle soit la mauvaise. Peut-être qu’elle n’a pas le luxe de la peur. Peut-être qu’elle n’a plus le choix.
Une stratégie de survie et de réconciliation
Depuis sa nomination, Rodriguez a entrepris une série de gestes destinés à apaiser les tensions et à démontrer sa volonté de coopérer. La semaine précédant l’appel avec Trump, son gouvernement a annoncé l’ouverture de négociations pour augmenter les ventes de pétrole aux États-Unis. Le Venezuela possède les plus importantes réserves pétrolières prouvées au monde, mais sa production s’était effondrée sous les sanctions et la mauvaise gestion. L’offre de livrer des millions de barils supplémentaires sur le marché américain constitue une concession majeure, symbolique autant qu’économique. C’est un geste qui montre que Caracas est prêt à reprendre sa place dans le marché énergétique mondial, aux conditions dictées par Washington.
Plus significatif encore : le gouvernement vénézuélien a autorisé la visite du chargé d’affaires américain Joe McNamara à Caracas pour explorer la possibilité de rouvrir l’ambassade des États-Unis, fermée depuis 2019. L’ambassade avait été transformée en siège de l’opposition vénézuélienne sous la direction de Juan Guaidó, le président autoproclamé reconnu par une cinquantaine de pays. Le simple fait d’autoriser cette visite envoie un message puissant : le nouveau pouvoir est prêt à rétablir des relations diplomatiques normales, à reconnaître la légitimité de la présence américaine sur le sol vénézuélien. C’est un changement radical par rapport à la posture anti-impérialiste qui avait prévalu pendant des années.
D’autres gestes ont suivi. La libération de prisonniers politiques et de détenus américains, présentée comme un « geste de paix ». L’affirmation répétée que « le Venezuela n’est pas en guerre » et qu’il n’y a « rien d’étrange » à avoir des relations commerciales avec les États-Unis. La tentative de rassurer la population et la communauté internationale sur la volonté du nouveau gouvernement de s’engager sur la voie de la normalisation. Mais chaque geste est aussi calculé, chaque déclaration pesée au trébuchet, car il doit être acceptable à la fois pour Washington et pour les durs du régime intérieur.
Section 3 : Marïa Corina Machado, l'autre prétendante
La prix Nobel de la paix qui attend son heure
À l’opposé du spectre politique, Marïa Corina Machado incarne l’alternative démocratique au régime bolivarien. Prix Nobel de la paix en 2025 pour sa lutte inlassable en faveur de la démocratie vénézuélienne, elle est devenue le visage de la résistance contre Maduro. Sa trajectoire est celle d’une femme qui, pendant des années, a bravé la répression, les menaces, les tentatives d’intimidation pour continuer à se battre pour son pays. Ancienne députée, elle a été exclue du parlement, déchue de sa citoyenneté, interdite de candidature aux élections. Rien n’a arrêté sa détermination.
Après les élections présidentielles contestées de 2024, où les autorités électorales contrôlées par le régime avaient déclaré Maduro vainqueur malgré des accusations massives de fraude, Machado s’est retrouvée dans une position encore plus précaire. Elle a dû se cacher, changer régulièrement de résidence, éviter les déplacements publics pour échapper à une arrestation potentielle. Sa vie était devenue une course permanente, une existence dans l’ombre. Mais la capture de Maduro par les forces américaines a ouvert une fenêtre d’opportunité inattendue. Soudainement, le dictateur était parti. Le régime était ébranlé. Et Machado, qui avait passé des années à prédire cette chute, se retrouvait en position de prétendante légitime au pouvoir.
Pourtant, malgré son prestige international et son statut de prix Nobel, Machado fait face à un obstacle majeur : l’attitude ambiguë de Trump. Dans les jours qui ont suivi l’opération « Absolute Resolve », le président américain avait déclaré que l’opposante « n’a ni le soutien ni le respect dans le pays pour être chef ». Une phrase brutale, dévastatrice, qui semblait fermer la porte à toute ambition présidentielle. Pourtant, Machado bénéficie de puissants soutiens au sein même de l’administration Trump. Marco Rubio, le secrétaire d’État, l’avait nommée pour le Nobel de la paix et l’avait publiquement soutenue. Trump lui-même, avant son investiture, l’avait qualifiée de « combattante pour la liberté » qui « DOIT rester EN VIE ET EN SÉCURITÉ ! ».
Comment ça marche vraiment, la politique ? Comment se fait-il qu’une femme qui a gagné le prix Nobel de la paix, qui a passé sa vie à se battre pour la démocratie, qui a le soutien de figures importantes de l’administration Trump, se retrouve marginalisée aujourd’hui ? Est-ce une question d’ego ? Est-ce que Trump ne pardonne pas à Machado d’avoir reçu le prix qu’il voulait pour lui-même ? Lui qui a déclaré « je ne peux penser à personne dans l’histoire qui mérite plus le Nobel que moi », est-ce qu’il lui en veut ? Est-ce aussi simple que ça ? Est-ce que le destin d’un pays entier peut dépendre de ressentiments aussi personnels ? J’ai du mal à l’accepter. J’ai du mal à croire que ça puisse être vrai. Et pourtant, quand on regarde l’histoire, on voit combien de fois elle a été façonnée par les egos des puissants.
Le rendez-vous de la Maison Blanche
Malgré ces obstacles, Machado n’a pas renoncé. Le 16 janvier 2026, seulement deux jours après l’appel entre Trump et Rodriguez, elle doit être reçue à la Maison Blanche. Ce déjeuner, inscrit au calendrier présidentiel, représente une opportunité cruciale. C’est sa chance de convaincre Trump en face à face, de charmer le président, de lui montrer qu’elle est une alternative viable et crédible. L’histoire regorge d’exemples de rencontres qui ont changé le cours des choses. Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, avait vu son statut s’effondrer après une désastreuse rencontre avec Trump en février 2025, forçant l’Ukraine à courir après le soutien américain. À l’inverse, le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, malgré les critiques virulentes de Trump pendant sa campagne, avait réussi à charmer le président lors de leur première rencontre.
Machado a tenté de se rapprocher du président américain en dédiant en partie son Nobel à lui. Lorsqu’elle avait reçu le prix en octobre 2025, elle avait suggéré qu’elle pourrait l’offrir à Trump, bien que l’Institut norvégien du Nobel ait précisé que le prix ne pouvait pas être transféré. Trump avait déclaré que ce serait un honneur de recevoir son prix, mais n’avait pas répondu directement sur la question de savoir si cela pourrait le faire reconsidérer son rôle au Venezuela. Ce déjeuner du 16 janvier pourrait être le moment où tout se joue. Où Machado parvient à convaincre Trump de la soutenir. Où l’équilibre des forces bascule en sa faveur. Ou où ses espoirs s’effondrent définitivement.
La situation est d’autant plus complexe que Machado elle-même est sous sanctions américaines pour violations des droits de l’homme, des accusations qu’elle a toujours niées. Une ironie cruelle : celle qui lutte pour la démocratie se trouve elle-même ciblée par les mécanismes de sanction de la démocratie qu’elle cherche à rétablir. Pourtant, elle continue. Elle persiste. Elle avance.
Section 4 : le pétrole, le véritable enjeu de cet appel
Les promesses de Trump sur les livraisons de pétrole
Quand Trump a déclaré que « le Venezuela vient de nous donner 50 millions de barils par jour« , les observateurs ont sursauté. Le chiffre est tout simplement irréaliste. La production pétrolière vénézuélienne s’est effondrée ces dernières années, passant de plus de 3 millions de barils par jour dans les années 2000 à moins de 500 000 aujourd’hui. Atteindre 50 millions ne relève pas seulement de l’impossible — c’est physiquement inconcevable. Les réserves vénézuéliennes, bien qu’immenses — les plus importantes au monde avec 300 milliards de barils — ne pourraient pas produire à ce rythme sans des investissements massifs sur des décennies. La production mondiale totale de pétrole est d’environ 100 millions de barils par jour. 50 millions de barils vénézuéliens représenteraient la moitié de la production mondiale.
Alors, que voulait dire Trump ? Il y a plusieurs explications possibles. La plus généreuse : il exagérait, comme il le fait souvent, pour faire valoir un point. Les 50 millions pourraient être une promesse future, un engagement à long terme plutôt qu’une réalité immédiate. Ou peut-être qu’il confondait les chiffres, mélangeant les réserves totales avec la production quotidienne. Mais il y a aussi une explication plus cynique : Trump savait que le chiffre était faux, mais il l’a utilisé quand même pour impressionner, pour semer la confusion, pour créer une réalité alternative favorable à son narratif. Dans son univers, la vérité importe moins que l’effet. Si dire 50 millions de barils fait croire au public que son administration a remporté une victoire majeure, alors il dira 50 millions de barils.
Comment fait-on confiance aux chiffres quand ils sont manifestement faux ? Comment peut-on prendre des décisions basées sur des données qui n’ont aucun lien avec la réalité ? Je regarde ces déclarations et je pense aux millions de personnes dont les vies dépendent de ces décisions. Aux familles qui attendent dans les queues pour acheter du pain, aux enfants qui ne vont pas à l’école parce que leurs parents n’ont pas les moyens, aux malades qui ne trouvent pas leurs médicaments. Tous ces gens, ces visages, ces vies — sont-ils des variables dans un jeu politique ? Est-ce que la vérité ne compte plus ? Est-ce que nous sommes devenus incapables de distinguer le vrai du faux ? J’ai peur. J’ai peur que ce qui était autrefois considéré comme un mensonge soit devenu simplement une « opinion alternative ». J’ai peur que nous ayons perdu la capacité d’être choqués.
La réalité des réserves vénézuéliennes
Malgré l’exagération de Trump, la réalité reste que le Venezuela possède des ressources pétrolières colossales. Avec ses 300 milliards de barils de réserves prouvées, le pays détient 18% des réserves mondiales, devant l’Arabie saoudite et l’Iran. C’est une richesse inestimable, un trésor qui pourrait, en théorie, transformer l’économie vénézuélienne et permettre au pays de sortir de la crise abyssale dans laquelle il est plongé depuis des années. Mais ces réserves sont difficiles à exploiter. Le pétrole vénézuélien est extra-lourd, contenu dans les sables bitumineux de l’Orénoque. Il nécessite des traitements complexes et coûteux pour être transformé en carburant utilisable.
Pendant des années, sous Hugo Chávez puis sous Maduro, la compagnie pétrolière d’État PDVSA a souffert d’une mauvaise gestion, d’une corruption endémique, d’un manque d’investissement. Les ingénieurs qualifiés ont fui le pays. Les infrastructures se sont dégradées. Les capacités de raffinage se sont effondrées. En même temps, les sanctions américaines ont frappé de plein fouet le secteur, interdisant l’importation de technologies cruciales et bloquant l’accès aux marchés financiers internationaux. Le résultat : une production en chute libre, des pétroliers qui attendent pendant des semaines dans les ports sans pouvoir charger, une économie qui s’asphyxie.
Pourtant, ces réserves restent là. Elles n’ont pas disparu. Le pétrole est toujours dans le sol, attendant d’être extrait. Et c’est là que se trouve l’espoir paradoxal de cette crise. Si une normalisation des relations avec Washington permettrait de lever les sanctions, d’attirer des investissements, de moderniser les infrastructures, alors le Venezuela pourrait reprendre sa place dans le marché pétrolier mondial. Non pas à des niveaux irréalistes de 50 millions de barils par jour, mais peut-être à 2 ou 3 millions. Ce qui serait suffisant pour relancer l’économie, créer des emplois, générer des revenus. Et peut-être, juste peut-être, permettre au pays de commencer à guérir.
Section 5 : le quotidien des Vénézuéliens dans la tourmente
L’histoire de Maria, une vie en suspension
Maria a 34 ans. Elle était enseignante à Caracas. Elle gagnait l’équivalent de 5 dollars par mois. Avec cet argent, elle devait nourrir ses deux enfants, payer le loyer, acheter des vêtements, des médicaments, de l’électricité. C’était impossible. Alors elle a fait ce que des millions de Vénézuéliens ont fait : elle a fui. Elle a laissé sa maison, son travail, sa famille, son pays. Elle a traversé la frontière avec la Colombie, puis l’Équateur, le Pérou, le Chili, jusqu’à arriver au Mexique. Elle n’avait jamais quitté Caracas avant. Elle ne parlait pas espagnol avec un accent différent, juste le vénézuélien de tous les jours. Elle ne connaissait personne sur ce chemin.
Aujourd’hui, Maria vit à Bogotá. Elle travaille comme serveuse dans un petit restaurant, gagnant 200 dollars par mois. Elle envoie la moitié à sa mère restée à Caracas. Sa mère a 62 ans, elle souffre de diabète. Elle ne peut pas trouver les médicaments dont elle a besoin au Venezuela. Alors Maria les lui envoie depuis la Colombie, payant des prix exorbitants parce qu’ils viennent de l’étranger. Chaque mois, c’est le même calcul : combien je peux économiser, combien je peux envoyer, est-ce que ce sera suffisant ce mois-là ? Combien de fois je vais pouvoir appeler ma mère parce que les communications internationales coûtent cher ? Quand est-ce que je pourrai la revoir ? Je ne sais pas si je pourrai jamais retourner. Je ne sais pas ce que je retrouverais si je le faisais.
Je pense à Maria. Je pense à ses enfants. Je pense à sa mère. Je pense aux millions d’autres Maria qui ont traversé ce même chemin, qui ont vécu ces mêmes choix impossibles. Qu’est-ce que ça fait de laisser tout derrière soi ? Qu’est-ce que ça fait de marcher pendant des jours, des semaines, en ne sachant pas où tu vas dormir, ce que tu vas manger, si tu seras en sécurité le lendemain ? Qu’est-ce que ça fait de savoir que ta mère est malade à des milliers de kilomètres et que tu ne peux rien faire d’autre que lui envoyer de l’argent en espérant que ça suffira ? Je ne sais pas. Je ne peux même pas imaginer. Et pourtant, c’est la réalité de millions de gens. Des gens comme moi, comme vous. Des gens qui avaient une vie, un travail, une famille. Et qui un jour ont tout perdu.
Les conséquences de l’effondrement économique
Les chiffres de la crise vénézuélienne sont vertigineux. L’inflation a atteint 1300% en 2025. Le PIB a diminué de 80% depuis 2013. Plus de 7 millions de Vénézuéliens ont fui le pays, la plus grande crise de réfugiés de l’histoire de l’Amérique latine. Les hôpitaux manquent de médicaments, de matériel, d’électricité. Les écoles sont fermées parce que les enseignants ne peuvent plus vivre de leur salaire. Les routes sont détruites, les infrastructures s’effondrent, les services publics sont inexistants. Dans les supermarchés, les étagères sont vides. Dans les pharmacies, on ne trouve que des produits de base. Dans les rues, des gens vendent n’importe quoi — des vêtements, des jouets, des outils — pour survivre.
Pendant des années, le régime a nié la réalité. Maduro parlait de « guerre économique », de « sabotage impérialiste », de « complot international ». Il accusait les médias de mentir, l’opposition d’exagérer, les pays étrangers d’orchestrer une campagne de déstabilisation. Mais la réalité était là, impitoyable. Les gens souffraient. Les gens mouraient. Les gens partaient. Et le pouvoir continuait comme si de rien n’était, organisant des défilés militaires somptuaires, diffusant des discours interminables à la télévision, fermant les yeux sur la misère qui grandissait chaque jour un peu plus.
L’intervention américaine et la capture de Maduro n’ont pas résolu ces problèmes. Au contraire, dans les premiers jours qui ont suivi, la situation s’est même aggravée. Les communications étaient coupées, les banques fermées, les frontières bloquées. Les gens ne savaient plus ce qui allait arriver. Allait-il y avoir une guerre ? Une occupation ? Une transition pacifique ? Personne ne savait. L’incertitude était peut-être pire que la certitude d’avant. Au moins, on connaissait les règles du jeu. Maintenant, tout était possible. Le pire comme le meilleur.
Section 6 : la position de la communauté internationale
Les réactions divisées des pays voisins
L’intervention américaine au Venezuela a provoqué des réactions contrastées à travers l’Amérique latine et le monde. La Colombie, le Brésil, le Chili, l’Argentine — pays qui avaient accueilli des millions de réfugiés vénézuéliens — ont accueilli la nouvelle avec un soulagement prudent. Pour eux, la chute de Maduro représentait peut-être le début d’une solution à une crise qui les submergeait depuis des années. L’inondation continue de réfugiés avait mis à rude épreuve leurs systèmes de santé, d’éducation, de sécurité sociale. Ils espéraient qu’une transition politique au Venezuela permettrait éventuellement le retour des exilés, la stabilisation de la région, la fin de cette crise humanitaire sans précédent.
Mais d’autres pays ont réagi avec hostilité. Le Mexique, le Nicaragua, la Bolivie, Cuba — tous alliés historiques du chavisme — ont condamné l’opération comme une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne. Ils y ont vu un dangereux précédent, un retour à l’ère des interventions impérialistes en Amérique latine, une confirmation que Washington était prêt à utiliser la force militaire pour renverser les gouvernements qui ne lui convenaient pas. Pour eux, c’était un signal alarmant. Si le Venezuela pouvait être attaqué aujourd’hui, qui serait demain ? Le Nicaragua ? La Bolivie ? Cuba ? Le Mexique lui-même ? L’incertitude avait remplacé la certitude, et personne ne savait comment les choses allaient évoluer.
C’est étrange, non ? Comment le même événement peut-il être vu si différemment selon où on se trouve ? Pour une mère vénézuélienne qui a dû fuir son pays, l’intervention américaine est peut-être une lueur d’espoir. Pour un dirigeant bolivien qui se souvient des dictatures militaires, c’est un cauchemar. Pour un diplomate européen, c’est un dilemme entre les principes et la réalité. Pour un Vénézuélien resté au pays, c’est peut-être la peur de l’inconnu. La vérité n’est pas unique. Elle est multiple, fragmentée, vue à travers des prismes différents. Et nous devons apprendre à vivre avec cette complexité. Nous devons apprendre à comprendre que ce qui est une solution pour certains est un problème pour d’autres. Qu’il n’y a pas de réponse simple. Qu’il n’y a pas de côté unique du bon et du mauvais.
L’attitude prudente de l’Union européenne
L’Union européenne a adopté une position beaucoup plus nuancée. D’un côté, elle avait reconnu Juan Guaidó comme président légitime du Venezuela en 2019, s’alignant sur la position américaine et latino-américaine. De l’autre, elle avait toujours été hostile à toute solution militaire, privilégiant les négociations politiques et diplomatiques. L’intervention directe américaine l’a placée dans une position inconfortable. Elle ne pouvait pas condamner ouvertement une opération qui avait permis de chasser un dictateur accusé de crimes contre l’humanité. Mais elle ne pouvait pas non plus approuver une méthode qui contredisait ses principes fondamentaux de respect de la souveraineté et de rejet de l’usage de la force militaire.
Les déclarations officielles ont donc été soigneusement dosées. « Nous prenons note du développement de la situation au Venezuela« , a déclaré le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell. « Nous encourageons toutes les parties à s’engager dans un dialogue politique inclusif qui permettra de répondre aux aspirations légitimes du peuple vénézuélien. » En dessous, la traduction : nous ne savons pas trop quoi penser, mais espérons que ça finira bien. L’Union européenne a offert son aide pour faciliter une transition politique, pour organiser des élections libres, pour apporter une assistance humanitaire. Mais elle a aussi insisté sur le respect de l’État de droit et des droits humains. Une position équilibrée, mais qui risquait de n’être ni l’une ni l’autre : ni une condamnation claire, ni un soutien franc.
Section 7 : le rôle crucial de l'armée vénézuélienne
Une institution clé dans la transition
Depuis des années, l’armée vénézuélienne est devenue bien plus qu’une institution militaire : elle est devenue un État dans l’État. Sous Chávez puis sous Maduro, les militaires ont été progressivement intégrés à tous les aspects de la vie économique et politique du pays. Ils dirigent des entreprises, contrôlent des ports, gèrent des mines d’or, supervisent la distribution de nourriture. Ils sont devenus les principaux bénéficiaires d’un système de corruption endémique, profitant des revenus pétroliers, du trafic de drogue, des opérations de change illicites. Mais cette intégration au pouvoir a aussi créé une dépendance. L’armée est liée au régime bolivarien par mille fils — intérêts économiques, privilèges, idéologie, loyauté personnelle.
Lorsque Maduro a été capturé, la grande question pour les observateurs était : l’armée se soumettrait-elle ? Ou se rebellerait-elle ? Enthousiastes ? Résignés ? Pour l’instant, la réponse semble être une acceptation prudente. L’armée n’a pas tenté de s’opposer à l’opération américaine, ni de lancer une contre-attaque pour libérer Maduro. Elle n’a pas non plus basculé sans hésitation du côté de Trump. Elle attend. Elle observe. Elle calcule. Les militaires savent qu’ils sont une cible potentielle pour les poursuites judiciaires, les sanctions internationales, les tribunaux. Ils savent que leur avenir dépendra de leur capacité à naviguer dans cette transition sans devenir des parias.
Delcy Rodriguez, consciente de cette réalité, a entamé des discussions avec les chefs militaires pour assurer leur soutien. Elle leur a promis des garanties d’immunité, la préservation de leurs privilèges, une participation continue dans la gouvernance du pays. Elle a aussi joué sur la fibre nationaliste, présentant la normalisation des relations avec les États-Unis comme la seule façon de préserver la souveraineté vénézuélienne et d’éviter une occupation militaire directe. « Nous devons être prudents », a-t-elle déclaré lors d’une réunion avec les hauts gradés. « Nous devons protéger le pays, protéger l’armée, protéger le peuple. Et cela signifie que nous devons être pragmatiques, réalistes, ouverts à des solutions qui auraient été inconcevables il y a encore quelques semaines. »
Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un général vénézuélien ce soir ? Comment fait-il pour dormir en sachant que tout peut basculer du jour au lendemain ? Est-ce qu’il pense à sa famille ? À son compte en banque ? À son héritage historique ? Ou est-ce qu’il pense simplement à survivre à cette nuit, puis à la prochaine, puis à celle d’après ? L’armée est devenue un monstre institutionnel, un Léviathan qui dévore tout ce qui l’entoure. Mais même les monstres ont peur. Même les plus puissants ont des moments de doute. Et dans ces moments, que choisissent-ils ? La loyauté ? La trahison ? Le silence ? L’action ? Je ne sais pas. Mais j’imagine que ce n’est pas une décision facile à prendre.
Le risque d’un coup d’État militaire
Malgré cette apparente acceptation, le risque d’un coup d’État militaire reste présent. L’armée vénézuélienne a des traditions putschistes qui remontent à des décennies. En 1992, Hugo Chávez lui-même avait tenté un coup d’État infructueux contre le président Carlos Andrés Pérez. En 2002, il avait brièvement été renversé par une coalition militaire et civile. L’armée est habituée à voir le pouvoir comme un objet qui peut être saisi, manipulé, redéfini. Pour l’instant, la loyauté semble maintenir envers l’institution bolivarienne, mais cette loyauté est testée comme jamais auparavant.
Les durs du régime, ceux qui ont le plus bénéficié du système Maduro, pourraient tenter de reprendre le contrôle par la force si les concessions envers Washington deviennent trop importantes. Ils pourraient présenter Delcy Rodriguez comme une traîtresse, comme celle qui a vendu la révolution à l’impérialisme. Ils pourraient mobiliser leurs troupes, prendre le contrôle des infrastructures clés, arrêter la transition. C’est un scénario cauchemardesque mais réaliste. C’est une épée de Damoclès qui plane sur l’ensemble du processus.
De l’autre côté, il y a aussi la possibilité d’une fracture au sein de l’armée elle-même. Les officiers de rang intermédiaire, ceux qui n’ont pas profité de la corruption systémique, pourraient voir dans la transition une opportunité de réformer l’institution, de la ramener à ses fonctions purement militaires, de la libérer de l’emprise du pouvoir politique. Si une telle faction émerge, elle pourrait se rallier à Marïa Corina Machado, qui a toujours insisté sur la nécessité de réformer l’armée pour rétablir la démocratie. Mais pour l’instant, tout est en suspens. L’armée attend. Le pays attend. Le monde attend.
Section 8 : les défis économiques et humanitaires
Une économie en ruines qui demande une reconstruction
L’économie vénézuélienne est détruite. Pas seulement en difficulté, pas seulement en crise — détruite. Les infrastructures s’effondrent, les entreprises ont fermé, la production s’est arrêtée, l’inflation a érodé tout le patrimoine. Reconstruire cette économie ne sera pas une question de mois, mais de décennies. Il faudra des investissements massifs dans les infrastructures : routes, ponts, ports, aéroports, réseaux électriques, télécommunications. Il faudra moderniser le secteur pétrolier, attirer des investissements étrangers, rétablir la confiance des marchés financiers. Il faudra réformer les institutions économiques, lutter contre la corruption, créer un cadre juridique stable et prévisible.
Mais la reconstruction ne sera pas seulement économique. Elle sera aussi sociale et institutionnelle. Le système éducatif s’est effondré. Le système de santé est en ruines. La justice ne fonctionne plus. La police n’a pas les ressources nécessaires. Les services sociaux sont inexistants. Tout doit être reconstruit à zéro. Et tout cela exige des ressources que le Venezuela n’a pas. Les réserves de change sont inexistantes. L’accès aux marchés financiers internationaux est bloqué par les dettes accumulées. Le pays est virtuellement en faillite.
La communauté internationale pourrait apporter une aide. La Banque mondiale, le FMI, la BID — tous ont des programmes de reconstruction pour les pays sortant d’une crise. Mais ces aides viennent avec des conditions : réformes structurelles, politiques d’austérité, lutte contre la corruption, respect de l’État de droit. Des conditions qui pourraient être difficiles à accepter pour un gouvernement qui cherche à maintenir une certaine continuité avec le régime précédent. Et puis il y a la question politique : ces institutions prêteront-elles à un gouvernement dirigé par Delcy Rodriguez ? Ou exigent-elles un changement de régime plus radical ?
Je pense à ce que signifie réellement « reconstruction ». Ce n’est pas juste un mot dans un rapport. Ce sont des millions de vies qui ont besoin d’être reconstruites. Des enfants qui n’ont jamais été à l’école. Des médecins qui n’ont plus de matériel. Des enseignants qui n’ont plus de salaire. Des ingénieurs qui n’ont plus de travail. Comment fait-on pour remettre tout ça en marche ? Comment fait-on pour que les gens recommencent à espérer, à croire, à investir dans l’avenir quand tout ce qu’ils ont connu, c’est l’effondrement ? Je ne sais pas. Je n’ai pas les réponses. Mais je sais que ça ne se fera pas du jour au lendemain. Je sais que ça demandera du temps, des ressources, de la patience. Et je sais que chaque jour qui passe sans reconstruction est un jour de plus où des gens continuent de souffrir inutilement.
La crise humanitaire continue
Pendant que les négociations politiques se poursuivent, que les manœuvres diplomatiques s’activent, que les calculs stratégiques se multiplient, la crise humanitaire continue. Les gens ont toujours faim. Les enfants sont toujours malnutris. Les malades ne trouvent toujours pas de médicaments. Les familles sont toujours séparées par l’exil. La politique se passe à un niveau abstrait, dans les palais présidentiels et les salles de négociation, mais la souffrance elle est concrète. Elle est dans les yeux des enfants qui mendient dans les rues. Elle est dans les queues interminables devant les magasins. Elle est dans les messages désespérés que les exilés envoient à leurs familles restées au pays.
Les organisations humanitaires — Croix-Rouge, MSF, UNICEF — font ce qu’elles peuvent avec les moyens limités dont elles disposent. Mais leur accès reste restreint, les autorités gouvernementales méfiantes, les corridors humanistiques bloqués par les contrôles militaires. Le Venezuela est devenu un pays fermé, opaque, difficile à atteindre pour ceux qui veulent aider. Et pendant ce temps, les gens continuent de partir. Chaque jour, des milliers de Vénézuéliens traversent la frontière vers la Colombie, vers le Brésil, vers des destinations lointaines, cherchant ailleurs ce qu’ils ne peuvent plus trouver chez eux : une vie digne, de la nourriture, de la sécurité, de l’espoir.
Section 9 : quel avenir pour le Venezuela ?
Les scénarios possibles pour les mois à venir
Le Venezuela se trouve à un carrefour historique. Les prochaines semaines et les prochains mois détermineront le destin du pays pour une génération. Plusieurs scénarios sont possibles, chacun avec ses propres risques et opportunités.
Scénario 1 : La transition contrôlée sous Rodriguez. Delcy Rodriguez parvient à maintenir l’unité du régime bolivarien tout en normalisant progressivement les relations avec les États-Unis. Les sanctions sont levées progressivement, les investissements pétroliers reprennent, l’économie commence à se stabiliser. Des élections sont organisées dans un délai raisonnable, bien qu’elles ne soient peut-être pas parfaitement libres ni parfaitement équitables. Marïa Corina Machado est autorisée à participer mais ne gagne pas. Le pays se transforme lentement, sans rupture brutale, sans retour au passé chaviste. C’est un scénario de réforme incrémentale, de changement graduel.
Scénario 2 : La rupture avec Machado. Marïa Corina Machado parvient à convaincre Trump de la soutenir lors de son déjeuner à la Maison Blanche. L’administration américaine bascule son soutien en sa faveur, exerçant une pression maximale sur Rodriguez pour qu’elle cède le pouvoir. L’armée, sous la menace de sanctions et de poursuites judiciaires, finit par se rallier à l’opposition. Machado devient présidente et lance un programme de transformations radicales : réforme de l’État, démantèlement des structures du régime bolivarien, appel à des élections libres et transparentes. C’est un scénario de rupture démocratique, de retour à la démocratie libérale.
Scénario 3 : L’effondrement et la violence. Aucun des deux camps ne parvient à s’imposer. L’armée se fracture, des factions rivales s’affrontent. La violence s’installe dans les rues, les manifestations tournent à l’émeute, les groupes armés profitent du chaos. L’intervention étrangère devient inévitable — soit une occupation militaire américaine, soit une force de paix internationale. C’est un scénario de chaos et de violence, le pire des mondes possibles.
Scénario 4 : Le retour au statu quo. Rodriguez parvient à consolider son pouvoir sans réelle transition. Elle maintient les structures du régime, refuse les réformes profondes, continue de réprimer l’opposition. Les relations avec les États-Unis restent superficielles, des concessions mineures sans changement fondamental. L’économie continue de s’effondrer, la crise humanitaire s’aggrave, l’exil continue. C’est un scénario de stagnation, de continuation sans fin de la souffrance.
Je regarde ces scénarios et je me demande : lequel se réalisera ? Est-ce que quelqu’un le sait vraiment ? Est-ce que Trump sait ? Est-ce que Rodriguez sait ? Est-ce que Machado sait ? Je pense qu’ils font tous des paris, qu’ils prennent tous des risques, qu’ils sont tous sincèrement convaincus d’avoir raison. Mais l’histoire a un sens de l’humour cruel. Elle a tendance à prendre des directions que personne n’avait prévues. Des imprévus, des accidents, des moments de décision qui changent tout. Et tout ce que nous pouvons faire, c’est attendre. Attendre et espérer que le scénario qui se réalise ne sera pas le pire.
L’importance du soutien international
Quel que soit le scénario qui se réalise, une chose est claire : le Venezuela ne peut pas s’en sortir seul. Le pays a besoin d’un soutien massif de la communauté internationale pour reconstruire. Pas seulement de l’aide humanitaire — bien que celle-ci soit cruciale — mais aussi de l’aide au développement, des investissements économiques, une assistance technique pour réformer les institutions, un appui politique pour faciliter la transition.
Les États-Unis ont un rôle particulier à jouer. En tant que puissance qui a déclenché cette crise par l’intervention militaire, ils ont une responsabilité particulière dans sa résolution. Ils ont promis d' »aider le Venezuela à se stabiliser et à récupérer ». Il est crucial qu’ils tiennent cette promesse, non pas avec des bombes ou des menaces, mais avec une assistance concrète et respectueuse.
Mais les autres pays ont aussi un rôle. L’Union européenne, la Chine, la Russie — tous ont des intérêts au Venezuela. Tous peuvent contribuer à la reconstruction. La clé sera de coordonner ces efforts, d’éviter que le Venezuela ne devienne un nouveau terrain de compétition géopolitique. Le peuple vénézuélien a déjà assez souffert. Il ne mérite pas de devenir le jouet des grandes puissances.
Conclusion : l'espoir renaît sur le fil du rasoir
Un moment historique chargé d’incertitudes
L’appel du 14 janvier 2026 entre Donald Trump et Delcy Rodriguez représente un moment historique. Pour la première fois depuis des années, il y a une lueur d’espoir au Venezuela. Mais c’est un espoir fragile, incertain, menacé. Il repose sur un équilibre précaire, sur des calculs politiques, sur des négociations secrètes. Il peut s’éteindre aussi vite qu’il s’est allumé. Tout peut basculer en un instant. Une déclaration maladroite, une décision impulsive, un événement imprévu — et tout peut être remis en cause.
Les Vénézuéliens savent cela. Ils ont vécu trop de faux espoirs, trop de promesses non tenues, trop de lendemains qui ont chanté mais ne se sont jamais concrétisés. Ils savent que la politique est une arène cruelle, que les intérêts l’emportent souvent sur les principes, que les mots sont faciles mais les actions difficiles. Et pourtant, ils continuent d’espérer. Comment ne le pourraient-ils pas ? L’espoir est la seule chose qu’il leur reste parfois. La seule chose qui les empêche de sombrer complètement dans le désespoir.
Je pense à ce que signifie l’espoir dans un contexte comme celui du Venezuela. Ce n’est pas un espoir insouciant, un espoir facile. C’est un espoir qui a survécu à des années d’épreuves, qui a été testé maintes et maintes fois, qui a été brisé puis reconstruit à maintes et maintes reprises. C’est un espoir fatigué, mais tenace. Un espoir qui sait que tout peut encore aller mal, mais qui choisit de croire que tout peut encore aller bien. Et je me dis que c’est peut-être ça, la vraie force. Pas la force des armes, pas la force de l’argent, pas la force du pouvoir. La force de continuer à espérer quand tout semble perdu. La force de croire que demain peut être meilleur qu’aujourd’hui, même quand aujourd’hui semble insupportable. Cette force-là, personne ne peut la leur prendre. Elle est en eux. Elle est en chacune de ces personnes qui ont choisi de ne pas abandonner.
Le devoir de mémoire et l’avenir
Quelle que soit l’issue de cette crise, il y aura un devoir de mémoire. Les années de souffrance, les milliers de morts, les millions d’exilés — tout cela ne doit pas être oublié. Les responsabilités doivent être établies. Les crimes doivent être jugés. Les victimes doivent être reconnues. Sans cette vérité, sans cette justice, aucune reconstruction véritable ne sera possible. Le Venezuela ne pourra pas avancer tant qu’il n’aura pas fait face à son passé.
Mais le devoir de mémoire ne doit pas être un obstacle à l’avenir. Au contraire, il doit en être le fondement. Reconnaître les erreurs du passé est la condition pour ne pas les reproduire. Accepter la vérité, même douloureuse, est la seule façon de construire un avenir meilleur. Et cet avenir, les Vénézuéliens doivent le construire eux-mêmes. Pas à travers des interventions étrangères, pas à travers des décisions prises à Washington ou Bruxelles ou Pékin. À travers leurs propres choix, leurs propres luttes, leurs propres rêves.
L’appel Trump-Rodriguez est peut-être le début d’un nouveau chapitre. Ou peut-être n’est-il qu’une note de bas de page dans l’histoire d’un pays qui a vu tant de chapitres s’ouvrir et se refermer sans véritable résolution. Personne ne peut le savoir aujourd’hui. Mais ce que nous savons, c’est que les Vénézuéliens méritent mieux que ce qu’ils ont eu jusqu’à présent. Ils méritent de vivre dans un pays libre, prospère, démocratique. Ils méritent de ne plus avoir à choisir entre rester et souffrir, ou partir et laisser tout derrière eux. Ils méritent que leurs enfants aient un avenir, que leurs aînés soient respectés, que leurs voix soient entendues.
Et alors, qu’est-ce que nous pouvons faire, nous qui observons de loin ? Nous pouvons nous informer. Nous pouvons témoigner. Nous pouvons soutenir. Mais surtout, nous pouvons nous souvenir. Se souvenir que derrière les gros titres, les communiqués officiels, les déclarations politiques, il y a des gens. Des millions de gens qui attendent, qui espèrent, qui souffrent. Des gens comme Maria qui attend un message de sa mère. Des gens comme ces enfants qui n’ont jamais connu une école normale. Des gens comme ces médecins qui soignent avec rien. Des gens comme ces familles séparées par des milliers de kilomètres. Cette histoire n’est pas encore finie. Ce chapitre ne fait que commencer. Et nous serons là pour la continuer. Pour la raconter. Pour la témoigner. Pour nous assurer qu’elle ne soit pas oubliée. Parce que l’oubli serait la pire des trahisons. Parce que ces gens méritent que le monde se souvienne. Parce que c’est ça, la vérité. Et la vérité, c’est que malgré tout, malgré les années sombres, malgré les décennies de souffrance, l’espoir renaît. Sur le fil du rasoir, fragile mais vivant. Et cet espoir-là, personne ne peut le leur prendre.
Sources
L’Humanité – « Venezuela : après une « une excellente conversation » avec Donald Trump, Delcy Rodriguez annonce que le pays « s’ouvre à un nouveau moment politique » » (15 janvier 2026) — https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/venezuela-apres-une-une-excellente-conversation-avec-donald-trump-delcy-rodriguez-annonce-que-le-pays-souvre-a-un-nouveau-moment-politique
Reuters – « Trump, Venezuela’s Rodriguez tout positive phone call » (14 janvier 2026) — https://www.reuters.com/world/americas/trump-venezuelan-leader-rodriguez-tout-positive-phone-call-2026-01-14/
CNN – « The two leaders fighting for Venezuela’s future – and for Trump’s favor » (15 janvier 2026) — https://www.cnn.com/2026/01/15/americas/venezuela-machado-rodriguez-trump-intl-hnk/
CNN – « From order to extraction: Inside the US capture of Nicolás Maduro » (4 janvier 2026) — https://www.cnn.com/2026/01/03/politics/nicolas-maduro-capture-venezuela
Machado elle-même est sous sanctions américaines pour violations des droits de l’homme, des accusations qu’elle a toujours niées. Une ironie cruelle : celle qui lutte pour la démocratie se retrouve sanctionnée par les démocraties qu’elle cherche à rallier. Mais ces sanctions pourraient être levées si Trump décide de la soutenir. Un autre levier que le président américain pourrait actionner à sa guise. Le pouvoir de lever des sanctions, d’accorder une reconnaissance internationale, de peser sur le destin d’un pays : tout cela repose aujourd’hui dans les mains d’un seul homme.
Section 4 : La question du pétrole, moteur des relations
Les réserves immenses d’un pays paralysé
Le Venezuela possède ce que beaucoup de pays rêvent d’avoir : les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde. Plus de 300 milliards de barils de pétrole conventionnel et non conventionnel, essentiellement dans le bassin de l’Orénoque, une région immense et difficile d’accès dans l’est du pays. Cette richesse inouïe, combinée à d’autres ressources naturelles abondantes comme l’or et les minerais, fait du Venezuela une cible stratégique pour les grandes puissances, et particulièrement pour les États-Unis, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques et à réduire leur dépendance vis-à-vis d’autres régions instables comme le Moyen-Orient.
Pourtant, malgré cette richesse théorique, la production pétrolière vénézuélienne s’est effondrée au cours des dernières années. Au début des années 2000, sous la présidence d’Hugo Chávez, le pays produisait plus de 3 millions de barils par jour. Mais l’exode des ingénieurs et des techniciens qualifiés, le manque d’investissement dans les infrastructures vieillissantes, la corruption généralisée et les sanctions internationales ont ramené la production à des niveaux historiquement bas. En 2025, elle oscillait autour de 600 000 barils par jour, à peine 20 % de ce qu’elle était deux décennies plus tôt. Les raffineries ne fonctionnaient qu’à capacité réduite. Les puits n’étaient pas entretenus. Les pipelines se corrodaient. Un pays qui avait bâti sa richesse sur le pétrole se trouvait incapable d’exploiter sa propre ressource.
L’annonce de Trump selon laquelle le Venezuela « vient de nous donner 50 millions de barils par jour » est donc à prendre avec circonspection. Ce chiffre dépasse largement la capacité de production actuelle du pays et paraît irréaliste dans l’immédiat. Il s’agit probablement d’un engagement futur, d’une promesse de reprise progressive des livraisons une fois que les infrastructures auront été remises en état et que les sanctions auront été levées. Mais l’intention est claire : le nouveau gouvernement vénézuélien est prêt à faire du pétrole un levier central de sa relation avec Washington, à offrir à l’Amérique un accès direct à ses réserves en échange de la reconnaissance politique et de la sécurité.
Fermez les yeux un instant et imaginez ce pays. Imaginez le Venezuela avec ses rues autrefois brillantes de Caracas, ses gratte-ciel en verre reflétant le soleil, ses restaurants branchés, ses plages de La Guaira où les familles venaient le week-end. Tout ça, financé par le pétrole. Et maintenant imaginez ces mêmes rues vides, ces mêmes bâtiments délabrés, ces mêmes plages désertes. La richesse est toujours là, sous le sol. Mais elle ne remonte pas. Elle reste enfouie, inaccessible, inutile. Vous savez ce que ça fait, d’avoir quelque chose qui pourrait changer votre vie mais qui reste hors de portée ? C’est ça que les Vénézuéliens vivent chaque jour depuis des années. Regarder l’or noir couler sous leurs pieds sans pouvoir y toucher.
Les enjeux stratégiques pour Washington
Pour l’administration Trump, le retour du pétrole vénézuélien sur le marché mondial présente des avantages stratégiques considérables. Tout d’abord, il permettrait de diversifier les approvisionnements américains et de réduire la dépendance vis-à-vis d’autres producteurs comme l’Arabie saoudite ou la Russie. Dans un contexte géopolitique instable, où les relations avec ces pays sont parfois tendues, avoir une source fiable et proche d’approvisionnement est un atout majeur. Le Venezuela n’est qu’à quelques jours de navire des côtes américaines, contrairement au Moyen-Orient qui nécessite des semaines de transport et le passage par des détroits stratégiques potentiellement bloqués.
Ensuite, le pétrole vénézuélien est particulièrement adapté aux raffineries américaines, principalement celles du Golfe du Mexique, qui sont conçues pour traiter le pétrole extra-lourd, riche en soufre, que produit le Venezuela. Une grande partie du pétrole vénézuélien est extraite de la ceinture de l’Orénoque, sous forme de bitume qui doit être mélangé à des diluants pour être transportable. Ce type de pétrole nécessite des installations spécifiques pour être raffiné, et les États-Unis possèdent l’une des capacités les plus importantes au monde dans ce domaine. Rétablir les flux de pétrole vénézuélien permettrait donc d’utiliser pleinement ces infrastructures existantes, qui ont été construites précisément pour traiter ce type de brut.
Enfin, et peut-être surtout, le contrôle du pétrole vénézuélien donne à Washington un levier économique considérable sur le pays. En contrôlant les revenus pétroliers, les États-Unis peuvent influencer les politiques du gouvernement, encourager les réformes, s’assurer que le nouveau dirigeant reste aligné sur les intérêts américains. C’est un classique de la politique étrangère américaine : utiliser l’accès au marché financier et commercial comme instrument de pression. Pour Rodriguez, accepter cette réalité signifie accepter une certaine forme de dépendance, mais c’est peut-être le prix à payer pour éviter une intervention militaire directe et pour obtenir la reconnaissance dont elle a besoin pour stabiliser le pays.
Section 5 : L’opération Absolute Resolve, point de bascule
Les mois de préparation d’une mission historique
L’opération qui a abouti à la capture de Maduro n’a pas été improvisée. Les préparatifs ont commencé en mi-décembre 2025, mais la vision avait été plantée des mois plus tôt. Dès août, la CIA avait installé clandestinement une petite équipe à l’intérieur du Venezuela pour suivre les habitudes, les déplacements et les lieux de fréquentation de Maduro. Cette équipe a passé des mois à collecter des informations : « comment il se déplaçait, où il vivait, où il voyageait, ce qu’il mangeait, ce qu’il portait, quels étaient ses animaux de compagnie », a détaillé le général Dan Caine, président des chefs d’état-major interarmées. Ces renseignements ont permis de déterminer avec précision où il se trouverait le soir de l’opération, notamment où il dormirait.
Les actifs de renseignements comprenaient une source de la CIA opérant au sein même du gouvernement vénézuélien, qui a aidé les États-Unis à suivre la localisation et les mouvements de Maduro avant sa capture. Cette infiltration du cercle intérieur du pouvoir représente un succès opérationnel majeur pour les services de renseignement américains et explique comment les forces spéciales ont pu localiser avec une telle précision le président vénézuélien dans sa résidence privée. La présence d’un agent américain à l’intérieur du gouvernement bolivarien suggère également que le régime de Maduro était déjà miné par des divisions internes, que certains hauts fonctionnaires pouvaient être prêts à collaborer avec Washington pour faciliter une transition.
La planification de l’opération a impliqué une coordination sans précédent entre les différentes agences américaines. Pentagone, CIA, NSA, DIA : toutes les agences de renseignement et de sécurité ont contribué à l’effort. Des centaines d’analystes ont travaillé sur la préparation, cartographiant les réseaux de sécurité présidentielle, identifiant les défenses aériennes, planifiant les itinéraires d’extraction. Des équipes de guerre cybernétique ont préparé des attaques pour désactiver les systèmes de communication et de défense vénézuéliens. Des unités de guerre électronique ont prévu des brouillages pour empêcher les forces loyalistes de coordonner une réponse.
La planification n’a pas été sans tensions internes. Plusieurs membres du Congrès démocrates ont accusé Rubio et Hegseth, le secrétaire à la Défense, d’avoir menti aux législateurs lors d’un briefing au Sénat en décembre, quand ils avaient affirmé que l’objectif n’était pas un changement de régime. Le sénateur Andy Kim a écrit sur X : « Les secrétaires Rubio et Hegseth ont regardé chaque sénateur dans les yeux il y a quelques semaines et ont dit que ce n’était pas une question de changement de régime. Je ne leur faisais pas confiance à l’époque et nous voyons maintenant qu’ils ont menti franchement au Congrès. » Ces accusations soulignent les divisions que l’opération a créées à Washington, entre ceux qui soutiennent l’approche musclée de Trump et ceux qui s’inquiètent des conséquences d’une intervention directe dans les affaires d’un pays souverain.
Quand on y pense, c’est vertigineux. Des mois de préparation. Des centaines, peut-être des milliers de personnes qui travaillent dans l’ombre, qui planifient, qui analysent, qui préparent chaque détail. Et tout ça pour une nuit. Une seule nuit où tout se joue. Des hélicoptères qui décollent de vingt bases différentes. Des centaines d’appareils qui remplissent le ciel. Des Delta Force qui se précipitent dans une maison au milieu de la nuit. Et puis, en quelques minutes, c’est fini. Maduro est en captivité. Le pays est en émoi. Le monde change. Et tout ça parce qu’un homme, dans une pièce de Mar-a-Lago, a dit « allez-y ». Comment ça nous fait sentir, ça ? Nous, les simples citoyens qui regardons les nouvelles à la télé ? On se sent petits. On se sent impuissants. On se dit que nos vies, nos pays, nos destins peuvent être bouleversés par des décisions prises à des milliers de kilomètres, par des gens qu’on ne connaîtra jamais.
La nuit du raid, vue depuis Mar-a-Lago
La nuit du raid, Trump ne dormait pas. Installé dans une pièce séparée de son club privé de Mar-a-Lago en Floride, entouré d’écrans qui affichaient en temps réel les flux de surveillance, il regardait l’opération se dérouler comme s’il s’agissait d’une émission de télévision. À côté de lui, les généraux et les conseillers suivaient le moindre mouvement. Quelques heures plus tôt, après une excursion shopping pour acheter du marbre et de l’onyx et un dîner sur la terrasse du club, le président avait donné le feu vert final. « Bonne chance, et bon vent », avait-il dit aux responsables de la sécurité nationale réunis. C’était 22h46, heure de l’Est.
Peu après, les hélicoptères américains décollaient, planant à 30 mètres au-dessus de l’eau sombre, en direction de Caracas. Quelques heures plus tard, Maduro était en détention, menotté, vêtu d’un survêtement gris, les yeux bandés, comme le montrait une photo publiée par Trump sur Truth Social. Le président américain a émergé le samedi matin pour déclarer que les États-Unis « géreraient maintenant » le pays pour un avenir indéterminé, offrant remarquablement peu de détails et affirmant qu’il n’avait « pas peur des bottes sur le terrain ».
Pour un président dont le mouvement politique avait été alimenté, en partie, par les ressentiments vis-à-vis de deux décennies d’intervention étrangère sanglante américaine, c’était un renversement remarquable. Le président a principalement évacué le travail qui pourrait l’attendre, se concentrant plutôt sur l’obtention de l’accès aux vastes réserves pétrolières du Venezuela et déclinant à plusieurs reprises d’exclure une présence militaire américaine plus robuste si les alliés de Maduro refusaient de céder le pouvoir. Dans les heures qui ont suivi la frappe, des sources autour de Washington, y compris des collaborateurs du Congrès et des alliés du président, ont exprimé en privé des inquiétudes sur les conséquences à long terme de l’action, tant en termes de sécurité nationale américaine que des retombées politiques potentielles pour un président avec des cotes de popularité faibles et dont la base a montré peu d’appétit pour l’intervention américaine à l’étranger.
Section 6 : Le jeu dangereux de Delcy Rodriguez
Entre Washington et les loyalistes, un équilibre impossible
Delcy Rodriguez marche sur un fil. D’un côté, elle doit répondre aux exigences de Washington, qui attend des résultats tangibles en échange de sa tolérance. De l’autre, elle doit maintenir le soutien des militaires et des cadres du régime bolivarien qui regardent ses concessions avec suspicion. Cette double game, comme l’appellent les analystes, est extrêmement dangereuse. Chaque geste qu’elle fait en direction de l’Amérique est interprété à Caracas comme une trahison potentielle. Chaque déclaration ferme en faveur de la souveraineté vénézuélienne est perçue à Washington comme un recul, un signe qu’elle n’est pas vraiment disposée à coopérer.
Les militaires vénézuéliens constituent un acteur particulièrement crucial. Depuis des années, l’armée est la principale institution qui a permis la survie du régime bolivarien. Maduro avait lui-même un passé militaire et s’était assuré la loyauté des hauts gradés en leur accordant des privilèges économiques, des positions dans le gouvernement, le contrôle de secteurs lucratifs de l’économie. Après la capture de Maduro, ces mêmes généraux se sont retrouvés face à un choix : soutenir Rodriguez ou tenter un contre-coup pour prendre le pouvoir eux-mêmes. Jusqu’à présent, ils ont choisi de soutenir Rodriguez, peut-être parce qu’elle est connue et qu’elle représente une certaine continuité avec le régime chaviste. Mais leur patience n’est pas infinie.
Si Rodriguez va trop loin dans ses concessions à Washington, si elle autorise des réformes qui menacent les intérêts militaires, si elle accepte des conditions qui semblent humilier le pays, les généraux pourraient décider qu’elle est devenue inutile, voire dangereuse. Ils pourraient l’écarter, comme ils ont écarté Maduro après sa capture. C’est cette menace permanente qui pèse sur chaque décision que prend Rodriguez. Elle doit doser chaque mot, chaque geste, chaque annonce. Ni trop ferme, ni trop conciliante. Ni trop indépendante, ni trop soumise. C’est un exercice d’équilibre qui demande une habileté politique extraordinaire.
Je pense à cette femme, dans son bureau à Caracas, peut-être à 3 heures du matin, incapable de dormir. Je pense à elle qui regarde les rapports qui arrivent de Washington, les analyses de la situation militaire, les sondages d’opinion. Je pense à elle qui se demande : « Est-ce que je vais assez loin ? Est-ce que je vais trop loin ? » Il n’y a pas de bonne réponse. Il n’y a pas de choix sûr. Chaque option porte le risque de la catastrophe. Si elle ne coopère pas assez, Trump pourrait ordonner une nouvelle frappe. Si elle coopère trop, les militaires pourraient la renverser. C’est une prison invisible. Une prison où les murs sont faits de calculs politiques et de pressions géopolitiques. Et nous, de loin, on juge. On critique. On analyse. On ne comprend pas vraiment ce que ça veut dire, porter le destin d’un pays sur ses épaules, avec une épée suspendue au-dessus de sa tête.
Les concessions nécessaires et les risques encourus
Pour maintenir cet équilibre précaire, Rodriguez a dû faire des concessions importantes. La libération de prisonniers politiques, dont plusieurs Américains, est l’un de ces gestes. En libérant ces détenus, le gouvernement vénézuélien espère apaiser les critiques internationales et montrer sa volonté de réconciliation. Mais cette libération est aussi interprétée par certains cadres du régime comme une faiblesse, comme un signe que le nouveau président cède à la pression étrangère. Les prisonniers politiques étaient utilisés comme monnaie d’échange, comme levier de négociation. Les libérer sans obtenir de garanties claires en retour peut sembler imprudent.
La réouverture des négociations sur les ventes de pétrole constitue une autre concession majeure. Pendant des années, le régime avait utilisé le pétrole comme instrument de politique étrangère, le vendant à des pays alliés comme la Chine ou la Russie en échange de soutien politique et militaire. Revenir vers le marché américain, c’est accepter de dépendre à nouveau d’un partenaire qui a déjà montré qu’il était prêt à intervenir militairement. C’est aussi accepter que les revenus pétroliers soient potentiellement contrôlés par Washington, qui pourrait les utiliser comme instrument de pression.
Enfin, l’autorisation de la visite de Joe McNamara et l’ouverture à la réouverture de l’ambassade américaine envoient un message fort : le Venezuela est prêt à rétablir des relations diplomatiques normales, à reconnaître la légitimité de la présence américaine, à accepter un dialogue direct plutôt que la confrontation. C’est un changement radical par rapport à la posture anti-impérialiste qui avait prévalu pendant des années. Mais ce changement aussi a un prix : il alimente les critiques de ceux qui accusent Rodriguez d’avoir vendu la révolution, d’avoir abandonné les principes du chavisme, d’avoir fait du Venezuela un satellite américain.
Section 7 : Les conséquences régionales d’un bouleversement
Un précédent qui inquiète l’Amérique latine
La capture de Maduro et la suite des événements au Venezuela ont créé un précédent qui inquiète de nombreux dirigeants latino-américains. Pour la première fois depuis des décennies, une grande puissance a mené une opération militaire directe pour déposer le président d’un pays de la région, avec succès apparent. Les réactions ont été mitigées. Certains pays, comme la Colombie et le Brésil, qui accueillaient des millions de réfugiés vénézuéliens et souffraient des conséquences de la crise, ont accueilli l’opération avec un certain soulagement, espérant qu’elle permettrait de stabiliser le pays et de créer les conditions pour un retour des réfugiés.
D’autres gouvernements, en particulier ceux de gauche qui avaient maintenu des relations étroites avec Maduro, ont condamné l’opération comme une violation de la souveraineté et un dangereux retour à l’interventionnisme américain. Le Mexique, l’Argentine, la Bolivie ont tous exprimé leur inquiétude, craignant que ce précédent ne soit utilisé à l’avenir pour justifier d’autres interventions dans des pays qui ne seraient pas alignés sur les intérêts américains. L’Organisation des États américains (OEA) a tenu des sessions d’urgence pour discuter de la situation, mais a été incapable de parvenir à une position commune, reflétant les divisions profondes que la crise vénézuélienne a créées dans la région.
Le président mexicain, particulièrement, a exprimé ses craintes lors d’une conférence de presse : « Ce qui s’est passé au Venezuela crée un dangereux précédent. Aujourd’hui, c’est le Venezuela. Demain, qui ça sera ? Quel autre pays latino-américain dont les politiques ne plaisent pas à Washington pourrait faire l’objet d’une intervention similaire ? » Ces questions résonnent dans de nombreuses capitales de la région, où les souvenirs des interventions américaines du XXe siècle sont encore vivants.
Et puis il y a ce silence. Ce silence qui suit les annonces, les déclarations, les condamnations. Ce silence des millions de gens ordinaires qui vivent dans ces pays. Au Mexique, en Colombie, au Brésil, en Argentine. Des gens qui regardent les nouvelles et qui se disent : « Ça pourrait être nous. » Des gens qui se demandent si leur pays, leur gouvernement, leur président pourrait être la prochaine cible. C’est une peur sourde, rampante, qui s’installe. On ne la voit pas dans les gros titres. On ne l’entend pas dans les discours officiels. Mais elle est là. Elle épaissit l’air comme une brume invisible. Elle change la façon dont les gens voient le monde. La façon dont ils voient l’Amérique. La façon dont ils voient leur propre avenir.
L’exode des réfugiés et la crise humanitaire
Au-delà des préoccupations géopolitiques, la crise vénézuélienne a créé l’une des plus importantes crises de réfugiés de l’histoire récente. On estime que plus de 7 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis le début de la crise économique en 2014. La majorité s’est réfugiée dans les pays voisins, principalement la Colombie, le Pérou, l’Équateur et le Chili. Ces pays ont dû faire face à des défis immenses pour accueillir, intégrer et soutenir cette population massive, alors que leurs propres ressources étaient souvent limitées.
La Colombie à elle seule accueille plus de 2 millions de réfugiés vénézuéliens. Le pays a mis en place des programmes de documentation temporaire, a autorisé l’accès aux services de santé et d’éducation, a créé des mécanismes de régularisation. Mais la pression reste énorme, particulièrement dans les villes frontalières comme Cúcuta, où la population vénézuélienne représente parfois plus de la moitié des habitants. Les services publics sont surchargés, le logement est insuffisant, le marché du travail est saturé. La cohabitation n’est pas toujours facile, et les tensions entre les communautés ont parfois dégénéré en violence.
La capture de Maduro et la perspective d’un changement de régime ont suscité l’espoir que cette crise humanitaire pourrait enfin trouver une solution. Si le nouveau gouvernement parvient à stabiliser le pays, à relancer l’économie, à garantir la sécurité des citoyens, peut-être que les réfugiés pourraient commencer à rentrer chez eux. Mais cet espoir reste fragile. Les conditions économiques au Venezuela restent catastrophiques. Les infrastructures sont détruites. Les institutions sont dysfonctionnelles. Même si la volonté politique existe, le chemin vers un rétablissement complet sera long et difficile. Et pour les millions de réfugiés dispersés à travers le continent, la décision de rentrer ou de rester dépendra de multiples facteurs : la sécurité, les opportunités économiques, les liens familiaux, l’espoir d’un avenir meilleur.
Section 8 : Vers quoi s’achemine le Venezuela ?
Les scénarios possibles pour l’avenir
L’avenir du Venezuela reste incertain, multiple, ouvert à plusieurs scénarios possibles. Le premier scénario, et peut-être le plus optimiste, serait celui d’une transition progressive et négociée, sous la direction de Delcy Rodriguez avec le soutien de Washington. Dans ce scénario, Rodriguez parviendrait à maintenir l’équilibre entre les exigences américaines et les attentes des forces internes, à mettre en place des réformes économiques nécessaires, à restaurer une certaine stabilité politique. Les sanctions seraient progressivement levées, la production pétrolière reprendrait, l’économie se redresserait lentement mais sûrement. Les réfugiés commenceraient à rentrer, les institutions se normaliseraient, le pays se reconstruirait.
Un deuxième scénario, plus sombre, serait celui d’un échec de la stratégie de Rodriguez, qui se retrouverait renversée soit par les militaires, soit par une coalition d’opposition menée par Marïa Corina Machado. Dans ce cas, le pays pourrait sombrer à nouveau dans le chaos. Les militaires, prenant le pouvoir directement, imposeraient un régime encore plus répressif pour maintenir le contrôle. L’opposition, tentant de prendre le pouvoir par la force, déclencherait une guerre civile. Washington, face à cette situation, pourrait décider d’une nouvelle intervention militaire, cette fois plus massive et plus prolongée, ce qui entraînerait des souffrances encore plus grandes pour la population civile.
Un troisième scénario serait celui d’une fragmentation du pays, où différentes régions tombent sous le contrôle de factions rivales : les militaires dans certaines zones, l’opposition dans d’autres, des groupes armés dans d’autres encore. Ce scénario de type « États faillis » a été vu dans d’autres contextes, comme la Libye ou la Somalie, et mènerait à une instabilité chronique, à des combats incessants, à une crise humanitaire encore plus profonde. Le Venezuela, avec ses richesses naturelles, sa position stratégique et sa population importante, deviendrait un problème régional majeur, une source permanente d’instabilité et de déstabilisation.
Qu’est-ce qui nous attend vraiment ? Personne ne le sait. Pas les analystes, pas les diplomates, pas les dirigeants eux-mêmes. L’histoire est pleine de moments comme ça, de bifurcations où tout peut basculer dans une direction ou dans l’autre. Une seule décision. Une seule rencontre. Un seul événement. Et le destin de millions de personnes change pour toujours. C’est vertigineux quand on y pense. C’est terrifiant. Trump et Rodriguez, lors de leur appel téléphonique, savaient-ils qu’ils étaient en train de décider de tout ça ? Ou est-ce que c’est simplement une conversation de plus, un geste de politique étrangère parmi tant d’autres ? Je voudrais croire qu’ils avaient conscience de la gravité du moment. Qu’ils savaient que chaque mot qu’ils prononçaient portait le poids de millions de vies. Mais peut-être que je veux croire ça pour me rassurer. Pour penser que quelqu’un, quelque part, comprend vraiment ce qui est en jeu.
Le rôle des États-Unis dans la reconstruction
Quoi qu’il arrive, le rôle des États-Unis sera déterminant dans l’avenir du Venezuela. L’administration Trump a déjà indiqué qu’elle comptait « gérer » le pays pour un avenir indéterminé, une formulation vague qui soulève plus de questions qu’elle n’en résout. Qu’est-ce que ça veut dire, « gérer » un pays ? Est-ce que ça signifie une administration directe, avec des gouverneurs américains nommés ? Est-ce que ça veut dire un soutien logistique et financier à un gouvernement vénézuélien allié ? Est-ce que ça implique des conseillers militaires permanents ? Des investissements massifs dans les infrastructures ? Une présence économique dominante ?
L’histoire récente des interventions américaines suggère que la réponse sera probablement une combinaison de tout ça. Les États-Unis chercheront à obtenir des avantages économiques, notamment dans le secteur pétrolier, mais aussi à promouvoir des politiques qui correspondent à leurs intérêts stratégiques. Ils soutiendront des acteurs politiques favorables à leurs intérêts, comme ils semblent le faire avec Rodriguez pour l’instant. Ils maintiendront une présence militaire pour « garantir la sécurité » et protéger leurs investissements. Ils utiliseront leur influence pour façonner les institutions vénézuéliennes à leur image.
La question qui se pose est : cette présence américaine sera-t-elle bénéfique ou néfaste pour le peuple vénézuélien ? L’histoire est mitigée sur ce point. Certaines interventions ont conduit à des résultats positifs, comme en Allemagne ou au Japon après la Seconde Guerre mondiale, où la présence américaine a contribué à la reconstruction et à la démocratisation. D’autres ont abouti à des désastres humanitaires, comme en Irak ou en Libye, où l’intervention a créé le chaos et l’instabilité. Le Venezuela, avec son histoire unique, sa population, sa culture, ses institutions, réagira probablement d’une manière qui lui est propre. L’histoire ne se répète pas, mais elle rime souvent.
Section 9 : Le peuple vénézuélien, otage de la géopolitique
La réalité quotidienne d’une population en détresse
Alors que les dirigeants négocient, que les diplomatiers publient des communiqués, que les militaires se positionnent, le peuple vénézuélien continue de vivre sa réalité quotidienne faite de souffrance et de survie. Dans les quartiers populaires de Caracas, les familles se lèvent chaque matin avec la même question : comment allons-nous manger aujourd’hui ? L’inflation, qui atteint des taux à plusieurs chiffres, a érodé le pouvoir d’achat. Le salaire minimum, qui était autrefois suffisant pour vivre une vie digne, ne permet plus d’acheter qu’une fraction des produits essentiels. Les marchés sont vides ou proposent des produits à des prix inaccessibles pour la majorité.
Le système de santé, autrefois l’un des meilleurs d’Amérique latine, s’est effondré. Les hôpitaux manquent de médicaments, d’équipements, de personnel. Les maladies qui avaient été éradiquées réapparaissent. Les patients meurent de maladies traitables faute de soins appropriés. Les femmes enceintes n’ont pas accès aux soins prénataux. Les enfants ne sont pas vaccinés. C’est une catastrophe humanitaire silencieuse qui se déroule hors des caméras, loin des grands titres internationaux, mais qui fait des victimes chaque jour.
Les infrastructures sont en ruine. Les routes sont défoncées, les ponts s’effondrent, les électricités coupent plusieurs heures par jour, l’eau potable est rare. Le système éducatif ne fonctionne plus correctement. Les écoles sont fermées ou surpeuplées, les enseignants sont partis, les élèves n’apprennent plus. Toute une génération d’enfants vénézuéliens grandit sans éducation, sans perspectives, sans espoir d’un avenir meilleur. C’est un gâchis humain d’une ampleur difficile à mesurer, un gaspillage de potentiel qui se traduira par des conséquences pour des décennies.
Je pense à une femme que j’ai vue dans un reportage. Elle s’appelle Maria. Elle a 42 ans. Elle vit dans un quartier de Caracas. Chaque matin, elle fait la queue pendant des heures devant une boulangerie pour espérer acheter du pain pour ses trois enfants. Elle ne sait pas si elle aura de la chance ce jour-là. Elle ne sait pas si ses enfants mangeront ce soir. Elle fait la queue avec des centaines d’autres femmes, d’autres mères, d’autres êtres humains qui essaient simplement de survivre. Et pendant ce temps, à Washington, dans des bureaux climatisés, des gens en costumes discutent de pétrole, de stratégie, de géopolitique. Ils parlent de « gérer » un pays. Mais est-ce qu’ils ont déjà fait la queue pour du pain ? Est-ce qu’ils ont déjà dû choisir entre nourrir leurs enfants ou acheter des médicaments ? Est-ce qu’ils comprennent vraiment ce que ça veut dire, la faim ? La peur ? Le désespoir ? Je veux croire qu’ils le comprennent. Je veux croire qu’ils ressentent quelque chose. Mais quand je vois la distance entre leurs décisions et la réalité du peuple, j’ai du mal à y croire.
L’espoir fragile d’un retour à la normalité
Même au cœur de cette souffrance, l’espoir ne s’est pas complètement éteint. Les Vénézuéliens sont un peuple résilient, habitué à surmonter les difficultés, à trouver des solutions créatives pour survivre. Malgré tout, ils continuent à vivre, à aimer, à rire, à rêver. Les familles se réunissent, les amis s’entraident, les communautés s’organisent. Des initiatives locales émergent : des cuisines communautaires qui nourrissent les plus vulnérables, des coopératives qui produisent des aliments, des réseaux de solidarité qui permettent de partager les ressources rares.
La perspective d’un changement de régime, même incertaine, a ravivé cet espoir. Dans les conversations, les discussions, les rêves partagés, les gens commencent à imaginer un avenir différent. Un avenir où les magasins seraient remplis, où les hôpitaux fonctionneraient, où les enfants iraient à l’école, où ils pourraient voyager, où ils pourraient construire une vie normale. Cet espoir est fragile, il peut être brisé en un instant par une mauvaise nouvelle, par une nouvelle crise, par l’échec des négociations. Mais il existe, et il est puissant.
Les jeunes, en particulier, portent cet espoir. Ils n’ont pas connu la prospérité que leurs parents évoquent avec nostalgie. Ils n’ont connu que la crise, la pénurie, l’exil. Pourtant, ils rêvent d’un pays meilleur. Ils s’instruisent, ils s’organisent, ils préparent l’avenir. Certains sont restés, d’autres sont partis mais espèrent revenir. Tous portent en eux l’attachement à leur terre, à leur culture, à leur identité. Le Venezuela est plus qu’un pays en crise. C’est une nation avec une histoire, une culture, une langue, une musique, une cuisine, un peuple qui refuse d’abandonner.
Conclusion : l’espoir renaît sur le fil du rasoir
Un moment charnière pour le Venezuela et l’Amérique latine
L’appel téléphonique du 14 janvier 2026 entre Donald Trump et Delcy Rodriguez représente un moment charnière, non seulement pour le Venezuela, mais pour l’ensemble de l’Amérique latine. C’est un moment où l’histoire pourrait basculer dans une direction ou dans l’autre, où l’avenir d’un pays et peut-être d’une région entière est en jeu. Ce qui rend ce moment d’autant plus poignant, c’est qu’il est éminemment fragile. L’espoir qui s’est éveillé avec cette conversation pourrait s’éteindre aussi vite qu’il s’est allumé. Une mauvaise décision, une rupture, une crise : tout pourrait redevenir comme avant, ou pire.
Pour Delcy Rodriguez, c’est peut-être le moment le plus important de sa vie. Femme d’État à la tête d’un pays en ruine, elle tient entre ses mains le destin de millions de personnes. Elle marche sur un fil, chaque pas calculé, chaque mot pesé. Elle doit concilier l’inconciliable, satisfaire des exigences contradictoires, naviguer entre des eaux dangereuses. Son succès pourrait signifier la renaissance du Venezuela, la fin de la crise, le retour de la prospérité. Son échec pourrait signifier la poursuite du chaos, la division du pays, la souffrance prolongée.
Pour Donald Trump, c’est une autre étape dans sa transformation en président interventionniste, malgré les réticences de sa base et les critiques de ses adversaires. Il a pris une décision audacieuse, risquée, qui pourrait aboutir à un succès diplomatique majeur ou à un engrenage militaire interminable. L’histoire jugera si son choix était le bon. Pour l’instant, il reste au centre de cette scène mondiale, convoitant peut-être un autre prix que celui qu’il n’a pas encore obtenu : celui d’avoir changé le cours de l’histoire d’une région entière.
Et nous, simples observateurs de cette histoire qui s’écrit, comment devrions-nous ressentir ? Devrions-nous espérer que tout se passe bien, que les négociations aboutissent, que le peuple vénézuélien retrouve enfin la paix et la prospérité ? Devrions-nous craindre l’échec, la rechute dans le chaos, la continuation de la souffrance ? Ou devrions-nous simplement accepter que l’histoire suit son cours, que les grandes puissances décident des destins des petits pays, que les individus sont emportés par des forces qui les dépassent ? Je ne sais pas. Mais il y a une chose que je sais. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette histoire. Une femme qui essaie de sauver son pays. Un peuple qui endure en espérant. Des millions de vies suspendues dans l’attente d’un avenir qui pourrait être meilleur. Et cette question qui me hante, qui me revient encore et encore : combien de temps encore les êtres humains devront-ils attendre que les puissants décident de leur sort ? Combien de fois encore l’histoire se répétera-t-elle, avec les mêmes acteurs, les mêmes jeux de pouvoir, les mêmes victimes innocentes ? J’aimerais croire qu’un jour, la réponse sera : plus jamais. J’aimerais croire que le Venezuela sera le dernier pays à traverser cette épreuve. Mais en attendant, j’attends. J’attends comme les millions de Vénézuéliens qui font la queue chaque matin. J’attends comme Delcy Rodriguez qui marche sur son fil. J’attends comme tous ceux qui espèrent, contre toute logique, que demain sera meilleur qu’aujourd’hui.
Sources
Sources primaires
blank »>L’Humanité – Venezuela : après une « une excellente conversation » avec Donald Trump, Delcy Rodriguez annonce que le pays « s’ouvre à un nouveau moment politique » (15 janvier 2026)
blank »>Reuters – Trump, Venezuela’s Rodriguez tout positive phone call (14 janvier 2026)
blank »>CNN – From order to extraction: Inside the US capture of Nicolás Maduro (3-4 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>CNN – The two leaders fighting for Venezuela’s future – and for Trump’s favor (15 janvier 2026)
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