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Venezuela : après l’appel Trump, l’espoir renaît sur le fil du rasoir
Crédit: Custom

Une accession au pouvoir par la force des circonstances

Delcy Rodriguez n’était pas censée devenir présidente. Ancienne vice-présidente de Maduro, ministre des Affaires étrangères de 2013 à 2017, elle avait fait partie pendant des années du cercle le plus proche du pouvoir chaviste. Sa loyauté envers le régime bolivarien ne faisait aucun doute. Elle était connue pour ses discours enflammés, sa défense farouche de la souveraineté vénézuélienne, sa rhétorique anti-impérialiste virulente. Mais le 3 janvier 2026, tout a changé. Lorsque Maduro a été capturé, c’est vers elle que les regards se sont tournés. L’Assemblée nationale, contrôlée par le parti au pouvoir, l’a immédiatement nommée présidente par intérim. Un transfert de pouvoir orchestré dans l’urgence, sous la menace d’une intervention militaire américaine imminente.

Dès sa prise de fonction, Rodriguez s’est trouvée face à une équation impossible. D’un côté, elle devait maintenir la légitimité du régime bolivarien auprès de ses partisans, des militaires, des organisations de base qui formaient l’épine dorsale du chavisme. De l’autre, elle devait répondre aux exigences de Washington, qui tenait désormais le destin du pays entre ses mains. Dans les premiers jours suivant la capture de Maduro, elle a choisi la confrontation publique. Elle a dénoncé l’opération comme un « enlèvement », une « barbarie », une violation flagrante de la souveraineté nationale. Elle a exigé le retour de l’ancien président. Elle a mobilisé les partisans dans les rues de Caracas, organisant des manifestations pour dénoncer « l’agression impérialiste ».

Mais en même temps, dans l’ombre, une autre dynamique était à l’œuvre. Rodriguez entamait des contacts discrets avec l’administration Trump. Elle envoyait des signaux, proposait des concessions, cherchait une issue négociée. C’est cette double game, ce jeu dangereux sur deux fronts simultanés, qui caractérise aujourd’hui son action. « Elle doit convaincre l’administration Trump qu’elle travaille avec eux, à leurs fins, de manière coopérative », explique Will Freeman, expert sur l’Amérique latine au Council on Foreign Relations. « Mais elle doit aussi convaincre les durs du régime Maduro, y compris l’armée, qu’elle ne va pas les trahir. » Un équilibre précaire sur un fil qui pourrait se rompre à tout moment.

Qu’est-ce qui se passe dans la tête de cette femme ? Comment fait-elle pour gérer cette pression impossible ? D’un côté, elle est entourée de militaires qui la regardent avec suspicion, qui se demandent si elle est en train de vendre la révolution. De l’autre, elle a Washington qui exige des résultats, qui menace d’autres frappes, qui lui rappelle à chaque instant que rien n’est encore acquis. Et puis il y a le peuple vénézuélien. Les millions qui attendent, qui souffrent, qui espèrent. Je ne sais pas comment on peut dormir avec tout ça sur les épaules. Je ne sais pas comment on peut prendre une décision sans avoir peur qu’elle soit la mauvaise. Peut-être qu’elle n’a pas le luxe de la peur. Peut-être qu’elle n’a plus le choix.

Une stratégie de survie et de réconciliation

Depuis sa nomination, Rodriguez a entrepris une série de gestes destinés à apaiser les tensions et à démontrer sa volonté de coopérer. La semaine précédant l’appel avec Trump, son gouvernement a annoncé l’ouverture de négociations pour augmenter les ventes de pétrole aux États-Unis. Le Venezuela possède les plus importantes réserves pétrolières prouvées au monde, mais sa production s’était effondrée sous les sanctions et la mauvaise gestion. L’offre de livrer des millions de barils supplémentaires sur le marché américain constitue une concession majeure, symbolique autant qu’économique. C’est un geste qui montre que Caracas est prêt à reprendre sa place dans le marché énergétique mondial, aux conditions dictées par Washington.

Plus significatif encore : le gouvernement vénézuélien a autorisé la visite du chargé d’affaires américain Joe McNamara à Caracas pour explorer la possibilité de rouvrir l’ambassade des États-Unis, fermée depuis 2019. L’ambassade avait été transformée en siège de l’opposition vénézuélienne sous la direction de Juan Guaidó, le président autoproclamé reconnu par une cinquantaine de pays. Le simple fait d’autoriser cette visite envoie un message puissant : le nouveau pouvoir est prêt à rétablir des relations diplomatiques normales, à reconnaître la légitimité de la présence américaine sur le sol vénézuélien. C’est un changement radical par rapport à la posture anti-impérialiste qui avait prévalu pendant des années.

D’autres gestes ont suivi. La libération de prisonniers politiques et de détenus américains, présentée comme un « geste de paix ». L’affirmation répétée que « le Venezuela n’est pas en guerre » et qu’il n’y a « rien d’étrange » à avoir des relations commerciales avec les États-Unis. La tentative de rassurer la population et la communauté internationale sur la volonté du nouveau gouvernement de s’engager sur la voie de la normalisation. Mais chaque geste est aussi calculé, chaque déclaration pesée au trébuchet, car il doit être acceptable à la fois pour Washington et pour les durs du régime intérieur.

Sources

L’Humanité – « Venezuela : après une « une excellente conversation » avec Donald Trump, Delcy Rodriguez annonce que le pays « s’ouvre à un nouveau moment politique » » (15 janvier 2026) — https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/venezuela-apres-une-une-excellente-conversation-avec-donald-trump-delcy-rodriguez-annonce-que-le-pays-souvre-a-un-nouveau-moment-politique
Reuters – « Trump, Venezuela’s Rodriguez tout positive phone call » (14 janvier 2026) — https://www.reuters.com/world/americas/trump-venezuelan-leader-rodriguez-tout-positive-phone-call-2026-01-14/
CNN – « The two leaders fighting for Venezuela’s future – and for Trump’s favor » (15 janvier 2026) — https://www.cnn.com/2026/01/15/americas/venezuela-machado-rodriguez-trump-intl-hnk/
CNN – « From order to extraction: Inside the US capture of Nicolás Maduro » (4 janvier 2026) — https://www.cnn.com/2026/01/03/politics/nicolas-maduro-capture-venezuela
Machado elle-même est sous sanctions américaines pour violations des droits de l’homme, des accusations qu’elle a toujours niées. Une ironie cruelle : celle qui lutte pour la démocratie se retrouve sanctionnée par les démocraties qu’elle cherche à rallier. Mais ces sanctions pourraient être levées si Trump décide de la soutenir. Un autre levier que le président américain pourrait actionner à sa guise. Le pouvoir de lever des sanctions, d’accorder une reconnaissance internationale, de peser sur le destin d’un pays : tout cela repose aujourd’hui dans les mains d’un seul homme.

Section 4 : La question du pétrole, moteur des relations

Les réserves immenses d’un pays paralysé

Le Venezuela possède ce que beaucoup de pays rêvent d’avoir : les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde. Plus de 300 milliards de barils de pétrole conventionnel et non conventionnel, essentiellement dans le bassin de l’Orénoque, une région immense et difficile d’accès dans l’est du pays. Cette richesse inouïe, combinée à d’autres ressources naturelles abondantes comme l’or et les minerais, fait du Venezuela une cible stratégique pour les grandes puissances, et particulièrement pour les États-Unis, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques et à réduire leur dépendance vis-à-vis d’autres régions instables comme le Moyen-Orient.

Pourtant, malgré cette richesse théorique, la production pétrolière vénézuélienne s’est effondrée au cours des dernières années. Au début des années 2000, sous la présidence d’Hugo Chávez, le pays produisait plus de 3 millions de barils par jour. Mais l’exode des ingénieurs et des techniciens qualifiés, le manque d’investissement dans les infrastructures vieillissantes, la corruption généralisée et les sanctions internationales ont ramené la production à des niveaux historiquement bas. En 2025, elle oscillait autour de 600 000 barils par jour, à peine 20 % de ce qu’elle était deux décennies plus tôt. Les raffineries ne fonctionnaient qu’à capacité réduite. Les puits n’étaient pas entretenus. Les pipelines se corrodaient. Un pays qui avait bâti sa richesse sur le pétrole se trouvait incapable d’exploiter sa propre ressource.

L’annonce de Trump selon laquelle le Venezuela « vient de nous donner 50 millions de barils par jour » est donc à prendre avec circonspection. Ce chiffre dépasse largement la capacité de production actuelle du pays et paraît irréaliste dans l’immédiat. Il s’agit probablement d’un engagement futur, d’une promesse de reprise progressive des livraisons une fois que les infrastructures auront été remises en état et que les sanctions auront été levées. Mais l’intention est claire : le nouveau gouvernement vénézuélien est prêt à faire du pétrole un levier central de sa relation avec Washington, à offrir à l’Amérique un accès direct à ses réserves en échange de la reconnaissance politique et de la sécurité.


Fermez les yeux un instant et imaginez ce pays. Imaginez le Venezuela avec ses rues autrefois brillantes de Caracas, ses gratte-ciel en verre reflétant le soleil, ses restaurants branchés, ses plages de La Guaira où les familles venaient le week-end. Tout ça, financé par le pétrole. Et maintenant imaginez ces mêmes rues vides, ces mêmes bâtiments délabrés, ces mêmes plages désertes. La richesse est toujours là, sous le sol. Mais elle ne remonte pas. Elle reste enfouie, inaccessible, inutile. Vous savez ce que ça fait, d’avoir quelque chose qui pourrait changer votre vie mais qui reste hors de portée ? C’est ça que les Vénézuéliens vivent chaque jour depuis des années. Regarder l’or noir couler sous leurs pieds sans pouvoir y toucher.

Les enjeux stratégiques pour Washington

Pour l’administration Trump, le retour du pétrole vénézuélien sur le marché mondial présente des avantages stratégiques considérables. Tout d’abord, il permettrait de diversifier les approvisionnements américains et de réduire la dépendance vis-à-vis d’autres producteurs comme l’Arabie saoudite ou la Russie. Dans un contexte géopolitique instable, où les relations avec ces pays sont parfois tendues, avoir une source fiable et proche d’approvisionnement est un atout majeur. Le Venezuela n’est qu’à quelques jours de navire des côtes américaines, contrairement au Moyen-Orient qui nécessite des semaines de transport et le passage par des détroits stratégiques potentiellement bloqués.

Ensuite, le pétrole vénézuélien est particulièrement adapté aux raffineries américaines, principalement celles du Golfe du Mexique, qui sont conçues pour traiter le pétrole extra-lourd, riche en soufre, que produit le Venezuela. Une grande partie du pétrole vénézuélien est extraite de la ceinture de l’Orénoque, sous forme de bitume qui doit être mélangé à des diluants pour être transportable. Ce type de pétrole nécessite des installations spécifiques pour être raffiné, et les États-Unis possèdent l’une des capacités les plus importantes au monde dans ce domaine. Rétablir les flux de pétrole vénézuélien permettrait donc d’utiliser pleinement ces infrastructures existantes, qui ont été construites précisément pour traiter ce type de brut.

Enfin, et peut-être surtout, le contrôle du pétrole vénézuélien donne à Washington un levier économique considérable sur le pays. En contrôlant les revenus pétroliers, les États-Unis peuvent influencer les politiques du gouvernement, encourager les réformes, s’assurer que le nouveau dirigeant reste aligné sur les intérêts américains. C’est un classique de la politique étrangère américaine : utiliser l’accès au marché financier et commercial comme instrument de pression. Pour Rodriguez, accepter cette réalité signifie accepter une certaine forme de dépendance, mais c’est peut-être le prix à payer pour éviter une intervention militaire directe et pour obtenir la reconnaissance dont elle a besoin pour stabiliser le pays.

Section 5 : L’opération Absolute Resolve, point de bascule

Les mois de préparation d’une mission historique

L’opération qui a abouti à la capture de Maduro n’a pas été improvisée. Les préparatifs ont commencé en mi-décembre 2025, mais la vision avait été plantée des mois plus tôt. Dès août, la CIA avait installé clandestinement une petite équipe à l’intérieur du Venezuela pour suivre les habitudes, les déplacements et les lieux de fréquentation de Maduro. Cette équipe a passé des mois à collecter des informations : « comment il se déplaçait, où il vivait, où il voyageait, ce qu’il mangeait, ce qu’il portait, quels étaient ses animaux de compagnie », a détaillé le général Dan Caine, président des chefs d’état-major interarmées. Ces renseignements ont permis de déterminer avec précision où il se trouverait le soir de l’opération, notamment où il dormirait.

Les actifs de renseignements comprenaient une source de la CIA opérant au sein même du gouvernement vénézuélien, qui a aidé les États-Unis à suivre la localisation et les mouvements de Maduro avant sa capture. Cette infiltration du cercle intérieur du pouvoir représente un succès opérationnel majeur pour les services de renseignement américains et explique comment les forces spéciales ont pu localiser avec une telle précision le président vénézuélien dans sa résidence privée. La présence d’un agent américain à l’intérieur du gouvernement bolivarien suggère également que le régime de Maduro était déjà miné par des divisions internes, que certains hauts fonctionnaires pouvaient être prêts à collaborer avec Washington pour faciliter une transition.

La planification de l’opération a impliqué une coordination sans précédent entre les différentes agences américaines. Pentagone, CIA, NSA, DIA : toutes les agences de renseignement et de sécurité ont contribué à l’effort. Des centaines d’analystes ont travaillé sur la préparation, cartographiant les réseaux de sécurité présidentielle, identifiant les défenses aériennes, planifiant les itinéraires d’extraction. Des équipes de guerre cybernétique ont préparé des attaques pour désactiver les systèmes de communication et de défense vénézuéliens. Des unités de guerre électronique ont prévu des brouillages pour empêcher les forces loyalistes de coordonner une réponse.

La planification n’a pas été sans tensions internes. Plusieurs membres du Congrès démocrates ont accusé Rubio et Hegseth, le secrétaire à la Défense, d’avoir menti aux législateurs lors d’un briefing au Sénat en décembre, quand ils avaient affirmé que l’objectif n’était pas un changement de régime. Le sénateur Andy Kim a écrit sur X : « Les secrétaires Rubio et Hegseth ont regardé chaque sénateur dans les yeux il y a quelques semaines et ont dit que ce n’était pas une question de changement de régime. Je ne leur faisais pas confiance à l’époque et nous voyons maintenant qu’ils ont menti franchement au Congrès. » Ces accusations soulignent les divisions que l’opération a créées à Washington, entre ceux qui soutiennent l’approche musclée de Trump et ceux qui s’inquiètent des conséquences d’une intervention directe dans les affaires d’un pays souverain.


Quand on y pense, c’est vertigineux. Des mois de préparation. Des centaines, peut-être des milliers de personnes qui travaillent dans l’ombre, qui planifient, qui analysent, qui préparent chaque détail. Et tout ça pour une nuit. Une seule nuit où tout se joue. Des hélicoptères qui décollent de vingt bases différentes. Des centaines d’appareils qui remplissent le ciel. Des Delta Force qui se précipitent dans une maison au milieu de la nuit. Et puis, en quelques minutes, c’est fini. Maduro est en captivité. Le pays est en émoi. Le monde change. Et tout ça parce qu’un homme, dans une pièce de Mar-a-Lago, a dit « allez-y ». Comment ça nous fait sentir, ça ? Nous, les simples citoyens qui regardons les nouvelles à la télé ? On se sent petits. On se sent impuissants. On se dit que nos vies, nos pays, nos destins peuvent être bouleversés par des décisions prises à des milliers de kilomètres, par des gens qu’on ne connaîtra jamais.

La nuit du raid, vue depuis Mar-a-Lago

La nuit du raid, Trump ne dormait pas. Installé dans une pièce séparée de son club privé de Mar-a-Lago en Floride, entouré d’écrans qui affichaient en temps réel les flux de surveillance, il regardait l’opération se dérouler comme s’il s’agissait d’une émission de télévision. À côté de lui, les généraux et les conseillers suivaient le moindre mouvement. Quelques heures plus tôt, après une excursion shopping pour acheter du marbre et de l’onyx et un dîner sur la terrasse du club, le président avait donné le feu vert final. « Bonne chance, et bon vent », avait-il dit aux responsables de la sécurité nationale réunis. C’était 22h46, heure de l’Est.

Peu après, les hélicoptères américains décollaient, planant à 30 mètres au-dessus de l’eau sombre, en direction de Caracas. Quelques heures plus tard, Maduro était en détention, menotté, vêtu d’un survêtement gris, les yeux bandés, comme le montrait une photo publiée par Trump sur Truth Social. Le président américain a émergé le samedi matin pour déclarer que les États-Unis « géreraient maintenant » le pays pour un avenir indéterminé, offrant remarquablement peu de détails et affirmant qu’il n’avait « pas peur des bottes sur le terrain ».

Pour un président dont le mouvement politique avait été alimenté, en partie, par les ressentiments vis-à-vis de deux décennies d’intervention étrangère sanglante américaine, c’était un renversement remarquable. Le président a principalement évacué le travail qui pourrait l’attendre, se concentrant plutôt sur l’obtention de l’accès aux vastes réserves pétrolières du Venezuela et déclinant à plusieurs reprises d’exclure une présence militaire américaine plus robuste si les alliés de Maduro refusaient de céder le pouvoir. Dans les heures qui ont suivi la frappe, des sources autour de Washington, y compris des collaborateurs du Congrès et des alliés du président, ont exprimé en privé des inquiétudes sur les conséquences à long terme de l’action, tant en termes de sécurité nationale américaine que des retombées politiques potentielles pour un président avec des cotes de popularité faibles et dont la base a montré peu d’appétit pour l’intervention américaine à l’étranger.

Section 6 : Le jeu dangereux de Delcy Rodriguez

Entre Washington et les loyalistes, un équilibre impossible

Delcy Rodriguez marche sur un fil. D’un côté, elle doit répondre aux exigences de Washington, qui attend des résultats tangibles en échange de sa tolérance. De l’autre, elle doit maintenir le soutien des militaires et des cadres du régime bolivarien qui regardent ses concessions avec suspicion. Cette double game, comme l’appellent les analystes, est extrêmement dangereuse. Chaque geste qu’elle fait en direction de l’Amérique est interprété à Caracas comme une trahison potentielle. Chaque déclaration ferme en faveur de la souveraineté vénézuélienne est perçue à Washington comme un recul, un signe qu’elle n’est pas vraiment disposée à coopérer.

Les militaires vénézuéliens constituent un acteur particulièrement crucial. Depuis des années, l’armée est la principale institution qui a permis la survie du régime bolivarien. Maduro avait lui-même un passé militaire et s’était assuré la loyauté des hauts gradés en leur accordant des privilèges économiques, des positions dans le gouvernement, le contrôle de secteurs lucratifs de l’économie. Après la capture de Maduro, ces mêmes généraux se sont retrouvés face à un choix : soutenir Rodriguez ou tenter un contre-coup pour prendre le pouvoir eux-mêmes. Jusqu’à présent, ils ont choisi de soutenir Rodriguez, peut-être parce qu’elle est connue et qu’elle représente une certaine continuité avec le régime chaviste. Mais leur patience n’est pas infinie.

Si Rodriguez va trop loin dans ses concessions à Washington, si elle autorise des réformes qui menacent les intérêts militaires, si elle accepte des conditions qui semblent humilier le pays, les généraux pourraient décider qu’elle est devenue inutile, voire dangereuse. Ils pourraient l’écarter, comme ils ont écarté Maduro après sa capture. C’est cette menace permanente qui pèse sur chaque décision que prend Rodriguez. Elle doit doser chaque mot, chaque geste, chaque annonce. Ni trop ferme, ni trop conciliante. Ni trop indépendante, ni trop soumise. C’est un exercice d’équilibre qui demande une habileté politique extraordinaire.


Je pense à cette femme, dans son bureau à Caracas, peut-être à 3 heures du matin, incapable de dormir. Je pense à elle qui regarde les rapports qui arrivent de Washington, les analyses de la situation militaire, les sondages d’opinion. Je pense à elle qui se demande : « Est-ce que je vais assez loin ? Est-ce que je vais trop loin ? » Il n’y a pas de bonne réponse. Il n’y a pas de choix sûr. Chaque option porte le risque de la catastrophe. Si elle ne coopère pas assez, Trump pourrait ordonner une nouvelle frappe. Si elle coopère trop, les militaires pourraient la renverser. C’est une prison invisible. Une prison où les murs sont faits de calculs politiques et de pressions géopolitiques. Et nous, de loin, on juge. On critique. On analyse. On ne comprend pas vraiment ce que ça veut dire, porter le destin d’un pays sur ses épaules, avec une épée suspendue au-dessus de sa tête.

Les concessions nécessaires et les risques encourus

Pour maintenir cet équilibre précaire, Rodriguez a dû faire des concessions importantes. La libération de prisonniers politiques, dont plusieurs Américains, est l’un de ces gestes. En libérant ces détenus, le gouvernement vénézuélien espère apaiser les critiques internationales et montrer sa volonté de réconciliation. Mais cette libération est aussi interprétée par certains cadres du régime comme une faiblesse, comme un signe que le nouveau président cède à la pression étrangère. Les prisonniers politiques étaient utilisés comme monnaie d’échange, comme levier de négociation. Les libérer sans obtenir de garanties claires en retour peut sembler imprudent.

La réouverture des négociations sur les ventes de pétrole constitue une autre concession majeure. Pendant des années, le régime avait utilisé le pétrole comme instrument de politique étrangère, le vendant à des pays alliés comme la Chine ou la Russie en échange de soutien politique et militaire. Revenir vers le marché américain, c’est accepter de dépendre à nouveau d’un partenaire qui a déjà montré qu’il était prêt à intervenir militairement. C’est aussi accepter que les revenus pétroliers soient potentiellement contrôlés par Washington, qui pourrait les utiliser comme instrument de pression.

Enfin, l’autorisation de la visite de Joe McNamara et l’ouverture à la réouverture de l’ambassade américaine envoient un message fort : le Venezuela est prêt à rétablir des relations diplomatiques normales, à reconnaître la légitimité de la présence américaine, à accepter un dialogue direct plutôt que la confrontation. C’est un changement radical par rapport à la posture anti-impérialiste qui avait prévalu pendant des années. Mais ce changement aussi a un prix : il alimente les critiques de ceux qui accusent Rodriguez d’avoir vendu la révolution, d’avoir abandonné les principes du chavisme, d’avoir fait du Venezuela un satellite américain.

Section 7 : Les conséquences régionales d’un bouleversement

Un précédent qui inquiète l’Amérique latine

La capture de Maduro et la suite des événements au Venezuela ont créé un précédent qui inquiète de nombreux dirigeants latino-américains. Pour la première fois depuis des décennies, une grande puissance a mené une opération militaire directe pour déposer le président d’un pays de la région, avec succès apparent. Les réactions ont été mitigées. Certains pays, comme la Colombie et le Brésil, qui accueillaient des millions de réfugiés vénézuéliens et souffraient des conséquences de la crise, ont accueilli l’opération avec un certain soulagement, espérant qu’elle permettrait de stabiliser le pays et de créer les conditions pour un retour des réfugiés.

D’autres gouvernements, en particulier ceux de gauche qui avaient maintenu des relations étroites avec Maduro, ont condamné l’opération comme une violation de la souveraineté et un dangereux retour à l’interventionnisme américain. Le Mexique, l’Argentine, la Bolivie ont tous exprimé leur inquiétude, craignant que ce précédent ne soit utilisé à l’avenir pour justifier d’autres interventions dans des pays qui ne seraient pas alignés sur les intérêts américains. L’Organisation des États américains (OEA) a tenu des sessions d’urgence pour discuter de la situation, mais a été incapable de parvenir à une position commune, reflétant les divisions profondes que la crise vénézuélienne a créées dans la région.

Le président mexicain, particulièrement, a exprimé ses craintes lors d’une conférence de presse : « Ce qui s’est passé au Venezuela crée un dangereux précédent. Aujourd’hui, c’est le Venezuela. Demain, qui ça sera ? Quel autre pays latino-américain dont les politiques ne plaisent pas à Washington pourrait faire l’objet d’une intervention similaire ? » Ces questions résonnent dans de nombreuses capitales de la région, où les souvenirs des interventions américaines du XXe siècle sont encore vivants.


Et puis il y a ce silence. Ce silence qui suit les annonces, les déclarations, les condamnations. Ce silence des millions de gens ordinaires qui vivent dans ces pays. Au Mexique, en Colombie, au Brésil, en Argentine. Des gens qui regardent les nouvelles et qui se disent : « Ça pourrait être nous. » Des gens qui se demandent si leur pays, leur gouvernement, leur président pourrait être la prochaine cible. C’est une peur sourde, rampante, qui s’installe. On ne la voit pas dans les gros titres. On ne l’entend pas dans les discours officiels. Mais elle est là. Elle épaissit l’air comme une brume invisible. Elle change la façon dont les gens voient le monde. La façon dont ils voient l’Amérique. La façon dont ils voient leur propre avenir.

L’exode des réfugiés et la crise humanitaire

Au-delà des préoccupations géopolitiques, la crise vénézuélienne a créé l’une des plus importantes crises de réfugiés de l’histoire récente. On estime que plus de 7 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis le début de la crise économique en 2014. La majorité s’est réfugiée dans les pays voisins, principalement la Colombie, le Pérou, l’Équateur et le Chili. Ces pays ont dû faire face à des défis immenses pour accueillir, intégrer et soutenir cette population massive, alors que leurs propres ressources étaient souvent limitées.

La Colombie à elle seule accueille plus de 2 millions de réfugiés vénézuéliens. Le pays a mis en place des programmes de documentation temporaire, a autorisé l’accès aux services de santé et d’éducation, a créé des mécanismes de régularisation. Mais la pression reste énorme, particulièrement dans les villes frontalières comme Cúcuta, où la population vénézuélienne représente parfois plus de la moitié des habitants. Les services publics sont surchargés, le logement est insuffisant, le marché du travail est saturé. La cohabitation n’est pas toujours facile, et les tensions entre les communautés ont parfois dégénéré en violence.

La capture de Maduro et la perspective d’un changement de régime ont suscité l’espoir que cette crise humanitaire pourrait enfin trouver une solution. Si le nouveau gouvernement parvient à stabiliser le pays, à relancer l’économie, à garantir la sécurité des citoyens, peut-être que les réfugiés pourraient commencer à rentrer chez eux. Mais cet espoir reste fragile. Les conditions économiques au Venezuela restent catastrophiques. Les infrastructures sont détruites. Les institutions sont dysfonctionnelles. Même si la volonté politique existe, le chemin vers un rétablissement complet sera long et difficile. Et pour les millions de réfugiés dispersés à travers le continent, la décision de rentrer ou de rester dépendra de multiples facteurs : la sécurité, les opportunités économiques, les liens familiaux, l’espoir d’un avenir meilleur.

Section 8 : Vers quoi s’achemine le Venezuela ?

Les scénarios possibles pour l’avenir

L’avenir du Venezuela reste incertain, multiple, ouvert à plusieurs scénarios possibles. Le premier scénario, et peut-être le plus optimiste, serait celui d’une transition progressive et négociée, sous la direction de Delcy Rodriguez avec le soutien de Washington. Dans ce scénario, Rodriguez parviendrait à maintenir l’équilibre entre les exigences américaines et les attentes des forces internes, à mettre en place des réformes économiques nécessaires, à restaurer une certaine stabilité politique. Les sanctions seraient progressivement levées, la production pétrolière reprendrait, l’économie se redresserait lentement mais sûrement. Les réfugiés commenceraient à rentrer, les institutions se normaliseraient, le pays se reconstruirait.

Un deuxième scénario, plus sombre, serait celui d’un échec de la stratégie de Rodriguez, qui se retrouverait renversée soit par les militaires, soit par une coalition d’opposition menée par Marïa Corina Machado. Dans ce cas, le pays pourrait sombrer à nouveau dans le chaos. Les militaires, prenant le pouvoir directement, imposeraient un régime encore plus répressif pour maintenir le contrôle. L’opposition, tentant de prendre le pouvoir par la force, déclencherait une guerre civile. Washington, face à cette situation, pourrait décider d’une nouvelle intervention militaire, cette fois plus massive et plus prolongée, ce qui entraînerait des souffrances encore plus grandes pour la population civile.

Un troisième scénario serait celui d’une fragmentation du pays, où différentes régions tombent sous le contrôle de factions rivales : les militaires dans certaines zones, l’opposition dans d’autres, des groupes armés dans d’autres encore. Ce scénario de type « États faillis » a été vu dans d’autres contextes, comme la Libye ou la Somalie, et mènerait à une instabilité chronique, à des combats incessants, à une crise humanitaire encore plus profonde. Le Venezuela, avec ses richesses naturelles, sa position stratégique et sa population importante, deviendrait un problème régional majeur, une source permanente d’instabilité et de déstabilisation.


Qu’est-ce qui nous attend vraiment ? Personne ne le sait. Pas les analystes, pas les diplomates, pas les dirigeants eux-mêmes. L’histoire est pleine de moments comme ça, de bifurcations où tout peut basculer dans une direction ou dans l’autre. Une seule décision. Une seule rencontre. Un seul événement. Et le destin de millions de personnes change pour toujours. C’est vertigineux quand on y pense. C’est terrifiant. Trump et Rodriguez, lors de leur appel téléphonique, savaient-ils qu’ils étaient en train de décider de tout ça ? Ou est-ce que c’est simplement une conversation de plus, un geste de politique étrangère parmi tant d’autres ? Je voudrais croire qu’ils avaient conscience de la gravité du moment. Qu’ils savaient que chaque mot qu’ils prononçaient portait le poids de millions de vies. Mais peut-être que je veux croire ça pour me rassurer. Pour penser que quelqu’un, quelque part, comprend vraiment ce qui est en jeu.

Le rôle des États-Unis dans la reconstruction

Quoi qu’il arrive, le rôle des États-Unis sera déterminant dans l’avenir du Venezuela. L’administration Trump a déjà indiqué qu’elle comptait « gérer » le pays pour un avenir indéterminé, une formulation vague qui soulève plus de questions qu’elle n’en résout. Qu’est-ce que ça veut dire, « gérer » un pays ? Est-ce que ça signifie une administration directe, avec des gouverneurs américains nommés ? Est-ce que ça veut dire un soutien logistique et financier à un gouvernement vénézuélien allié ? Est-ce que ça implique des conseillers militaires permanents ? Des investissements massifs dans les infrastructures ? Une présence économique dominante ?

L’histoire récente des interventions américaines suggère que la réponse sera probablement une combinaison de tout ça. Les États-Unis chercheront à obtenir des avantages économiques, notamment dans le secteur pétrolier, mais aussi à promouvoir des politiques qui correspondent à leurs intérêts stratégiques. Ils soutiendront des acteurs politiques favorables à leurs intérêts, comme ils semblent le faire avec Rodriguez pour l’instant. Ils maintiendront une présence militaire pour « garantir la sécurité » et protéger leurs investissements. Ils utiliseront leur influence pour façonner les institutions vénézuéliennes à leur image.

La question qui se pose est : cette présence américaine sera-t-elle bénéfique ou néfaste pour le peuple vénézuélien ? L’histoire est mitigée sur ce point. Certaines interventions ont conduit à des résultats positifs, comme en Allemagne ou au Japon après la Seconde Guerre mondiale, où la présence américaine a contribué à la reconstruction et à la démocratisation. D’autres ont abouti à des désastres humanitaires, comme en Irak ou en Libye, où l’intervention a créé le chaos et l’instabilité. Le Venezuela, avec son histoire unique, sa population, sa culture, ses institutions, réagira probablement d’une manière qui lui est propre. L’histoire ne se répète pas, mais elle rime souvent.

Section 9 : Le peuple vénézuélien, otage de la géopolitique

La réalité quotidienne d’une population en détresse

Alors que les dirigeants négocient, que les diplomatiers publient des communiqués, que les militaires se positionnent, le peuple vénézuélien continue de vivre sa réalité quotidienne faite de souffrance et de survie. Dans les quartiers populaires de Caracas, les familles se lèvent chaque matin avec la même question : comment allons-nous manger aujourd’hui ? L’inflation, qui atteint des taux à plusieurs chiffres, a érodé le pouvoir d’achat. Le salaire minimum, qui était autrefois suffisant pour vivre une vie digne, ne permet plus d’acheter qu’une fraction des produits essentiels. Les marchés sont vides ou proposent des produits à des prix inaccessibles pour la majorité.

Le système de santé, autrefois l’un des meilleurs d’Amérique latine, s’est effondré. Les hôpitaux manquent de médicaments, d’équipements, de personnel. Les maladies qui avaient été éradiquées réapparaissent. Les patients meurent de maladies traitables faute de soins appropriés. Les femmes enceintes n’ont pas accès aux soins prénataux. Les enfants ne sont pas vaccinés. C’est une catastrophe humanitaire silencieuse qui se déroule hors des caméras, loin des grands titres internationaux, mais qui fait des victimes chaque jour.

Les infrastructures sont en ruine. Les routes sont défoncées, les ponts s’effondrent, les électricités coupent plusieurs heures par jour, l’eau potable est rare. Le système éducatif ne fonctionne plus correctement. Les écoles sont fermées ou surpeuplées, les enseignants sont partis, les élèves n’apprennent plus. Toute une génération d’enfants vénézuéliens grandit sans éducation, sans perspectives, sans espoir d’un avenir meilleur. C’est un gâchis humain d’une ampleur difficile à mesurer, un gaspillage de potentiel qui se traduira par des conséquences pour des décennies.


Je pense à une femme que j’ai vue dans un reportage. Elle s’appelle Maria. Elle a 42 ans. Elle vit dans un quartier de Caracas. Chaque matin, elle fait la queue pendant des heures devant une boulangerie pour espérer acheter du pain pour ses trois enfants. Elle ne sait pas si elle aura de la chance ce jour-là. Elle ne sait pas si ses enfants mangeront ce soir. Elle fait la queue avec des centaines d’autres femmes, d’autres mères, d’autres êtres humains qui essaient simplement de survivre. Et pendant ce temps, à Washington, dans des bureaux climatisés, des gens en costumes discutent de pétrole, de stratégie, de géopolitique. Ils parlent de « gérer » un pays. Mais est-ce qu’ils ont déjà fait la queue pour du pain ? Est-ce qu’ils ont déjà dû choisir entre nourrir leurs enfants ou acheter des médicaments ? Est-ce qu’ils comprennent vraiment ce que ça veut dire, la faim ? La peur ? Le désespoir ? Je veux croire qu’ils le comprennent. Je veux croire qu’ils ressentent quelque chose. Mais quand je vois la distance entre leurs décisions et la réalité du peuple, j’ai du mal à y croire.

L’espoir fragile d’un retour à la normalité

Même au cœur de cette souffrance, l’espoir ne s’est pas complètement éteint. Les Vénézuéliens sont un peuple résilient, habitué à surmonter les difficultés, à trouver des solutions créatives pour survivre. Malgré tout, ils continuent à vivre, à aimer, à rire, à rêver. Les familles se réunissent, les amis s’entraident, les communautés s’organisent. Des initiatives locales émergent : des cuisines communautaires qui nourrissent les plus vulnérables, des coopératives qui produisent des aliments, des réseaux de solidarité qui permettent de partager les ressources rares.

La perspective d’un changement de régime, même incertaine, a ravivé cet espoir. Dans les conversations, les discussions, les rêves partagés, les gens commencent à imaginer un avenir différent. Un avenir où les magasins seraient remplis, où les hôpitaux fonctionneraient, où les enfants iraient à l’école, où ils pourraient voyager, où ils pourraient construire une vie normale. Cet espoir est fragile, il peut être brisé en un instant par une mauvaise nouvelle, par une nouvelle crise, par l’échec des négociations. Mais il existe, et il est puissant.

Les jeunes, en particulier, portent cet espoir. Ils n’ont pas connu la prospérité que leurs parents évoquent avec nostalgie. Ils n’ont connu que la crise, la pénurie, l’exil. Pourtant, ils rêvent d’un pays meilleur. Ils s’instruisent, ils s’organisent, ils préparent l’avenir. Certains sont restés, d’autres sont partis mais espèrent revenir. Tous portent en eux l’attachement à leur terre, à leur culture, à leur identité. Le Venezuela est plus qu’un pays en crise. C’est une nation avec une histoire, une culture, une langue, une musique, une cuisine, un peuple qui refuse d’abandonner.

Conclusion : l’espoir renaît sur le fil du rasoir

Un moment charnière pour le Venezuela et l’Amérique latine

L’appel téléphonique du 14 janvier 2026 entre Donald Trump et Delcy Rodriguez représente un moment charnière, non seulement pour le Venezuela, mais pour l’ensemble de l’Amérique latine. C’est un moment où l’histoire pourrait basculer dans une direction ou dans l’autre, où l’avenir d’un pays et peut-être d’une région entière est en jeu. Ce qui rend ce moment d’autant plus poignant, c’est qu’il est éminemment fragile. L’espoir qui s’est éveillé avec cette conversation pourrait s’éteindre aussi vite qu’il s’est allumé. Une mauvaise décision, une rupture, une crise : tout pourrait redevenir comme avant, ou pire.

Pour Delcy Rodriguez, c’est peut-être le moment le plus important de sa vie. Femme d’État à la tête d’un pays en ruine, elle tient entre ses mains le destin de millions de personnes. Elle marche sur un fil, chaque pas calculé, chaque mot pesé. Elle doit concilier l’inconciliable, satisfaire des exigences contradictoires, naviguer entre des eaux dangereuses. Son succès pourrait signifier la renaissance du Venezuela, la fin de la crise, le retour de la prospérité. Son échec pourrait signifier la poursuite du chaos, la division du pays, la souffrance prolongée.

Pour Donald Trump, c’est une autre étape dans sa transformation en président interventionniste, malgré les réticences de sa base et les critiques de ses adversaires. Il a pris une décision audacieuse, risquée, qui pourrait aboutir à un succès diplomatique majeur ou à un engrenage militaire interminable. L’histoire jugera si son choix était le bon. Pour l’instant, il reste au centre de cette scène mondiale, convoitant peut-être un autre prix que celui qu’il n’a pas encore obtenu : celui d’avoir changé le cours de l’histoire d’une région entière.


Et nous, simples observateurs de cette histoire qui s’écrit, comment devrions-nous ressentir ? Devrions-nous espérer que tout se passe bien, que les négociations aboutissent, que le peuple vénézuélien retrouve enfin la paix et la prospérité ? Devrions-nous craindre l’échec, la rechute dans le chaos, la continuation de la souffrance ? Ou devrions-nous simplement accepter que l’histoire suit son cours, que les grandes puissances décident des destins des petits pays, que les individus sont emportés par des forces qui les dépassent ? Je ne sais pas. Mais il y a une chose que je sais. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette histoire. Une femme qui essaie de sauver son pays. Un peuple qui endure en espérant. Des millions de vies suspendues dans l’attente d’un avenir qui pourrait être meilleur. Et cette question qui me hante, qui me revient encore et encore : combien de temps encore les êtres humains devront-ils attendre que les puissants décident de leur sort ? Combien de fois encore l’histoire se répétera-t-elle, avec les mêmes acteurs, les mêmes jeux de pouvoir, les mêmes victimes innocentes ? J’aimerais croire qu’un jour, la réponse sera : plus jamais. J’aimerais croire que le Venezuela sera le dernier pays à traverser cette épreuve. Mais en attendant, j’attends. J’attends comme les millions de Vénézuéliens qui font la queue chaque matin. J’attends comme Delcy Rodriguez qui marche sur son fil. J’attends comme tous ceux qui espèrent, contre toute logique, que demain sera meilleur qu’aujourd’hui.

Sources

Sources primaires

blank »>L’Humanité – Venezuela : après une « une excellente conversation » avec Donald Trump, Delcy Rodriguez annonce que le pays « s’ouvre à un nouveau moment politique » (15 janvier 2026)

blank »>Reuters – Trump, Venezuela’s Rodriguez tout positive phone call (14 janvier 2026)

blank »>CNN – From order to extraction: Inside the US capture of Nicolás Maduro (3-4 janvier 2026)

Sources secondaires

blank »>CNN – The two leaders fighting for Venezuela’s future – and for Trump’s favor (15 janvier 2026)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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