Septembre 2025, Poutine tend la main
Le 22 septembre 2025. Vladimir Poutine s’adresse au Conseil de sécurité russe. Il fait une annonce. La Russie est prête à continuer de respecter les limitations quantitatives centrales du Traité New START pendant un an après l’expiration du 5 février 2026. À condition que les États-Unis fassent de même. Une extension volontaire, informelle. Pas un nouveau traité — ça prendrait trop de temps. Juste un engagement mutuel à maintenir les plafonds existants pendant un an de plus. Le temps de négocier. Le temps de trouver une solution. Le temps d’éviter le précipice nucléaire. Dmitry Peskov, le porte-parole du Kremlin, explique : « Nous espérons que l’administration américaine répondra à l’initiative du président Poutine. » Une proposition raisonnable. Pragmatique. Qui éviterait l’effondrement total du contrôle des armements nucléaires en attendant mieux.
Et la réponse américaine ? Rien. Le silence. En octobre 2025, Dmitry Polyansky, nouveau représentant permanent de la Russie à l’OSCE, déclare à l’agence TASS que Moscou attend toujours une réponse des États-Unis. En janvier 2026, Mikhail Ulyanov constate amèrement que Washington « semble ne pas vouloir accepter la proposition de la Russie ». Quatre mois. Quatre mois sans réponse officielle. Trump, interrogé brièvement en octobre, avait dit que ça semblait « une bonne idée ». Mais aucune suite. Aucune négociation. Aucun signal. Et puis, le 8 janvier 2026, l’interview au New York Times. « Si ça expire, ça expire. On fera un meilleur accord. » La porte claquée. L’offre russe ignorée. Le précipice qui se rapproche à grands pas.
Vous imaginez être Poutine dans cette situation ? Je sais, je sais — Poutine n’est pas exactement un saint. Loin de là. Mais là, pour une fois, il fait quelque chose de sensé. Il propose de maintenir les limites nucléaires existantes pendant qu’on négocie la suite. C’est du pragmatisme de base. C’est l’équivalent de dire « on ne va pas tout casser avant d’avoir un plan B ». Et en face ? Le silence. Puis le mépris désinvolte. « Si ça expire, ça expire. » Vous savez ce que ça fait ? Ça encourage les pires instincts. Ça dit à Moscou : « Bon, si Washington s’en fout, nous aussi on s’en fout. Construisons plus de missiles. Développons plus d’ogives. La course est relancée. » Et c’est EXACTEMENT ce qui va se passer dans vingt et un jours si rien ne change.
Ce qui va vraiment disparaître le 5 février
Concrètement, qu’est-ce qui tombe le 5 février 2026 ? Les chiffres. Les plafonds. Les 1550 ogives nucléaires déployées maximum par côté. Les 700 vecteurs déployés maximum. Les 800 lanceurs déployés et non-déployés maximum. Mais aussi — et c’est peut-être encore plus grave — le mécanisme de vérification. Les inspections sur place dans les bases nucléaires adverses. Les échanges de données obligatoires sur le nombre et le statut des systèmes. Les notifications quand on teste un nouveau type de missile. La Commission consultative bilatérale, cet organe qui se réunissait au moins deux fois par an pour résoudre les problèmes de conformité. Tout ça, fini. Disparu. Et qu’est-ce qui reste ? La méfiance. Les suppositions. Les scénarios du pire. Chaque côté qui se demande ce que fait l’autre sans pouvoir vérifier.
Déjà maintenant, c’est le brouillard. En février 2023, Poutine a annoncé la « suspension » de la participation russe au New START. Pas un retrait — une suspension. Moscou a dit qu’il continuerait à respecter les limites quantitatives mais suspendait les inspections et les échanges de données. Pourquoi ? À cause du soutien occidental à l’Ukraine, à cause des objectifs affichés de « défaite stratégique » de la Russie, à cause des armes nucléaires britanniques et françaises non couvertes par le traité. Washington a répondu en suspendant à son tour les inspections russes sur le sol américain. Et depuis ? Plus aucune inspection depuis des années. Plus aucune donnée échangée. Le Département d’État américain publie des rapports annuels où il exprime ses « préoccupations » sur le respect russe du traité. En janvier 2025, un rapport gouvernemental américain a évalué que la Russie avait peut-être dépassé la limite des 1550 ogives en 2024. Peut-être. Sans certitude. Parce qu’on ne peut plus vérifier.
Vous voyez le problème ? On est déjà dans le brouillard AVEC le traité en place. Imaginez SANS. Imaginez quand même les limites numériques tombent. La Russie pourra déployer autant d’ogives qu’elle veut. Les États-Unis aussi. Et personne ne saura combien l’autre en a vraiment. C’est le retour à la Guerre Froide. Mais en pire. Parce qu’en plus des États-Unis et de la Russie, il y a maintenant la Chine qui construit son arsenal à une vitesse folle. Environ 600 ogives nucléaires chinoises fin 2024, contre moins de 300 il y a cinq ans. Et qui accélère. La course à trois. Sans règles. Sans limites. Sans filets de sécurité. Bienvenue dans le cauchemar nucléaire du XXIe siècle.
Section 3 : Trump et ses illusions nucléaires
Le fantasme de l’accord parfait
Trump a une obsession. Un rêve. Un fantasme qu’il caresse depuis son premier mandat. L’accord nucléaire ultime. Celui qui inclurait non seulement les États-Unis et la Russie, mais aussi la Chine. Peut-être même la France et le Royaume-Uni. Le grand pacte de désarmement mondial. « Denuclearization », il appelle ça. Un mot qu’il utilise sans jamais vraiment le définir. En août 2025, il a déclaré s’intéresser à la « dénucléarisation » et suggéré que Moscou et Pékin étaient aussi intéressés. En juillet 2025, il a dit que le New START n’était « pas un accord qu’on veut voir expirer ». Mais il veut mieux. Il veut plus grand. Il veut un accord historique avec son nom dessus. Trump, le pacificateur nucléaire. Trump, celui qui a réussi là où Obama a échoué.
Le problème ? C’est impossible. C’est de la fantaisie pure. La Chine a déjà refusé. Catégoriquement. Pendant le premier mandat de Trump, Pékin a dit qu’il ne rejoindrait pas les négociations à moins que Washington réduise drastiquement son arsenal d’abord. Pourquoi ? Parce que la Chine a environ 600 ogives. Les États-Unis et la Russie en ont chacun environ 5000 au total (déployées et en réserve). Demander à Pékin de s’asseoir à la table avec ce déséquilibre, c’est comme demander à un poids plume de négocier une trêve avec deux poids lourds. Ça n’a aucun sens du point de vue chinois. Et Poutine ? Lui, il pose ses propres conditions. Il veut qu’on parle des arsenaux nucléaires britanniques et français. Il veut qu’on parle des systèmes de défense antimissile américains. Il veut tout mettre sur la table. Et Trump pense qu’il va réussir à négocier tout ça en partant de zéro dans vingt et un jours ?
Laissez-moi vous dire quelque chose sur les « meilleurs accords ». Les meilleurs accords, ceux qui durent, ceux qui fonctionnent — ils prennent du TEMPS. Le New START, il a fallu des années de négociations entre Obama et Medvedev. Le traité START original, des années aussi. Parce qu’il faut vérifier chaque clause. Négocier chaque détail. S’assurer que personne ne peut tricher. Construire la confiance. Et Trump pense qu’il va claquer des doigts et produire un accord miracle incluant la Chine ? En partant de rien ? Pendant qu’il laisse expirer le seul accord qui existe ? C’est de l’arrogance. De la stupidité. Ou les deux. Pendant ce temps, le compte à rebours continue. Vingt et un jours. Tic. Tac. Tic. Tac.
Les avertissements ignorés
Ils ont tous essayé. Les experts. Les anciens diplomates. Les membres du Congrès. Tout le monde a dit à Trump : « Ne laisse pas mourir le New START. » En 2019, pendant son premier mandat, des dizaines de membres du Congrès ont écrit une lettre le suppliant d’étendre le traité, citant son importance pour la sécurité nucléaire et son régime de vérification robuste. John Bolton, pourtant pas exactement un colombophile, a dit que laisser le traité expirer sans plan de remplacement était « une erreur majeure ». Des think tanks comme l’Arms Control Association, le Nuclear Threat Initiative, l’Atlantic Council — tous ont publié des analyses détaillées expliquant les risques. La perte de prévisibilité. L’escalade potentielle. La course aux armements à trois avec la Chine.
Et Trump ? Il écoute, hoche peut-être la tête, et fait ce qu’il veut. « Si ça expire, ça expire. » Comme si les cinquante ans d’histoire du contrôle des armements nucléaires ne comptaient pour rien. Comme si les générations de diplomates qui ont construit patiemment ces accords avaient perdu leur temps. Daryl Kimball écrit dans l’édition de janvier-février 2026 d’Arms Control Today : « Sept présidents américains de Nixon à Obama ont conclu des accords majeurs de contrôle des armements et de non-prolifération nucléaires. Après six ans à la Maison-Blanche, Donald Trump n’a fait aucun progrès. » Six ans. Deux mandats. Zéro accord nucléaire. Et maintenant, il laisse mourir le dernier qui reste. L’ironie est amère. Trump qui parle de « dénucléarisation » pendant qu’il supervise la fin du contrôle des armements nucléaires.
Vous voulez savoir ce qui me révolte vraiment ? C’est pas juste l’incompétence. C’est pas juste l’arrogance. C’est l’indifférence. Trump ne semble même pas COMPRENDRE ce qui est en jeu. Ou pire — il comprend et s’en fout. Parce que pour lui, tout est négociation. Tout est deal. Et si un deal expire, on en fait un autre. Sauf que là, on parle pas d’un contrat immobilier. On parle de la survie de l’espèce humaine. On parle de millions, de dizaines de millions, de centaines de millions de vies potentielles. Et lui, il hausse les épaules. « Si ça expire, ça expire. » Cinq mots. Cinq mots qui pourraient nous coûter tout.
Section 4 : ce qui nous attend dans vingt et un jours
Le retour aux années sombres
Le 5 février 2026. À minuit. Le Traité New START expire. Et qu’est-ce qui se passe ? Pour la première fois depuis le début des années 1970, il n’y aura plus AUCUN accord contraignant limitant les arsenaux nucléaires stratégiques américains et russes. Plus de plafonds. Plus de limites. Chaque côté libre de construire autant d’ogives nucléaires qu’il veut. Autant de missiles qu’il peut produire. Autant de bombardiers qu’il peut financer. Et sans inspections, sans échanges de données, sans dialogue institutionnalisé — chaque côté opérera dans le brouillard total concernant les capacités réelles de l’autre. Les analyses du Nuclear Threat Initiative sont claires : « Cela risque d’augmenter l’imprévisibilité et l’instabilité dans la relation nucléaire américano-russe à un moment de compétition stratégique intensifiée. »
Et ce n’est pas tout. Sans les mesures de partage d’informations et sans un canal établi pour le dialogue via la Commission consultative bilatérale, la porte s’ouvre aux scénarios du pire et aux malentendus qui alimentent les courses aux armements incontrôlées. Imaginez. Washington détecte via satellite que Moscou construit de nouvelles installations de missiles. Mais sans inspections, sans données, impossible de savoir si c’est défensif, offensif, ou juste de la maintenance. Alors Washington suppose le pire. Et augmente sa propre production. Moscou voit ça. Suppose le pire aussi. Augmente encore plus. Et c’est parti. La spirale. L’escalade. La course folle. Exactement ce qu’on avait réussi à éviter pendant cinquante ans.
Vous savez ce qu’on appelle ça ? Le dilemme du prisonnier à l’échelle nucléaire. Chacun agit rationnellement de son propre point de vue — construire plus d’armes pour se protéger — et le résultat collectif est catastrophique pour tout le monde. C’est exactement pourquoi on a BESOIN de traités. Pas par gentillesse. Pas par naïveté. Mais parce que sans contraintes mutuelles, sans vérifications, sans dialogue, on est condamnés à la spirale mortelle. Et Trump, avec sa désinvolture, avec son « si ça expire, ça expire », il vient de nous condamner à revivre ça. Dans vingt et un jours.
La Chine, le troisième larron qui profite du chaos
Et pendant que Washington et Moscou se préparent à relancer leur course aux armements, il y a un troisième joueur qui observe. La Chine. Et elle construit. Vite. Très vite. Les experts nucléaires américains ont déclaré en mars 2025 que Pékin avait « considérablement étendu son programme de modernisation nucléaire en cours » au cours des cinq dernières années. Résultat : environ 600 ogives nucléaires fin 2024, pouvant être lancées depuis le sol, l’air ou la mer. Un arsenal qui pourrait atteindre la parité numérique avec les États-Unis et la Russie d’ici une décennie. Peut-être même avant. Et sans le New START, sans AUCUN accord contraignant, qu’est-ce qui empêche Pékin d’accélérer encore plus ?
Les analyses de l’Atlantic Council sont sans appel : « Accepter l’extension des limites centrales du New START favoriserait la Fédération de Russie, car cela permet à Moscou de concentrer ses ressources sur la guerre en Ukraine et de continuer ses programmes stratégiques qui contournent ces limites, tandis que les États-Unis restent contraints. Ces désavantages américains surviendraient tous pendant que la Chine continue sa course vers la parité numérique ou au-delà. » Autrement dit : si Trump laisse tomber le New START, la Chine en profite pour continuer à construire sans contrainte pendant que les États-Unis se lancent dans une course coûteuse avec la Russie. Une course à trois. Sans règles. Sans limites. Le cauchemar stratégique parfait.
Et moi, je me demande : est-ce que Trump réalise qu’il est en train de créer exactement la situation qu’il prétend vouloir éviter ? Il dit vouloir un accord incluant la Chine. Mais en laissant mourir le New START, il donne à Pékin toutes les raisons de continuer à construire sans s’arrêter. Pourquoi la Chine accepterait-elle des limites alors que les États-Unis et la Russie viennent d’abandonner les leurs ? La logique est implacable. Trump veut le chaos ? Il va l’avoir. Dans vingt et un jours. Et nous tous avec lui.
Section 5 : les derniers jours avant le précipice
Le compte à rebours qui terrifie les experts
Vingt et un jours. C’est tout ce qui reste. Mikhail Ulyanov l’a dit sur Telegram le 13 janvier 2026 : « Dans 23 jours, la dernière limitation quantitative sur les armes nucléaires stratégiques aux États-Unis et en Russie cessera d’exister. » Il ne reste plus que vingt et un maintenant. Le tic-tac est assourdissant pour ceux qui écoutent. Les experts en contrôle des armements, les anciens diplomates, les analystes nucléaires — ils savent ce qui approche. Et ils crient dans le vide. Daryl Kimball : « Permettre au New START d’expirer sans plan de contingence pourrait déclencher une course aux armements incontrôlée. » William Alberque : « C’est un moment charnière. Si nous ne faisons rien, nous entrons dans une ère de compétition nucléaire sans précédent. » Mais qui écoute ?
Pas Trump. Lui, il est occupé ailleurs. Le Venezuela. Le Groenland. L’Iran. Les tarifs commerciaux. Les tweets. Les conférences de presse à Mar-a-Lago. Et pendant ce temps, l’horloge tourne. Le Département d’État refuse de dire si l’administration Trump respectera la proposition russe de maintenir les limites quantitatives du New START. La Maison-Blanche ne répond pas aux demandes de commentaires. Le silence. Toujours le silence. Comme si le sujet n’existait pas. Comme si dans vingt et un jours, rien d’important ne se passait. Juste un traité qui expire. Juste cinquante ans d’efforts diplomatiques qui partent en fumée. Rien de grave.
Je voudrais pouvoir dire que tout va bien se passer. Que Trump va se réveiller demain, réaliser l’ampleur du désastre qui approche, et accepter l’offre russe d’extension d’un an. Je voudrais pouvoir croire qu’il reste un sursaut de raison à Washington. Mais je ne peux pas. Parce que tout indique le contraire. Le silence persistant. Le mépris désinvolte. L' »si ça expire, ça expire » prononcé comme une évidence. Vingt et un jours. Et après ? Le vide. L’inconnu. La course aux armements sans filets. Et nous, simples humains sur cette planète, on regarde ça se dérouler en sachant qu’on n’a aucun contrôle. Aucun. C’est terrifiant.
Que peut-il encore se passer ?
Techniquement, il reste une fenêtre. Minuscule. Trump pourrait encore changer d’avis. Il pourrait accepter la proposition de Poutine. Extension informelle d’un an. Maintien volontaire des limites du New START. Le temps de négocier quelque chose de mieux, si « mieux » existe vraiment. Ça prendrait quoi ? Un coup de fil. Une déclaration publique. « Les États-Unis acceptent de maintenir les limitations du traité New START pendant un an après son expiration, à condition que la Russie fasse de même. » Quinze secondes de discours. Et on aurait un an de répit. Un an pour éviter le pire. Un an pour essayer de construire quelque chose de nouveau. Est-ce que ça va se passer ? Les experts sont sceptiques. Responsible Statecraft cite plusieurs analystes qui estiment que l’administration Trump « semble prête à laisser mourir le New START sans remplacement immédiat ».
Et si rien ne se passe ? Si on arrive au 5 février 2026 et que rien ne bouge ? Alors commence officiellement une nouvelle ère. L’ère post-contrôle des armements. Pour la première fois depuis les années 1960, les deux plus grandes puissances nucléaires du monde opéreront sans contraintes mutuelles. Et la Chine, ce troisième géant nucléaire montant, continuera sa course sans que personne ne puisse la freiner. Bienvenue dans le monde que Trump est en train de créer. Un monde où 5000+ ogives nucléaires américaines, 5000+ ogives russes, et 600+ ogives chinoises (bientôt beaucoup plus) existent sans aucune limite quantitative. Sans vérifications. Sans dialogue. Un monde où chaque puissance suppose le pire de l’autre. Et agit en conséquence. C’est ça, « un meilleur accord » ?
Vingt et un jours. C’est tout ce qui nous sépare de ce moment. Vingt et un jours avant que l’horloge de l’apocalypse fasse un bond en avant. Vingt et un jours avant qu’on replonge dans les ténèbres de la Guerre Froide, mais en pire, parce qu’on a maintenant trois puissances nucléaires majeures au lieu de deux. Vingt et un jours avant que Trump, avec sa désinvolture catastrophique, transforme le monde en terrain de jeu nucléaire sans règles. Et moi, je reste là, impuissant, à regarder le compte à rebours. Tic. Tac. Tic. Tac. À espérer un miracle qui ne viendra probablement pas.
Conclusion : le prix de la désinvolture
Quand cinq mots condamnent le monde
« If it expires, it expires. » Cinq mots. Prononcés sans émotion. Sans gravité. Comme si on parlait de la météo. Et pourtant, ces cinq mots résument tout. L’indifférence. L’arrogance. Le mépris pour cinquante ans de diplomatie patiente qui ont évité l’apocalypse nucléaire. Donald Trump, dans toute sa splendeur décontractée, vient de dire au monde qu’il se fiche de savoir si la dernière barrière contre une course aux armements nucléaires illimitée s’effondre. Qu’il se fiche de l’avertissement de Vladimir Poutine que l’expiration du New START signifie « la disparition imminente du dernier accord international sur les limitations directes du potentiel nucléaire et missile ». Qu’il se fiche des supplications des experts, des anciens diplomates, des membres du Congrès. Il a dit ses cinq mots. Et il est passé à autre chose.
Pendant ce temps, le monde retient son souffle. Vingt et un jours. Le 5 février 2026 approche inexorablement. Et qu’est-ce qui nous attend de l’autre côté ? Le vide. L’incertitude totale. Une planète où les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde — et bientôt un troisième avec la Chine — opèrent sans contraintes, sans vérifications, sans dialogue institutionnalisé. Une planète où chaque puissance supposera le pire des intentions de l’autre et agira en conséquence. Une planète où la course aux armements recommence, mais cette fois à trois, et sans les garde-fous patiemment construits au fil des décennies. Tout ça parce qu’un homme a haussé les épaules et prononcé cinq mots. « Si ça expire, ça expire. »
Vingt et un jours avant l’apocalypse nucléaire potentielle, et Trump hausse les épaules. Voilà où nous en sommes. Voilà le niveau de sérieux avec lequel le président des États-Unis traite la survie de l’humanité. Cinq mots désinvoltes pour balayer cinquante ans d’efforts. Cinq mots pour condamner le monde à une nouvelle course aux armements. Cinq mots qui pourraient, dans quelques années, dans quelques décennies, se révéler être les mots les plus dangereux jamais prononcés par un président américain. Et moi, je me demande : à quel moment avons-nous décidé que c’était acceptable ? À quel moment avons-nous accepté que la question de notre survie collective soit traitée comme un détail administratif ennuyeux ? À quel moment sommes-nous devenus si désensibilisés au danger nucléaire qu’un président peut dire « si ça expire, ça expire » et que le monde continue de tourner comme si de rien n’était ? Vingt et un jours. Tic. Tac. L’horloge tourne. Et personne ne semble s’en soucier. Personne sauf ceux qui savent. Ceux qui comprennent. Ceux qui ont peur. Quelque part dans un bunker, quelqu’un vérifie les codes de lancement nucléaire. Quelque part dans un silo, un missile attend, prêt. Quelque part dans un sous-marin, une ogive nucléaire repose, silencieuse. Et dans vingt et un jours, toutes les barrières qui empêchaient ces armes de proliférer sans limite tomberont. Parce que Trump a haussé les épaules. Parce qu’il a dit cinq mots. Est-ce ça, notre épitaphe collective ? « Ils avaient une chance d’éviter le désastre. Mais leur président a dit : si ça expire, ça expire » ?
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas chroniqueur mais analyste. Observateur des dynamiques géopolitiques et nucléaires qui façonnent notre monde et notre survie collective. Mon travail consiste à décortiquer les décisions stratégiques, à comprendre les enjeux de sécurité globale, à anticiper les conséquences des choix politiques sur le contrôle des armements. Je ne prétends pas à l’objectivité froide. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des mécanismes qui peuvent nous sauver — ou nous détruire.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les déclarations du Kremlin, les communications du Département d’État américain, les rapports d’organisations spécialisées telles que l’Arms Control Association, le Nuclear Threat Initiative, l’Atlantic Council, ainsi que les agences de presse internationales reconnues comme Reuters, Associated Press et TASS.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles au 15 janvier 2026. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens — et surtout, de crier l’alarme quand personne d’autre ne semble écouter. L’expiration du Traité New START dans vingt et un jours n’est pas un détail technique. C’est un tournant potentiellement catastrophique pour la sécurité nucléaire mondiale. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici — et j’espère sincèrement avoir tort sur ce qui nous attend.
Sources
Sources primaires
blank »>Responsible Statecraft – Trump on New Start nuke treaty with Russia: if ‘it expires it expires’ (13 janvier 2026)
blank »>Arms Control Association – On Nuclear Disarmament: Acta non Verba (janvier/février 2026)
blank »>Pravda/TASS – Limitations on US, Russian strategic nuclear arms will cease to exist on February 5 (13 janvier 2026)
blank »>Newsweek – Putin Gives Major Nuclear Weapons Update (22 septembre 2025)
blank »>Antiwar.com – Last Remaining Nuclear Arms Control Treaty Between the US and Russia To Expire in Less Than a Month (13 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>Atlantic Council – Is extending the New START limits in the US national security interest? (décembre 2025)
blank »>Nuclear Threat Initiative – The End of New START: From limits to looming risks (12 janvier 2026)
blank »>Stanford FSI – Responding to Putin’s Proposal to Extend New START (2 octobre 2025)
START » target= »blank »>Wikipedia – New START (mis à jour décembre 2025)
Congress.gov – U.S.-Russian Nuclear Arms Control: Overview and Potential Considerations for Congress (2025)
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.