Quand l’électricité russe devient trop chère pour la Chine
Le journal Kommersant, cette feuille de chou pro-Kremlin qui ne raconte généralement que ce qu’on lui permet de raconter, a dû avouer l’évidence. Les prix russes de l’électricité ont explosé, grimpant de 42% par rapport à janvier dernier. Quarante-deux pour cent. En une année. Pendant ce temps, la Chine maintient ses tarifs domestiques autour de 350 yuan par mégawatt-heure, soit environ 50 dollars. Le résultat ? L’électricité russe, censée être un produit d’exportation compétitif, coûte aujourd’hui plus cher que ce que les Chinois paient chez eux. Inter RAO, la société d’État russe qui opère ces exportations, exportait théoriquement 4 milliards de kilowatt-heures par an vers la State Grid Corporation chinoise. Quatre milliards. C’est assez pour alimenter une ville de plusieurs millions d’habitants. Ou plutôt, c’était assez. Parce que depuis le 1er janvier, ce fleuve s’est tari.
Ce qui rend cette situation encore plus ironique, c’est que les contrats signés entre Moscou et Beijing courent jusqu’en 2037. Onze ans encore. Onze ans de promesses, d’accords de coopération énergétique, de poignées de main chaleureuses entre Poutine et Xi Jinping devant les caméras du monde entier. Mais un contrat, c’est beau sur le papier. Dans la réalité, quand les prix explosent et que le marché s’inverse, les signatures n’ont plus beaucoup d’importance. Les sources de Kommersant admettent ce que Moscou ne veut pas dire publiquement : les exportations sont « improbables » de reprendre cette année. Improbable. C’est un mot poli pour dire « oubli ça ». Les officiels russes, toujours prompts à afficher une confiance inébranlable, affirment que les contrats « restent en vigueur » et qu’ils sont « en communication constante » avec leurs homologues chinois. Communication constante. C’est sûr qu’ils communiquent. Mais la Chine n’écoute plus.
L’effet domino sur l’économie de l’Extrême-Orient
Imaginez l’impact économique immédiat. L’Extrême-Orient russe, cette région déjà marginalisée et sous-développée, perd soudainement l’un de ses principaux clients. Les centrales électriques qui avaient investi pour augmenter leur capacité de production se retrouvent avec du surplus invendu. Les travailleurs du secteur énergétique, ces milliers de familles qui dépendaient de ces exportations pour leur subsistance, voient leur avenir s’assombrir. Dans les villes de Khabarovsk ou Vladivostok, les effets se feront sentir progressivement mais inexorablement. Moins de revenus d’exportation signifie moins d’investissements. Moins d’emplois. Moins d’espoir. Le ministère russe de l’Énergie tente de sauver la face en déclarant que la priorité reste « l’accélération de la fourniture d’électricité à l’économie en développement dynamique de l’Extrême-Orient ». Belle phrase. Mais dans la réalité, l’économie de l’Extrême-Orient russe ne croît pas dynamiquement. Elle stagne.
Le contraste est d’autant plus frappant qu’en 2025, déjà, les exportations russes d’électricité vers la Chine avaient chuté de 60%, tombant à seulement 200 millions de kilowatt-heures dans le premier semestre, contre 465 millions sur la même période en 2024. C’était un signal d’alarme que Moscou avait choisi d’ignorer. « C’est temporaire », se disaient-ils au Kremlin. « La Chine a besoin de nous ». Ils avaient tort. La baisse de 60% n’était pas une anomalie temporaire. C’était le début de la fin. Aujourd’hui, avec l’arrêt total, cette tendance se confirme de manière définitive. La Chine a trouvé d’autres sources. D’autres fournisseurs. D’autres solutions. Pendant ce temps, la Russie se retrouve avec ses câbles électriques qui traversent le désert. Ses lignes de transmission haute tension qui ne transmettent plus rien. Ses ingénieurs qui regardent le vide.
C’est fascinant de voir comment les mathématiques ont leur propre forme de justice. Pas de vengeance. Pas de punition. Juste des chiffres. 42% d’augmentation des prix russes. 350 yuan le mégawatt-heure en Chine. 60% de baisse en 2025. Arrêt total en 2026. Les mathématiques ne se soucient pas des « amitiés sans limites ». Elles ne se soucient pas des discours diplomatiques. Elles se soucient de l’arithmétique pure. Et l’arithmétique dit que l’électricité russe n’est plus compétitive. Point final. J’admire cette froideur. Cette rationalité impitoyable. Pendant que Poutine joue à l’empereur en train de reconstruire une superpuissance, la Chine calcule. Et quand le calcul ne passe plus, elle coupe. Sans sentiment. Sans hésitation. Juste business.
Section 3 : l'illusion de l'amitié sans limites
Quand février 2022 semble un siècle
Rappelez-vous. Février 2022. Pékin. Les drapeaux russes et chinois flottent côte à côte le long des autoroutes. Vladimir Poutine et Xi Jinping déclarent leur « amitié sans limites » devant les caméras du monde entier. Ils signent des accords de coopération énergétique qui doivent durer des décennies. L’Occident tremble. Les analystes prédisent une nouvelle ère de domination sino-russe. Poutine croit avoir trouvé son sauveur. Son plan B infaillible. Son partenaire éternel. L’Europe impose des sanctions ? Pas de problème. La Chine sera là. Le gazoduc Power of Siberia alimentera la Chine. Le pétrole russe coulera vers les raffineries asiatiques. L’électricité traversera la frontière. La Russie pivote vers l’Est, dit-on au Kremlin. Plus besoin de l’Occident. Nous avons l’Empire du Milieu.
Quatre ans plus tard, ce rêve s’est évaporé. L’ « amitié sans limites » s’est heurtée à une limite très simple : le prix. La Chine n’est pas une organisation caritative. Ce n’est pas un partenaire idéologique prêt à sacrifier ses intérêts économiques pour soutenir la Russie. C’est une puissance commerciale pragmatique qui calcule chaque yuan, chaque kilowatt-heure, chaque contrat. Quand l’Europe a commencé à réduire ses importations d’énergie russe, la Chine a profité des prix bas pour acheter du pétrole et du gaz à rabais. C’était du business intelligent. Mais quand les prix russes ont commencé à grimper, quand l’inflation a frappé l’économie russe, quand l’électricité est devenue plus chère que le marché chinois — là, Pékin a dit stop. L’amitié a ses limites. Et ces limites se situent exactement là où les intérêts économiques de la Chine commencent à souffrir.
La réalité des relations sino-russes
Ce qui s’est passé avec l’électricité révèle une vérité que beaucoup refusaient de voir : les relations entre la Chine et la Russie ont toujours été déséquilibrées. La Russie a désespérément besoin de la Chine comme marché pour ses ressources énergétiques. La Chine, elle, a des options. Elle peut acheter de l’électricité ailleurs. Elle peut développer ses propres capacités de production. Elle peut investir dans les énergies renouvelables. Elle peut faire des affaires avec d’autres pays d’Asie centrale. La Russie, sous le poids des sanctions internationales et de l’isolement croissant, n’a pas ces options. Elle dépend de la Chine. Et dépendance égale vulnérabilité.
Les données commerciales racontent cette histoire amère. En 2024, le commerce bilatéral entre la Chine et la Russie atteignait encore 234 milliards de dollars, selon les douanes chinoises. C’est énorme. Mais en 2025, ce chiffre a déjà commencé à décliner. L’électricité n’est que le dernier secteur où cette tendance se manifeste. La Chine achète toujours du pétrole et du gaz russe, mais à des prix qui favorisent Pékin. Elle vend des voitures et des technologies à Moscou, mais les marges s’amenuisent. Les banques chinoises deviennent plus prudentes dans leurs transactions avec la Russie, craignant les sanctions secondaires américaines. L’ « amitié sans limites » se transforme progressivement en ce qu’elle a toujours été : une relation d’affaires froïde et calculatrice, où la Chine a le dessus.
Vous savez ce qui me fascine le plus dans cette histoire ? L’arrogance. L’arrogance stupide de Poutine qui pensait vraiment que la Chine serait là pour lui, quoi qu’il arrive. Qu’il pouvait lancer une guerre catastrophique en Ukraine, détruire son économie, s’isoler du monde entier — et que la Chine continuerait à le soutenir indéfiniment. Comme si la Chine allait sacrifier ses propres intérêts pour son « petit frère » russe. Comme si Xi Jinping allait dire : « Ne t’inquiète pas Vladimir, je t’achèterai ton électricité à n’importe quel prix, même si ça me coûte des milliards ». Quelle naïveté. Quel aveuglement. Et quelle humiliation aujourd’hui de voir cette prétention s’effondrer sous le poids des mathématiques élémentaires.
Section 4 : le drame silencieux de l'Extrême-Orient
Alexei et les autres, pris dans l’étau
Dans la petite ville de Zabaïkalsk, à quelques kilomètres de la frontière chinoise, Alexei Petrov, ingénieur à la centrale électrique locale, se réveille chaque matin avec un serrement au cœur. Il a cinquante ans. Il a passé sa carrière à travailler sur ces lignes de transmission qui relient la Russie à la Chine. Il se souvient de l’excitation, il y a quelques années, quand les projets d’exportation ont été annoncés. On nous disait que l’Extrême-Orient allait enfin décoller. Que l’électricité que nous produisions en surplus irriguerait les villes chinoises en pleine expansion. Que nos salaires augmenteraient. Que nos enfants auraient un avenir ici, au lieu de devoir partir vers Moscou ou Saint-Pétersbourg. On y a cru. Alexei y a cru. Il a voté pour le parti au pouvoir, convaincu que le gouvernement avait enfin compris l’importance de cette région.
Aujourd’hui, Alexei regarde les écrans de contrôle de la centrale et voit ce qui était inimaginable il y a quelques mois : la production d’électricité tourne au ralenti. Les turbines tournent, mais l’énergie ne va nulle part. Il y a des semaines, les responsables de la centrale ont annoncé des réductions d’effectifs. Des heures de travail ont été coupées. Les primes ont été annulées. Alexei a dû dire à sa femme qu’ils devront peut-être économiser sur les vacances d’été cette année. Sa fille, qui étudie à l’université de Vladivostok, lui a demandé si elle devrait chercher un emploi à l’étranger après son diplôme. Il n’a pas su quoi répondre. Comment expliquer que la Chine, ce géant économique censé être le partenaire stratégique de la Russie, a soudainement cessé d’acheter l’électricité que nous produisons ? Comment expliquer que des années de plans et d’investissements se sont évaporés en une nuit ?
Le froid qui s’installe
Les hivers en Sibérie sont longs. Les températures descendent souvent en dessous de moins trente degrés. Dans ces conditions, l’électricité n’est pas un luxe. C’est une question de survie. Chauffage. Éclairage. Transports. Infrastructures. Tout dépend de cette électricité qui doit être produite, transportée, distribuée sans interruption. Quand les exportations vers la Chine s’arrêtent, cela ne signifie pas seulement une perte de revenus. Cela signifie que toute l’organisation économique de la région doit être repensée. Les centrales qui avaient augmenté leur capacité pour alimenter le marché chinois doivent maintenant réduire leur production. Les travailleurs qui avaient été embauchés pour ces projets doivent être reclassés ou licenciés. Les investissements prévus pour développer le réseau sont annulés.
Et pendant ce temps, la Chine continue de prospérer. De l’autre côté de la frontière, à Heihe, les lumières brillent toujours. Les usines tournent. Les économies locales croissent. Ils ont trouvé d’autres sources d’électricité. Peut-être le charbon. Peut-être le gaz. Peut-être les énergies renouvelables. Peut-être qu’ils importent de Mongolie ou d’Asie centrale. Peu importe. L’important, c’est qu’ils ont des options. Ils ont des choix. La Russie, elle, n’a que ses lignes de transmission silencieuses et ses turbines qui tournent dans le vide. À Zabaïkalsk, Alexei regarde par la fenêtre de son bureau. Il voit les pylônes électriques s’étendre vers l’horizon, vers la Chine. Ils semblent désormais inutiles. Comme des monuments d’une époque révolue. Comme des témoins d’une promesse non tenue.
Imaginez un instant que vous êtes Alexei. Vous avez passé votre vie à travailler dans cette centrale. Vous avez cru aux promesses du gouvernement. Vous avez cru que l’Extrême-Orient avait enfin son heure. Et puis un jour, on vous dit que la Chine n’a plus besoin de votre électricité. Que c’est trop cher. Que les contrats qui devaient durer jusqu’en 2037 ne veulent plus rien dire. Comment vous sentiriez-vous ? Trahi ? En colère ? Désespéré ? C’est ce que ressentent aujourd’hui des milliers de Russes dans cette région. Et tout ça à cause d’une guerre que la plupart d’entre eux ne comprennent même pas. Une guerre lancée par un homme dans son bunker à Moscou, qui pensait que la Chine sauverait son économie. Quelle cruauté. Quelle indifférence.
Section 5 : l'effet domino sur l'économie russe
Quand l’énergie devient un fardeau
L’arrêt des exportations d’électricité vers la Chine n’est pas un incident isolé. C’est le symptôme d’un problème beaucoup plus profond qui affecte toute l’économie russe. Les sanctions internationales ont frappé de plein fouet le secteur énergétique, qui représente environ 15% du PIB russe et la majeure partie des revenus d’exportation du pays. L’Europe, qui achetait autrefois la majorité du pétrole et du gaz russe, a drastiquement réduit ses importations. Les pipelines vers l’Allemagne, la France, l’Italie sont fermés ou opèrent en dessous de leur capacité. Les terminaux de gaz naturel liquéfié russes peinent à trouver des acheteurs. La Russie a dû se tourner vers l’Asie, vers la Chine, vers l’Inde, vers des pays moins regardants sur les sanctions. Mais ces marchés ne peuvent pas compenser intégralement la perte du marché européen.
Et maintenant, même l’Asie se ferme. L’électricité n’est que le dernier exemple. Les prix du pétrole russe vendu à la Chine sont si bas que Moscou perd à chaque baril. Les ventes de gaz à Pékin via le gazoduc Power of Siberia stagnent. Les contrats de charbon sont renégociés à la baisse. La Russie se retrouve coincée avec des ressources qu’elle ne peut pas vendre à des prix acceptables. Paradoxalement, ce problème de débouchés coïncide avec une pénurie interne d’électricité dans certaines régions russes, y compris dans l’Extrême-Orient. Les centrales manquent de maintenance. Les investissements ont été réduits. Les infrastructures vieillissent. Résultat : la Russie n’a ni assez d’électricité pour elle-même ni de marché rentable pour exporter son surplus. C’est ce qu’on appelle le pire des deux mondes.
Les conséquences budgétaires
Le budget de l’État russe dépend énormément des revenus énergétiques. Quand ces revenus chutent, le budget se dérègle. Les dépenses militaires, qui ont explosé depuis le début de la guerre en Ukraine, continuent de croître. Les soldats, les munitions, les équipements — tout coûte des milliards de roubles. De l’autre côté, les recettes s’effondrent. Les services sociaux sont coupés. Les projets d’infrastructure sont annulés. Les retraites sont menacées. L’inflation, déjà élevée, s’aggrave. Le rouble perd de sa valeur. C’est un cercle vicieux. Moins d’exportations énergétiques signifie moins de devises étrangères. Moins de devises signifie plus d’inflation. Plus d’inflation signifie moins de pouvoir d’achat pour les Russes ordinaires. Moins de pouvoir d’achat signifie moins de consommation intérieure. Moins de consommation signifie ralentissement économique. Ralentissement économique signifie encore moins d’exportations. Et ainsi de suite.
Les analystes prédisent que le déficit budgétaire russe atteindra des niveaux records en 2026. Pour combler ce déficit, le gouvernement devra soit imprimer de la monnaie (ce qui alimente l’inflation), soit augmenter les impôts (ce qui étouffe l’économie), soit couper dans les dépenses sociales (ce qui mécontente la population). Aucune de ces options n’est attractive. L’arrêt des exportations d’électricité vers la Chine n’est qu’une goutte dans l’océan des problèmes budgétaires russes, mais c’est une goutte symbolique. Elle montre que même le « pivot vers l’Est », cette grande stratégie présentée par le Kremlin comme la solution miracle, ne fonctionne pas. La Chine ne sauvera pas l’économie russe. Personne ne le fera. La Russie est seule.
J’admire cette ironie tragique. Poutine lance une guerre en Ukraine pour « protéger » l’économie russe et renforcer sa position dans le monde. Quatre ans plus tard, l’économie russe s’effondre sous le poids des sanctions et de la mauvaise gestion. L’Europe a coupé les tuyaux. La Chine a coupé le courant. L’Inde négocie des rabais. La Russie se retrouve avec ses ressources qu’elle ne peut pas vendre, ses pipelines qui ne transportent rien, ses centrales qui tournent dans le vide. Et pendant ce temps, le budget creuse, l’inflation monte, le rouble tombe. C’est le résultat direct de choix politiques catastrophiques. Des choix faits par un homme qui pensait que la Russie était trop grande pour échouer. Il avait tort. La Russie n’est pas trop grande. Elle est juste un pays dirigé par un homme qui a sacrifié son avenir pour une guerre qu’il ne peut pas gagner.
Section 6 : la leçon mongole
Quand l’Asie centrale aussi devient sélective
Pendant que la Russie perd son marché chinois, un autre phénomène intéressant se produit dans l’ombre. La Mongolie, ce pays enclavé entre la Russie et la Chine, est devenue un exportateur net d’électricité en 2025. Pour la première fois de son histoire, Oulan-Bator vend plus d’électricité qu’elle n’en achète. Cette électricité mongole, elle va où ? Vers la Chine. Vers la même Chine qui vient de rejeter l’électricité russe parce qu’elle est trop chère. La Mongole l’a-t-elle mieux vendue ? Non. La Mongole l’a-t-elle moins chère produite ? Pas nécessairement. Mais la Mongole a compris quelque chose que la Russie refuse d’admettre : dans le nouveau monde multipolaire, les relations commerciales ne se basent plus sur la géopolitique, mais sur la compétitivité.
La Mongolie a développé ses propres infrastructures. Elle a construit des lignes de transmission modernes. Elle a investi dans le renouvelable — l’éolien, le solaire — qui devient de plus en plus compétitif. Elle a signé des accords de coopération intelligents avec ses partenaires. Résultat : elle peut vendre de l’électricité à la Chine à des prix acceptables. Pendant ce temps, la Russie continue de compter sur ses vieilles centrales soviétiques, ses infrastructures délabrées, sa géographie devenue un fardeau plutôt qu’un atout. Le contraste est frappant. Un petit pays de 3 millions d’habitants, autrefois satellite de Moscou, réussit là où une superpuissance échoue. La leçon est claire : le passé ne garantit plus l’avenir. L’histoire n’est plus un argument commercial valide.
Le Kazakhstan et les autres
La Mongolie n’est pas un cas isolé. Le Kazakhstan, autrefois dépendant de l’électricité russe, a réduit ses importations de 12,5% en 2025. Ce n’est pas encore un arrêt total, mais c’est une tendance significative. Le Kazakhstan développe ses propres capacités de production. Il investit dans le charbon, dans le nucléaire, dans les énergies renouvelables. Il diversifie ses fournisseurs. Il apprend à vivre sans la Russie. Et ce n’est que le début. Dans toute l’Asie centrale, les pays regardent ce qui se passe entre la Russie et la Chine et tirent leurs conclusions. Si Pékin peut couper le courant à Moscou sans conséquences, alors ils peuvent aussi diversifier leurs sources d’énergie. Ils peuvent aussi devenir moins dépendants de leur grand voisin du nord.
Cette autonomisation progressive des anciennes républiques soviétiques représente un défi existentiel pour la Russie. Pendant des décennies, Moscou a maintenu son influence sur ces pays par le biais de la dépendance énergétique. L’électricité russe, le gaz russe, le pétrole russe — c’était le levier principal de la puissance russe dans la région. Ce levier se brise aujourd’hui. Les pays d’Asie centrale découvrent qu’ils peuvent s’approvisionner ailleurs. Que l’Azerbaïdjan a du gaz. Que le Turkménistan a du charbon. Que l’Iran a du pétrole. Que la Chine a des technologies. Le monopole énergétique russe touche à sa fin. Et avec lui, l’influence russe dans la région s’effrite. La Russie devient ce qu’elle est devenue ailleurs : un partenaire mineur parmi d’autres, voire un fournisseur de dernier recours.
Je pense à cette phrase : « On ne réalise jamais la valeur de quelque chose jusqu’à ce qu’on le perde ». Pendant des années, la Russie a pris pour acquis que les pays d’Asie centrale dépendraient toujours de son énergie. Que la Mongolie achèterait toujours son électricité. Que le Kazakhstan serait toujours un client fidèle. Ces dépendances n’étaient pas naturelles. Elles étaient historiques. Elles étaient héritées de l’époque soviétique. Mais l’histoire, c’est du passé. Et le passé ne paie pas les factures. La Mongolie l’a compris. Le Kazakhstan l’a compris. La Chine l’a compris. Seul Poutine refuse de voir la réalité. Il vit encore dans un monde où la Russie est le centre gravitationnel inévitable de l’Eurasie. Ce monde n’existe plus.
Section 7 : le silence des câbles
Une nuit à la frontière
Marina Ivanova vit à Nerchinsk, une petite ville russe à quelques centaines de kilomètres de la frontière chinoise. Elle travaille comme gardienne de nuit à un poste de transformation électrique, l’un de ces endroits isolés où l’électricité qui traverse la frontière est régulée et distribuée. Marina a cinquante-cinq ans. Elle a travaillé dans ce poste pendant vingt ans. Elle connaît chaque ampoule, chaque interrupteur, chaque écran de contrôle par cœur. Elle connaît le son que fait l’électricité quand elle circule — un bourdonnement sourd et constant, comme le souffle d’un géant endormi. Pendant vingt ans, ce son a été sa compagnie. Le bruit de fond de ses nuits solitaires.
Puis, la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, le silence est tombé. Marina était à son poste, comme d’habitude. Elle regardait passer les années à la télévision, buvant du thé chaud. Elle a d’abord pensé que ses écrans étaient en panne. Elle a vérifié les connexions. Elle a redémarré les systèmes. Rien. Le bourdonnement avait cessé. L’électricité ne circulait plus. Elle a appelé son superviseur. La ligne était occupée. Elle a réessayé dix minutes plus tard. Occupée. Elle a passé la nuit à vérifier et revérifier ses instruments, incapable d’accepter ce que ses yeux lui montraient. Le matin, quand son superviseur l’a rappelée, sa voix était fatiguée. C’est fini, Marina. Plus d’exportations vers la Chine. Le poste va fermer. Tu seras reclassée.
La mémoire du courant
Marina a pleuré ce jour-là. Pas parce qu’elle perdait son emploi — bien que ce soit douloureux. Elle a pleuré parce que quelque chose qui avait été constant pendant vingt ans s’était brisé. Le bourdonnement de l’électricité était plus qu’un son. C’était la preuve que le système fonctionnait. Que la Russie avait un but. Que l’Extrême-Orient n’était pas oublié. Que les choses avançaient. Ce bourdonnement disait : nous produisons. Nous exportons. Nous sommes utiles. Quand ce son s’est arrêté, c’est comme si un morceau de la réalité s’était effondré. Marina s’est sentie inutile. Ses vingt années de travail, soudainement dévalorisées. Ses connaissances, ses compétences, son expérience — tout ça pour quoi ? Pour qu’un jour, quelqu’un à Pékin décide que l’électricité russe coûte trop cher et coupe le courant.
Dans les semaines qui ont suivi, Marina est retournée plusieurs fois à son poste, bien qu’il soit officiellement fermé. Elle s’asseyait devant ses écrans éteints. Elle écoutait le silence. Le silence absolu d’un système qui ne fonctionne plus. Elle pensait aux câbles qui traversent la frontière, juste là-bas, à quelques kilomètres. Des milliers de kilomètres de cuivre et d’aluminium, suspendus dans le vide, ne transportant plus rien. Autrefois, ces câbles étaient des artères vitales. Aujourd’hui, ils sont des cicatrices. Des monuments d’une promesse brisée. Marina n’est pas politique. Elle ne comprend pas tout ce qui se passe entre la Russie et la Chine, entre Moscou et Kiev. Mais elle comprend une chose : quand le courant s’arrête, quelque chose d’important s’est perdu. Et elle ne sait pas si ça reviendra jamais.
Il y a quelque chose de profondément triste dans l’histoire de Marina. Pas tragique, pas dramatique — juste triste. C’est la tristesse de l’ordinaire, du quotidien, des gens qui font leur travail et croient que ça compte. Qui croient que leur petite contribution à la grande machine du monde a du sens. Et puis un jour, la grande machine s’arrête. Pas à cause de ce qu’ils ont fait ou n’ont pas fait. Pas à cause de leur faute. Juste parce que des décisions ont été prises loin d’eux, dans des bureaux climatisés à Pékin ou à Moscou. Et leur vie, soudainement, n’a plus le même sens. Cette impuissance, ça fait mal. Cette sensation d’être une variable inutile dans une équation qui ne vous concerne pas. C’est ça, la vraie face de la géopolitique. Pas les discours, pas les sommets, pas les poignées de main. C’est Marina, dans son poste de transformation, écoutant le silence.
Section 8 : le nouveau monde énergétique
La Chine ne sera pas le sauveur de personne
Il y a un mythe tenace qui circule dans certains cercles à Moscou, et même dans quelques capitales occidentales : l’idée que la Chine serait le sauveur naturel de la Russie, un partenaire prêt à compenser les pertes européennes indéfiniment. Ce mythe vient de la géographie — ces milliers de kilomètres de frontière commune, ces ressources russes dont la Chine a besoin, ces ambitions chinoises de domination asiatique. Mais la réalité économique raconte une histoire différente. La Chine n’est pas une organisation caritative. Ce n’est pas un investisseur idéologique. C’est une puissance commerciale pragmatique, peut-être même la plus pragmatique de l’histoire moderne. Et elle agit comme telle.
L’arrêt des importations d’électricité russe n’est pas une décision politique ou géopolitique. C’est une décision purement économique. Les prix russes ont augmenté de 42%. Les prix chinois sont restés stables à 350 yuan le mégawatt-heure. L’arithmétique est simple : pourquoi Pékin paierait-elle plus cher l’électricité russe quand elle peut produire la sienne ou l’acheter ailleurs à meilleur prix ? Cette rationalité froide devrait servir d’avertissement à tous ceux qui comptent sur la Chine comme sauveur. Pékin n’a pas d’amis éternels. Elle n’a que des intérêts permanents. Et ces intérêts dictent que la Chine optimisera ses coûts, diversifiera ses sources, renforcera sa sécurité énergétique — même si ça signifie abandonner ses partenaires actuels.
Les alternatives chinoises
Pendant que la Russie se débat avec ses problèmes énergétiques, la Chine construit son propre avenir. Pékin investit massivement dans les énergies renouvelables. L’éolien, le solaire, l’hydroélectricité — ces secteurs connaissent une croissance exponentielle en Chine. En 2025, la Chine a installé plus de capacité de production éolienne que le reste du monde réuni. Elle développe des technologies de stockage d’énergie de pointe. Elle construit des interconnexions avec ses voisins — le Kazakhstan, la Mongolie, l’Asie centrale, même l’Asie du Sud-Est. Elle crée un réseau énergétique diversifié, résilient, compétitif. Dans ce réseau, l’électricité russe n’est qu’une option parmi d’autres, et probablement pas la meilleure.
Plus important encore, la Chine développe ses propres ressources internes. Les bassins houillers du Xinjiang, les gisements de gaz du Sichuan, les potentiels hydroélectriques du Tibet — Pékin exploite tout ça avec une intensité formidable. L’objectif n’est pas seulement de répondre à la demande actuelle, mais de se garantir une marge de sécurité pour les décennies à venir. La Chine ne veut plus dépendre de qui que ce soit — ni du Moyen-Orient pour le pétrole, ni de la Russie pour le gaz, ni de l’Australie pour le charbon. Elle veut l’autosuffisance. Et elle l’atteindra, par une combinaison d’investissements massifs, de technologies avancées et de volonté politique implacable. Dans ce contexte, l’électricité russe est devenue un luxe que la Chine peut se permettre de rejeter.
C’est fascinant de voir cette divergence trajectoire. Pendant ce que certains appellent la « décennie russe » — ces années 2020 où la Russie pensait devenir le centre d’un nouveau monde multipolaire — la Chine construisait en réalité sa propre hégémonie économique. Pas une hégémonie militaire ou territoriale comme l’Amérique des années 1950 ou l’URSS des années 1960, mais une hégémonie économique. Une hégémonie basée sur le commerce, la production, l’innovation. La Russie a passé cette décennie à rêver de grandeur passée. La Chine l’a passée à construire sa puissance future. Résultat ? En 2026, la Chine peut se permettre d’ignorer la Russie. La Russie ne peut pas se permettre d’ignorer la Chine. C’est ça, le vrai rapport de force. Et ça s’appelle la réalité.
Section 9 : vers un nouveau monde
La Russie face à ses choix
La Russie arrive à un point de bascule. L’arrêt des exportations d’électricité vers la Chine est un signal, mais c’est aussi un symptôme. Le symptôme d’un mal plus profond qui ronge l’économie russe et la société russe. Ce mal, c’est le refus d’accepter que le monde a changé. Le refus d’admettre que les règles du jeu ont été réécrites. Le refus de comprendre que la force militaire ne se traduit plus automatiquement en puissance économique, que la géographie ne garantit plus l’influence, que l’histoire ne dicte plus l’avenir. La Russie a passé les quatre dernières années à essayer de reconstruire un monde qui n’existe plus. Un monde où elle serait une superpuissance respectée, crainte, enviée. Un monde où l’Europe dépendrait de son gaz, où la Chine achèterait son électricité, où l’Occident tremblerait devant son armée.
Ce monde n’existe pas. Et il ne reviendra pas. La Russie a maintenant deux choix. Le premier, c’est de continuer sur cette voie, à croire qu’un jour, les choses reviendront « à la normale ». Que l’Europe finira par céder. Que la Chine finira par comprendre. Que l’Amérique finira par s’épuiser. C’est la voie du déni. C’est la voie qui mène à un isolement croissant, à une stagnation économique, à une impasse sociale. La seconde option, c’est d’accepter la réalité. De reconnaître que la Russie ne peut pas imposer sa volonté au monde. Qu’elle doit s’adapter, se transformer, se réinventer. Qu’elle doit investir dans son économie intérieure, dans ses infrastructures, dans ses citoyens. Qu’elle doit construire des relations basées sur le respect mutuel plutôt que sur la menace. C’est la voie difficile. C’est la voie qui demande de l’humilité. Mais c’est la seule voie qui mène quelque part.
Le monde qui vient
Pendant que la Russie débat avec elle-même, le monde continue d’avancer. Les énergies renouvelables gagnent du terrain partout. Les interconnexions transfrontalières se multiplient. Les nouvelles technologies de production et de stockage d’énergie émergent. Les anciens monopolistes perdent leur pouvoir. Les nouveaux acteurs font leur place. Dans ce monde en transformation, il y aura de la place pour la Russie — mais à condition qu’elle s’adapte. Qu’elle devienne compétitive. Qu’elle offre de la valeur. Qu’elle respecte les règles. Sinon, elle sera laissée pour compte. L’histoire de l’électricité sino-russe est une parabole. Elle nous raconte ce qui arrive quand on compte sur le passé pour naviguer dans l’avenir. Elle nous montre que les alliances fondées sur la dépendance ne durent pas. Elle nous enseigne que même les « amitiés sans limites » ont des limites.
Et ces limites, elles sont tracées par la compétitivité. Par la capacité à offrir quelque chose de valeur. Par la volonté d’évoluer. La Chine n’a pas trahi la Russie en arrêtant d’acheter son électricité. Elle a simplement agi de manière rationnelle. Elle a agi comme n’importe quel acheteur sensé : elle a trouvé une meilleure affaire ailleurs. C’est aussi simple que ça. Et aussi brutal que ça. Dans le nouveau monde économique, personne ne vous doit rien. Personne ne vous achètera par charité. Personne ne vous soutiendra par idéologie. Soyez compétitif ou disparaissez. C’est la règle. Et la Russie apprend cette règle de manière douloureuse, au rythme du silence de ses câbles électriques qui ne transportent plus rien.
Je repense à cette image d’Alexei et Marina, ces deux Russes ordinaires pris dans l’étau d’une géopolitique qu’ils ne contrôlent pas. Ils n’ont pas choisi cette guerre. Ils n’ont pas choisi ces sanctions. Ils n’ont pas choisi cette dépendance à la Chine. Et pourtant, ils paient le prix. Leurs emplois sont menacés. Leurs espoirs s’effondrent. Leur avenir devient incertain. C’est ça, la véritable tragédie de cette histoire. Pas les sommets, les discours, les alliances. C’est les gens ordinaires qui trinquent pendant que les dirigeants jouent à la grande politique. Et ce qui me révolte, c’est que ça n’avait pas besoin d’arriver. La Russie pouvait choisir une autre voie. Elle pouvait s’adapter. Elle pouvait évoluer. Elle a choisi le déni. Et aujourd’hui, Alexei et Marina paient.
Conclusion : le silence électrique
L’écho des câbles silencieux
Dans la ville de Blagoveshchensk, face à Heihe de l’autre côté du fleuve Amour, les transformateurs sont silencieux depuis le 1er janvier 2026. Les câbles qui traversent la frontière, autrefois chargés d’énergie, transportent désormais le vide. Alexei, l’ingénieur qui les surveillait, regarde ses écrans éteints et se demande ce que l’avenir lui réserve. Marina, la gardienne de nuit, écoute le silence qui remplace le bourdonnement familier. Des milliers de Russes comme eux, dans l’Extrême-Orient et au-delà, font face à la même réalité : le « pivot vers l’Est » promis par le Kremlin était une illusion. La Chine n’est pas un sauveur. C’est un partenaire commercial qui calcule, qui négocie, qui coupe quand ça ne vaut plus le coup.
Les câbles électriques silencieux sont plus qu’une simple interruption technique. Ils sont un symbole. Un symbole d’une époque qui s’achève. Une époque où la Russie pouvait compter sur sa géographie, son histoire, ses ressources pour imposer sa volonté. Cette époque est révolue. Le nouveau monde économique est impitoyable. Il récompense la compétitivité, pas la taille. Il favorise l’adaptation, pas l’arrogance. Il sanctionne le déni, pas le rêve. La Russie apprend cette leçon de manière brutale, à travers la perte de ses marchés, l’isolement de ses alliés, le silence de ses infrastructures.
La question qui reste
Et pendant ce temps, à Moscou, dans les couloirs du Kremlin, que pensent-ils ? Comptent-ils encore sur un retour du marché chinois ? Croient-ils vraiment que les prix russes vont redescendre ? Que les contrats de 2037 signifient encore quelque chose ? Ou ont-ils enfin compris que le monde a changé pour de bon ? Que l’ « amitié sans limites » était une phrase de circonstance, pas une stratégie ? Que la Chine ne sauvera pas l’économie russe, personne ne le fera ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que les câbles électriques entre la Russie et la Chine sont silencieux. Et ce silence, c’est le son le plus fort que j’ai entendu depuis longtemps.
Quand j’ai commencé à écrire cet article, je pensais que ça serait une histoire de géopolitique. D’énergie. D’économie. Mais ce n’est pas ça. C’est une histoire d’humiliation. Une humiliation qui n’a pas besoin d’être déclarée, proclamée, orchestrée. Elle existe dans le silence. Dans l’absence de courant qui traverse la frontière. Dans les regards d’Alexei et Marina quand ils réalisent que leur travail ne sert plus à rien. Dans la prise de conscience progressive que la Russie n’est plus ce qu’elle pensait être. Et ce qui me hante, c’est la question que personne ne pose vraiment : est-ce que la Russie survivra à cette humiliation ? Est-ce qu’elle en sortira transformée, ou brisée ? Les câbles sont silencieux aujourd’hui. Mais ils seront-ils encore là demain ? Ou est-ce que tout ça va finir par rouiller, par s’effondrer, par disparaître ? Je ne sais pas. Mais j’ai peur. J’ai peur que ce silence électrique soit le prélude à un silence plus grand. Un silence qui dure. Un silence qui n’a pas de fin.
Sources
Sources primaires
blank »>The Kyiv Independent – « China halts electricity imports from Russia, Russian media reports » (16 janvier 2026)
blank »>TASS – « Russia may resume electricity exports to China at Beijing’s request — Energy Ministry » (16 janvier 2026)
Sources secondaires
United24 Media – « China’s Electricity Imports From Russia Collapse by 60% in 2025 Amid Energy Shortages » (15 août 2025)
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et commerciales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués gouvernementaux, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que TASS, Kyiv Independent, et United24 Media.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
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