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Chine coupe le courant : l’humiliation énergétique de Poutine
Crédit: Adobe Stock

Quand l’électricité russe devient trop chère pour la Chine

Le journal Kommersant, cette feuille de chou pro-Kremlin qui ne raconte généralement que ce qu’on lui permet de raconter, a dû avouer l’évidence. Les prix russes de l’électricité ont explosé, grimpant de 42% par rapport à janvier dernier. Quarante-deux pour cent. En une année. Pendant ce temps, la Chine maintient ses tarifs domestiques autour de 350 yuan par mégawatt-heure, soit environ 50 dollars. Le résultat ? L’électricité russe, censée être un produit d’exportation compétitif, coûte aujourd’hui plus cher que ce que les Chinois paient chez eux. Inter RAO, la société d’État russe qui opère ces exportations, exportait théoriquement 4 milliards de kilowatt-heures par an vers la State Grid Corporation chinoise. Quatre milliards. C’est assez pour alimenter une ville de plusieurs millions d’habitants. Ou plutôt, c’était assez. Parce que depuis le 1er janvier, ce fleuve s’est tari.

Ce qui rend cette situation encore plus ironique, c’est que les contrats signés entre Moscou et Beijing courent jusqu’en 2037. Onze ans encore. Onze ans de promesses, d’accords de coopération énergétique, de poignées de main chaleureuses entre Poutine et Xi Jinping devant les caméras du monde entier. Mais un contrat, c’est beau sur le papier. Dans la réalité, quand les prix explosent et que le marché s’inverse, les signatures n’ont plus beaucoup d’importance. Les sources de Kommersant admettent ce que Moscou ne veut pas dire publiquement : les exportations sont « improbables » de reprendre cette année. Improbable. C’est un mot poli pour dire « oubli ça ». Les officiels russes, toujours prompts à afficher une confiance inébranlable, affirment que les contrats « restent en vigueur » et qu’ils sont « en communication constante » avec leurs homologues chinois. Communication constante. C’est sûr qu’ils communiquent. Mais la Chine n’écoute plus.

L’effet domino sur l’économie de l’Extrême-Orient

Imaginez l’impact économique immédiat. L’Extrême-Orient russe, cette région déjà marginalisée et sous-développée, perd soudainement l’un de ses principaux clients. Les centrales électriques qui avaient investi pour augmenter leur capacité de production se retrouvent avec du surplus invendu. Les travailleurs du secteur énergétique, ces milliers de familles qui dépendaient de ces exportations pour leur subsistance, voient leur avenir s’assombrir. Dans les villes de Khabarovsk ou Vladivostok, les effets se feront sentir progressivement mais inexorablement. Moins de revenus d’exportation signifie moins d’investissements. Moins d’emplois. Moins d’espoir. Le ministère russe de l’Énergie tente de sauver la face en déclarant que la priorité reste « l’accélération de la fourniture d’électricité à l’économie en développement dynamique de l’Extrême-Orient ». Belle phrase. Mais dans la réalité, l’économie de l’Extrême-Orient russe ne croît pas dynamiquement. Elle stagne.

Le contraste est d’autant plus frappant qu’en 2025, déjà, les exportations russes d’électricité vers la Chine avaient chuté de 60%, tombant à seulement 200 millions de kilowatt-heures dans le premier semestre, contre 465 millions sur la même période en 2024. C’était un signal d’alarme que Moscou avait choisi d’ignorer. « C’est temporaire », se disaient-ils au Kremlin. « La Chine a besoin de nous ». Ils avaient tort. La baisse de 60% n’était pas une anomalie temporaire. C’était le début de la fin. Aujourd’hui, avec l’arrêt total, cette tendance se confirme de manière définitive. La Chine a trouvé d’autres sources. D’autres fournisseurs. D’autres solutions. Pendant ce temps, la Russie se retrouve avec ses câbles électriques qui traversent le désert. Ses lignes de transmission haute tension qui ne transmettent plus rien. Ses ingénieurs qui regardent le vide.

C’est fascinant de voir comment les mathématiques ont leur propre forme de justice. Pas de vengeance. Pas de punition. Juste des chiffres. 42% d’augmentation des prix russes. 350 yuan le mégawatt-heure en Chine. 60% de baisse en 2025. Arrêt total en 2026. Les mathématiques ne se soucient pas des « amitiés sans limites ». Elles ne se soucient pas des discours diplomatiques. Elles se soucient de l’arithmétique pure. Et l’arithmétique dit que l’électricité russe n’est plus compétitive. Point final. J’admire cette froideur. Cette rationalité impitoyable. Pendant que Poutine joue à l’empereur en train de reconstruire une superpuissance, la Chine calcule. Et quand le calcul ne passe plus, elle coupe. Sans sentiment. Sans hésitation. Juste business.

Sources

Sources primaires

blank »>The Kyiv Independent – « China halts electricity imports from Russia, Russian media reports » (16 janvier 2026)

blank »>TASS – « Russia may resume electricity exports to China at Beijing’s request — Energy Ministry » (16 janvier 2026)

Sources secondaires

United24 Media – « China’s Electricity Imports From Russia Collapse by 60% in 2025 Amid Energy Shortages » (15 août 2025)

Encadré de transparence du chroniqueur

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et commerciales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués gouvernementaux, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que TASS, Kyiv Independent, et United24 Media.

Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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