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Groenland : onze membres du Congrès américain arrivent à Copenhague pour dire non à l’annexion de Trump
Crédit: Adobe Stock

Démocrates et républicains unis

La délégation menée par le sénateur Chris Coons (démocrate du Delaware) n’est pas n’importe quelle visite. C’est une mission de réconfort diplomatique sans précédent dans l’histoire moderne des relations américano-européennes. Autour de Coons, on trouve des poids lourds du Congrès : le sénateur Dick Durbin (démocrate de l’Illinois), numéro deux des démocrates au Sénat. Le sénateur Thom Tillis (républicain de Caroline du Nord). La sénatrice Lisa Murkowski (républicaine de l’Alaska). Des représentants de la Chambre comme Steny Hoyer, Gregory Meeks, Madeleine Dean, Sara Jacobs, Sarah McBride, Jeanne Shaheen, Peter Welch. Onze personnes. Onze voix. Une seule mission : dire que Washington ne s’est pas effondré. Que malgré les propos Trump, malgré les menaces, malgré l’atmosphère toxique qui s’est installée depuis des semaines, il y a encore des gens au Congrès qui croient aux alliances. Qui croient que les alliés ne sont pas des marchandises. Qui croient que le respect de la souveraineté n’est pas une option, c’est une obligation.

Chris Coons a été très clair dans sa déclaration avant le départ : « À une époque où l’instabilité internationale ne cesse de croître, nous avons plus que jamais besoin de nos alliés ». Ces mots résonnent particulièrement fort à Copenhague en ce moment. Car l’instabilité, justement, c’est ce que Donald Trump apporte. Avec ses menaces sur le Groenland, il a créé une crise diplomatique majeure au sein même de l’OTAN. Une alliance qui, théoriquement, est censée protéger ses membres contre les menaces extérieures. Pas contre les menaces d’un de ses propres membres. La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a été plus loin encore : elle a déclaré qu’une attaque américaine sur le Groenland serait « la fin de tout ». La fin de quoi ? La fin de l’alliance atlantique. La fin de la confiance. La fin de l’ordre international basé sur des règles que nous connaissons depuis 1945. C’est énorme à dire. Venant d’un chef de gouvernement européen, c’est un avertissement sans équivoque.

Le message bipartisan

Ce qui rend cette visite particulièrement significative, c’est son caractère bipartisan. Sur les onze membres du Congrès présents, neuf sont démocrates et deux sont républicains. Et ces deux républicains ne sont pas n’importe lesquels. Lisa Murkowski, sénatrice de l’Alaska, connaît bien les réalités de l’Arctique. Elle a déclaré qu’elle « continuait d’espérer que les déclarations de l’administration sur le Groenland n’étaient rien d’autre qu’une posture en vue d’une nouvelle ère de coopération ». Elle a ajouté que « toute tentative de revendiquer ou de prendre le territoire par la force nuirait à la fois à la sécurité nationale des États-Unis et à leurs relations internationales ». Ce n’est pas juste de la diplomatie. C’est une critique frontale de la politique de Trump. Thom Tillis, sénateur républicain de Caroline du Nord, a quant à lui appelé à « travailler avec le Danemark et nos alliés de l’OTAN pour projeter notre force » et « dissuader l’agression russe et chinoise dans l’Arctique ». Notez la différence : Trump veut prendre le Groenland. Tillis veut dissuader la Russie et la Chine. L’un est de l’annexion. L’autre est de la défense. Ce n’est pas la même chose. Pas du tout.

Madeleine Dean, représentante démocrate de Pennsylvanie, a été encore plus directe : « Le Danemark est notre allié, notre ami. La rhétorique du président sur le Groenland est dangereuse ». Dangereuse. Ce mot n’est pas choisi au hasard. Car ce que fait Trump, c’est dangereux. C’est dangereux pour l’alliance. C’est dangereux pour la sécurité internationale. C’est dangereux pour le Groenland. Et c’est dangereux pour l’Amérique elle-même. Car lorsque le plus grand pays du monde commence à parler d’annexer des territoires par la force, on ne sait plus où ça s’arrête. Qui sera le prochain ? Le Canada ? Le Mexique ? L’Islande ? C’est un glissement vers un monde que nous pensions avoir laissé derrière nous en 1945. Un monde de conquêtes, d’annexions, d’impérialisme. Un monde où le plus fort fait ce qu’il veut et le plus faible subit. C’est exactement ce que l’ONU, l’OTAN, l’Union européenne, et toutes les institutions internationales créées après la Seconde Guerre mondiale étaient censées empêcher. Et voilà que le président américain, le dirigeant du monde libre, nous ramène là-dedans.

Ce qui me frappe dans cette histoire, c’est cette scène : onze Américains venant à Copenhague pour dire à leurs alliés « Désolé, ignorez notre président, il ne sait pas ce qu’il dit. » C’est à la fois touchant et effrayant. Touchant parce que ça montre que l’Amérique n’est pas monolithique. Qu’il y a encore des gens de bonne foi dans ce pays. Effrayant parce que ça montre à quel point la situation est devenue pathologique. Un président qui menace d’annexer un allié de l’OTAN. Un Congrès qui doit organiser une visite diplomatique d’urgence pour contenir les dégâts. Des pays européens qui envoient des militaires au Groenland pour se protéger contre les États-Unis. C’est absurde. C’est comme si la France envoyait des soldats en Belgique pour se protéger contre une invasion allemande en 2026. On dirait que l’histoire s’est déréglée.

Sources

Sources primaires

66622253210.html » target= »blank »>Le Monde – EN DIRECT, Groenland : onze membres du Congrès américain attendus à Copenhague vendredi pour une visite de deux jours (16 janvier 2026)

blank »>Reuters – US lawmakers seek to reassure Copenhagen after Trump Greenland threats (16 janvier 2026)

Sources secondaires

blank »>Reuters – Just one in five Americans support Trump’s efforts to acquire Greenland: Reuters/Ipsos poll (14 janvier 2026)

blank »>Senate Foreign Relations Committee – Ranking Member to Join Bipartisan, Bicameral Congressional Delegation to Copenhagen (12 janvier 2026)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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