Des messages secrets dans l’ombre
L’histoire aurait pu rester secrète. Mais le Washington Post a révélé ce qui se tramait dans l’ombre depuis fin décembre 2025. Quelques jours avant que les manifestations n’éclatent en Iran, Israël a fait passer un message à Téhéran. Le canal ? Vladimir Poutine. Le contenu ? Une promesse : Israël ne frapperait pas l’Iran si l’Iran ne frappait pas Israël. Et Téhéran a répondu. Par le même canal. Avec la même promesse. Deux ennemis mortels qui s’envoient des colombes via le Kremlin. L’ironie est presque trop grosse pour être vraie.
Selon des sources diplomatiques citées par le Washington Post, c’est Netanyahu lui-même qui a demandé à Poutine de transmettre ces « assurances » à l’Iran. Le Premier ministre israélien craignait apparemment une frappe préventive iranienne. Du côté iranien, c’est Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, qui aurait géré ces échanges — pas le ministère des Affaires étrangères. Un détail qui en dit long sur le niveau de confidentialité de ces communications. Une source politique iranienne de haut rang a confirmé au journal américain que ces contacts indirects avaient bien eu lieu, identifiant Poutine personnellement comme l’intermédiaire. Mais elle a aussi insisté : « Il n’y a pas d’engagement, pas de coordination, pas d’accord de cessez-le-feu. »
Un rôle d’entremetteur savamment cultivé
Ce n’est pas la première fois que Moscou joue les entremetteurs entre Tel-Aviv et Téhéran. Le Kremlin avait déjà proposé à Donald Trump de servir d’intermédiaire entre les deux rivaux. Trump avait décliné, disant aux Russes de « d’abord régler l’Ukraine ». Mais cette fois, la proposition semble avoir trouvé preneur. La chaîne israélienne KAN a rapporté la semaine dernière que Netanyahu avait récemment demandé à Poutine de transmettre des messages à l’Iran confirmant qu’Israël n’avait pas l’intention de l’attaquer. En octobre dernier déjà, Poutine avait déclaré qu’on lui avait demandé de faire passer un message à Téhéran indiquant qu’Israël « n’était pas intéressé par une escalade ».
Les officiels iraniens, eux, sont restés méfiants. Même si les assurances israéliennes étaient sincères, elles laissaient une faille béante : la possibilité que les États-Unis frappent l’Iran en coordination avec Israël, pendant que ce dernier concentrerait son feu strictement sur le Hezbollah au Liban. « Pour l’Iran, c’était quand même une bonne affaire », a confié un haut responsable régional au Washington Post, « de rester en dehors de tout affrontement Israël-Hezbollah ». Le cynisme, ici, n’a pas de frontières.
Vous réalisez ce qu’on est en train de lire ? Deux pays qui se sont fait la guerre pendant douze jours en juin dernier. Deux pays dont les missiles ont traversé les cieux du Moyen-Orient. Deux pays qui continuent officiellement de se vouer une haine mortelle. Et ils se font passer des petits mots via Poutine comme des adolescents timides au bal de fin d’année. Sauf qu’au lieu de billets doux, ce sont des promesses de non-agression. Et au lieu d’un gymnase d’école, c’est une région au bord de l’explosion. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Probablement les deux.
Pendant ce temps, l'Iran saigne
Les chiffres de l’horreur
Revenons à ce que Poutine appelle pudiquement les « efforts de l’Iran pour normaliser la situation dans le pays ». Depuis fin décembre 2025, des manifestations massives secouent l’Iran. La colère populaire, déclenchée par l’inflation galopante et l’effondrement économique, s’est rapidement transformée en révolte contre le régime tout entier. Et ce régime a répondu de la seule façon qu’il connaît : par le massacre. Les chiffres donnent le vertige. L’organisation américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) parlait au 14 janvier d’au moins 2 586 morts. L’organisation norvégienne Iran Human Rights évoquait 3 428 victimes. Mais d’autres estimations, basées sur des sources hospitalières et des témoignages internes, font froid dans le dos : Iran International avance le chiffre de 12 000 morts. CBS News, citant des sources à l’intérieur de l’Iran, parle de 12 000 à 20 000 victimes.
Le 8 janvier, une seule journée, six hôpitaux de Téhéran ont enregistré 217 morts — la plupart par balles réelles. Les hôpitaux de Shiraz manquaient de chirurgiens pour traiter les blessés. À Mashhad, un travailleur médical a témoigné auprès d’Amnesty International : « Dans la nuit du 9 janvier, les corps de 150 jeunes manifestants ont été amenés dans un seul hôpital, puis transférés au cimetière de Behesht Reza près de Mashhad. Les autorités ont enterré les gens rapidement, avant même qu’ils ne soient identifiés, puis ont informé les familles après. » Des images vidéo vérifiées par Amnesty montrent des familles errant parmi au moins 120 sacs mortuaires au complexe funéraire de Behesht Zahra à Téhéran, cherchant désespérément leurs proches.
Une répression de type militaire
La répression ne s’est pas contentée de tirs de sommation ou de gaz lacrymogène. Selon Iran Human Rights, les forces de sécurité ont utilisé des mitrailleuses lourdes DShK contre les manifestants à Karaj. Des témoins ont rapporté des « conditions de victimes de masse », des hôpitaux débordés, et l’utilisation de munitions de guerre par les Gardiens de la Révolution et les miliciens Basij. Un médecin ayant soigné de nombreux blessés a décrit une opération menée « comme en temps de guerre », où les forces de sécurité opéraient sous des ordres qui éliminaient toute responsabilité et traitaient les manifestations civiles comme un scénario de champ de bataille.
L’organisation Hengaw, spécialisée dans les droits humains au Kurdistan iranien, a documenté ce qu’elle qualifie de « crimes contre l’humanité » selon le droit international coutumier et le Statut de Rome. Elle évoque « des forces gouvernementales, agissant dans le cadre d’une politique de répression coordonnée, généralisée et systématique, commettant des actes incluant le meurtre prémédité de manifestants civils ». Amnesty International a vérifié des vidéos montrant des agents des forces de sécurité tirant sur les manifestants depuis des passerelles piétonnes, depuis les toits de postes de police, tandis que les gens fuyaient. À Téhéran, un témoin a rapporté avoir vu des snipers parmi les forces de sécurité, avertissant un autre manifestant : « Pose ton téléphone. Ils vont te tirer dans la main. »
Je ferme les yeux et j’essaie d’imaginer. 12 000 personnes. Peut-être 20 000. Des fils, des filles, des pères, des mères. Des gens qui ne demandaient qu’à vivre dignement, qui réclamaient le droit de ne plus crever de faim dans un pays assis sur des océans de pétrole. Et le régime que Poutine appelle son « partenaire stratégique » leur a répondu avec des mitrailleuses lourdes. Avec des snipers sur les toits. Avec des enterrements précipités avant même d’identifier les corps. C’est ça, la « normalisation » dont parle le Kremlin ? C’est ça, la « désescalade » que Poutine prétend promouvoir ? Je voudrais hurler. Je voudrais que quelqu’un m’explique comment le monde peut continuer à tourner pendant que tout ça se passe.
L'alliance stratégique Moscou-Téhéran : le sang qui lie
Les drones de la mort
Pour comprendre pourquoi Poutine défend si ardemment son « partenaire » iranien, il faut regarder ce qui unit Moscou et Téhéran. Et ce qui les unit, c’est le sang. Celui des Ukrainiens, bombardés nuit après nuit par des drones Shahed de conception iranienne. Depuis le début de la guerre à grande échelle en Ukraine en février 2022, l’Iran a fourni à la Russie des milliers de ces drones kamikazes. Les estimations parlent de 6 000 appareils livrés. Plus qu’une livraison : un transfert de technologie. La Russie produit maintenant ses propres Shahed dans une usine à Alabuga, au Tatarstan. Capacité de production estimée : 2 700 drones par mois selon les services de renseignement ukrainiens.
Le coût d’un Shahed est passé d’environ 200 000 dollars par unité importée à environ 70 000 dollars pour les modèles produits localement. Un outil de terreur bon marché qui épuise les défenses anti-aériennes ukrainiennes, bien plus coûteuses. Les missiles Patriot américains coûtent entre 4 et 6 millions de dollars pièce. Les missiles AMRAAM de l’OTAN ou les R-77 soviétiques tournent autour de 500 000 à 1 million de dollars. Face aux essaims de Shahed qui s’abattent sur l’Ukraine chaque nuit, le calcul économique est implacable : le défenseur se ruine, l’agresseur économise.
Un traité qui scelle l’alliance
Le 17 janvier 2025, Poutine et Pezeshkian ont signé un Traité de partenariat stratégique global d’une durée de 20 ans, avec des extensions automatiques de cinq ans. L’accord couvre tous les domaines : commerce, énergie, finances, transports, agriculture, culture, science, technologie, santé, renseignement, contre-terrorisme et défense. Un article stipule que si l’une des parties est victime d’une agression, l’autre s’engage à ne fournir aucune « assistance militaire ou autre à l’agresseur qui faciliterait la poursuite de l’agression ». C’est l’Iran et la Russie qui se promettent mutuellement de ne pas aider quiconque les attaquerait. L’ironie, c’est que ce sont eux qui attaquent — l’un en Ukraine, l’autre son propre peuple.
Le traité ne comprend pas de clause de défense mutuelle, contrairement à l’accord entre la Russie et la Corée du Nord. Moscou n’est pas prête à affronter directement Israël ou les États-Unis pour l’Iran. Mais la coopération militaire et technique est appelée à s’approfondir. En décembre 2025, les ministres des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Abbas Araghchi ont signé un plan de consultations pour 2026-2028. Lavrov a qualifié le traité de « document principal et clé » dans les relations bilatérales. La machine est en marche.
Imaginez une seconde. Vous êtes Ukrainien. Chaque nuit, vous entendez le bourdonnement caractéristique des drones. Chaque nuit, vous vous demandez si cette fois, c’est pour vous. Ces drones, c’est l’Iran qui les a conçus. C’est l’Iran qui a montré à la Russie comment les fabriquer. Et maintenant, Poutine se pose en « médiateur » pour ce même Iran. Il appelle ça de la diplomatie. Moi, j’appelle ça de la complicité de massacre. Le sang ukrainien et le sang iranien coulent dans les mêmes caniveaux de l’histoire, versés par les mêmes mains, couvert par les mêmes mensonges.
Trump, les menaces et le recul
Des promesses de feu qui s’évaporent
Le président américain Donald Trump avait tonné. Face aux images du massacre iranien, il avait promis une réponse « très forte » si le régime continuait à tirer sur les manifestants. Il avait déclaré que l’armée américaine était « chargée et prête » à frapper si l’Iran se mettait à « tuer des manifestants ». Les Iraniens de la diaspora, les activistes, les familles de victimes avaient cru à un espoir. Enfin, quelqu’un allait agir. Enfin, le monde allait dire stop. Puis… rien. Ou presque. Le 15 janvier, Trump a indiqué qu’on lui avait rapporté que les tueries avaient cessé, qu’il « croyait qu’il n’y avait pas de projets d’exécutions ». Les menaces se sont évaporées aussi vite qu’elles étaient apparues.
Selon Reuters et d’autres sources, l’Iran a menacé de riposter contre les bases américaines au Moyen-Orient si Washington attaquait. Les États-Unis ont commencé à retirer du personnel de la base aérienne d’Al Udeid au Qatar. « C’est un changement de posture, pas une évacuation ordonnée », a précisé un diplomate. Mais le message était clair : l’escalade aurait un coût. Et Trump, malgré sa rhétorique, n’était pas prêt à le payer. C’est dans ce contexte que Poutine s’est glissé dans le rôle du « médiateur ». Pendant que Washington hésitait, Moscou agissait — ou du moins, donnait l’impression d’agir.
Le Kremlin en sauveur autoproclamé
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n’a pas manqué de souligner le rôle de la Russie : « C’est une assistance non seulement à l’Iran, mais aussi à toute la région, ainsi qu’à la cause de la stabilité et de la paix régionales. » La formule est habile. Elle positionne Moscou comme un acteur responsable, un adulte dans la pièce, face à une Amérique imprévisible et belliqueuse. Peu importe que cette même Russie bombarde l’Ukraine depuis bientôt quatre ans. Peu importe qu’elle ait fourni les armes qui permettent à l’Iran de maintenir sa machine de guerre. Dans le grand théâtre de la géopolitique, c’est le récit qui compte. Et le récit de Poutine, c’est celui d’un pacificateur.
Des analystes, notamment l’ancien officier de l’armée britannique Andrew Fox, ont averti que si Trump n’agissait pas sur ses promesses de protéger les manifestants, la révolte qu’il avait contribué à galvaniser pourrait être écrasée. Le régime iranien « applique délibérément une force maximale au début pour écraser les manifestations avant que Washington ne réagisse », a-t-il analysé pour Iran International. Et c’est exactement ce qui semble s’être passé. Le temps que le monde réagisse, les corps étaient déjà alignés dans les morgues.
Vous savez ce qui me fait le plus mal dans cette histoire ? L’espoir. L’espoir qu’ont eu ces manifestants iraniens quand Trump a parlé d’action. L’espoir qu’ont eu ces mères, ces pères, ces frères et sœurs quand ils ont entendu que l’Amérique allait peut-être, enfin, les aider. Et puis le silence. Le recul. Les excuses diplomatiques. Et pendant ce temps, Poutine ramasse les morceaux. Poutine se pose en homme raisonnable. Poutine gagne. C’est le monde dans lequel on vit. Un monde où les promesses s’évaporent et où les dictateurs jouent aux arbitres.
La guerre de juin et ses fantômes
Douze jours qui ont changé la donne
Pour comprendre la complexité de la situation actuelle, il faut remonter à juin 2025. Pendant douze jours, Israël et l’Iran se sont fait la guerre. Une vraie guerre, avec des missiles qui ont traversé les cieux, des frappes sur des installations nucléaires, des ripostes qui ont atteint Tel-Aviv. Les États-Unis se sont brièvement joints aux frappes, bombardant trois sites nucléaires iraniens majeurs : Fordo, Natanz et Ispahan. Puis Washington a négocié un cessez-le-feu. Mais les plaies sont restées ouvertes. L’Iran a juré de reconstruire son programme de missiles balistiques. Israël a maintenu sa vigilance. Et au milieu, la Russie a vu une opportunité.
Lors de ses appels du 16 janvier 2026, Poutine a fait référence à ces événements. Dans son communiqué sur l’appel avec Netanyahu, le Kremlin a mentionné « l’importance de reprendre les négociations et de résoudre toutes les questions relatives au programme nucléaire iranien exclusivement par des moyens politiques et diplomatiques ». En d’autres termes : pas de nouvelles frappes israélo-américaines. C’est exactement ce que Téhéran veut entendre. Et c’est exactement le rôle que Poutine veut jouer : celui qui empêche l’Occident de frapper, celui qui protège les régimes autoritaires contre les « agressions » extérieures.
Un équilibre de la terreur
La situation actuelle est un équilibre précaire. L’Iran sait qu’une frappe américaine ou israélienne pourrait venir à tout moment, surtout avec les images du massacre qui circulent malgré le blackout internet. Israël sait que l’Iran a prouvé en juin qu’il pouvait atteindre Tel-Aviv avec ses missiles. Et Trump sait qu’une intervention militaire au Moyen-Orient pourrait s’embourber comme celles qui l’ont précédée. Dans ce contexte, Poutine s’insère comme un facteur de « stabilité ». Pas parce qu’il veut la paix — son record en Ukraine prouve le contraire — mais parce que la « stabilité » au Moyen-Orient sert ses intérêts. Un Iran debout, c’est un allié qui continue de fournir des drones. C’est un partenaire commercial qui contourne les sanctions. C’est un poids contre l’influence américaine dans la région.
Les messages échangés entre Israël et l’Iran via le canal russe illustrent parfaitement cette dynamique. Ce ne sont pas des négociations de paix. Ce sont des notifications parallèles d’intentions, comme l’a précisé la source iranienne au Washington Post. Aucun engagement, aucune coordination, aucune obligation. Juste deux ennemis qui se disent mutuellement : « Pas maintenant. » Et au milieu, Poutine qui encaisse le crédit diplomatique.
C’est presque fascinant, d’un point de vue purement analytique. Poutine a réussi à se rendre indispensable. Il est l’homme à qui Israël demande de rassurer l’Iran. Il est l’homme à qui l’Iran demande de contenir Israël. Il est l’homme qui parle aux deux camps pendant qu’il bombarde un troisième pays. On pourrait presque admirer le culot. Presque. Si ce n’était pour les corps. Les corps à Téhéran. Les corps à Kyiv. Les corps qui s’accumulent pendant que les diplomates échangent des communiqués.
Le silence de l'Occident, la voix de Moscou
Quand les démocraties ferment les yeux
Face au massacre en Iran, qu’a fait l’Occident ? La Nouvelle-Zélande a fermé son ambassade à Téhéran. Le Royaume-Uni, la France et l’Australie avaient déjà fait de même. Des « préoccupations » ont été exprimées. Des « condamnations » ont été publiées. La ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper a déclaré au Parlement que le gouvernement britannique estimait qu’il pourrait y avoir eu 2 000 morts, peut-être plus, ajoutant que « ce nombre pourrait s’avérer significativement plus élevé ». L’ONU a exprimé son « inquiétude ». Et puis ? Et puis rien. Ou si peu.
Pendant que les capitales occidentales émettaient des communiqués, Moscou agissait. Poutine téléphonait. Le Kremlin publiait des déclarations. La Russie se positionnait comme l’acteur qui fait bouger les choses. Peu importe que ces « choses » servent à protéger un régime meurtrier. Dans la guerre des récits, c’est l’initiative qui compte. Et l’initiative, Poutine l’a prise. Les médias du monde entier ont titré sur « Poutine médiateur ». Pas sur « Poutine complice ». Le spin a fonctionné.
La diplomatie du cynisme
Il y a quelque chose de profondément révélateur dans cette séquence. Trump menace, puis recule. L’Europe condamne, puis se tait. Et Poutine avance ses pions. C’est la diplomatie du cynisme à l’état pur. Un monde où les paroles ne comptent plus, où seuls les actes — même les plus odieux — ont du poids. Un monde où l’on peut bombarder l’Ukraine, soutenir le massacre de manifestants iraniens, et quand même se présenter comme un artisan de la paix. Et être pris au sérieux.
Le 16 janvier 2026 restera peut-être dans les livres d’histoire comme le jour où Vladimir Poutine s’est officiellement autoproclamé médiateur du Moyen-Orient. Mais pour des milliers de familles iraniennes, ce sera autre chose. Ce sera le jour où le monde a continué à tourner pendant que leurs proches étaient enterrés à la hâte dans des cimetières débordés. Ce sera le jour où un dictateur a fait semblant de travailler pour la paix pendant que son allié tirait sur des gens désarmés.
Qu’est-ce qu’on peut faire face à ça ? Honnêtement, je ne sais pas. J’écris ces lignes et je me sens impuissant. Les mots semblent dérisoires face à l’ampleur de ce qui se passe. Mais se taire serait pire. Se taire, ce serait accepter. Ce serait laisser Poutine écrire l’histoire à sa façon. Ce serait oublier les milliers de personnes qui sont mortes en réclamant simplement le droit de vivre. Alors j’écris. Pour qu’on sache. Pour qu’on n’oublie pas. Pour que quelque part, dans cette masse d’informations qui nous submerge, quelqu’un se souvienne qu’au milieu des communiqués diplomatiques, il y avait des êtres humains qui mouraient.
L'avenir : entre espoir et désespoir
Un régime fragilisé mais debout
Malgré l’ampleur de la répression, le régime iranien tient toujours. Les manifestations semblent avoir diminué ces derniers jours, selon les rapports. Le chef de la justice iranienne, Gholamhossein Mohseni-Ejei, a promis des procès rapides et des exécutions pour les manifestants arrêtés : « Si nous voulons faire quelque chose, nous devons le faire vite. Si nous pouvons faire quelque chose aujourd’hui mais que nous le faisons deux ou trois mois plus tard, ça n’aura pas le même effet. » Erfan Soltani, un manifestant de 26 ans, avait été condamné à mort avec une exécution prévue le 14 janvier. Trump a affirmé avoir reçu l’assurance qu’il n’y aurait pas d’exécutions. Mais peut-on faire confiance à un régime qui a déjà massacré des milliers de personnes ?
Le blackout internet qui a duré plusieurs jours a limité la capacité des manifestants à s’organiser et à diffuser des images au monde extérieur. Le régime a confisqué des antennes paraboliques, saisi des enregistrements de caméras de sécurité privées pour identifier les manifestants, et même tenté de brouiller les terminaux Starlink que les protestataires utilisaient pour contourner la censure. Selon des rapports, environ 6 000 combattants de groupes pro-iraniens sont arrivés d’Irak pour aider le régime à réprimer les troubles. La loi martiale aurait été imposée dans plusieurs villes.
Et maintenant ?
Que va-t-il se passer maintenant ? Poutine va continuer à jouer les médiateurs, à accumuler le capital diplomatique, à se rendre indispensable dans une région où l’Amérique hésite et l’Europe regarde. L’Iran va continuer à réprimer, à enterrer ses morts, à prétendre que tout va bien pendant que le sang sèche dans les rues. Israël va continuer à surveiller, à évaluer, à se préparer au prochain round d’affrontement. Et les familles iraniennes vont continuer à pleurer, à chercher des réponses qui ne viendront jamais, à se demander pourquoi le monde les a abandonnées.
Le traité de partenariat stratégique entre la Russie et l’Iran va continuer à produire ses effets. Les drones Shahed vont continuer à s’abattre sur l’Ukraine. Les sanctions occidentales vont continuer à être contournées via des mécanismes financiers russo-iraniens. Et la machine de propagande du Kremlin va continuer à présenter tout cela comme de la « coopération légitime entre États souverains ». C’est le monde dans lequel nous vivons. Un monde où les mots ont perdu leur sens. Où « médiation » signifie complicité. Où « stabilité » signifie répression. Où « partenariat » signifie trafic d’armes.
Je repense à ces familles au cimetière de Behesht Zahra, errant entre les sacs mortuaires. Je repense à ce médecin de Mashhad qui a vu 150 corps en une seule nuit. Je repense à ces snipers sur les toits qui tiraient sur des gens désarmés. Et je repense à Poutine, assis dans son bureau au Kremlin, décrochant son téléphone pour jouer les arbitres de la paix mondiale. Le contraste est si violent qu’il en devient presque irréel. Mais c’est réel. Tout ça est réel. Et demain, le monde va continuer comme si de rien n’était.
Conclusion : Le prix du silence
Ce que l’histoire retiendra
Le 16 janvier 2026, Vladimir Poutine a passé deux coups de téléphone. Les communiqués officiels parlaient de « dialogue », de « stabilité », de « médiation ». Les agences de presse ont relayé. Les analystes ont commenté. Et quelque part en Iran, une mère a continué à chercher le corps de son enfant. Quelque part à Téhéran, un père a appris que son fils avait été enterré avant même d’être identifié. Quelque part à Mashhad, une jeune femme blessée est morte à l’hôpital pendant que les forces de sécurité exigeaient son nom et son adresse. C’est le monde que nous avons construit. C’est le prix de notre silence.
Poutine le sait. Il sait que les condamnations occidentales ne durent que le temps d’un cycle de nouvelles. Il sait que les menaces de Trump s’évaporent aussi vite qu’elles sont prononcées. Il sait que dans quelques jours, quelques semaines, l’attention se portera ailleurs. Et lui restera. Médiateur autoproclamé. Partenaire stratégique de bourreaux. Architecte d’un ordre mondial où la force fait le droit et où les mots ne valent plus rien.
Je termine cet article avec un poids sur la poitrine. Parce que je sais que demain, tout continuera. Les drones continueront de tomber sur l’Ukraine. Le régime iranien continuera de réprimer. Poutine continuera de jouer les médiateurs. Et nous, nous continuerons de regarder, d’écrire, de commenter — impuissants face à la machine. Mais il y a une chose que le cynisme ne peut pas effacer : les noms. Les visages. Les histoires. Anya qui dessinait des papillons. Sajjad qui avait 20 ans. Les 150 corps amenés en une seule nuit à un hôpital de Mashhad. Eux, ils ont existé. Eux, ils ont lutté. Eux, ils ont cru qu’un autre monde était possible. Et c’est pour eux qu’on doit continuer à parler. À écrire. À refuser le silence. Parce que le silence, c’est la victoire finale de ceux qui tuent.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués du Kremlin, les déclarations officielles, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, AFP, Associated Press, ainsi que les données d’organisations de défense des droits humains comme Amnesty International, Iran Human Rights et HRANA.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Kyiv Independent – Putin pitches himself as mediator after calls with Israel, Iran amid regional tensions (16 janvier 2026)
blank »>Reuters via Investing.com – Kremlin says Putin is mediating in Iran situation to try to de-escalate (16 janvier 2026)
blank »>The Moscow Times – Putin Holds First Talks With Iranian, Israeli Leaders Amid Mass Protests and U.S. Threats (16 janvier 2026)
blank »>Kremlin.ru – Telephone conversations with President of Iran and Prime Minister of Israel
Sources secondaires
blank »>Washington Post – Israel and Iran secretly reassured each other in messages via Russia (14 janvier 2026)
blank »>Amnesty International – Iran: Massacre of protesters demands global diplomatic action (16 janvier 2026)
blank »>Iran Human Rights – At Least 3,428 Protesters Killed in Iran (14 janvier 2026)
blank »>CBS News – Over 12,000 feared dead after Iran protests (13 janvier 2026)
blank »>NPR – Deaths from Iran’s crackdown on protests pass 2,500 (14 janvier 2026)
blank »>i24News – In effort to ‘mediate, deescalate,’ Putin speaks with Israeli, Iranian leaders (16 janvier 2026)
Iranianprotests » target= »blank »>Wikipedia – 2025–2026 Iranian protests
blank »>International Institute for Iranian Studies – The Iran-Russia Strategic Partnership Agreement: Scope and Impact
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