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Taganrog : l’Ukraine transforme l’usine de drones Molniya en tas de ferraille
Crédit: Custom

Une frappe chirurgicale dans la nuit

Les détails de l’opération, révélés progressivement par les autorités ukrainiennes, montrent une planification méticulouse et une exécution chirurgicale. Ce n’était pas une frappe hasardeuse, pas un tir au hasard dans l’espoir de toucher quelque chose. La Marine ukrainienne, en collaboration avec le Centre Alpha des opérations spéciales du SBU (les services de renseignement ukrainiens), avait préparé cette attaque depuis des semaines. Ils surveillaient l’usine, analysaient les flux de production, identifiaient les moments où les ateliers étaient pleins de composants et de drones finis. Et le 13 janvier, à l’aube, ils ont frappé. Des missiles ukrainiens, probablement des Neptune, ces missiles de croisière développés localement, ont traversé l’espace aérien russe pour atteindre leur cible avec une précision déroutante.

Les images satellites publiées par le projet d’analyse Dnipro Osint confirment l’ampleur des dégâts. L’atelier principal a été pratiquement rasé. Le toit s’est effondré, les murs ont cédé sous l’impact, et les structures qui se tenaient encore debout ont été dévorées par les flammes. Mais ce n’était pas tout. Les frappes ont aussi touché les bâtiments auxiliaires, les zones de stockage, les aires de montage. Une destruction systématique qui visait à paralyser non seulement la production actuelle, mais aussi la capacité de l’usine à reprendre l’activité rapidement. Les Russes ont tenté de minimiser l’impact, mais les photos ne mentent pas. L’usine Atlant Aero est aujourd’hui un tas de ferraille fumante, et les pertes en matériel sont considérables. Des dizaines, peut-être des centaines de drones en cours de production ont été détruits. Des milliers de composants, des systèmes électroniques, des moteurs, des caméras — tout a disparu dans les flammes.

Les Molniya : ces drones pas chers qui tuent

Comprendre l’importance de cette frappe, c’est comprendre ce que sont les drones Molniya. Ce ne sont pas des engins de haute technologie comme les drones de combat américains ou les systèmes sophistiqués que l’Occident fournit à l’Ukraine. Les Molniya, ça ressemble plus à du bricolage militaire. Un fuselage en contreplaqué, des ailes en plastique renforcé, un moteur d’avion radio-commandé, et une charge explosive de 3 à 5 kilogrammes. Ce n’est pas sexy, ce n’est pas futuriste, mais c’est mortellement efficace. Et surtout, c’est pas cher. Très pas cher. Un Molniya-2 coûte environ 800 dollars à produire. Comparé à un missile d’un million de dollars, c’est une bouchée de pain. Et c’est là que réside la menace.

Les Russes ont produit ces drones par milliers, et ils les utilisent de manière systématique sur le front. Les Molniya peuvent voler jusqu’à 30 ou 40 kilomètres, ce qui leur permet de frapper loin derrière les lignes ukrainiennes, dans ce que les militaires appellent la « zone arrière relative ». Là où, jusqu’à récemment, les troupes ukrainiennes pouvaient se déplacer, établir des dépôts, faire circuler des convois avec un certain sentiment de sécurité. Plus maintenant. Les Molniya ont changé la donne. Ils ont repoussé la zone de danger de 10 à 20 kilomètres derrière le front. Ils ciblent les véhicules, les dépôts de munitions, les positions d’artillerie, et même les concentrations de troupes. Des drones simples, fiables, et surtout remplaçables. Si un Molniya est détruit, les Russes en envoient dix autres. C’est cette logique de guerre d’usure, cette capacité à produire en masse, qui rend les Molniya si dangereux.

C’est ça, le dilemme moderne de la guerre des drones. D’un côté, vous avez des systèmes sophistiqués, coûteux, difficilement remplaçables. De l’autre, des engins rudimentaires qui coûtent le prix d’un bon repas dans un restaurant et qui tuent tout aussi efficacement. Les Russes ont compris ça depuis longtemps. Ils produisent du drone pas cher, en masse, et ils inondent le front. L’Ukraine doit répondre avec des moyens limités, en ciblant la source. C’est ce qu’ils ont fait à Taganrog. Et honnêtement, c’est peut-être la seule stratégie viable. On ne peut pas gagner une guerre d’usure contre un adversaire qui produit des armes par milliers à moindre coût. Il faut frapper la production. Il faut frapper les usines. Il faut frapper là où ça fait mal.

Sources

Sources primaires

blank »>Ukrinform – Ukrainian forces destroy facilities at Taganrog plant that produced Molniya drones (16 janvier 2026)

blank »>Militarnyi – Ukrainian Missile Strike Destroys Main Workshop of UAV Plant in Taganrog – Satellite Images (15 janvier 2026)

blank »>Ukrainska Pravda – Ukraine confirms destruction of workshops assembling Russian Molniya drones in Russia’s Taganrog – video (16 janvier 2026)

Sources secondaires

blank »>Ukrainska Pravda – Cheap but dangerous: how Russia’s plywood Molniya drone has become a big problem for Ukraine’s defence forces (15 janvier 2026)

Odessa Journal – Ukrainian forces destroy Taganrog factory producing ‘Molniya’ drones (16 janvier 2026)

Encadré de transparence du chroniqueur

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et militaires qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies de guerre, à comprendre les mouvements des forces sur le terrain, à anticiper les virages que prennent les conflits. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués de la Marine ukrainienne, les déclarations officielles des autorités ukrainiennes, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Ukrinform, Militarnyi, Ukrainska Pravda, ainsi que les analyses d’experts militaires.

Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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