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1 000 drones par jour : l’escalade meurtrière qui va déchirer le ciel de l’Ukraine
Crédit: Custom

Les Shahed, ces tueurs silencieux du ciel

Les Shahed ne sont pas de simples drones. Ce sont des missiles de croisière à bas coût, des engins autonomes qui peuvent voler pendant des heures, faire des boucles, changer de trajectoire, attendre le bon moment pour frapper. Produits à l’origine en Iran, ils sont désormais assemblés en Russie dans des usines qui tournent 24 heures sur 24. Leurs coûts de production, estimés entre 20 000 et 50 000 dollars, les rendent infiniment plus économiques que les missiles balistiques traditionnels. La logique est implacable : envoyer un missile de 2 millions de dollars pour détruire un drone de 30 000 dollars revient à perdre la guerre économique à terme. L’Ukraine en a fait l’amère expérience, tirant ses précieux missiles sol-air à contrecœur sur ces essaims de drones bon marché.

Mais avec 404 Shahed par jour — et bientôt 1 000 — l’équation change encore. C’est une inondation aérienne programmée. Les défenses anti-aériennes ukrainiennes, aussi performantes soient-elles, vont se retrouver submergées. Chaque drone tiré, c’est un missile intercepteur utilisé. Chaque interception, c’est des millions de dollars dépensés. Et pour chaque drone abattu, deux autres passent. Les nuits de Kharkiv, de Kyiv, d’Odessa vont devenir des marathons d’alertes, des séquences interminables où les sirènes hurlent, où les projecteurs balaient le ciel, où les explosions ponctuent les heures sombres. Les habitants ont déjà développé une sorte de sixième sens, une capacité à distinguer le bourdonnement caractéristique des Shahed des bruits ordinaires. Mais comment s’habituer à ce que ce bourdonnement se multiplie par deux, par trois ? Comment s’habituer à l’idée que le ciel n’est plus un lieu de liberté, mais un espace de menace permanente ?

Dites-moi : à quel moment l’humanité a-t-elle décidé que tuer à distance était acceptable ? À quel moment a-t-on normalisé l’idée que des ingénieurs peuvent passer leurs journées à perfectionner des machines programmées pour détruire des vies ? Je pense aux ingénieurs russes, là-bas dans leurs usines. Sont-ils fiers ? Se demandent-ils, parfois, ce que deviennent les enfants qui entendent le son de leur création dans le ciel ? Ou est-ce juste un travail ? Juste un salaire ? Juste une ligne sur un CV ? Je ne sais pas ce qui me fait le plus peur : l’ignorance ou la connaissance. Le fait qu’ils ne sachent pas, ou le fait qu’ils sachent et s’en fichent.

Une économie de guerre entièrement tournée vers la production de mort

La production de 1 000 drones par jour ne s’improvise pas. Elle exige une industrialisation massive, des chaînes de production dédiées, des milliers de travailleurs formés, une logistique impeccable. La Russie a commencé à se transformer en puissance militaro-industrielle dédiée à la guerre totale. Des usines automobiles sont converties. Des lignes de production électronique sont détournées. Des ingénieurs civils sont réquisitionnés pour des projets militaires. Tout l’appareil industriel russe pivote vers un seul objectif : produire plus, toujours plus, pour écraser l’Ukraine sous le nombre.

En parallèle, la Russie prévoit de mobiliser 409 000 nouveaux conscrits en 2026. Elle compte sur une réserve de 20 millions d’hommes, dont 4,5 millions sont déjà entraînés et prêts à être déployés. Elle prévoit de former 11 nouvelles divisions militaires. C’est une mobilisation en profondeur, une préparation pour une guerre longue, épuisante, d’usure. L’Ukraine, de son côté, a réduit ses pertes de 13% en 2025 par rapport à l’année précédente — une amélioration significative attribuée à de meilleures tactiques, une formation améliorée, et surtout, un traitement plus humain des soldats mobilisés. Le général Syrskyi l’a admis : les centres de recrutement ukrainiens ont appris à « traiter correctement les êtres humains ». Une phrase qui semble évidente en temps de paix, mais qui prend une signification tragique en temps de guerre.

Vous savez ce qui me frappe dans cette histoire ? Le contraste entre la froideur des chiffres et la chaleur des vies. 409 000 conscrits. 4,5 millions de réservistes. 11 nouvelles divisions. Ce sont des statistiques sur un papier. Mais dans la réalité, ce sont des hommes. Des pères. Des frères. Des fils. Chacun avec son histoire, ses rêves, ses peurs. Chacun qui, un jour, recevra un papier lui disant « tu pars ». Et on en parle comme on parle de pièces d’un jeu d’échecs. À quand va-t-on enfin réaliser que chaque chiffre, c’est quelqu’un ? Que chaque soldat envoyé au front, c’est une famille qui va trembler chaque fois que son téléphone sonne ?

Sources

Sources primaires

blank »>Straitstimes – Ukraine’s top commander says Russia plans big boost in drone production (19 janvier 2026)

blank »>RBC-Ukraine – Russia plans to launch up to 1,000 drones a day at Ukraine this year (18 janvier 2026)

blank »>Ukrainska Pravda – Russia plans to use up to 1,000 attack drones against Ukraine every day (18 janvier 2026)

Sources secondaires

blank »>SAFETY4SEA – Ukraine strikes Russian oil facilities and infrastructure (12 janvier 2026)

blank »>Carnegie Endowment – Have Ukrainian Drones Really Knocked Out 38% of Russia’s Oil Refining Capacity? (octobre 2025)

blank »>CNN – Ukraine’s gloves are off in its energy war with Russia (11 décembre 2025)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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