Des chiffres qui donnent le vertige
Les données publiées par l’état-major ukrainien ce 18 janvier 2026 dressent un portrait saisissant de l’ampleur des pertes russes. Au-delà des 1,226,420 soldats éliminés ou mis hors de combat, l’armée de Poutine a perdu 11,571 chars — des mastodontes d’acier transformés en cercueils roulants sur les routes d’Ukraine. 23,919 véhicules blindés ont été détruits, 36,294 systèmes d’artillerie réduits au silence, et 109,450 drones de niveau opérationnel-tactique abattus. Les cieux ne sont plus sûrs pour Moscou : 434 avions et 347 hélicoptères russes ont été détruits depuis le début de l’invasion. Sans compter les 28 navires et 2 sous-marins envoyés par le fond en mer Noire. Chaque chiffre représente des milliards de roubles partis en fumée. Chaque épave, un investissement de décennies réduit à néant en quelques secondes.
Les estimations occidentales viennent corroborer ces données ukrainiennes, même si elles restent plus conservatrices. L’ancien directeur de la CIA, William Burns, évoquait en janvier 2026 environ 1,1 million de pertes russes (tués et blessés). Le ministère britannique de la Défense parlait en décembre 2025 de 1,168,000 victimes. Le projet Mediazona, en collaboration avec BBC Russie, a confirmé par des sources ouvertes — obituaires, registres funéraires, actes de succession — la mort de 163,606 soldats russes au 16 janvier 2026. Ce chiffre ne représente que les décès vérifiés nominativement. La réalité est certainement bien pire. Car dans cette guerre, les corps disparaissent. Les familles ne sont pas prévenues. Les cercueils arrivent scellés — quand ils arrivent.
Vous savez ce qui me frappe dans ces statistiques? Ce n’est pas leur ampleur — même si elle est vertigineuse. C’est leur précision quotidienne. +830 hier. +1130 avant-hier. +1370 le jour d’avant. Comme un métronome de mort. Chaque matin, à Kyiv, quelqu’un compile ces chiffres. Chaque matin, à Moscou, quelqu’un fait semblant de ne pas les voir. Et chaque matin, dans un village perdu de Sibérie ou du Caucase, une femme apprend qu’elle ne reverra plus jamais son mari, son fils, son frère. Depuis quand sommes-nous devenus si blasés face à l’horreur qu’un millier de morts par jour ne fait même plus la une des journaux?
1418 jours : quand le mythe fondateur de Poutine se retourne contre lui
La Grande Guerre patriotique revisitée
Le 11 janvier 2026 aurait dû être un jour de célébration pour la propagande russe. Ou de silence gêné. Car ce jour-là, l’« opération militaire spéciale » de Poutine a officiellement égalé la durée de la Grande Guerre patriotique — ces 1418 jours durant lesquels l’Armée rouge a combattu et vaincu l’Allemagne nazie. Cette période est le cœur battant de l’identité nationale russe moderne. C’est le mythe fondateur sur lequel Poutine a construit tout son discours de légitimation : la Russie comme rempart contre le fascisme, l’armée russe comme force invincible, la victoire de 1945 comme preuve éternelle de la grandeur slave. Et maintenant? Maintenant, cette même armée « invincible » s’enlise depuis quatre ans dans une guerre qu’elle devait gagner en trois jours.
Le contraste est saisissant. Entre juin 1941 et mai 1945, l’Armée rouge a été repoussée jusqu’aux portes de Moscou et de Stalingrad, puis a contre-attaqué jusqu’à planter son drapeau sur le Reichstag à Berlin. Une distance de plus de 2000 kilomètres. En 1418 jours de guerre contre l’Ukraine, les forces de Poutine n’ont réussi à grignoter que quelques dizaines de kilomètres de territoire — au prix de pertes astronomiques. Comme l’a souligné le président Volodymyr Zelensky : « La Russie a répété le fascisme, répété presque tout le pire du 20e siècle. » La différence, c’est qu’en 1945, l’URSS combattait pour sa survie. En 2026, la Russie combat pour… quoi exactement? Pour empêcher l’Ukraine de choisir librement son avenir?
Le silence assourdissant de la propagande russe
Fait révélateur : les chaînes de propagande du Kremlin ont totalement ignoré ce jalon symbolique des 1418 jours. Selon le média russe indépendant Agentstvo, pas un seul canal pro-gouvernemental n’a mentionné cette coïncidence historique. Et pour cause : comment expliquer aux mères russes que leur fils meurt dans une guerre qui dure désormais plus longtemps que celle contre Hitler? Comment justifier que l’armée « héritière de la victoire » soit incapable de vaincre un pays dont on clamait qu’il n’était même pas une vraie nation? Le mythe de l’armée russe invincible, cultivé depuis des décennies, se fracasse contre le mur de la réalité ukrainienne. Et ce silence des propagandistes en dit plus long que tous leurs discours triomphants.
Il y a quelque chose de profondément tragique — et d’obscène — dans cette comparaison historique. En 1945, des millions de Soviétiques sont morts pour défendre leur patrie contre une invasion génocidaire. Leur sacrifice avait un sens. En 2026, des centaines de milliers de Russes meurent pour satisfaire le délire impérial d’un dictateur vieillissant qui rêve de reconstituer un empire disparu. Leur sacrifice n’a aucun sens. Poutine a pris le récit le plus sacré de la Russie moderne et l’a profané avec le sang de ses propres citoyens. Et la question qui me hante : les Russes finiront-ils par s’en rendre compte? Ou continueront-ils à envoyer leurs fils mourir pour un mensonge?
La révolution des drones : comment l'Ukraine décime l'armée russe
35,000 soldats frappés en un seul mois
Le mois de décembre 2025 a marqué un tournant dans cette guerre. Pour la première fois, les forces de drones ukrainiennes ont éliminé plus de soldats russes que Moscou n’a pu en recruter. Le président Zelensky a révélé des chiffres stupéfiants : 35,000 occupants ont été « éliminés » en décembre — confirmés par des images vidéo. C’était 30,000 en novembre. 26,000 en octobre. Une courbe ascendante qui terrifie les stratèges du Kremlin. Le général Oleksandr Syrskyi, commandant en chef des forces ukrainiennes, a précisé que 33,019 militaires russes ont été frappés par des drones FPV kamikazes ou des munitions larguées par des drones bombardiers — rien qu’en décembre. Ce chiffre ne compte que les frappes vérifiées visuellement. La réalité est probablement bien pire.
Cette « mur de drones » ukrainien transforme les lignes de front en véritables zones de mort. Les petits drones FPV (first-person view), pilotés par des opérateurs portant des casques de réalité virtuelle, traquent les soldats russes jusque dans leurs tranchées. Impossible de se cacher. Impossible de concentrer des troupes sans être repéré. La zone létale s’étend désormais sur 15 à 25 kilomètres depuis la ligne de front, avec des frappes portant parfois jusqu’à 40 kilomètres. En décembre 2025, les forces ukrainiennes de systèmes sans pilote ont effectué plus de 339,000 missions de drones volants et 2,100 missions de drones terrestres. L’Ukraine mène une guerre du futur contre une armée du passé.
L’objectif 2026 : 50,000 à 60,000 Russes frappés par mois
Et ce n’est que le début. Robert Brovdi, commandant des forces ukrainiennes de systèmes sans pilote, a annoncé un objectif ambitieux pour 2026 : atteindre 50,000 à 60,000 soldats russes frappés par mois. Sur une année, cela représenterait près de la moitié de l’armée russe entière. Face à cette hémorragie, le Kremlin peine à maintenir ses effectifs. Le renseignement militaire ukrainien estime que la Russie a atteint son quota de 403,000 recrues en 2025 — soit environ 33,500 par mois. Mais les pertes dépassent désormais ce rythme de recrutement. Moscou se trouve face à un choix impossible : décréter une mobilisation générale — politiquement explosive — ou accepter de voir son armée fondre comme neige au soleil.
Fermez les yeux une seconde. Imaginez un instant ce que c’est que d’être un soldat russe sur cette ligne de front. Vous êtes dans une tranchée boueuse, il fait -15°C. Et vous savez — vous SAVEZ — que quelque part au-dessus de vous, des yeux électroniques vous cherchent. Vous entendez peut-être le bourdonnement. Ou peut-être pas. Ces drones sont silencieux, rapides, implacables. Vos camarades disparaissent un par un. Pas de combat glorieux. Pas d’affrontement héroïque. Juste un flash, une explosion, et c’est fini. Voilà la réalité de cette guerre. Pas les défilés triomphants de la Place Rouge. Pas les discours enflammés de Poutine. Juste la peur, le froid, et les drones qui vous traquent dans le noir.
L'économie de guerre russe face au mur
Le coût astronomique des pertes
Chaque soldat russe tué coûte cher au Kremlin. Très cher. L’indemnité versée à la famille d’un soldat mort s’élève à environ 15 millions de roubles (environ 150,000 dollars américains). Faites le calcul pour le seul mois de décembre 2025 : avec 35,000 soldats éliminés, Moscou aurait dû débourser près de 500 milliards de roubles en compensations. Ajoutez à cela plus de 300 milliards de roubles en primes de signature pour les nouvelles recrues. En un seul mois, c’est plus de 8 milliards de dollars qui partent en fumée — sans compter le matériel détruit. Les chars T-90, les systèmes d’artillerie Msta-S, les missiles de croisière Kalibr… Chaque perte représente des années d’investissement industriel anéanties en quelques secondes.
Cette hémorragie financière explique pourquoi les sanctions internationales contre le pétrole et le gaz russes sont si cruciales. Chaque dollar de revenus énergétiques qui entre dans les caisses du Kremlin finance cette machine de mort. Chaque tanker qui contourne les sanctions prolonge l’agonie. L’Ukraine frappe d’ailleurs de plus en plus les raffineries russes avec ses drones longue portée. En octobre 2025, ces frappes auraient forcé la mise hors service de près de 40% de la capacité de raffinage russe, même si d’autres estimations sont plus conservatrices. Le message est clair : cette guerre se gagnera aussi sur le front économique. En asséchant les sources de financement de Poutine, l’Occident peut raccourcir cette boucherie.
Le recrutement au point de rupture
Face à l’ampleur des pertes, la Russie a dû adapter ses méthodes de recrutement. Fini le temps des « volontaires patriotes ». Aujourd’hui, le Kremlin ratisse large : prisonniers condamnés à des peines lourdes, migrants d’Asie centrale appâtés par des promesses de citoyenneté, villageois de régions pauvres attirés par des primes de signature astronomiques. Le commandant en chef russe Valery Gerasimov admettait en décembre 2025 que le recrutement ukrainien avait chuté de moitié durant l’année — mais la Russie fait face aux mêmes défis démographiques. La différence : l’Ukraine défend sa patrie. La Russie mène une guerre d’agression que de plus en plus de ses citoyens questionnent en silence.
On parle souvent de cette guerre en termes de territoire conquis ou perdu, de kilomètres carrés. Mais la vraie mesure de cette folie, c’est le capital humain détruit. La Russie est en train de sacrifier une génération entière de jeunes hommes. Des fils, des pères, des frères — envoyés au hachoir pour quelques villages du Donbass. Et le plus cruel dans tout ça? Même si Poutine gagnait cette guerre demain — ce qui est loin d’être acquis — il hériterait d’un pays traumatisé, amputé de sa jeunesse, hanté par des centaines de milliers de veuves et d’orphelins. Quelle victoire mérite un tel prix?
La situation sur le terrain : avancées russes, résistance ukrainienne
Des gains territoriaux au compte-gouttes
Malgré ces pertes colossales, les forces russes continuent de progresser — mais à un rythme d’escargot qui aurait fait honte à n’importe quel stratège militaire. Selon l’Institute for the Study of War, la Russie a gagné en moyenne 171 kilomètres carrés par mois en 2025. Pour mettre ce chiffre en perspective : au rythme actuel, il faudrait encore des années à Moscou pour contrôler ne serait-ce que les quatre régions qu’elle prétend avoir « annexées » — Donetsk, Luhansk, Kherson et Zaporizhia. Entre le 16 décembre 2025 et le 13 janvier 2026, les forces russes n’ont conquis que 79 kilomètres carrés — soit moins que la superficie de certains arrondissements parisiens. Le prix payé pour ces quelques arpents de terre? Des milliers de vies.
Les combats les plus intenses se concentrent autour de Pokrovsk, dans la région de Donetsk. Cette ville reste un objectif stratégique majeur pour Moscou, mais les forces ukrainiennes tiennent bon. Le 17 janvier 2026, pas moins de 117 affrontements ont été enregistrés le long de la ligne de front. Kupiansk, Myrnohrad, Pokrovsk — ces noms reviennent sans cesse dans les bulletins militaires. Des villes transformées en champs de bataille, où chaque immeuble peut cacher un tireur d’élite, où chaque rue est un piège potentiel. La propagande russe annonce régulièrement la « capture » de ces localités — affirmations systématiquement démenties par Kyiv et les observateurs indépendants.
L’offensive énergétique russe
Incapable de l’emporter militairement, Poutine a choisi de frapper les civils ukrainiens là où ça fait mal : l’infrastructure énergétique. En décembre 2025, la Russie a lancé 5,649 drones contre l’Ukraine — trois fois plus qu’en décembre 2024. Les centrales électriques, les sous-stations, les gazoducs — tout est visé systématiquement. Résultat : la capacité de production électrique ukrainienne est passée de 33,7 gigawatts avant l’invasion à environ 14 gigawatts en janvier 2026. Dans certaines régions, les coupures de courant durent jusqu’à 16 heures par jour. À Kyiv, par des températures de -15°C, des centaines de milliers de foyers se retrouvent sans chauffage. C’est la stratégie du froid, de la terreur, du désespoir. Si on ne peut pas vaincre l’armée ukrainienne, on va geler ses enfants.
Il y a quelque chose de profondément lâche dans cette stratégie russe. Quand on ne peut pas gagner sur le champ de bataille, on s’en prend aux civils. Aux hôpitaux. Aux écoles. Aux centrales électriques. Poutine ne combat pas une armée — il torture une nation tout entière. Et chaque fois qu’un drone frappe une sous-station ukrainienne, chaque fois qu’une famille se réchauffe autour d’une bougie dans le noir glacial de janvier, le Kremlin nous rappelle quelle sorte de « civilisation » il défend. Pas une civilisation qui construit. Une civilisation qui détruit. Pas une civilisation qui protège. Une civilisation qui terrorise.
Les drones : la nouvelle arme de destruction massive
Une révolution militaire en temps réel
Cette guerre en Ukraine est en train de réécrire tous les manuels militaires du monde. Les drones FPV, ces petits engins télécommandés équipés de charges explosives, sont devenus l’arme principale du champ de bataille moderne. Coûtant quelques centaines de dollars pièce, ils peuvent détruire un char d’une valeur de plusieurs millions. Un opérateur de drone portant un casque de réalité virtuelle peut guider son engin jusqu’à sa cible avec une précision chirurgicale — de jour comme de nuit, par tous les temps. L’Ukraine a créé les forces de systèmes sans pilote, une branche militaire entièrement dédiée à cette nouvelle forme de combat. Environ 80% des pertes russes seraient désormais causées par des drones, selon certaines estimations.
La Russie tente de s’adapter. Elle a créé sa propre force de drones comptant déjà 80,000 soldats, avec l’objectif de doubler ce chiffre en 2026 et d’atteindre 210,000 d’ici 2030. Mais elle reste en retard. Les Ukrainiens ont développé des drones à fibre optique, immunisés contre le brouillage électronique, capables de rester en embuscade pendant des heures avant de frapper. Des « drones mères » qui transportent et déploient d’autres drones. Des innovations qui surgissent chaque semaine, chaque jour. C’est une course technologique effrénée où l’avantage change de camp en quelques mois. Et pour l’instant, l’Ukraine garde une longueur d’avance — compensant son infériorité numérique par son ingéniosité.
Le futur de la guerre se dessine en Ukraine
Les armées du monde entier observent ce conflit avec une attention fascinée. L’armée française a qualifié l’Ukraine de « véritable laboratoire de la guerre moderne ». Les leçons sont nombreuses : l’ère des grandes concentrations de troupes est peut-être révolue. Tout véhicule, tout groupe de soldats peut être repéré et détruit en quelques minutes par un essaim de drones. Les lignes de front deviennent des « no man’s lands » technologiques où l’humain disparaît au profit de la machine. Certains analystes prédisent que les drones pourraient bientôt remplacer complètement l’artillerie traditionnelle. D’autres tempèrent cet enthousiasme : le brouillage électronique, les défenses anti-drones, les adaptations tactiques permettent encore de limiter leur efficacité. Mais une chose est certaine : la guerre ne sera plus jamais la même après l’Ukraine.
Vous voulez savoir ce qui me terrifie dans cette évolution? Ce n’est pas la technologie elle-même. C’est ce qu’elle dit de nous. Nous avons créé des machines capables de traquer et de tuer des êtres humains avec une précision terrifiante. Et nous les améliorons chaque jour. Bientôt, l’intelligence artificielle prendra le relais — des drones autonomes capables de décider seuls qui vit et qui meurt. Et nous appelons ça le « progrès ». Je ne sais pas si l’humanité sortira grandie de cette guerre. Mais je sais qu’elle n’en sortira pas indemne. Quelque chose a changé fondamentalement dans notre façon de faire la guerre. Et je ne suis pas sûr que ce changement soit pour le mieux.
L'Ukraine se prépare pour 2026
Une nation en état de guerre totale
Face à l’agression russe, l’Ukraine s’est transformée. Mykhailo Fedorov, le ministre de la Transformation numérique — bientôt attendu au poste de ministre de la Défense — supervise une révolution industrielle de guerre. L’objectif pour 2026 est ambitieux : 3 millions de drones FPV produits et déployés. Des dizaines d’entreprises ukrainiennes fabriquent désormais ces engins, adaptés à tous les besoins du champ de bataille. La production de missiles longue portée s’accélère également, permettant de frapper toujours plus profondément en territoire russe. Le président Zelensky a déclaré que l’Ukraine était « prête à continuer le combat » si les négociations de paix échouaient.
La résilience ukrainienne force le respect. Malgré les coupures d’électricité, malgré les bombardements quotidiens, malgré les pertes — estimées à 400,000 tués et blessés selon certaines sources — le peuple ukrainien tient bon. 72% des Ukrainiens soutiendraient un plan de paix qui gèlerait les lignes de front avec des garanties de sécurité, sans reconnaître les territoires occupés comme russes. Autrement dit : ils accepteraient un compromis, mais pas la capitulation. Pas la reddition de leur souveraineté. Pas l’abandon de leur identité nationale. C’est la différence fondamentale entre cette guerre et tant d’autres : l’Ukraine sait pourquoi elle se bat. La Russie, elle, s’enfonce dans un conflit dont même ses généraux ne voient plus la fin.
Les négociations : espoir ou illusion?
Des pourparlers sont en cours. La délégation ukrainienne, menée par le nouveau chef du bureau présidentiel Kyrylo Budanov et le secrétaire du Conseil de sécurité nationale Rustem Umerov, multiplie les rencontres avec les représentants américains et européens. Paris accueille des discussions sur les garanties de sécurité post-conflit. Mais Moscou reste inflexible sur ses « objectifs maximaux » : la démilitarisation et la « dénazification » de l’Ukraine, la reconnaissance des annexions, le refus de toute adhésion à l’OTAN. Des conditions qu’aucun gouvernement ukrainien ne peut accepter. Tant que Poutine maintiendra ces exigences, la guerre continuera. Et le compteur des morts continuera de tourner.
J’entends souvent des voix — bien intentionnées ou cyniques — réclamer que l’Ukraine « fasse des concessions pour la paix ». Ces voix me donnent la nausée. Qu’est-ce qu’on demande exactement aux Ukrainiens? D’accepter l’amputation de leur pays? De légitimer l’agression? De dire aux familles de Bucha, de Marioupol, d’Izioum que leurs morts ne comptent pas? La paix ne se construit pas sur la capitulation face à la tyrannie. Elle se construit sur la justice. Et la justice, dans ce cas, signifie que l’agresseur doit échouer. Que Poutine ne peut pas gagner. Que le monde ne peut pas récompenser l’invasion par des « compromis » qui lui donneraient exactement ce qu’il cherchait.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Les visages derrière les statistiques
Derrière le chiffre de 1,226,420 pertes russes, il y a des histoires que nous ne connaîtrons jamais. Des jeunes hommes de 20 ans qui rêvaient d’autre chose que de mourir dans une tranchée gelée. Des pères de famille qui avaient promis à leurs enfants de rentrer pour Noël — un Noël qu’ils ne verront jamais. Des conscrits envoyés au front avec trois jours d’entraînement et un fusil qui date de l’époque soviétique. Des prisonniers à qui on a proposé le « choix » : la guerre ou la cellule. L’enquête de Mediazona a révélé que la proportion d’officiers parmi les morts a chuté de 10% au début de la guerre à 2-3% aujourd’hui. Ce sont les fantassins, les volontaires, les mobilisés de force qui meurent en masse. La chair à canon. Les oubliés.
Et il y a les familles. Les mères qui apprennent la mort de leur fils par un message Telegram. Les épouses qui attendent des mois avant de recevoir un certificat de décès — quand elles le reçoivent. Les enfants qui grandissent sans père. Les villages de Sibérie, du Daghestan, de Bouriatie où les hommes en âge de combattre ont presque tous disparu. La Russie de 2026 est un pays en deuil silencieux. Un deuil qu’on n’a pas le droit d’exprimer publiquement, sous peine d’être accusé de « discrédit envers l’armée ». Un deuil qui se vit dans l’ombre, derrière les portes fermées, dans les pleurs étouffés de millions de femmes.
Je pense souvent à ces mères russes. Pas avec colère — avec pitié. Elles n’ont pas choisi cette guerre. La plupart d’entre elles ne comprennent probablement même pas pourquoi leur fils est mort. On leur a dit que c’était pour « combattre le nazisme », pour « protéger les Russes du Donbass », pour « défendre la patrie ». Des mensonges, du début à la fin. Et maintenant, elles vivent avec un trou béant dans leur vie, une chaise vide à table, un silence qui ne sera jamais comblé. Poutine leur a volé leurs fils. Et il leur a volé jusqu’au droit de pleurer publiquement. Comment peut-on pardonner ça?
Conclusion : 1425 jours et après?
Une guerre sans fin en vue
Nous voilà donc au 1425e jour de cette guerre. Plus d’un million de pertes russes. Des dizaines de milliers d’Ukrainiens tués et blessés. Des villes réduites en cendres. Une infrastructure énergétique en ruines. Et toujours aucune fin en vue. La Russie continue d’envoyer ses hommes au massacre. L’Ukraine continue de résister avec un courage qui force l’admiration du monde. Les drones continuent de traquer et de frapper. Les missiles continuent de tomber sur les centrales électriques. Et quelque part au Kremlin, Vladimir Poutine continue de croire — ou de faire semblant de croire — qu’il peut gagner cette guerre.
Le 24 février 2026 marquera le quatrième anniversaire de l’invasion. Quatre ans. Quand Poutine a lancé son « opération militaire spéciale », il pensait que Kyiv tomberait en trois jours. Que Zelensky fuirait ou serait renversé. Que l’Occident protesterait mollement puis passerait à autre chose. Il s’est trompé sur toute la ligne. L’Ukraine est toujours debout. L’OTAN est plus unie que jamais. Et l’armée russe — cette armée « invincible » — s’épuise lentement mais sûrement dans les champs de boue du Donbass. Le mythe de la Grande Guerre patriotique s’est retourné contre son créateur.
1,226,420 soldats russes. Ce chiffre me hantera longtemps. Pas parce qu’il représente l’ennemi — je ne crois pas en la déshumanisation de l’adversaire. Mais parce qu’il représente l’ampleur de cette folie. Plus d’un million de vies détruites pour les délires d’un seul homme. Plus d’un million de familles brisées. Plus d’un million de futurs qui n’existeront jamais. Et demain matin, quand l’état-major ukrainien publiera ses nouveaux chiffres, le compteur aura encore augmenté. +800. +900. +1000. Comme un métronome de mort qui ne s’arrête jamais. La vraie question n’est pas de savoir combien de Russes sont morts. La vraie question est: combien devront encore mourir avant que cette guerre s’arrête? Combien de mères devront encore pleurer? Combien d’enfants devront encore grandir sans père? Je n’ai pas la réponse. Mais je sais une chose: chaque jour de plus, chaque mort de plus, est un crime. Et l’Histoire jugera ceux qui auraient pu l’arrêter — et qui ont choisi de ne pas le faire.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et militaires qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements sur le terrain, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués de l’état-major des Forces armées ukrainiennes, les rapports du ministère britannique de la Défense, les estimations de l’Institute for the Study of War, les enquêtes de Mediazona et BBC Russie, ainsi que les déclarations officielles des dirigeants politiques.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
daysofrussiaukrainewarrussiancasualtiesinukraine-17196.html » target= »blank »>Defense Express – 1425 Days of russia-Ukraine War – russian Casualties In Ukraine (18 janvier 2026)
blank »>Ukrainska Pravda – Russia’s losses in the war against Ukraine as of the morning of 18 January (18 janvier 2026)
eng-trl » target= »blank »>Mediazona – Russian losses in the war with Ukraine: 163,600 deaths confirmed by January 16 (16 janvier 2026)
blank »>Minfin.com.ua – Casualties of Russia in Ukraine – official data (18 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>Russia Matters – The Russia-Ukraine War Report Card, Jan. 14, 2026
blank »>Kyiv Independent – Russia fighting Ukraine longer than USSR fought Nazi Germany (11 janvier 2026)
blank »>Meduza – 1,418 days later: Russia’s full-scale invasion has outlasted the Soviet Union’s fight against Nazi Germany (13 janvier 2026)
blank »>Al Jazeera – Russian war deaths are rising to unsustainable levels, says Ukraine (8 janvier 2026)
blank »>UNITED24 Media – Ukraine’s Drone Strikes Hit Up to 100,000 Russian Troops in Late 2025—2026 Plans Aim Higher (janvier 2026)
blank »>Forces News – Drone kills: Moscow’s soldiers increasingly getting hit by Ukrainian UAVs (janvier 2026)
The Moscow Times – Russia’s Ukraine War Lasting Longer Than Its WWII Fight Shatters Its Myth of Military Supremacy (12 janvier 2026)
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