Les volontaires : chair à canon jetable
Parmi les 163 606 morts identifiés, près de 54 000 étaient des volontaires. Le mot sonne presque ironique quand on connaît les circonstances de leur engagement. Attirés par des primes faramineuses — parfois plusieurs millions de roubles — ces hommes venus des régions les plus pauvres de Russie ont signé des contrats qu’ils ne comprenaient pas vraiment. Depuis septembre 2022, une clause discrète prolonge automatiquement leur service jusqu’à la fin de la guerre. Beaucoup pensaient partir pour quelques mois. Ils sont partis pour l’éternité. Les enquêteurs de Mediazona ont documenté des cas où des volontaires étaient envoyés au front cinq jours seulement après avoir signé leur contrat. Cinq jours. Même pas le temps d’apprendre à tenir correctement une arme. Juste le temps de devenir une statistique de plus.
Le cas de Murat Moukachev illustre tragiquement cette réalité. Cet activiste moscovite, condamné à 10 ans de prison, s’était engagé fin 2024. Il croyait aux promesses de Donald Trump qui parlait d’une paix rapide en Ukraine. Il pensait que son enrôlement lui vaudrait une libération anticipée. Le 11 juin 2025, Murat a été tué lors d’un assaut dans la région de Kharkiv. Son groupe de soutien a déclaré : « Il voyait ça comme une chance d’être libéré. » La chance a tourné court. Définitivement.
Vous savez ce qui me révolte le plus ? C’est cette exploitation cynique de la misère. La Russie de Poutine recrute ses soldats dans les villages oubliés du Bachkirie, du Tatarstan, du Daghestan — là où le chômage dépasse les 30%, là où une prime de quelques millions de roubles représente plus d’argent que ces familles n’en verront jamais. Moscou, elle, avec ses 13 millions d’habitants, ne compte que 4 520 morts confirmés. Les riches envoient les pauvres mourir. C’est aussi simple, aussi dégueulasse que ça.
Les prisonniers : la liberté au prix du sang
Du goulag aux tranchées ukrainiennes
Près de 20 000 des morts identifiés étaient des prisonniers recrutés directement dans les colonies pénitentiaires russes. Le groupe Wagner a été le pionnier de cette pratique macabre, envoyant des vagues entières de détenus à l’assaut des positions ukrainiennes autour de Bakhmout. Yevgeny Prigojine, le défunt patron de Wagner, avait lui-même admis en mai 2023 que son organisation avait perdu plus de 20 000 hommes. Des « groupes d’assaut » composés presque exclusivement de prisonniers, lancés contre des positions fortifiées, vague après vague, jusqu’à ce que les défenseurs ukrainiens n’aient plus de munitions ou que les assaillants soient tous morts. Souvent, c’était la deuxième option.
Entre fin 2022 et début 2023, les pertes parmi les prisonniers ont explosé. Au premier trimestre 2023, ils représentaient la plus grande catégorie de victimes. Des hommes qui avaient commis des crimes, certes, mais qui restaient des êtres humains. Des pères, des fils, des frères — envoyés au massacre en échange d’une promesse de liberté qui, pour la plupart, ne s’est jamais concrétisée. Le Kremlin avait trouvé la solution parfaite : vider les prisons tout en évitant une mobilisation générale politiquement explosive. Le prix ? Des milliers de vies jetées comme des déchets sur les champs de bataille de l’Ukraine.
Les mobilisés : l’illusion du choix
16 500 soldats mobilisés figurent parmi les morts identifiés. En septembre 2022, Vladimir Poutine avait décrété une « mobilisation partielle » qui devait concerner 300 000 réservistes. La réalité a rapidement dépassé les annonces officielles. Des hommes sans aucune expérience militaire, certains âgés de plus de 50 ans, ont été arrachés à leurs familles et envoyés au front avec un équipement souvent obsolète. Les vidéos qui ont fuité montraient des scènes pathétiques : des recrues s’entraînant avec des bâtons faute de fusils, des uniformes datant de l’ère soviétique, des casques rouillés. Puis le silence. Puis les avis de décès.
Fermez les yeux une seconde. Imaginez-vous réveillé à 5 heures du matin par des coups à la porte. Des hommes en uniforme vous tendent une convocation. Vous avez 24 heures pour vous présenter au centre de mobilisation. Vous n’avez jamais tenu une arme de votre vie. Vous avez 42 ans, un travail, une femme, des enfants. Et soudain, en quelques heures, tout bascule. Trois semaines plus tard, vous êtes dans une tranchée de Donetsk, à des milliers de kilomètres de tout ce que vous connaissiez. Et quelque part, dans cette tranchée ou sous un bombardement ukrainien, votre vie s’arrête. Votre femme l’apprendra par un message laconique sur Telegram. Vos enfants grandiront sans père. Et pour quoi ? Pour quoi ?
Les officiers : même les gradés n'y échappent pas
6 302 officiers confirmés morts
La guerre en Ukraine n’épargne personne, pas même ceux qui sont censés commander depuis l’arrière. Au 16 janvier 2026, les enquêteurs ont confirmé la mort de 6 302 officiers de l’armée russe et des autres agences de sécurité. Parmi eux, 12 généraux — un chiffre stupéfiant qui témoigne autant de l’efficacité du renseignement ukrainien que de l’incompétence du commandement russe. Trois lieutenants-généraux, sept majors-généraux, et deux généraux retraités qui avaient repris du service. Des hommes qui auraient dû être à l’abri, dans des bunkers, loin des combats. Mais les drones FPV ukrainiens et les frappes de précision sur les postes de commandement ont changé la donne.
Le lieutenant-général Oleg Tsokov, commandant adjoint du District militaire Sud, a été tué en juillet 2023. Le lieutenant-général Igor Kirillov, chef des troupes de protection NBC, a été assassiné par une bombe à Moscou même en décembre 2024. Le lieutenant-général Iaroslav Mossalik, officier supérieur de la Direction opérationnelle principale de l’état-major, a été tué par une voiture piégée en banlieue de Moscou en avril 2025. La guerre est venue frapper au cœur de la capitale russe, là où les généraux se croyaient intouchables.
Une proportion en chute libre
Paradoxalement, la proportion d’officiers parmi les victimes n’a cessé de diminuer depuis le début du conflit. Au début de l’invasion, quand les forces professionnelles formaient l’essentiel des troupes, les officiers représentaient jusqu’à 10% des pertes. À l’automne 2024, ce chiffre était tombé à 2-3%. L’explication est simple et terrifiante : les volontaires et les prisonniers meurent désormais à un rythme tellement supérieur que les pertes d’officiers, pourtant constantes, sont noyées dans la masse. L’infanterie jetable absorbe l’essentiel du carnage, pendant que les commandants — ceux qui restent — continuent d’envoyer des vagues d’assaut depuis des positions relativement protégées.
Douze généraux. Vous vous rendez compte ? Dans une armée normale, la mort d’un seul général est un événement majeur, une catastrophe qui fait la une des journaux. En Russie, on en a perdu douze — et ce ne sont que ceux dont la mort a été confirmée publiquement. Combien d’autres ont été tués sans que personne ne le sache ? Combien de colonels, de majors, de capitaines ? L’armée russe saigne de partout, à tous les niveaux. Et le Kremlin continue de parler de « victoire » comme si de rien n’était. C’est du délire. Du pur délire criminel.
La géographie de la mort : les régions qui paient le prix fort
Les provinces sacrifiées
La carte des pertes russes raconte une histoire que le Kremlin préférerait effacer. Le Bachkirie compte 7 643 morts confirmés. Le Tatarstan, 6 599. La région de Sverdlovsk, 5 386. Ces républiques et régions périphériques, peuplées de minorités ethniques et de populations économiquement marginalisées, fournissent une proportion démesurée de la chair à canon. À l’inverse, Moscou, avec ses 13 millions d’habitants, ne compte que 4 520 morts confirmés. La Tchétchénie, malgré sa réputation guerrière savamment entretenue par Ramzan Kadyrov, n’en déplore que 372.
Les chiffres sont éloquents : 67% des soldats tués venaient de localités de moins de 100 000 habitants. Des villages, des bourgs, des petites villes où l’usine a fermé il y a vingt ans, où les jeunes partent dès qu’ils le peuvent, où ceux qui restent n’ont souvent d’autre choix que l’alcool, la délinquance ou l’armée. Le Kremlin a compris depuis longtemps que ces communautés ne protesteront pas. Elles n’ont pas accès aux médias, pas de relais politiques, pas de voix qui porte. Elles enterrent leurs morts en silence, avec une prime de quelques millions de roubles comme seule consolation.
Vous voulez comprendre la Russie de Poutine ? Regardez cette carte. Les riches, les puissants, les connectés de Moscou et Saint-Pétersbourg sont miraculeusement épargnés. Leurs fils ne meurent pas dans les tranchées de Pokrovsk. Leurs filles ne deviennent pas veuves à 25 ans. Non, ce sont les fils des régions lointaines, les fils des peuples minoritaires, les fils des oubliés de l’empire qui servent de combustible à cette machine de guerre. C’est une guerre de classe autant qu’une guerre territoriale. Et ceux qui la décident ne risquent jamais leur peau.
Une guerre plus longue que la « Grande Guerre Patriotique »
1 418 jours et le compteur tourne
Cette semaine, la guerre en Ukraine a franchi un seuil symbolique vertigineux : 1 418 jours. Elle dure désormais plus longtemps que la participation soviétique à la Seconde Guerre mondiale, cette « Grande Guerre Patriotique » que la propagande russe invoque sans cesse pour justifier l’invasion actuelle. L’ironie est cruelle. Vladimir Poutine a lancé son « opération militaire spéciale » en prétendant « dénazifier » l’Ukraine. Il a promis que tout serait réglé en quelques jours, quelques semaines tout au plus. Presque trois ans plus tard, la guerre continue de dévorer les jeunes hommes russes à un rythme que même les pires heures de l’Armée rouge n’avaient pas connu.
Les enquêteurs de Mediazona notent l’ironie : la guerre actuelle a absorbé non seulement l’enveloppe idéologique de la Grande Guerre Patriotique, mais aussi certaines de ses pratiques les plus sanglantes — le recrutement de prisonniers, les méthodes brutales pour punir les refus de combattre, les vagues d’assaut suicidaires. L’histoire ne se répète pas, dit-on. Elle bégaie. En Russie, elle hurle.
Le rythme des pertes s’accélère
Plus terrifiant encore : le rythme des pertes ne cesse d’augmenter. Selon les données de Mediazona, au cours des dix derniers mois, les pertes russes ont augmenté plus rapidement qu’à n’importe quel moment depuis le début de l’invasion en 2022. En 2025, 40% de nécrologies en plus ont été publiées dans les sources russes par rapport à l’année précédente. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que 35 000 soldats russes avaient été « éliminés » en décembre 2025 — un record mensuel confirmé par vidéo. En novembre, c’était 30 000. En octobre, 26 000. La courbe ne fait que grimper.
1 418 jours. Plus de 163 000 morts identifiés. Peut-être 220 000 en réalité. Peut-être 350 000. Les chiffres deviennent si énormes qu’ils perdent tout sens. Comment pleurer 350 000 personnes ? Comment concevoir l’ampleur de ce gâchis ? Je pense à ces villages du Bachkirie où presque chaque famille a perdu quelqu’un. Je pense à ces cimetières qui s’étendent, tombes fraîches après tombes fraîches, rangées entières de jeunes hommes fauchés dans la fleur de l’âge. Et Poutine continue. Et le monde regarde. Et les mères continuent d’enterrer leurs fils.
Les chiffres derrière les chiffres : l'ampleur réelle du désastre
Ce que révèlent les estimations
Les 163 606 morts identifiés ne représentent qu’une partie de la vérité. Les enquêteurs de Mediazona et de la BBC estiment que leur liste basée sur les sources publiques ne capture que 45 à 65% des décès réels. En appliquant cette fourchette, le nombre réel de soldats russes tués se situerait entre 243 000 et 352 000. En août 2025, une analyse conjointe de Mediazona et du média russe indépendant Meduza, utilisant les données du registre des successions nationales, estimait le nombre de morts à environ 220 000 — un chiffre qui a considérablement augmenté depuis.
Les estimations occidentales vont dans le même sens. Le ministère britannique de la Défense estimait en juin 2025 les pertes totales russes à plus d’un million, dont 250 000 tués. L’ancien directeur de la CIA, William Burns, a mentionné 1,1 million de victimes dans une interview au Financial Times en janvier 2026. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) avance des chiffres comparables. Quant à l’état-major ukrainien, il estime les pertes totales russes depuis le 24 février 2022 à plus de 1 225 000 hommes — morts, blessés et disparus confondus.
90 000 familles dans l’attente
Un autre chiffre hante cette enquête : 90 000. C’est le nombre de demandes déposées auprès des tribunaux russes par des familles cherchant à faire déclarer leurs proches morts. Quatre-vingt-dix mille dossiers de soldats portés disparus, jamais revenus, jamais identifiés, jamais rendus à leurs familles. Le slogan de guerre russe proclamait fièrement : « Nous n’abandonnons pas les nôtres. » La réalité est tout autre. Des milliers de corps gisent dans les champs ukrainiens, dans des fosses improvisées, dans des cratères d’obus. Personne ne viendra les chercher. Personne ne les ramènera chez eux.
Quatre-vingt-dix mille familles. Imaginez ça. Quatre-vingt-dix mille femmes, mères, pères, enfants qui ne savent pas. Qui attendent. Qui espèrent peut-être encore, contre toute logique, contre toute raison. Le téléphone qui ne sonne jamais. La porte qui ne s’ouvre jamais. L’absence qui devient permanente, définitive, éternelle. Et pas même un corps à enterrer. Pas même une tombe où déposer des fleurs. Juste le vide. Juste le silence. Juste cette question qui ronge : où est-il ? Qu’est-il devenu ? Est-il mort dans la douleur ? A-t-il souffert longtemps ? Ces questions sans réponse, c’est peut-être le pire de tout.
La méthodologie de la vérité
Comment on compte les morts
L’équipe de Mediazona, en collaboration avec le service russe de la BBC et une armée de bénévoles, applique des critères stricts pour confirmer chaque décès. Ils exigent soit une publication dans une source officielle russe ou un média reconnu ; soit une publication d’un proche (vérifiable par correspondance des noms ou d’autres détails) ; soit des publications dans d’autres sources accompagnées de photos du défunt ou de dates de funérailles ; soit des photographies de cimetières. Chaque nom est vérifié manuellement pour éviter les doublons. Chaque décès est documenté avec la rigueur d’un acte d’accusation.
La liste complète des 163 606 noms est disponible publiquement sur le site 200.zona.media. Deux cent point zona point media — le chiffre « 200 » faisant référence au terme militaire russe « Cargo 200 », le code utilisé pour désigner un cercueil contenant le corps d’un soldat mort au combat. Ce site est devenu, malgré lui, le plus grand mémorial de guerre de l’histoire russe moderne. Un mémorial que le Kremlin préférerait voir disparaître, mais qui existe, qui documente, qui témoigne.
Ce qui me frappe dans ce travail, c’est sa dignité. Ces enquêteurs, ces bénévoles, passent leurs jours et leurs nuits à compiler des listes de morts. Ce n’est pas un travail joyeux. Ce n’est pas un travail gratifiant dans le sens habituel du terme. Mais c’est un travail essentiel. Parce que chaque nom sur cette liste, c’est une vie qui a existé. C’est un homme qui avait des rêves, des peurs, des espoirs. La propagande russe veut effacer ces hommes, les réduire à des statistiques, les noyer dans le silence. Ces enquêteurs leur rendent leur humanité. C’est un acte de résistance. C’est un acte d’amour, à sa façon.
Et l'Ukraine dans tout ça ?
Un prix terrible des deux côtés
Si les pertes russes sont cataclysmiques, l’Ukraine paie elle aussi un tribut effroyable. Le président Zelensky a déclaré en février 2025 que 46 000 soldats ukrainiens avaient été tués et 380 000 blessés, avec des dizaines de milliers de disparus ou prisonniers. Des estimations croisées citées par la BBC portent le nombre de morts ukrainiens jusqu’à 140 000. Le projet UALosses, considéré comme fiable par plusieurs sources indépendantes, avait documenté 81 768 combattants ukrainiens tués et 85 906 portés disparus à la fin novembre 2025.
Les forces ukrainiennes font face à une pénurie de personnel de plus en plus critique. Le nouveau ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov a révélé le 14 janvier 2026 que deux millions d’Ukrainiens sont recherchés pour avoir évité la mobilisation, et que 200 000 soldats supplémentaires sont absents sans permission officielle. Les unités d’infanterie peinent à combler leurs pertes. La guerre saigne les deux pays, mais selon les analyses du New York Times, le ratio reste d’environ deux soldats russes tués ou gravement blessés pour chaque Ukrainien — un coût que la Russie peut supporter plus longtemps grâce à sa population plus nombreuse, mais qui reste insoutenable à long terme.
On parle beaucoup des pertes russes, et à juste titre — l’enquête de Mediazona est remarquable. Mais n’oublions jamais que derrière chaque soldat russe tué, il y a aussi un soldat ukrainien qui a dû appuyer sur la détente, qui a dû vivre avec ça, qui défend sa terre contre une invasion qu’il n’a jamais voulue. L’Ukraine ne demandait rien à personne avant le 24 février 2022. Elle voulait juste vivre. Et maintenant, elle enterre ses fils par dizaines de milliers pour le simple droit d’exister. Cette guerre n’a qu’un seul responsable. Qu’un seul coupable. Et il est au Kremlin.
Conclusion : les noms qu'on ne peut plus ignorer
163 606 raisons de ne pas oublier
Au moment où vous lisez ces lignes, le compteur a probablement déjà augmenté. D’autres noms ont été ajoutés à la liste. D’autres familles ont rejoint le cortège infini des endeuillés. 163 606 — ce chiffre sera obsolète demain, remplacé par un autre, plus grand, toujours plus grand. La machine de guerre continue de tourner, alimentée par les rêves brisés de jeunes hommes qui croyaient signer pour la gloire et ont trouvé la mort. Les volontaires des villages pauvres du Bachkirie. Les prisonniers à qui on avait promis la liberté. Les mobilisés arrachés à leur quotidien. Les officiers qui se croyaient à l’abri. Tous égaux maintenant, dans la mort, dans l’oubli que le Kremlin leur destine.
Et quelque part, dans un appartement de Kazan ou une isba de Sibérie, une femme regarde encore son téléphone. Elle n’a pas eu de nouvelles depuis des semaines. Des mois peut-être. Elle ne sait pas encore que son fils, son mari, son frère est devenu un numéro de plus dans cette liste qui s’allonge sans fin. Elle ne sait pas qu’il fait partie des 90 000 dont on a demandé aux tribunaux de confirmer le décès. Elle attend. Elle espère. Elle se raccroche à un espoir de plus en plus ténu, de plus en plus cruel.
L’impossible silence
163 606 noms. Chacun d’eux était quelqu’un. Chacun d’eux avait une mère qui l’a bercé, un père qui lui a appris à marcher, peut-être des enfants qui attendaient son retour. Chacun d’eux avait une histoire qui s’est arrêtée brutalement dans la boue d’un champ ukrainien ou sous le souffle d’un drone. Le Kremlin veut que nous les oubliions. Il veut que ces hommes disparaissent dans les statistiques, dans le silence, dans l’indifférence générale. Mais les enquêteurs de Mediazona et de la BBC refusent cet oubli. Ils collectent les noms, un par un, avec une patience de moines et une rigueur de procureurs. Parce que chaque nom compte. Parce que chaque vie méritait mieux. Parce que si personne ne compte les morts, c’est comme s’ils n’avaient jamais existé. Et ça, ce serait la pire des défaites — pour eux, pour leurs familles, pour l’humanité tout entière. 163 606 noms. Nous ne devons jamais cesser de les compter.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et des tragédies humaines qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les chiffres pour révéler les visages qu’ils cachent, à comprendre les mécanismes qui transforment des êtres humains en statistiques. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à l’empathie pour les victimes de tous bords — russes comme ukrainiennes — qui paient le prix d’une guerre qu’ils n’ont pas choisie.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les rapports de Mediazona, du service russe de la BBC, de Meduza, ainsi que les déclarations officielles des gouvernements ukrainien et russe, les données d’organisations internationales et les analyses d’agences de renseignement occidentales.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens humain. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>The Kyiv Independent – Over 163,000 Russian soldiers killed in Ukraine identified by media investigation (18 janvier 2026)
eng-trl » target= »blank »>Mediazona – Russian losses in the war with Ukraine. Mediazona count, updated (16 janvier 2026)
blank »>BBC Russian Service – Liste mise à jour des pertes russes confirmées (16 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>The Moscow Times – Verified Russian Deaths in Ukraine War Surpass 150K (28 novembre 2025)
blank »>Russia Matters – The Russia-Ukraine War Report Card (14 janvier 2026)
blank »>Al Jazeera – Russian war deaths are rising to unsustainable levels, says Ukraine (8 janvier 2026)
oftheRusso-Ukrainianwar » target= »blank »>Wikipedia – Casualties of the Russo-Ukrainian war (mise à jour continue)
200.zona.media – Liste complète nominative des pertes russes vérifiées
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