Plus de pertes que de recrues
Voici le détail qui tue, celui qui révèle toute l’absurdité de cette guerre : en 2025, la Russie a mobilisé 406 000 personnes. Son plan était rempli à plus de 100 %. Un succès, sur le papier. Mais dans le même temps, les pertes russes ont atteint 419 000 militaires — tués et blessés confondus. Faites le calcul. Moscou perd plus d’hommes qu’elle n’en recrute. C’est une hémorragie que même la propagande la plus efficace ne peut masquer. Une blessure béante qui ne cicatrise pas.
Le général Syrskyi l’a souligné avec une précision chirurgicale : malgré cette mobilisation massive, les forces ukrainiennes ont réussi à maintenir l’effectif du groupement offensif russe à environ 711 000 soldats pendant près de six mois. L’armée russe n’a pas pu augmenter ses effectifs. Elle court sur place. Elle saigne plus vite qu’elle ne se régénère. Et pourtant — et c’est là que l’effroi me saisit — elle continue. Elle ne s’arrête pas. La machine broie les hommes, et quelqu’un appuie toujours sur le bouton « marche ».
Les divisions fantômes
En 2025, la Russie avait prévu de former 14 divisions. Elle en a formé moins de la moitié, et encore, partiellement. Les ressources prévues pour créer ces nouvelles unités ont été englouties par un trou sans fond : le remplacement des pertes. C’est comme essayer de remplir une baignoire avec le bouchon ouvert. L’eau coule, toujours plus d’eau, mais le niveau ne monte jamais. Et cette année, Moscou remet ça. Onze divisions. Au minimum. Avec 409 000 conscrits. Combien en restera-t-il debout dans douze mois ?
Le commandant ukrainien a été clair : l’ennemi n’a pas pu augmenter son groupement offensif « parce que ses pertes étaient bien supérieures » au nombre de recrues. Cela a forcé les Russes à démembrer des unités existantes ou à puiser dans leurs réserves stratégiques. Des réserves qu’ils gardaient pour des scénarios catastrophe. Eh bien, nous y sommes. Le scénario catastrophe, c’est maintenant. Et il dure depuis bientôt quatre ans.
Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette arithmétique de la mort. On recrute 406 000 hommes, on en perd 419 000. L’équation est simple, brutale, implacable. Mais personne au Kremlin ne semble vouloir la résoudre autrement qu’en ajoutant encore plus de vies dans la colonne des pertes. Imaginez un instant : vous êtes un jeune Russe de 25 ans. Vous avez un travail, peut-être une fiancée, des projets. Et un jour, une lettre arrive. Votre nom figure sur la liste. Vous faites désormais partie des 409 000. Qu’est-ce que vous ressentez à ce moment-là ? Moi, je sais ce que je ressentirais : la peur. Une peur glaciale, paralysante, absolue.
Section 3 : la conscription permanente, une première historique
Du 1er janvier au 31 décembre, sans répit
En décembre 2025, Vladimir Poutine a signé un décret qui restera dans l’histoire comme un marqueur de cette époque sombre. Pour la première fois, la conscription russe se déroulera de manière continue tout au long de l’année 2026 — du 1er janvier au 31 décembre. Auparavant, les appels se faisaient deux fois par an, au printemps et à l’automne, selon un calendrier précis et prévisible. Cette époque est révolue. Désormais, les bureaux de recrutement peuvent envoyer des convocations 365 jours par an. Aucun moment de répit. Aucune fenêtre pour fuir.
Sergueï, 28 ans, travaillait comme mécanicien dans une petite ville de l’Oural. Il avait prévu de se marier en juin. Sa fiancée avait déjà acheté sa robe. Mais la convocation est arrivée en janvier. Électronique, implacable, impossible à ignorer. Trente jours pour se présenter. Passé ce délai, il devient un criminel. La loi russe est claire : éviter le service militaire est un délit passible de 26 mois de prison. Alors Sergueï est parti. Sa fiancée l’a embrassé une dernière fois sur le quai de la gare. Elle ne sait pas encore si elle le reverra.
Un système qui ne laisse personne tranquille
Les nouvelles dispositions permettent aux bureaux de conscription d’organiser des examens médicaux, des tests psychologiques et des réunions de commission à tout moment de l’année. Les convocations électroniques ont désormais une durée de validité de 30 jours, remplaçant l’ancien système où elles restaient en suspens indéfiniment. Certains y voient une « amélioration ». En réalité, c’est une prison numérique. Chaque citoyen russe entre 18 et 30 ans vit désormais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Chaque notification sur son téléphone pourrait être celle qui change tout.
Et pour ceux qui penseraient à fuir ? Les portes se ferment. Depuis la « mobilisation partielle » de septembre 2022 — la première depuis la Seconde Guerre mondiale — plus de 261 000 Russes ont fui à l’étranger. Mais les contrôles se sont intensifiés aux frontières. Les hommes en âge de combattre sont scrutés, interrogés, parfois retenus. L’étau se resserre. Et pour ceux qui restent, il n’y a plus d’échappatoire.
Fermez les yeux une seconde. Imaginez-vous dans la peau d’un jeune Russe aujourd’hui. Vous n’avez pas choisi cette guerre. Vous ne l’avez pas voulue. Mais elle est là, et elle vient vous chercher. Votre gouvernement vous dit que c’est votre devoir. La propagande vous martèle que vous allez « libérer » l’Ukraine. Mais au fond, vous savez. Vous avez vu les cercueils qui reviennent. Vous avez entendu les histoires. Vous savez que vos chances de revenir intact sont… quoi ? Une sur deux ? Une sur trois ? Comment on vit avec ça ? Comment on dort la nuit en sachant que chaque jour qui passe vous rapproche du front ?
Section 4 : les pertes que Moscou ne peut plus cacher
850 000 victimes en deux ans
Le général Syrskyi a livré des chiffres qui donnent le vertige. Sur les années 2024 et 2025 combinées, les pertes russes ont dépassé les 850 000 militaires — morts et blessés confondus. Huit cent cinquante mille. C’est l’équivalent de la population entière d’une ville comme Marseille ou Amsterdam. Des stades entiers, des quartiers entiers, des générations entières, effacés. Et ce n’est pas fini. Chaque jour, le compteur tourne. Chaque jour, des familles reçoivent la nouvelle.
Les chiffres ukrainiens sont contestés par Moscou, bien sûr. La Russie ne publie jamais ses pertes réelles — c’est un secret d’État. Mais les analyses indépendantes convergent. BBC Russia et le site Mediazona ont documenté, à partir de sources ouvertes, les noms de plus de 158 000 soldats russes dont la mort a été confirmée jusqu’à fin décembre 2025. Et ils estiment que leurs chiffres ne couvrent que 45 à 65 % du total réel. Faites le calcul : cela signifie entre 243 000 et 351 000 morts côté russe — rien que les morts, sans compter les blessés.
Une saignée qui ne s’arrête pas
En août 2024, le taux moyen de pertes russes quotidiennes tournait autour de 1000 soldats par jour. Mille hommes. Chaque jour. Des pères qui ne rentreront pas. Des fils dont le lit restera vide. Des amis qui ne répondront plus aux messages. Ce rythme s’est maintenu, voire accéléré, tout au long de 2025. En janvier 2025, certains jours ont vu les pertes russes atteindre 2000 hommes. Deux mille familles détruites en 24 heures.
Et malgré cela — c’est peut-être le plus terrifiant — Moscou continue. Le Kremlin ne montre aucun signe de vouloir s’arrêter. Au contraire. Les plans pour 2026 sont clairs : plus de conscrits, plus de divisions, plus de drones, plus de missiles. La machine tourne. Elle accélère même. Comme si toutes ces vies perdues n’étaient que du combustible pour alimenter une ambition sans limite.
Vous savez ce qui me frappe le plus dans ces chiffres ? C’est leur anonymat. 850 000. C’est un nombre tellement grand qu’il en devient abstrait. On ne peut pas imaginer 850 000 visages. Alors laissez-moi vous en donner un seul. Dmitri avait 23 ans. Il aimait le hockey et les films d’action américains. Sa mère garde encore son maillot de l’équipe locale. Il est parti en octobre 2024. En janvier 2025, un officier est venu frapper à la porte. Dmitri fait partie des statistiques maintenant. Un parmi 850 000. Et sa mère, elle, fait partie des statistiques aussi. Une parmi 850 000 cœurs brisés. Mais les statistiques ne pleurent pas. Les mères, si.
Section 5 : la course aux drones et à la technologie
1000 drones par jour : l’objectif insensé de Moscou
Le général Syrskyi a révélé un autre élément glaçant des plans russes : Moscou veut augmenter massivement sa production pour pouvoir déployer jusqu’à 1000 drones par jour contre l’Ukraine. Mille. Chaque jour. Actuellement, la Russie produit déjà environ 404 drones Shahed quotidiennement. Des engins de mort qui traversent le ciel ukrainien la nuit, cherchant des cibles — infrastructures énergétiques, bâtiments civils, tout ce qui peut brûler ou s’effondrer.
Cette guerre est devenue un affrontement technologique autant qu’humain. Celui qui domine le ciel des drones domine le champ de bataille. Et la Russie, malgré ses sanctions, malgré son isolement, continue de produire. Avec l’aide de la Chine pour l’électronique. De l’Iran pour les drones et les missiles. De la Corée du Nord pour les munitions. Un axe de la terreur qui alimente la machine de guerre du Kremlin jour après jour, nuit après nuit.
La bataille de l’innovation
Du côté ukrainien, Syrskyi reconnaît une réalité difficile : dans le domaine des drones à fibre optique — ces engins guidés par câble, impossibles à brouiller — la Russie a pris de l’avance. L’Ukraine rattrape son retard, mais la course est serrée. « Là où nous avons un avantage dans les drones conventionnels, nous sommes malheureusement en train de rattraper l’ennemi pour les drones à fibre optique », a admis le commandant ukrainien.
Mais la guerre ne se gagne pas qu’avec des machines. Elle se gagne aussi — surtout — avec des hommes. Et c’est là que le bât blesse pour Moscou. Tous ces drones, toutes ces divisions, tout cet équipement ne servent à rien si les soldats qui les utilisent meurent plus vite qu’ils ne sont remplacés. C’est le paradoxe de cette guerre : la Russie a plus de ressources, plus d’hommes en réserve, plus de capacité industrielle. Mais elle ne parvient pas à transformer cette supériorité en victoire. Parce que chaque avancée coûte un prix que même le Kremlin aura du mal à payer indéfiniment.
Il y a quelque chose d’obscène dans cette course à l’armement. D’un côté, des ingénieurs travaillent jour et nuit pour créer des machines de mort toujours plus perfectionnées. De l’autre, des familles prient pour que leurs proches reviennent vivants. Et entre les deux, des politiciens qui calculent, qui planifient, qui ordonnent. 1000 drones par jour. 409 000 conscrits. 11 divisions. Ce ne sont pas des nombres pour eux. Ce sont des objectifs. Des métriques de performance. Comme s’ils géraient une entreprise et non des vies humaines. Cette froideur me terrifie plus que les bombes.
Section 6 : les objectifs inchangés du Kremlin
Toute l’Ukraine, rien que l’Ukraine
Quand on demande au général Syrskyi si les objectifs de la Russie ont changé, sa réponse est sans appel : « Les plans globaux de l’ennemi n’ont pas changé — c’est toute l’Ukraine. » Pas une partie. Pas un compromis. Toute l’Ukraine. Les directions d’offensive restent les mêmes qu’au début. Seuls les délais et les moyens engagés varient. Mais l’ambition, elle, reste intacte. Totale. Absolue.
Le Kremlin veut capturer les régions restantes de Donetsk, Louhansk et Zaporijjia. Il veut la rive droite de Kherson. Il rêve d’atteindre Odessa pour couper l’Ukraine de son accès à la mer. Et derrière ces objectifs militaires, il y a un objectif politique encore plus vaste : effacer l’Ukraine de la carte. Pas comme État. Comme idée. Comme nation. Comme peuple qui ose dire non.
Aucun signe de négociation
« Nous ne voyons aucun signe que l’ennemi se prépare à des négociations de paix », a déclaré Syrskyi. Au contraire. L’intensité des combats augmente. Les effectifs offensifs russes sont renforcés. La production d’armes s’accélère. Tout indique que Moscou prépare une nouvelle année de guerre totale, pas une année de compromis.
Les déclarations récentes du Kremlin vont dans le même sens. Les exigences russes pour toute négociation restent maximales : retrait total des forces ukrainiennes des territoires que Moscou revendique — y compris des zones que la Russie ne contrôle même pas. C’est comme exiger la reddition avant même d’avoir gagné. Une position qui ne laisse aucune place au dialogue. Qui ne laisse que la guerre.
Et nous, dans tout ça ? Nous qui regardons de loin, nous qui lisons ces chiffres dans le confort de nos maisons ? Quelle est notre responsabilité ? Je me pose souvent la question. Parce que cette guerre n’est pas qu’une affaire russo-ukrainienne. C’est une guerre pour l’ordre mondial. Pour le droit des peuples à décider de leur destin. Pour l’idée même que les frontières ne se changent pas par la force. Si la Russie gagne en Ukraine, quel message envoie-t-on au reste du monde ? Que la brutalité paie ? Que la patience et les ressources suffisent à écraser n’importe qui ? Cette pensée m’empêche de dormir certaines nuits.
Section 7 : le prix que l'Ukraine paie aussi
Des pertes réduites, mais un combat inégal
Le général Syrskyi a annoncé une nouvelle relativement positive : en 2025, les pertes ukrainiennes ont diminué de 13 % par rapport à l’année précédente. « Nous détruisons désormais plus de militaires russes chaque mois que le pays agresseur n’en conscrit », a-t-il souligné. C’est un exploit remarquable, compte tenu du déséquilibre des forces. Une armée plus petite, avec moins de ressources, qui inflige plus de dégâts qu’elle n’en subit.
Mais le combat reste terriblement inégal. La Russie a 20 millions d’hommes mobilisables. L’Ukraine n’a pas ce luxe. Chaque soldat ukrainien perdu est une perte irremplaçable à court terme. Chaque bataille gagnée coûte cher. Et même si le ratio de pertes est favorable — les Russes perdent environ six fois plus de soldats que les Ukrainiens selon certaines estimations — la durée de la guerre joue contre Kiev. Le temps est l’allié de celui qui a les réserves les plus profondes.
La fatigue et la résilience
Depuis bientôt quatre ans, l’Ukraine se bat. Ses soldats sont épuisés. Certains sont au front depuis le premier jour. Les rotations sont difficiles, parfois impossibles. La mobilisation ukrainienne fait aussi débat, avec ses propres défis et controverses. Mais la différence fondamentale reste : l’Ukraine se bat pour sa survie. La Russie se bat pour une conquête.
Cette différence se voit sur le terrain. Les soldats ukrainiens défendent leur terre, leurs familles, leurs maisons. Les conscrits russes, eux, se battent pour une cause qu’ils comprennent souvent mal, dans un pays qu’ils ne connaissent pas, pour des objectifs qu’on ne leur explique jamais vraiment. La motivation n’est pas la même. Et dans une guerre d’usure, la motivation finit par compter autant que les munitions.
Je pense souvent aux soldats ukrainiens. À leur courage. À leur détermination. Ils savent ce qu’ils défendent. Ils voient leurs villages bombardés, leurs proches tués, leur pays envahi. Et ils tiennent. Malgré tout. Malgré la fatigue, malgré les pertes, malgré l’attente interminable d’une aide occidentale qui arrive toujours trop peu, toujours trop tard. Il y a quelque chose d’héroïque dans leur résistance. Quelque chose qui force le respect. Et quelque chose de tragique aussi. Parce qu’ils ne devraient pas avoir à se battre seuls. Parce que nous — le reste du monde — nous leur devons plus que des mots.
Section 8 : l'aide internationale et ses limites
Les alliés de Moscou
La Russie n’est pas seule. Elle peut compter sur un réseau de partenaires qui lui fournissent ce dont elle a besoin pour poursuivre sa guerre. La Chine livre l’électronique et les composants technologiques. L’Iran a vendu pour plus de 3 milliards de dollars de missiles au Kremlin. La Corée du Nord fournit des munitions et, selon certaines sources, a même envoyé des troupes. Un axe autocratique qui soutient la machine de guerre russe, en toute impunité.
Et cette aide ne faiblit pas. Au contraire. « Nous voyons que le rythme de production de munitions ne diminue pas, malheureusement, il ne fait qu’augmenter », a constaté le général Syrskyi. Les sanctions occidentales, aussi importantes soient-elles, n’ont pas réussi à étrangler l’économie de guerre russe. Pas complètement. Pas assez. Et chaque jour qui passe voit de nouveaux missiles sortir des usines, de nouveaux drones prendre leur envol, de nouvelles vies être sacrifiées.
L’Occident peut-il faire plus ?
Du côté occidental, l’aide à l’Ukraine se poursuit, mais les doutes s’installent. Les changements politiques aux États-Unis, l’incertitude sur les engagements futurs, les lenteurs dans la livraison d’équipements critiques — tout cela pèse sur le moral et sur les capacités de Kiev. Le commandant Syrskyi a été clair : pour renverser la vapeur, l’Ukraine a besoin de plus. Plus de missiles à longue portée. Plus de défense aérienne. Plus de soutien à sa production nationale d’armements.
« La victoire stratégique nécessite de gagner la compétition des technologies, de remporter la bataille des économies, et le soutien de nos partenaires et alliés », a-t-il affirmé. Le message est limpide : l’Ukraine peut tenir. L’Ukraine peut même gagner. Mais pas seule. Jamais seule.
Il y a des moments où je me demande si nous réalisons vraiment ce qui se joue. Ce n’est pas juste une guerre lointaine. C’est un test. Un test pour nos valeurs, pour notre solidarité, pour notre capacité à défendre ce en quoi nous croyons. Si nous laissons l’Ukraine tomber, que dit-on au reste du monde ? Que la force fait loi ? Que les dictateurs peuvent envahir leurs voisins sans conséquence ? Chaque jour où nous hésitons, chaque livraison retardée, chaque promesse non tenue coûte des vies. Des vies ukrainiennes. Des vies qui auraient pu être sauvées si nous avions été à la hauteur de nos propres principes.
Section 9 : vers une guerre sans fin ?
L’impasse stratégique
La situation actuelle ressemble à un bras de fer sans fin. La Russie ne peut pas remporter une victoire décisive — ses pertes sont trop élevées, ses gains trop lents, sa population trop réticente. L’Ukraine ne peut pas non plus libérer tous ses territoires sans une aide massive et continue de ses alliés. Entre les deux, des centaines de kilomètres de front, des millions de vies en suspens, et une horloge qui tourne sans que personne ne sache quand elle s’arrêtera.
Le général Syrskyi l’a dit clairement : l’Ukraine mènera des « opérations offensives » en 2026, car « on ne gagne pas en défense ». La volonté est là. La détermination aussi. Mais la réalité du terrain impose ses contraintes. Et cette réalité, c’est une guerre d’usure où chaque camp espère que l’autre craquera en premier.
Les scénarios possibles
Plusieurs chemins s’ouvrent. Une escalade, si la Russie décide de pousser encore plus fort, de mobiliser encore plus massivement, de frapper encore plus violemment. Un effondrement, si les pertes russes deviennent insoutenables, si l’économie de guerre finit par craquer, si le peuple russe refuse enfin de payer le prix. Ou une négociation, imposée par l’épuisement des deux parties, mais dont les termes restent impossibles à imaginer aujourd’hui.
Ce qui est certain, c’est que 2026 sera une année décisive. Avec 409 000 nouveaux conscrits russes. Avec 1000 drones par jour si Moscou atteint ses objectifs. Avec une Ukraine qui refuse de plier. Et avec un monde qui regarde, parfois impuissant, parfois indifférent, toujours concerné — qu’il le veuille ou non.
Quand je pense à l’année qui vient, je ressens un mélange d’angoisse et d’espoir. D’angoisse, parce que les chiffres sont terrifiants. 409 000 hommes envoyés au front. Des milliers qui ne reviendront pas. Des familles détruites des deux côtés. D’espoir, parce que l’Ukraine tient. Parce que malgré tout, la résistance continue. Parce que quelque part, dans les tranchées et dans les villes, des gens ordinaires font des choses extraordinaires. Ils se battent pour leur liberté. Ils refusent de céder. Et tant qu’ils tiendront, l’espoir restera vivant.
Conclusion : 409 000 destins en suspens
Le visage de la guerre
Au final, derrière tous ces chiffres, il y a des visages. 409 000 visages de jeunes Russes qui vont recevoir leur convocation cette année. Certains partiront résignés. D’autres terrifiés. Quelques-uns peut-être convaincus par la propagande. Mais tous — absolument tous — sont des êtres humains. Avec des rêves. Des peurs. Des gens qui les aiment et qui les attendent.
Et de l’autre côté du front, d’autres visages. Ceux des soldats ukrainiens qui défendent leur pays depuis bientôt quatre ans. Ceux des civils qui vivent sous les bombes. Ceux des enfants qui grandissent avec le bruit des sirènes comme berceuse. Cette guerre a déjà trop duré. Elle a déjà coûté trop cher. Et pourtant, rien n’indique qu’elle va s’arrêter demain.
409 000. Ce nombre me hante depuis que j’ai commencé à écrire cet article. 409 000 hommes. 409 000 destins. 409 000 fois quelqu’un qui embrasse ses proches avant de partir, sans savoir s’il reviendra. Et quelque part, dans un bureau du Kremlin, quelqu’un a signé un papier qui a scellé leur sort. Froidement. Méthodiquement. Comme on signe un bon de commande. Cette guerre nous dit quelque chose de terrible sur l’humanité. Sur notre capacité à transformer des êtres vivants en statistiques. Sur la facilité avec laquelle les puissants sacrifient les faibles. Mais elle nous dit aussi autre chose : que la résistance existe. Que le courage existe. Que l’espoir, malgré tout, refuse de mourir. La question qui reste — la seule qui compte vraiment — c’est celle-ci : combien de temps encore ? Combien de morts encore ? Combien de familles brisées, combien de vies gâchées, combien de larmes versées avant que quelqu’un, quelque part, décide enfin que ça suffit ? Je n’ai pas la réponse. Personne ne l’a. Mais je sais une chose : tant qu’il y aura des gens pour raconter cette histoire, pour donner des visages aux chiffres, pour refuser l’indifférence — alors il y aura une chance. Une chance pour la paix. Une chance pour la justice. Une chance pour que ces 409 000 hommes ne soient pas juste des nombres sur un décret. Qu’ils soient ce qu’ils ont toujours été : des êtres humains.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies militaires, à comprendre les mouvements des nations en guerre, à anticiper les virages que prennent les conflits armés. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux humains derrière les chiffres officiels.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les déclarations du commandant en chef des forces armées ukrainiennes Oleksandr Syrskyi lors de son interview avec LB.ua, les communiqués officiels, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, Associated Press, ainsi que les analyses de médias spécialisés comme Ukrinform, The Moscow Times et Kyiv Independent.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens humain. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Ukrinform – Russia planning to draft 409,000 troops in 2026 – Syrskyi (19 janvier 2026)
golovnokomanduvachzsusirskiy.html » target= »blank »>LB.ua – Interview exclusive avec le général Oleksandr Syrskyi (18 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>Mezha – Russia to Conscription 409000 Soldiers in 2026 Forming 11 Divisions (18 janvier 2026)
blank »>RBC-Ukraine – Russia aims to form 11 new divisions for war in Ukraine (18 janvier 2026)
blank »>Euromaidan Press – 406,000 mobilized, 410,000 lost (30 décembre 2025)
blank »>The Moscow Times – Putin Signs Law Moving Russia to Year-Round Military Draft (4 novembre 2025)
blank »>Kyiv Independent – What is the death toll of Russia’s war in Ukraine? (12 juin 2025)
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.