Un polygone d’essai né de la Guerre froide
Kapustin Yar n’est pas un simple terrain d’entraînement militaire. C’est un monument vivant de la Guerre froide, créé le 13 mai 1946 par résolution du Conseil des ministres de l’URSS. Le colonel général Vassili Voznyouk en fut le premier commandant, supervisant l’arrivée des premiers officiers en août 1947 et celle des équipements récupérés en Allemagne nazie. C’est ici que l’empire soviétique a posé les fondations de sa puissance nucléaire, ici que des générations d’ingénieurs ont conçu les missiles destinés à tenir l’Occident en respect.
Les chiffres donnent le vertige. Depuis les années 1950, au moins 11 explosions nucléaires ont eu lieu sur ce site — des détonations atmosphériques dont la puissance combinée équivaut à environ 65 fois la bombe d’Hiroshima. Entre 1957 et 1961, cinq tests nucléaires de faible rendement ont été effectués au-dessus du polygone. Plus de 24 000 missiles guidés ont été testés ici. 619 missiles RSD-10 Pioneer — ceux-là mêmes qui faisaient trembler l’Europe pendant la Guerre froide — y ont été détruits conformément aux traités de désarmement. Ce site a vu passer 177 types d’équipements militaires différents.
Le berceau de l’Oreshnik et des systèmes S-400
Aujourd’hui, Kapustin Yar demeure le principal site d’essai des missiles balistiques à moyenne portée russes, incluant le fameux Oreshnik. C’est également là que la Russie teste ses missiles de croisière, ses systèmes de défense antiaérienne S-400, et une multitude d’armements offensifs et défensifs destinés à toutes les branches des forces armées. Le ministère de la Défense russe décrit fièrement le site comme un « complexe de recherche unique » permettant de développer conjointement des systèmes d’armes offensives et défensives.
Imaginez une seconde. Vous êtes un technicien russe travaillant à Kapustin Yar. Chaque jour, vous contribuez à tester des missiles capables de raser des villes entières. Vous vous sentez protégé, invincible même. Ce polygone existe depuis près de 80 ans. Il a survécu à la Guerre froide, à l’effondrement de l’URSS, à toutes les crises. Et puis, une nuit de janvier, des drones ukrainiens surgissent dans votre ciel. Des engins fabriqués par un pays que votre président voulait « démilitariser » en trois jours. Qu’est-ce que ça vous fait de réaliser que votre forteresse n’en est plus une?
Section 3 : L'Oreshnik, cette arme de terreur que l'Ukraine vient de défier
Un missile hypersonique à capacité nucléaire
Le missile Oreshnik — dont le nom signifie « noisetier » en russe — est un missile balistique à portée intermédiaire capable d’atteindre des vitesses supérieures à Mach 10, soit environ 13 000 km/h. Dérivé du programme RS-26 Rubezh, ce système d’arme représente ce que le Kremlin considère comme le summum de sa technologie militaire. Le Pentagone américain le décrit comme un missile « expérimental » basé sur le RS-26, un système stratégique dont le développement avait supposément été abandonné en 2018.
Ce qui rend l’Oreshnik particulièrement terrifiant, c’est sa capacité à transporter des véhicules de rentrée à têtes multiples indépendamment guidées — les fameux MIRV. Six ogives, chacune contenant potentiellement six sous-munitions, pour un total de 36 projectiles capables de frapper des cibles distinctes. Le commandant des Forces de missiles stratégiques russes, Sergueï Karakayev, affirme que l’Oreshnik peut atteindre « n’importe quelle cible en Europe ». Vladimir Poutine lui-même vante une arme dont les ogives seraient « impossibles à intercepter ».
La frappe du 8 janvier sur Lviv : le choc
Le 8 janvier 2026, la Russie a lancé un Oreshnik depuis Kapustin Yar contre la région de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, à moins d’une heure de route de la frontière polonaise — donc de l’OTAN. Le missile a voyagé à environ 13 000 km/h, atteignant sa cible en quelques minutes. Le maire de Lviv, Andrii Sadovyi, a confirmé que des infrastructures critiques avaient été touchées, perturbant temporairement l’approvisionnement en gaz. Cette attaque faisait partie d’un barrage massif incluant 242 drones, 13 missiles balistiques Iskander-M et 22 missiles de croisière Kalibr.
La question me hante depuis cette nuit-là. Comment on vit à Lviv? Comment on dort, sachant qu’un missile capable de porter une charge nucléaire peut surgir à tout moment, à Mach 10, depuis les steppes d’Astrakhan? Un missile qu’aucun système de défense ukrainien ne peut intercepter. Et puis je repense à ces drones ukrainiens qui viennent de frapper le site même d’où partent ces monstres. C’est pas une victoire militaire décisive. C’est un message. Un message qui dit : « Vous aussi, vous pouvez avoir peur. Vous aussi, vous êtes vulnérables. »
Section 4 : L'attaque du 17 janvier — les détails de l'opération
Ce que les sources russes ont confirmé
L’attaque de drones ukrainiens contre Kapustin Yar a été rapportée le 17 janvier 2026 par la chaîne Telegram russe Radar VRV, une source de surveillance connue pour son suivi des activités aériennes militaires. Selon cette chaîne, les systèmes de défense antiaérienne ont été activés dans la zone du polygone. Ce n’est pas la première fois que l’Ukraine vise ce site stratégique — des drones l’avaient déjà frappé en juillet 2024, endommageant alors des bâtiments de la base.
Le 4e Polygone d’État Central Interarmées — c’est son nom officiel — s’étend sur des centaines de kilomètres carrés dans la région d’Astrakhan, près de la mer Caspienne. La ville fermée de Znamensk, qui abrite environ 25 000 habitants dont la plupart travaillent pour le polygone, se trouve à proximité. Les conditions de vie y sont difficiles — en décembre 2023, les résidents s’étaient plaints directement à Poutine des problèmes chroniques d’approvisionnement en électricité, eau, chauffage, et du manque de services pour les enfants.
La distance parcourue : un exploit logistique
Pour comprendre l’audace de cette opération, il faut regarder une carte. Kapustin Yar se trouve à environ 800 à 900 kilomètres de la ligne de front ukrainienne. Les drones ukrainiens ont dû traverser une distance considérable, survoler ou contourner plusieurs régions russes, éviter ou saturer les systèmes de défense antiaérienne, pour finalement atteindre ce site ultrasensible. C’est la même distance que celle séparant Kapustin Yar de Lviv — la cible de l’Oreshnik neuf jours plus tôt.
Fermez les yeux. Imaginez le trajet d’un drone ukrainien dans la nuit glaciale de janvier. Des centaines de kilomètres au-dessus du territoire ennemi. Des radars qui balaient le ciel. Des batteries de missiles prêtes à tirer. Et pourtant, il continue. Il avance. Et il frappe. Pas n’importe où — le site même d’où partent les armes les plus terrifiantes de l’arsenal russe. Il y a quelque chose de presque poétique là-dedans. Une symétrie cruelle. Vous nous frappez avec vos missiles hypersoniques? On vient cogner à la porte de votre sanctuaire.
Section 5 : L'Oreshnik, une arme de chantage nucléaire?
Ce que disent les experts occidentaux
Les analystes militaires occidentaux sont divisés sur la signification réelle de l’Oreshnik. Pour certains, comme William Alberque du Henry L. Stimson Center, la précision du missile, telle que démontrée lors de la frappe sur Dnipro en novembre 2024, est « suffisante pour délivrer une charge nucléaire, mais pas une charge conventionnelle ». En d’autres termes, l’Oreshnik serait davantage une arme d’intimidation qu’un outil militaire conventionnel efficace.
Le ministère britannique de la Défense estime que la Russie ne dispose que d’une « poignée » de missiles Oreshnik. Leur coût de production élevé et leur rareté suggèrent que Moscou les utilise principalement comme instruments de signalement politique plutôt que comme armes de destruction massive conventionnelle. Les experts de The Economist ont qualifié la première frappe sur Dnipro de « chantage nucléaire ». L’Institute for the Study of War souligne que Poutine a délibérément lié rhétoriquement l’Oreshnik à la menace nucléaire.
Des ogives factices pour une terreur bien réelle
Lors de la première utilisation de l’Oreshnik contre Dnipro en novembre 2024, des responsables ukrainiens ont affirmé que le missile transportait des ogives « factices » sans explosifs. Des experts américains ont décrit cette méthode comme « un moyen coûteux de délivrer peu de destruction ». Pourtant, même inertes, les ogives de l’Oreshnik peuvent causer des dommages significatifs grâce à l’énergie cinétique générée par leur vitesse hypersonique — l’équivalent de plusieurs centaines de kilogrammes de TNT par impact.
Voilà ce qui me fascine et me révolte en même temps. La Russie dépense des fortunes pour lancer des missiles quasi inutiles militairement, juste pour faire peur. Juste pour rappeler au monde qu’elle POURRAIT utiliser l’arme nucléaire. C’est du chantage pur. De l’intimidation élevée au rang de doctrine militaire. Et pendant ce temps, des Ukrainiens meurent sous les vrais missiles, les vrais drones, les vraies bombes. Alors quand l’Ukraine répond en frappant le site même d’où part cette terreur symbolique, c’est plus qu’une opération militaire. C’est un refus de se laisser intimider. C’est dire : « Vos symboles ne nous impressionnent plus. »
Section 6 : Le contexte géopolitique — l'escalade des frappes
278 armes aériennes en une seule nuit
L’attaque du 8-9 janvier 2026 contre l’Ukraine fut l’une des plus massives de la guerre. Le président Volodymyr Zelensky a rapporté que la Russie avait lancé 278 armes aériennes en une seule nuit — 36 missiles de divers types et 242 drones. À Kyiv, au moins quatre personnes ont été tuées et 25 blessées. Parmi les victimes, un ambulancier de 56 ans, Serhii Smoliak, tué dans une frappe de type « double tap » — une tactique consistant à frapper une deuxième fois les secouristes venus aider les premières victimes.
Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a annoncé que près de 6 000 immeubles — environ la moitié du parc immobilier de la capitale — s’étaient retrouvés sans chauffage, alors que les températures plongeaient sous zéro. Plus de 417 000 foyers ont été déconnectés de l’électricité. Le métro de Kyiv a été perturbé, certaines lignes suspendues. L’ambassade du Qatar a été endommagée par un drone. Le ministre adjoint de l’Énergie, Mykola Kolisnyk, a confirmé que des centrales thermiques alimentant les deux rives de la capitale avaient été touchées.
La justification russe : une prétendue attaque sur la résidence de Poutine
Le ministère russe de la Défense a présenté le barrage du 8-9 janvier comme une « représailles » à une supposée attaque de drones ukrainiens contre l’une des résidences de Vladimir Poutine dans la région de Novgorod, fin décembre 2025. Kyiv a catégoriquement nié cette allégation. Le président américain Donald Trump a également déclaré ne pas croire à la version russe. Les autorités ukrainiennes ont qualifié la justification de Moscou d’« absurde ».
Une attaque contre la résidence de Poutine. Vraiment? C’est la meilleure excuse qu’ils ont trouvée? Même si c’était vrai — et ça ne l’est pas selon toutes les sources crédibles — ça justifierait de lancer des centaines de missiles sur des civils, de couper le chauffage de millions de personnes en plein hiver, de tuer des ambulanciers venus sauver des vies? Je suis chroniqueur, pas juge. Mais il y a des moments où l’indignation n’est pas une opinion. C’est une réaction humaine. C’est simplement être humain.
Section 7 : L'Oreshnik déployé en Biélorussie — la menace s'élargit
Jusqu’à dix systèmes de missiles aux portes de l’OTAN
Le 30 décembre 2025, le ministère russe de la Défense a annoncé le déploiement du système Oreshnik en Biélorussie, publiant les premières images de cette arme à capacité nucléaire entrant en service actif. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko avait déclaré dès le 17 décembre que l’Oreshnik était arrivé dans son pays, ajoutant que jusqu’à dix systèmes de ce type seraient stationnés sur le territoire biélorusse.
Vladimir Poutine avait annoncé le 17 décembre que l’Oreshnik entrerait en « service de combat » avant la fin de l’année. Lors de la signature d’un pacte de sécurité avec Loukachenko en décembre 2024, Poutine avait précisé que même si la Russie contrôle les missiles, Minsk pourrait sélectionner les cibles. Il a ajouté que si les missiles sont utilisés contre des cibles plus proches de la Biélorussie, ils pourraient emporter une charge utile significativement plus lourde.
La doctrine nucléaire révisée de Moscou
En 2024, le Kremlin a publié une doctrine nucléaire révisée stipulant que toute attaque conventionnelle contre la Russie soutenue par une puissance nucléaire serait considérée comme une attaque conjointe. Cette doctrine place également la Biélorussie sous le « parapluie nucléaire » russe. Loukachenko a confirmé que Minsk dispose de « plusieurs dizaines » d’armes nucléaires tactiques russes sur son territoire — ce même territoire qui a servi de base de lancement pour l’invasion de l’Ukraine en février 2022.
Dix systèmes Oreshnik en Biélorussie. Des missiles à capacité nucléaire aux portes de l’OTAN. Une doctrine qui promet l’escalade nucléaire à la moindre provocation. Et nous, on regarde ça en se demandant quoi faire. Mais pendant qu’on tergiverse, l’Ukraine agit. Elle frappe le cœur même du dispositif russe. Elle refuse de se laisser paralyser par la peur. Il y a une leçon là-dedans pour l’Occident tout entier. La terreur ne fonctionne que si on la laisse fonctionner.
Section 8 : Les fragments de l'Oreshnik — ce que les débris révèlent
Une technologie moins révolutionnaire qu’annoncée
Le Service de sécurité ukrainien (SBU) a publié des photos des fragments de l’Oreshnik récupérés dans la région de Lviv après la frappe du 8 janvier. Parmi les pièces identifiées : une unité de stabilisation et de guidage — essentiellement le « cerveau » du missile —, des pièces de rechange du système de propulsion, et divers fragments structurels. Ces débris sont analysés par le Laboratoire de recherche militaire de l’Institut de Kyiv d’expertise médico-légale.
Selon des experts ukrainiens ayant examiné les restes du premier Oreshnik tiré sur Dnipro en novembre 2024, le missile ne semble pas utiliser de circuits électroniques particulièrement modernes et ne présente aucune avancée technologique majeure. Il repose sur des conceptions et des éléments connus, dérivés de la technologie soviétique. L’analyste militaire ukrainien Kyrylo Danylchenko soutient que ce que la propagande russe présente comme une « arme basée sur de nouveaux principes physiques » est en réalité une modernisation de technologies de l’ère soviétique — probablement une version retravaillée du RSD-10 Pioneer ou un dérivé du RS-26 Rubezh.
Un missile conçu… à Dnipro
Ironie cruelle de l’histoire : la base technologique du RS-26, dont l’Oreshnik est dérivé, a été développée à… Dnipro, en Ukraine. La ville qui a été frappée par ce missile lors de sa première utilisation au combat est la même qui a abrité les usines soviétiques où ses ancêtres technologiques ont été conçus. L’usine PA Pivdenmash — cible de la frappe de novembre 2024 — était justement l’un des principaux sites de production de missiles balistiques de l’URSS.
Il y a quelque chose d’obscène là-dedans. La Russie utilise une technologie développée en Ukraine pour terroriser l’Ukraine. Elle bombarde Dnipro avec des missiles dont les ancêtres ont été conçus à Dnipro. C’est comme si l’histoire bégayait, incapable de se libérer d’un cycle de violence absurde. Et puis il y a cette réalité : malgré toute la propagande du Kremlin sur ses « super-armes », l’Oreshnik n’est qu’un vieux système remis au goût du jour. Pas de révolution technologique. Juste de la peur recyclée.
Section 9 : La réponse internationale — l'ONU et les alliés de l'Ukraine
Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité
L’Ukraine a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies le 12 janvier 2026 pour aborder l’utilisation des missiles Oreshnik par la Russie et les attaques ciblant le territoire ukrainien. Le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, a déclaré sur X qu’une « telle frappe près de la frontière de l’UE et de l’OTAN constitue une grave menace pour la sécurité du continent européen ».
La réponse des alliés occidentaux a été mesurée mais significative. La République tchèque a annoncé le transfert d’avions de combat à l’Ukraine pour lutter contre les drones. La Pologne a interdit les véhicules chinois sur les installations militaires, signe d’une méfiance croissante envers Pékin. L’Italie a saisi un cargo pour violation des sanctions contre la Russie. Ces mesures, bien que modestes, témoignent d’une prise de conscience progressive de la gravité de la menace.
L’impossible interception
Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrskyi, a reconnu que l’Ukraine ne dispose actuellement pas de la capacité d’intercepter des missiles balistiques à moyenne et longue portée comme l’Oreshnik. Les systèmes capables de contrer ce type de menace — comme l’Arrow-3 israélien ou le SM-3 Block IIA américain — ne sont pas déployés en Ukraine. Le système Patriot, bien que présent, est optimisé pour des menaces de plus courte portée.
Voilà la réalité crue. L’Ukraine ne peut pas intercepter l’Oreshnik. Elle le sait. La Russie le sait. Nous le savons tous. Alors que reste-t-il comme option? Frapper à la source. Viser les sites de lancement. Détruire les missiles avant qu’ils ne décollent. C’est exactement ce que l’Ukraine vient de tenter à Kapustin Yar. On peut discuter de l’efficacité de l’opération. Mais on ne peut pas nier sa logique. Quand on ne peut pas arrêter la flèche en vol, on vise l’archer.
Section 10 : Les précédentes attaques contre Kapustin Yar
Juillet 2024 : la première brèche
L’attaque du 17 janvier 2026 n’est pas la première fois que des drones ukrainiens frappent Kapustin Yar. En juillet 2024, neuf UAV avaient atteint le territoire de l’unité militaire 15644, où se situe le polygone. Cette attaque avait alors endommagé des bâtiments de la base. Le gouverneur de la région d’Astrakhan avait confirmé l’incident, mentionnant qu’un incendie s’était déclaré après la chute d’un drone abattu.
En novembre 2024, quelques heures après la première utilisation de l’Oreshnik contre Dnipro, des drones ukrainiens avaient de nouveau visé le site. Selon des sources, au moins deux drones n’avaient pas été abattus et avaient frappé le polygone 105 du site. Les conséquences exactes de cette attaque n’ont pas été rendues publiques, mais elle démontrait déjà la capacité ukrainienne à atteindre ce site ultrasensible.
Une stratégie de frappes en profondeur
Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie ukrainienne plus large de frappes en profondeur contre les infrastructures militaires et industrielles russes. Des dépôts pétroliers, des raffineries, des bases aériennes, des usines d’armement — la liste des cibles frappées par les drones ukrainiens ne cesse de s’allonger. La centrale thermique d’Orel a été touchée dans la nuit du 8-9 janvier. Des images satellite ont montré les dégâts causés au dépôt pétrolier Temp à Rybinsk, dans la région de Yaroslavl, frappé le 31 décembre 2025.
On peut débattre à l’infini de l’efficacité militaire de ces frappes. On peut se demander si quelques drones peuvent vraiment changer le cours d’une guerre. Mais ce qu’on ne peut pas ignorer, c’est le message. L’Ukraine refuse de se contenter d’encaisser les coups. Elle frappe en retour. Loin. Profond. Là où ça fait mal. Et chaque fois qu’un drone ukrainien atteint une cible en Russie, c’est un rappel brutal : cette guerre n’est pas à sens unique. Elle ne le sera jamais.
Conclusion : le symbole et la réalité
Quand la terreur change de camp
L’attaque contre Kapustin Yar ne va probablement pas changer le cours de la guerre. Elle n’a peut-être détruit aucun missile Oreshnik. Les dommages matériels restent inconnus. Mais son impact symbolique est immense. Le site le plus légendaire de l’arsenal balistique russe, le berceau de la puissance nucléaire soviétique, le polygone d’où partent les armes les plus terrifiantes de Moscou — ce site a été atteint par des drones ukrainiens. Des engins fabriqués par un pays que la Russie voulait soumettre en quelques jours.
Quelque part à Znamensk, dans cette ville fermée de 25 000 habitants où l’on manque d’eau potable et de chauffage, des techniciens russes regardent désormais le ciel avec une inquiétude nouvelle. Quelque part à Lviv, des familles traumatisées par la frappe de l’Oreshnik peuvent au moins savoir que leur pays a répondu. Quelque part au Kremlin, on réalise peut-être que la terreur est une arme à double tranchant.
La question qui restera
Je termine cet article avec une question qui ne me quitte plus. Si l’Ukraine peut atteindre Kapustin Yar — ce sanctuaire, ce symbole, ce berceau de la puissance nucléaire russe — qu’est-ce qui reste vraiment hors de portée? Les drones n’ont pas besoin d’être nombreux. Ils n’ont pas besoin d’être sophistiqués. Ils ont juste besoin d’arriver. Et ils arrivent. Nuit après nuit. De plus en plus loin. De plus en plus profond. La Russie a voulu terroriser l’Ukraine avec ses missiles hypersoniques. L’Ukraine répond avec des engins qui coûtent une fraction du prix et qui atteignent le cœur même de l’arsenal russe. Il y a une leçon là-dedans. Sur la résilience. Sur le courage. Sur ce qui se passe quand on pousse un peuple dans ses derniers retranchements. L’Ukraine ne se laissera pas intimider. Et quelque part, dans la nuit froide d’Astrakhan, des sirènes continuent de hurler.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et militaires qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies militaires, à comprendre les mouvements de cette guerre qui dure depuis bientôt quatre ans, à anticiper les virages que prennent les belligérants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués des forces armées ukrainiennes, les rapports du Service de sécurité ukrainien (SBU), les données publiées par des médias reconnus tels que Militarnyi, Kyiv Independent, Reuters, CNN, ainsi que les analyses d’organisations comme Critical Threats et le ministère britannique de la Défense.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Militarnyi – Ukrainian Drones Attacked the Training Ground from Which the Oreshnik Ballistic Missile System Is Launched (17 janvier 2026)
blank »>Ukraine Today – Ukrainian drones hit Russia’s Kapustin Yar, key test site for Oreshnik missiles (17 janvier 2026)
blank »>Kyiv Independent – At least 4 killed, 25 injured as Russian strikes hit Kyiv, leave thousands of buildings without heat (9 janvier 2026)
blank »>Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessment, January 9, 2026 (9 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>CNN – What is Russia’s Oreshnik ballistic missile and what can it do? (9 janvier 2026)
blank »>The War Zone – Russia’s Oreshnik Intermediate Range Ballistic Missile Used In Large-Scale Attack On Ukraine (9 janvier 2026)
blank »>The Moscow Times – What We Know About Russia’s Oreshnik Missile Fired on Ukraine (9 janvier 2026)
(missile) » target= »blank »>Wikipedia – Oreshnik (missile) (consulté le 18 janvier 2026)
Yar » target= »blank »>Wikipedia – Kapustin Yar (consulté le 18 janvier 2026)
blank »>Defence Matters – A missile message to Europe: what Russia’s Oreshnik strike was meant to signal (janvier 2026)
blank »>Euronews – Russia shows nuclear-capable Oreshnik missile system deployed in Belarus (30 décembre 2025)
blank »>UNITED24 Media – What Is Russia’s Oreshnik Missile? Mach 11, MIRV, Nuclear (janvier 2026)
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