Le mythe de la sécurité détruit
Il fut un temps où la Russie se croyait à l’abri. Le front était là-bas, en Ukraine. Les villes russes, les infrastructures russes, les citoyens russes — tout cela était supposé être hors de portée. Ce temps est révolu. ATESH — ce nom qui signifie feu en tatar de Crimée — s’est répandu comme une traînée de poudre à travers tout le territoire russe. De Moscou à Vladivostok, des agents infiltrés observent, attendent, frappent. Dans une interview exclusive accordée au Kyiv Post le 31 décembre dernier, un coordinateur du mouvement déclarait : Nous avons complètement détruit le mythe d’un arrière russe sécurisé. Si avant l’occupant ne se sentait menacé qu’en Crimée ou près de Donetsk, maintenant il sursaute au moindre bruit dans la région de Moscou ou à Volgograd. Nous sommes devenus un réseau véritablement panrusse.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les données d’ACLED, ATESH a été responsable de plus de la moitié des trente incidents de sabotage en territoires occupés en 2025. Le mouvement ne se contente plus d’actions isolées — il mène une véritable guérilla logistique qui s’attaque aux artères vitales de la machine militaire russe. Les cibles? Les lignes ferroviaires qui transportent les armes vers le front. Les sous-stations électriques qui alimentent les usines de défense. Les tours de communication qui coordonnent les opérations. Le 7 janvier dernier, à peine onze jours avant le sabotage de Bryansk, ATESH revendiquait la destruction d’une tour de communication à Kursk, coupant les liens utilisés par le FSB et la 27e Brigade de Défense RCB. Le 30 novembre 2025, c’était une locomotive électrique militaire qui brûlait à Bryansk même, perturbant les livraisons vers la direction de Soumy.
Vous savez ce qui me frappe dans tout ça? C’est l’ironie cosmique de la situation. La Russie bombarde systématiquement l’infrastructure énergétique ukrainienne depuis des mois. Deux cent cinquante-six frappes depuis octobre, selon le Service de sécurité ukrainien. Chaque sous-station détruite, chaque centrale touchée, c’est des milliers de familles qui gèlent, des hôpitaux qui fonctionnent sur générateur, des enfants qui font leurs devoirs à la lueur des bougies. Et pendant ce temps, un seul homme avec une mission peut faire exactement la même chose en retour. La Russie voulait une guerre énergétique? Elle l’a. Mais maintenant, le feu brûle des deux côtés.
Bryansk : le carrefour vital du nord
Un hub logistique sous pression
Bryansk n’est pas une ville comme les autres dans l’architecture militaire russe. Située à seulement cinquante kilomètres de la frontière ukrainienne, elle constitue le principal nœud logistique pour le groupement Nord des forces d’invasion. C’est par Bryansk que transitent les convois d’armes, les renforts de troupes, le carburant destiné aux chars et aux véhicules blindés qui opèrent dans la direction de Soumy. Frapper Bryansk, c’est frapper le cœur du système d’approvisionnement ennemi. Les partisans l’ont parfaitement compris.
La gare de Polpinskaya, alimentée par la sous-station sabotée, voit passer quotidiennement des échelons entiers de matériel militaire. Quand l’électricité a été coupée cette nuit-là, ce ne sont pas seulement les lumières qui se sont éteintes — ce sont les systèmes d’automatisation ferroviaire qui ont cessé de fonctionner. Les aiguillages, les signaux, la coordination des convois : tout s’est figé. Selon ATESH, la panne a provoqué des défaillances dans l’automatisation et des retards sérieux dans les livraisons. Chaque heure de retard, c’est du matériel qui n’arrive pas au front. C’est peut-être une offensive qui doit être reportée. C’est peut-être des vies ukrainiennes qui ne seront pas prises.
L’entreprise de réparation et les dépôts de carburant
Mais la gare de Polpinskaya n’était pas la seule cible. La même sous-station alimente également l’Entreprise de réparation de Bryansk, une installation qui travaille directement pour le ministère russe de la Défense. C’est là que des véhicules militaires endommagés sont remis en état, que des équipements sont entretenus, que la machine de guerre se régénère. Sans électricité, les ateliers se sont arrêtés. Les outils électriques sont devenus muets. Les lignes de production se sont figées dans le froid de janvier. Et puis il y a les dépôts de carburant. Ces installations dépendent de pompes électriques pour transférer le fuel, de systèmes de sécurité pour prévenir les accidents. ATESH affirme que la coupure a perturbé ces pompes et systèmes de sécurité, créant potentiellement des conditions dangereuses et interrompant l’approvisionnement en carburant.
Fermez les yeux une seconde. Imaginez-vous à la place de cet agent ATESH. Il fait moins quinze. Vous êtes seul dans une zone industrielle russe. Autour de vous, des patrouilles du FSB qui vous chassent depuis des mois, qui ont retourné des villages entiers pour trouver des gens comme vous. Vous savez que si vous êtes pris, c’est la torture, c’est la mort, c’est peut-être pire. Et pourtant, vous avancez. Vers cette sous-station. Vers ces équipements que vous allez saboter. Parce que quelque part en Ukraine, des enfants gèlent à cause des bombes que ces trains transportent. Parce que quelque part, une mère pleure un fils tué par une munition qui a peut-être transité par cette même gare. Comment on trouve ce courage? Comment on fait taire la peur pour faire ce qui doit être fait?
ATESH : anatomie d'un mouvement de résistance
Des origines à la menace systémique
Le mouvement ATESH est né à l’automne 2022, quelques mois après le début de l’invasion russe de l’Ukraine. Fondé par des Ukrainiens, des Russes dissidents et des Tatars de Crimée unis contre l’agression de Moscou, le groupe a d’abord émergé comme une collection de cellules dispersées en Crimée occupée. Leur déclaration fondatrice, publiée sur Telegram, était simple : combattre pour l’État ukrainien par tous les moyens possibles. Le nom choisi — ATESH, le mot tatar de Crimée pour feu — annonçait déjà leurs intentions. Aujourd’hui, ce feu s’est propagé bien au-delà de la péninsule.
La structure d’ATESH est conçue pour résister. Décentralisée, composée de cellules autonomes qui n’ont que peu de contacts entre elles. Chaque agent travaille seul, ne communiquant qu’avec un curateur à qui l’information est transmise. Selon les analystes de l’institut Laender-Analysen, le mouvement fonctionne sur plusieurs niveaux : une Force civile ATESH qui collecte le renseignement et identifie les cibles, et une aile combattante qui perturbe, endommage et permet les frappes dans l’arrière ennemi. En avril 2024, le groupe a lancé Cyber-ATESH, étendant ses opérations au domaine numérique. Le 20 août 2025, cette unité a temporairement paralysé SPIMEX, la principale bourse russe de matières premières où se négocient pétrole, gaz, charbon et métaux — le robinet des pétrodollars qui financent l’invasion.
Recruter au cœur de l’ennemi
Ce qui rend ATESH particulièrement redoutable, c’est sa capacité à recruter au sein même de l’armée russe. Le mouvement affirme avoir mis en ligne un cours pour les conscrits russes sur comment saboter leur propre équipement pour survivre à la guerre. Selon Mustafa Dzhemilev, figure historique des Tatars de Crimée interviewé par The Guardian, plus de quatre mille soldats russes se seraient inscrits à ce programme. Les tactiques enseignées? Prendre des pauses toilettes plus longues. Travailler plus lentement que la normale. Demander répétitivement des clarifications aux supérieurs. Et pour les plus audacieux — des actes de sabotage directs sur le matériel.
Il y a quelque chose de profondément poétique dans tout ça, non? Le Kremlin a envahi l’Ukraine en pensant que ce serait une promenade de santé. Trois jours et Kyiv tomberait, disaient-ils. Presque quatre ans plus tard, leur propre armée est infiltrée par des résistants, leurs propres soldats suivent des cours en ligne pour saboter leurs propres chars, et un mouvement né en Crimée occupée fait brûler des sous-stations jusqu’à Moscou. Vous savez ce qu’on dit? L’arrogance précède la chute. Le Kremlin pensait écraser un pays. Il a réveillé un feu qu’il ne pourra jamais éteindre.
Le contexte de terreur : l'Ukraine sous les bombes
La pire crise énergétique de la guerre
Pour comprendre la portée symbolique du sabotage de Bryansk, il faut regarder ce qui se passe de l’autre côté de la frontière. L’Ukraine traverse la pire crise énergétique depuis le début de l’invasion. Le 15 janvier, le président Volodymyr Zelensky a déclaré l’état d’urgence pour le secteur énergétique du pays. Les chiffres sont vertigineux : depuis octobre 2025, la Russie a mené au moins 256 frappes aériennes sur les installations énergétiques et les systèmes de chauffage ukrainiens. Le ministre de l’Énergie Denys Shmyhal l’a dit sans ambages : il ne reste pas une seule centrale électrique en Ukraine que l’ennemi n’a pas attaquée.
À Kyiv, les températures sont descendues à moins dix-neuf degrés Celsius. Le maire Vitali Klitschko a révélé que la capitale ne dispose plus que de la moitié de l’électricité dont elle a besoin pour ses 3,6 millions d’habitants. Après l’attaque massive du 9 janvier, près de six mille immeubles se sont retrouvés sans chauffage. C’est la première fois dans l’histoire de notre ville que, par des froids aussi sévères, la majeure partie de la ville s’est retrouvée sans chauffage et avec une pénurie massive d’électricité, a déclaré Klitschko. Le maire a même recommandé aux résidents qui en ont les moyens de quitter temporairement la ville. Imaginez. Le maire d’une capitale de trois millions de personnes qui conseille à ses citoyens de fuir à cause du froid.
Les visages de la souffrance
Derrière les statistiques, il y a des vies. Il y a Skurydina, une résidente de Kyiv qui a commandé en urgence une couverture chauffante et des bouillottes. Elle a fabriqué un chauffage de fortune avec un pot en argile et des bougies chauffe-plat. Ça fonctionne comme une cheminée pour les mains. Ça ne chauffe pas vraiment la pièce, mais si vous êtes assis à côté devant votre ordinateur, ça réchauffe un peu, explique-t-elle. Son chat Pushok — ironiquement nommé Duveteux alors qu’il s’agit d’un Sphynx sans poils — s’est mis à manger de la soupe. Peut-être parce que c’est chaud? Normalement il déteste ça. Mais il a commencé à en manger petit à petit.
Il y a ces tentes d’urgence installées dans les rues où les gens viennent se réchauffer. Il y a ces écoles fermées parce qu’il fait trop froid pour que les enfants y étudient. Il y a ces générateurs diesel qui ne fonctionnent plus parce que le froid est trop intense même pour eux. La sous-secrétaire générale des Nations Unies Rosemary DiCarlo l’a dit au Conseil de sécurité : les attaques russes ont privé des millions d’Ukrainiens d’électricité, de chauffage et d’eau pendant des périodes prolongées. L’impact est ressenti le plus durement par les plus vulnérables : les personnes âgées, les enfants, les personnes à mobilité réduite.
Je veux que vous compreniez quelque chose. Ce n’est pas abstrait. Ce n’est pas juste des chiffres dans un rapport. C’est une mère qui souffle sur les mains gelées de sa fille de trois ans. C’est un grand-père qui ne peut pas prendre ses médicaments parce que le frigo ne fonctionne plus. C’est un bébé qui pleure de froid dans un appartement où la température intérieure est descendue sous zéro. La Russie appelle ça une stratégie militaire. Moi j’appelle ça un crime contre l’humanité. Et chaque fois qu’un agent ATESH fait sauter une sous-station en Russie, une partie de moi pense : au moins, maintenant, ils savent ce que ça fait.
L'effet miroir : quand la Russie goûte à sa propre médecine
La terreur retournée
Il y a une symétrie cruelle dans ce qui se passe. Pendant des mois, la Russie a méthodiquement ciblé l’infrastructure énergétique ukrainienne dans une tentative de briser le moral de la population civile. Les drones Shahed, les missiles de croisière, les missiles balistiques — tout a été utilisé pour plonger les villes ukrainiennes dans le noir et le froid. Et maintenant, des agents isolés, armés de leur seul courage et de quelques outils de sabotage, font exactement la même chose sur le sol russe. La différence? La Russie utilise des milliards de dollars de matériel militaire. ATESH utilise des individus déterminés qui risquent tout.
Les autorités russes n’ont pas officiellement commenté l’étendue des dégâts à Bryansk ni les délais de restauration. C’est souvent le cas — Moscou attribue généralement ces incidents à des défaillances techniques ou nie toute implication extérieure. Mais les images publiées par ATESH montrent clairement des flammes s’élevant de la sous-station. Et les conséquences se mesurent en trains retardés, en usines arrêtées, en approvisionnements perturbés. Le FSB chasse ces partisans depuis des mois, retournant des villages entiers à leur recherche selon The Times. Mais le mouvement continue de frapper. Toujours plus profondément. Toujours plus efficacement.
Un réseau impossible à éradiquer
Le problème pour la Russie, c’est que ATESH n’est pas une organisation qu’on peut décapiter. Il n’y a pas de quartier général à bombarder, pas de leader unique à éliminer. Le mouvement fonctionne comme un virus — distribué, adaptable, capable de se régénérer. Les coordinateurs du groupe l’ont dit eux-mêmes dans leur interview de fin d’année : Nous ne sommes plus seulement un groupe de patriotes, nous sommes une force systémique qui a métastasé dans toute la machine militaire de la Fédération de Russie. Et l’année prochaine, ces métastases se feront sentir.
Métastases. Le mot est délibérément brutal. Et parfaitement choisi. Parce que c’est exactement ce que représente ATESH pour le Kremlin : un cancer qui se propage dans tout le système, impossible à exciser complètement. Vous pouvez arrêter un agent. Vous pouvez en arrêter dix. Mais pour chaque résistant capturé, combien d’autres sont déjà en place, attendant leur moment? Combien de soldats russes démoralisés regardent ces cours en ligne et se demandent s’ils ne devraient pas, eux aussi, faire quelque chose? L’arrière russe n’existe plus. Et cette réalité, je pense, terrifie le Kremlin plus que n’importe quelle avancée ukrainienne sur le front.
Les précédents : une série de frappes chirurgicales
Kursk, Kostroma, Rostov : la carte des sabotages
Le sabotage de Bryansk s’inscrit dans une campagne coordonnée qui frappe la Russie de plus en plus profondément. Le 7 janvier 2026, ATESH a revendiqué la destruction d’une tour de communications dans la région de Kursk. Cette tour servait de centre de commandement et de communications pour une unité de défense aérienne, fournissant des relais radio sécurisés pour l’échange rapide d’informations entre le commandement et les unités subordonnées. Le 30 novembre 2025, c’était une locomotive électrique militaire qui brûlait à Bryansk, perturbant les horaires des trains transportant munitions, équipements et carburant vers la ligne de front dans la direction de Soumy.
En août 2025, les partisans ont frappé Kostroma — pas une région frontalière, mais le cœur profond de la Russie. Un cabinet de relais ferroviaire a été détruit, perturbant une ligne qui transporte carburant et équipements vers les usines de défense de Russie centrale. Le 21 décembre, c’était Bataysk, dans la région de Rostov-sur-le-Don, où ATESH a ciblé des armoires de relais à la jonction de Bataysk-Sortirovochnaya, un hub logistique ferroviaire majeur. Et la liste continue : Smolensk, Saratov, Yekaterinburg dans l’Oural à plus de 1600 kilomètres de l’Ukraine, même l’Extrême-Orient russe. Partout, le même schéma : cibler les artères logistiques qui alimentent la machine de guerre.
La gare de Polpinskaya : un maillon critique
Mais pourquoi cette sous-station particulière? Pourquoi cette nuit-là? La réponse est dans la géographie stratégique. La gare de Polpinskaya est un point de transit pour les convois militaires qui se dirigent vers le front. Les experts l’ont noté : Bryansk est le nœud où les approvisionnements venant du nord et de Moscou se divisent en deux directions principales — vers l’ouest via Pochep et Unecha (principalement pour les livraisons depuis la Biélorussie), et vers le sud vers les zones de combat actives. Couper l’électricité à cette gare, c’est créer un goulot d’étranglement dans tout le système d’approvisionnement du groupement Nord russe.
On parle souvent des grandes batailles, des offensives, des lignes de front qui bougent de quelques kilomètres. Mais la vraie guerre, celle qui décide du sort des nations, se joue souvent dans l’ombre. Elle se joue dans ces moments où un homme seul, au cœur du territoire ennemi, prend la décision de risquer sa vie pour saboter un cabinet de relais. Pour détruire une locomotive. Pour faire brûler une sous-station. Ces actes ne font pas les gros titres. Ils n’ont pas la photogénicité d’une bataille de chars. Mais chaque train retardé, c’est du temps gagné. Chaque wagon de munitions qui n’arrive pas au front, c’est peut-être un village ukrainien qui ne sera pas bombardé ce jour-là.
Ce que signifie ATESH pour la suite de la guerre
Une nouvelle dimension du conflit
Le mouvement ATESH représente quelque chose de nouveau dans cette guerre. Pas seulement une force partisane, mais une menace existentielle pour la sécurité intérieure russe. Quand les résistants peuvent frapper à Moscou, quand ils peuvent paralyser des bourses de matières premières, quand ils peuvent détruire des installations de défense aérienne, quand ils peuvent infiltrer l’armée elle-même — la notion même de victoire devient floue pour le Kremlin. Comment gagner une guerre quand l’ennemi est partout? Quand il peut être le soldat à côté de vous, le technicien dans l’usine, le cheminot sur la voie ferrée?
Les analystes de Grey Dynamics soulignent que les opérations d’ATESH ont créé une paranoïa profonde au sein des unités russes. Les blogueurs militaires russes ont beau affirmer que le mouvement n’est qu’une invention en ligne du renseignement ukrainien, les images de sous-stations en feu et de locomotives détruites racontent une tout autre histoire. Et cette paranoïa a des effets réels : des ressources détournées vers la sécurité intérieure, des contrôles renforcés qui ralentissent les opérations, une méfiance généralisée qui mine le moral. Selon ATESH, dans la direction de Pokrovsk, les officiers russes soumettent de plus en plus de demandes de transfert vers des unités arrière ou moins dangereuses. Le feu brûle de l’intérieur.
L’impossible éradication
La Russie a mis en place des mesures draconiennes pour contrer la menace. Détentions massives. Violence contre les suspects. Interdiction des activités récréatives sur les côtes. Perturbation des services internet pendant les mouvements de troupes. Mais rien n’y fait. ATESH continue de frapper, toujours plus profondément, toujours plus efficacement. La structure décentralisée du mouvement le rend pratiquement impossible à éradiquer. Éliminez une cellule, dix autres continuent d’opérer. Arrêtez un agent, ses informations ont déjà été transmises au curateur suivant.
Il y a une phrase que les coordinateurs ATESH ont utilisée dans leur interview qui me reste en tête : Nous sommes un feu qu’on ne peut pas éteindre. Ce n’est pas de la bravade. C’est une description factuelle de ce qu’ils ont créé. Un réseau distribué, adaptable, enraciné dans le cœur même du territoire ennemi. La Russie peut gagner des batailles. Elle peut prendre des villes. Elle peut bombarder des civils. Mais comment peut-elle vaincre une idée? Comment peut-elle écraser un mouvement qui se régénère chaque fois qu’il est frappé? Le Kremlin a voulu une guerre rapide. Il a obtenu un cancer qui le ronge de l’intérieur.
L'Ukraine répond à la terreur par la résistance
La solidarité internationale
Pendant que les partisans frappent en Russie, la communauté internationale se mobilise pour aider l’Ukraine à survivre à sa crise énergétique. En Pologne, une collecte de fonds baptisée Warmth from Poland a réuni plus d’un million de zlotys — environ 330 000 dollars — en seulement trois jours pour acheter des générateurs pour Kyiv. L’objectif a été relevé à deux millions de zlotys. L’ONU et ses partenaires s’apprêtent à lancer un appel humanitaire de 2,31 milliards de dollars pour 2026, visant à soutenir 4,12 millions de personnes confrontées aux besoins les plus sévères.
Le Royaume-Uni a fourni de nouveaux systèmes de missiles anti-aériens à courte portée — 13 Ravens et deux prototypes Gravehawk. En janvier 2026, la production de drones intercepteurs Octopus pour l’Ukraine commencera. L’Allemagne livre les premiers véhicules de combat d’infanterie Lynx KF41. La Suède a envoyé 26 obusiers automoteurs Archer. L’Ukraine ne se bat pas seule. Mais elle se bat aussi avec ses propres armes — et ATESH en fait partie.
Vous savez ce qui me touche le plus dans cette histoire? C’est l’asymétrie. D’un côté, vous avez un empire qui déverse des milliards en missiles, en drones, en bombes pour terroriser des civils. De l’autre, vous avez des hommes et des femmes qui risquent tout — leur liberté, leur vie, leur famille — pour frapper avec des moyens dérisoires. Et pourtant, ces moyens fonctionnent. Chaque sous-station sabotée, c’est une victoire. Chaque train retardé, c’est un coup porté à la machine. L’Ukraine se bat sur tous les fronts — militaire, diplomatique, humanitaire. Et maintenant, dans l’ombre même du territoire ennemi.
Conclusion : Le feu qui ne s'éteint pas
Une guerre dans la guerre
Cette nuit du 18 janvier 2026 à Bryansk, un homme a fait ce que des armées entières peinent à accomplir. Il a frappé le cœur logistique de la machine de guerre russe. Il a perturbé des trains chargés de mort. Il a coupé l’électricité d’usines qui fabriquent les instruments de terreur. Et puis il a disparu dans la nuit glaciale, anonyme, invisible, déjà en route vers sa prochaine mission peut-être. Quelque part en Russie, des généraux se demandent où sera la prochaine frappe. Quelque part, des officiers du FSB retournent des villages à sa recherche sans jamais le trouver. Et quelque part en Ukraine, des familles qui gèlent dans le noir savent qu’ils ne sont pas seuls. Que le feu brûle des deux côtés de la frontière.
Le mouvement ATESH a choisi son nom avec soin. ATESH — le feu en tatar de Crimée. Un feu qu’on ne peut pas éteindre. Un feu qui se propage là où on ne l’attend pas. Un feu qui consume la machine de guerre russe de l’intérieur. Les coordinateurs du mouvement l’ont dit dans leur déclaration de fin d’année : C’est l’année où nous avons prouvé qu’ATESH est un feu qui ne peut être éteint, et qu’il brûlera la machine d’occupation de l’intérieur. Cette nuit à Bryansk, ils ont tenu leur promesse.
Je termine cette chronique avec une question qui me hante depuis ce matin. Quelque part en Russie, il y a un homme — ou une femme, on ne sait jamais — qui a risqué sa vie cette nuit pour saboter une sous-station électrique. Cette personne savait qu’elle pouvait mourir. Savait qu’elle pouvait être torturée. Savait que sa famille pouvait payer le prix de son courage. Et elle l’a fait quand même. Pourquoi? Parce que quelque part en Ukraine, des enfants gèlent dans le noir. Parce que des trains remplis d’obus sont destinés à détruire des villes où vivent des gens ordinaires. Parce que parfois, la seule réponse à la terreur, c’est de la retourner contre ceux qui la propagent. Je ne connais pas le nom de cet agent ATESH. Je ne le connaîtrai probablement jamais. Mais ce soir, en pensant à lui, je ressens quelque chose qui ressemble à de l’espoir. Le Kremlin peut bombarder l’Ukraine, mais il ne peut pas éteindre le feu qui brûle dans le cœur de ceux qui résistent. Et ce feu, je commence à croire, finira par consumer tout ce qu’il touche.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies militaires, à comprendre les mouvements de résistance, à anticiper les tournants que prend ce conflit brutal. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux humains derrière les faits.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués du mouvement ATESH sur Telegram, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters et l’AFP, les analyses d’institutions comme ACLED et le Kyiv Independent, ainsi que les données d’organisations internationales incluant les Nations Unies.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Les revendications d’ATESH n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante, comme c’est souvent le cas pour les opérations de guérilla. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Euromaidan Press – ATESH targets Russia’s rear: Partisans claim Bryansk substation sabotage disrupted military rail hub (18 janvier 2026)
blank »>Kyiv Independent – Pro-Ukrainian partisans sabotage electrical substation in Russia’s Bryansk Oblast, group claims (18 janvier 2026)
blank »>UNN (Ukrainian National News) – Sabotage in Bryansk: ATESH partisan movement disabled a key power substation (18 janvier 2026)
blank »>United24 Media – Ukrainian Partisans Disrupt Russian Rail Logistics With Power Station Sabotage in Bryansk (18 janvier 2026)
blank »>Charter97 – Guerrillas Knock Out A Key Substation In Russia’s Bryansk Region (18 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>Grey Dynamics – Inside Atesh: The Underground Partisan Movement Fighting Russia (décembre 2025)
blank »>Kyiv Post – ‘We’ve Metastasized Russia’s Military,’ Say Ukrainian Partisans (31 décembre 2025)
blank »>Al Jazeera – Ukraine scrambling for energy as Russian strikes hit infrastructure (16 janvier 2026)
blank »>ONU News – Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis (12 janvier 2026)
blank »>Tochnyi.info – Disrupting Russia’s War Machine: Railway Logistics (août 2025)
CNN – Russian strikes and the coldest winter in years leave Ukrainians out in the cold, but defiant (17 janvier 2026)
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