Les Shahed, ces munitions errantes qui hantent les nuits
Le Shahed-136, rebaptisé « Geran-2 » par les forces russes, n’est pas un simple drone. C’est une arme de terreur psychologique. Bon marché à produire (environ 20 000 dollars l’unité), difficile à intercepter, capable de voler pendant des heures à basse altitude en suivant un programme préétabli. Son moteur, un simple propulseur à pistons, produit un son caractéristique qui évoque une tondeuse à gazon ou un scooter à deux temps. Ce son, les Ukrainiens l’apprennent à reconnaître. Il signifie que quelque chose va tomber du ciel. Bientôt. Peut-être chez eux. Peut-être chez leur voisin.
Lors de cette attaque du 19 janvier 2026, environ 90 Shahed faisaient partie des 145 drones lancés. Quatre-vingt-dix machines de mort bon marché qui peuvent infliger des dégâts coûteux. La logique est perverse : produire des drones à bas coût pour forcer l’Ukraine à utiliser des missiles défensifs extrêmement coûteux (parfois jusqu’à 2 millions de dollars l’unité) pour les abattre. C’est une guerre d’épuisement économique autant que militaire. Et ça marche. Les réserves de missiles de l’Ukraine s’épuisent. Les livraisons d’Occident traînent. Pendant ce temps, les usines russes tournent à plein régime, produisant des Shahed par milliers.
Les Gerbera et autres UAVs : une diversification mortelle
Les Shahed ne sont pas les seuls. Cette attaque a également impliqué des drones Gerbera et « d’autres types de drones », selon le rapport de l’Armée de l’air ukrainienne. La diversification de l’arsenal russe est inquiétante. Chaque type de drone a ses caractéristiques, ses modes de vol, ses vulnérabilités. Certains sont plus rapides. D’autres volent plus bas. D’autres encore utilisent des technologies de brouillage avancées. Pour les défenseurs antiaériens ukrainiens, c’est comme jouer à un jeu vidéo où les règles changent à chaque niveau.
Ce qui me révolte, c’est la banalité du mal. Des usines quelque part en Russie produisent ces machines comme s’il s’agissait de grille-pain ou de machines à laver. Des ingénieurs conçoivent des profils aérodynamiques optimisés pour tuer plus efficacement. Des ouvriers assemblent des moteurs qui serviront à terroriser des civils qui ne leur ont rien fait. Et tout ça, c’est légal. C’est autorisé. C’est même encouragé par un État qui prétend défendre la « civilisation ». Qu’est-ce qu’on appelle « civilisation » quand on transforme le ciel en cimetière de drones ? Quand on envoie des machines pour tuer des gens qui dorment ?
Section 3 : La réponse ukrainienne — 87% de survie
Un système de défense qui tient le coup
Cent vingt-six drones abattus ou brouillés. C’est le résultat d’un effort titanesque de la part des forces de défense aérienne ukrainiennes. L’attaque a été repoussée par une combinaison de moyens : avions de combat, unités de missiles antiaériens, équipements de guerre électronique, unités de systèmes sans pilote et équipes de feu mobiles. C’est un orchestre complexe où chaque instrument joue sa partition avec précision. Les avions interceptent à haute altitude. Les missiles détruisent les cibles à moyenne portée. La guerre électronique brouille les systèmes de navigation des drones, les transformant en machines aveugles. Les équipes de feu mobiles, souvent des soldats avec des mitrailleuses montées sur des véhicules, abattent ce qui passe à portée.
Imaginez le stress. Imaginez la pression. Pendant des heures, des soldats ukrainiens ont suivi ces 145 points lumineux sur leurs écrans radar. Chaque point représente une menace potentielle. Chaque point pourrait tuer. Et ils ont dû prendre des décisions en une fraction de seconde. Tirer ou ne pas tirer ? Viser quel drone ? Prioriser quelle cible ? Une erreur, une hésitation, et des gens meurent. Ils ont réussi à en abattre 126. C’est extraordinaire. Mais c’est aussi épuisant. Les soldats, les opérateurs radar, les techniciens — ils travaillent depuis des années sans repos réel. Ils sont épuisés. Ils sont traumatisés. Mais ils continuent. Parce qu’ils doivent continuer.
Les dix-neuf qui ont passé — le coût humain
Dix-neuf drones ont atteint leurs cibles. Le rapport officiel mentionne des « impacts par 13 UAV enregistrés à 12 lieux » et « la chute de cibles descendues (débris) à 5 lieux ». Ce sont des termes techniques, froids. Mais derrière chaque « impact », il y a une réalité concrète. Une maison s’effondre. Une route est détruite. Des lignes électriques sont sectionnées. Des gens sont blessés. Peut-être tués. Le rapport ne le dit pas. Il mentionne simplement qu’il y a eu des blessés, dont au moins un enfant à Odesa. Un enfant. Un être humain qui n’avait rien fait de mal. Un enfant qui aura peut-être des cicatrices physiques, et certainement des cicatrices psychologiques, pour le reste de sa vie.
Dix-neuf. Je répète ce chiffre dans ma tête et il ne veut pas sortir. Dix-neuf drones qui ont réussi. Pourquoi dix-neuf ? Pourquoi pas zéro ? Pourquoi pas 145 ? Qu’est-ce qui a différencié les 126 qui ont été abattus des 19 qui ont passé ? Un radar qui a manqué ? Un missile qui a raté ? Une decision prise une demi-seconde trop tard ? Et surtout : qui étaient les victimes de ces 19 drones ? Comment s’appelaient-ils ? Qu’aimaient-ils ? À quoi rêvaient-ils ? Nous ne le saurons peut-être jamais. Ils sont devenus des statistiques. Des chiffres dans un rapport officiel. Mais ils étaient des êtres humains. Des personnes avec des histoires. Des familles. Des espoirs. Et maintenant, ils sont des « impacts enregistrés à 12 lieux ». Comment peut-on réduire une vie à ça ?
Section 4 : La semaine de terreur — 1300 drones en sept jours
Une escalade sans précédent
Cette attaque de 145 drones n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une semaine de terreur sans précédent. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, du 12 au 18 janvier 2026, la Russie a lancé plus de 1300 drones d’attaque contre l’Ukraine. Plus de 1300. En une seule semaine. C’est environ 185 drones par jour. C’est environ 8 drones par heure, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Et ce n’est pas tout. La même semaine, les forces russes ont également utilisé environ 1050 bombes aériennes guidées et 29 missiles de différents types. Imaginez. Imaginez vivre dans un pays où des bombes et des missiles pleuvent du ciel constamment, jour et nuit, sans interruption.
Pour comprendre l’échelle, il faut se rappeler que les drones Shahed sont des munitions relativement bon marché. 1300 drones à 20 000 dollars chacun, ça fait environ 26 millions de dollars. C’est une somme considérable, mais pour un État comme la Russie, c’est gérable. L’Ukraine, elle, dépense des dizaines, voire des centaines de millions de dollars en missiles de défense pour intercepter ces drones bon marché. C’est une guerre économique asymétrique que la Russie espère gagner par épuisement. Et pour l’instant, ça marche. Les réserves ukrainiennes s’amenuisent. Les livraisons d’armes de l’Occident traînent. Pendant ce temps, les usines russes tournent 24 heures sur 24.
Le ciblage de l’infrastructure énergétique
Cette semaine de terreur n’a pas été aléatoire. Les attaques ont ciblé spécifiquement l’infrastructure énergétique de l’Ukraine. Le 11 janvier, la Russie a lancé plus de 150 drones ciblant le réseau électrique ukrainien pendant une nuit de températures glaciales. Le lendemain, une autre attaque de 156 drones a mis le feu à un bâtiment à Kyiv, coupé l’électricité à Odesa et endommagé des infrastructures ferroviaires dans l’oblast de Zhytomyr. Dès le 17 janvier, une grande partie de Kyiv fonctionnait sur des générateurs d’urgence, avec l’éclairage public réduit à 20% pour économiser l’énergie. La ville a déployé 24 générateurs de grande capacité et ouvert plus de 1300 centres de réchauffement pour aider les civils à survivre.
Vous savez ce qui me révolte le plus ? Le ciblage délibéré des civils en plein hiver. Ce n’est pas une coïncidence. Ce n’est pas un dommage collatéral. C’est une stratégie délibérée pour terroriser les populations, pour briser leur volonté de résister, pour les forcer à se rendre en les rendant incapables de survivre. C’est ce qu’on appelle, en termes techniques, « la guerre totale ». Mais en termes humains, c’est le sadisme pur. Comment peut-on délibérément priver des gens de chauffage en plein hiver ? Comment peut-on viser des centrales électriques, des réseaux de chauffage, des systèmes d’eau ? Comment peut-on vouloir que des enfants gèlent dans leur propre maison ? Et le pire, c’est que le monde regarde et hésite. Pourquoi ?
Section 5 : Lviv — quand le symbolique devient tragique
Un drone dans la zone du patrimoine mondial de l’UNESCO
Le 15 janvier 2026, un drone russe s’est écrasé dans une aire de jeux pour enfants au centre de Lviv, une ville de l’ouest de l’Ukraine considérée comme relativement sûre jusqu’à récemment. Mais ce n’est pas tout. Le site de l’impact se trouve dans la zone tampon du site du patrimoine mondial de l’UNESCO de Lviv. Le drone a également endommagé l’église des Saintes Olha et Elizabeth, un édifice du début du XXe siècle qui est un joyau architectural. Une aire de jeux pour enfants. Une église historique. Un site protégé par l’UNESCO. C’est tout le symbolisme de cette guerre : la Russie cible non seulement les infrastructures militaires, mais aussi le patrimoine culturel, les lieux de culte, les espaces consacrés aux enfants.
L’incident à Lviv est particulièrement révélateur. Lviv est loin du front. C’est une ville qui, jusqu’à récemment, servait de refuge pour les Ukrainiens fuyant les zones de combat. Les familles y envoyaient leurs enfants pour les protéger. Les gens âgés y allaient pour vivre leur retraite en paix. Maintenant, même Lviv n’est plus sûre. Même l’ouest de l’Ukraine, même les villes loin du front, sont sous la menace des drones russes à longue portée. Ça envoie un message terrifiant : nulle part en Ukraine n’est sûr. Nulle part. Si un drone peut atteindre Lviv, il peut atteindre n’importe quelle ville. Si une aire de jeux pour enfants peut être bombardée dans la zone de l’UNESCO, rien n’est sacré.
La définition du génocide
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a déclaré que ces attaques « tombent exactement sous la définition de l’article II de la Convention sur le génocide », citant le ciblage délibéré par la Russie de l’infrastructure civile pendant des températures glaciales. C’est une accusation grave. Le génocide est un crime défini par l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Le ciblage systématique de l’infrastructure civile pendant l’hiver, dans l’intention claire de rendre les conditions de vie insupportables pour la population ukrainienne, peut-il être considéré comme une tentative de destruction du peuple ukrainien ? C’est une question que les juristes et les historiens débattront pendant des années. Mais sur le terrain, pour les Ukrainiens qui survivent sans chauffage, sans électricité, sans eau, la réponse semble évidente.
Une aire de jeux pour enfants. Une église historique. Un site du patrimoine mondial. Qu’est-ce qui va dans la tête de quelqu’un qui appuie sur un bouton pour envoyer un drone là ? Je ne peux pas comprendre. Je ne veux pas comprendre. Ce n’est pas de la guerre. C’est de la barbarie. C’est la destruction délibérée de tout ce qui rend l’humanité digne : la culture, l’histoire, l’innocence des enfants. Et quand je pense aux enfants de Lviv, ceux qui jouaient dans cette aire de jours auparavant, ceux qui auraient pu y jouer le jour de l’attaque… je sens une colère qui monte en moi. Une colère froide. Une colère qui demande justice. Où est la justice ? Où est la communauté internationale ? Où est l’humanité ?
Section 6 : Le coût humain — 2514 civils tués en 2025
2025, l’année la plus meurtrière
Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a condamné les frappes russes, notant que 2025 a été l’année la plus meurtrière pour les civils ukrainiens depuis 2022, avec 2514 personnes tuées. C’est une augmentation de 31% par rapport à l’année précédente. Deux mille cinq cent quatorze êtres humains. Des mères, des pères, des enfants, des grands-parents. Des gens qui se levaient le matin, qui prenaient leur café, qui allaient au travail ou à l’école, qui avaient des projets, des rêves, des espoirs. Et un jour, un drone, une bombe, un missile, et tout s’est arrêté.
Imaginez ces chiffres en termes de communautés. 2514 morts, c’est environ la population d’un petit village français. C’est tout un village qui disparaît en une année. C’est toutes ces familles qui perdent un proche, tous ces parents qui enterrent leur enfant, tous ces enfants qui deviennent orphelins. Et ce ne sont que les morts. Combien de blessés ? Combien de mutilés ? Combien de traumatisés à vie ? Le rapport ne le dit pas. Mais on peut imaginer. Pour chaque personne tuée, il y a probablement plusieurs personnes blessées. Et chaque blessure, chaque traumatisme, a des effets en cascade sur les familles, les communautés, la société entière.
Le silence des victimes
Ce qui frappe le plus dans ces chiffres, c’est leur anonymat. Les rapports mentionnent « 2514 civils tués ». Mais qui étaient-ils ? Quels étaient leurs noms ? Qu’aimaient-ils faire ? Quels étaient leurs rêves ? Nous ne le saurons probablement jamais. Ils sont devenus des statistiques. Des chiffres dans un rapport officiel. Mais chacun d’eux était un être humain unique. Chacun d’eux avait une histoire. Chacun d’eux avait des gens qui l’aimaient. Et maintenant, ils sont tous réunis sous cette étiquette froide : « civils tués ». Comme si ça les rendait interchangeables. Comme si leur vie n’avait pas d’importance individuelle.
Je pense à une personne en particulier ce matin. Je ne sais pas son nom. Je ne sais même pas si cette personne existe vraiment. Mais j’imagine une grand-mère à Kharkiv. Elle avait peut-être 75 ans. Elle survivait à la guerre depuis trois ans. Elle suivait les nouvelles sur la radio. Elle se cachait dans son abri lors des attaques. Elle continuait à cuisiner pour ses petits-enfants quand ils venaient la visiter. Et puis, un soir, un drone. Une explosion. Le silence. Maintenant, elle fait partie des 2514. Une statistique. Un chiffre. Mais elle était une personne. Elle avait un nom. Elle avait vécu une vie. Elle avait aimé, souffert, espéré. Et maintenant, elle n’est plus qu’un nombre dans un rapport que quelques diplomates liront sans ressentir grand-chose. Comment ça se fait que le monde puisse continuer comme ça ?
Section 7 : La diplomatie de l'épuisement
« Prolonger la diplomatie pendant qu’on bombarde »
Le président Zelensky a averti que Moscou « prolonge délibérément le processus diplomatique tout en attaquant les civils quotidiennement ». C’est une observation cruciale. Pendant que les diplomates discutent, que les négociations s’éternisent, que les déclarations pleuvent, la Russie continue de bombarder. Chaque jour qui passe sans cessez-le-feu, chaque jour qui passe sans accord de paix, est un jour où des drones tuent, où des bombes tombent, où des civils meurent. La diplomatie devient une arme de guerre, un moyen de gagner du temps pour que l’armée russe puisse continuer son offensive sans être sérieusement contestée sur le plan international.
La stratégie est claire : épuiser l’Ukraine militairement, économiquement, psychologiquement. Épuiser les défenses aériennes jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de missiles pour intercepter les drones. Épuiser l’infrastructure jusqu’à ce que les services de base s’effondrent. Épuiser la population jusqu’à ce qu’elle n’ait plus la force de résister. Et pendant ce temps, prétendre vouloir la paix. Participer à des négociations. Émettre des déclarations conciliantes. C’est hypocrite. C’est cynique. C’est cruel. Et ça marche, en partie, parce que le monde international semble hypnotisé par ce jeu diplomatique, incapable ou réticent à agir de manière décisive.
L’appel à l’aide
Dans son message, Zelensky a exhorté les partenaires de l’Ukraine à « augmenter de toute urgence les livraisons de systèmes de défense aérienne et de missiles d’interception ». C’est un appel qui a été lancé maintes et maintes fois depuis le début de la guerre. L’Ukraine a besoin de missiles Patriot. Elle a besoin de systèmes NASAMS. Elle a besoin de systèmes IRIS-T SLM. Elle a besoin de munitions pour tous ces systèmes. Sans ces défenses, chaque drone lancé par la Russie a une plus grande chance d’atteindre sa cible. Chaque drone non intercepté signifie potentiellement des civils tués, des infrastructures détruites, des vies brisées.
Et puis… le silence. Le monde entend l’appel à l’aide. Le monde voit les images des enfants blessés, des maisons détruites, des villes assiégées. Et puis… le silence. Quelques déclarations de soutien. Quelques promesses d’aide. Mais sur le terrain, les livraisons traînent. Les décisions sont retardées. Les bureaucraties s’entremêlent. Pendant ce temps, les usines russes continuent de produire des drones. Les soldats ukrainiens continuent de mourir. Les civils continuent de souffrir. Je me demande parfois si les dirigeants occidentaux comprennent vraiment l’urgence. S’ils comprennent que chaque jour d’hésitation, chaque jour de délai, se traduit par des vies perdues. Probablement pas. Ils sont dans leurs bureaux climatisés, loin des explosions, loin du sang, loin de la terreur. Facile d’être patient quand ce n’est pas ton enfant qui est sous la menace.
Section 8 : L'hiver ukrainien — survivre quand le monde gèle
La réalité des températures glaciales
L’hiver en Ukraine n’est pas une abstraction météorologique. C’est une question de survie. En janvier, les températures descendent régulièrement en dessous de zéro, souvent atteignant -10°C, -15°C, parfois -20°C la nuit. Dans ces conditions, sans chauffage, sans électricité, sans eau courante, la vie devient rapidement impossible. Les maisons deviennent des glacières. Les canalisations gèlent et éclatent. Les maladies respiratoires se propagent. Les personnes âgées et les enfants sont particulièrement vulnérables. Dans un pays qui fait face à une invasion militaire, l’hiver ajoute une couche supplémentaire de terreur et de souffrance.
Imaginez une nuit d’hiver ukrainienne typique pendant cette guerre. Il fait -15°C dehors. Vous êtes dans votre appartement. Soudain, les sirènes retentissent. Vous avez quelques minutes pour vous rendre à l’abri le plus proche. Vous vous habillez en hâte, vous attrapez vos enfants, vous descendez les escaliers dans le noir (parce que l’électricité a été coupée par une attaque précédente). Vous passez plusieurs heures dans un abri souterrain, entassé avec des dizaines d’autres personnes, tandis que les drones bourdonnent au-dessus. Quand vous rentrez enfin chez vous, l’appartement est froid. Les radiateurs sont froids. Vous allumez des bougies. Vous vous enveloppez dans des couvertures. Vous essayez de dormir en tremblant. Et demain, vous devrez recommencer.
Les centres de réchauffement — dernier refuge
Face à cette crise énergétique, les autorités ukrainiennes ont ouvert des milliers de centres de réchauffement dans tout le pays. À Kyiv seulement, plus de 1300 centres ont été mis en place. Ces centres offrent un chauffage, de l’eau chaude, des repas chauds, des chargeurs pour téléphones, un endroit où les gens peuvent passer quelques heures au chaud. C’est une réponse pragmatique, héroïque même, mais aussi une indication de la gravité de la situation. Imaginez une ville moderne européenne en 2026 où les gens doivent se rendre dans des centres de réchauffement publics pour ne pas geler. C’est inconcevable dans n’importe quel autre contexte, mais en Ukraine, c’est devenu la nouvelle normalité.
J’essaie de m’imaginer dans cette situation. vraiment. Je ferme les yeux et j’essaie. Il fait -15°C. Mon appartement est froid. Je n’ai pas d’électricité depuis trois jours. Je n’ai pas d’eau chaude. Les tuyaux ont gelé. J’ai faim. Je suis fatigué. Je suis terrifié par les drones qui passent toutes les nuits. Et je dois m’occuper de mes enfants, de mes parents âgés. Je dois leur donner du courage alors que moi-même je n’en ai plus. Comment font-ils ? Comment survivent-ils, jour après jour, nuit après nuit ? Je ne sais pas. Je ne sais pas si je pourrais le faire. Et ça me donne une admiration infinie pour le peuple ukrainien. Une admiration qui se mêle à une honte profonde. Honte que le monde leur laisse endurer ça. Honte que nous ne fassions pas plus. Honte que l’histoire nous jugera pour notre inaction.
Conclusion : l'espoir au milieu des ténèbres
Cent vingt-six victoires, dix-neuf tragédies
Cent vingt-six drones abattus sur cent quarante-cinq lancés. Quatre-vingt-sept pour cent de réussite. C’est un exploit technique et militaire qui mérite d’être reconnu. Dans des conditions impossibles, avec des ressources limitées, contre un ennemi qui ne cesse d’intensifier ses attaques, les forces de défense aérienne ukrainiennes ont réussi à neutraliser la vaste majorité des menaces. Chaque drone abattu, c’est une maison épargnée, des vies sauvées, une explosion évitée. Les soldats, les opérateurs radar, les techniciens, tous ceux qui travaillent sans relâche pour protéger le ciel ukrainien, méritent notre gratitude et notre admiration. Ils sont les gardiens silencieux d’une nation sous assaut.
Mais les dix-neuf autres. Les dix-neuf drones qui ont franchi les défenses. Les dix-neuf impacts qui ont touché douze endroits différents. Les cinq lieux où les débris ont plu du ciel. Ce sont eux qui nous rappellent la réalité brutale de cette guerre. Même la meilleure défense n’est pas parfaite. Même avec 87% de réussite, il reste 13% d’échec. Et ces 13%, ce sont des êtres humains qui souffrent, des maisons qui sont détruites, des vies qui sont brisées. Une maison en flammes dans l’oblast d’Odesa. Un enfant blessé qui pleure dans un hôpital. Des lignes électriques sectionnées laissant des familles dans le froid absolu. C’est ça, la réalité des 13%.
La résilience du peuple ukrainien
Pourtant, malgré tout, l’Ukraine tient bon. Malgré 1300 drones en une semaine. Malgré 1050 bombes guidées. Malgré le froid brutal, le manque d’électricité, les abris surpeuplés, les nuits blanches passées à écouter le bourdonnement des drones. Le peuple ukrainien continue de résister. Les soldats continuent de se battre. Les civils continuent de vivre, de travailler, d’espérer. C’est cette résilience qui est peut-être la vraie victoire de l’Ukraine. Pas les 126 drones abattus. Pas les pourcentages de succès. Mais la capacité à continuer, malgré tout. À refuser de céder. À refuser de se laisser briser.
Cent vingt-six drones abattus. Dix-neuf qui ont passé. Je reviens à ces chiffres, encore et encore, et ils me hantent. Cent vingt-six victoires, mais dix-neuf défaites. Et chaque défaite, c’est une vie brisée, une famille détruite, un avenir anéanti. Je pense à ces dix-neuf drones qui ont franchi les défenses ukrainiennes. Je pense aux gens qu’ils ont touchés. Je pense aux enfants blessés, aux maisons détruites, aux vies changées à jamais. Et je me pose cette question, la même que je me pose depuis le début de cette guerre : combien encore ? Combien de drones encore ? Combien de bombes encore ? Combien de vies encore ? Combien de nuits de terreur encore avant que quelqu’un dise assez ? Avant que le monde se réveille ? Avant que la justice l’emporte ? Je ne sais pas. Mais je continue d’espérer. Parce que sans espoir, il n’y a plus rien. Et l’espoir, c’est ce que les Ukrainiens ont de plus précieux en ce moment. Cette nuit-là, cent vingt-six drones ne sont pas revenus. Et ça, c’est une victoire. Mais les dix-neuf autres… les dix-neuf autres me rappellent qu’il reste encore beaucoup à faire.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et militaires qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies de guerre, à comprendre les mouvements globaux des conflits, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués de l’Armée de l’air ukrainienne, les déclarations officielles du président ukrainien, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Ukrinform, Ukrainska Pravda, Euromaidan Press, ainsi que les données du Conseil de l’Europe.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Ukrinform – Air defenses neutralize 126 out of 145 drones used by Russia to attack Ukraine overnight (19 janvier 2026)
blank »>Ukrainska Pravda – Ukrainian air defence downs 126 out of 145 Russian drones (19 janvier 2026)
blank »>Ukraine Air Force Telegram – Official report on overnight drone attack (19 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>Euromaidan Press – Russia’s week of terror: 1,300 drones, 1,050 bombs, and a strained energy grid (18 janvier 2026)
Zelenskiyofficial/17678″ target= »blank »>President Zelensky Official Telegram – Statement on Russian attacks (18 janvier 2026)
blank »>Ukrinform – Homes, infrastructure damaged in overnight Russian attack on Odesa, one person injured (19 janvier 2026)
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