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Au Groenland, l’Europe s’ancrer dans l’Arctique face à l’Amérique
Crédit: Adobe Stock

Les richesses du Groenland

Pourquoi tant d’attention soudaine pour cette île de plus de deux millions de kilomètres carrés, la plus grande du monde après l’Australie, avec seulement 56 000 habitants ? Le Groenland détient des réserves minérales considérables, notamment en terres rares, ces métaux indispensables aux smartphones, aux éoliennes et aux véhicules électriques, en uranium, et en pétrole offshore potentiel. Des géologues estiment que le sous-sol groenlandais pourrait contenir jusqu’à un quart des réserves mondiales de terres rares. Mais surtout, sa position géographique le place au cœur des nouvelles routes commerciales qui s’ouvrent avec la fonte des glaces arctiques. Depuis deux décennies, la banquise arctique perd en moyenne treize pour cent de sa surface chaque décennie, ouvrant des passages qui étaient autrefois impraticables pendant des mois.

La base américaine de Pituffik, ancienne base de Thulé, abrite l’un des systèmes radars les plus avancés au monde, crucial pour la détection des missiles balistiques. Washington a déjà confirmé récemment sa volonté d’y investir massivement. Ce que les États-Unis ne disent pas explicitement, c’est qu’ils considèrent cette base comme stratégiquement irremplaçable pour leur défense antimissile.

Ce n’est pas seulement une question de ressources naturelles ou de géographie militaire. C’est une question de souveraineté, ce concept si cher aux Européens, qui pensaient l’avoir acquis définitivement après deux guerres mondiales et des décennies de construction européenne. Le message que lance Donald Trump au monde entier est clair : la souveraineté, c’est bien joli, mais la puissance fait loi. Et ce message se répercute de Berlin à Varsovie, de Madrid à Stockholm.

La menace russe

Dans son interview à Reuters, le général Andersen insiste sur le fait que son commandement se concentre sur la Russie, pas sur les États-Unis. « Mon attention n’est pas tournée vers les États-Unis, pas du tout, » déclare-t-il. « Mon attention est sur la Russie. » L’officier danois rejette l’idée d’un conflit entre alliés de l’OTAN comme « hypothétique » : « Je ne vois pas un allié de l’OTAN attaquer un autre allié de l’OTAN. »

Cependant, Andersen note qu’il n’y a actuellement aucun navire chinois ou russe à proximité du Groenland, bien qu’un navire de recherche russe se trouve à 310 milles nautiques. « C’est le plus proche, » précise-t-il. « Nous nous attendons en fait à une augmentation des activités russes dans les années à venir, et nous devons commencer à nous entraîner et augmenter notre présence ici dans l’Arctique pour protéger la frontière nord de l’OTAN. »

Le Danemark a alloué un package de défense arctique de 42 milliards de couronnes danoises (6,54 milliards de dollars) en 2022 en réponse à ces préoccupations sécuritaires croissantes. Andersen souligne que la collaboration avec le personnel militaire américain reste fréquente, mentionnant récentes rencontres avec le commandant de l’US NORTHCOM et du commandement de l’Alaska.

Il y a quelque chose de presque comique dans cette situation. Les États-Unis menacent d’utiliser la force militaire contre le Danemark pour prendre le contrôle du Groenland, tandis que le Danemark invite les États-Unis à participer aux exercices militaires qu’il organise justement pour se protéger contre cette éventualité. L’ironie est totale, absurde, presque kafkaïenne. Mais il ne faut pas rire : c’est le signe que l’ordre international que nous connaissions s’est effondré.

Sources

Sources primaires

66631733210.html » target= »blank »>Le Monde – Au Groenland, la mission militaire en coopération avec des Européens se poursuivra « pendant un an, peut-être deux » (19 janvier 2026)

blank »>Reuters – Denmark’s Arctic commander says focus is on Russia, not U.S., amid security concerns (16 janvier 2026)

blank »>Conseil de l’Union européenne – Joint statement by President Costa and by President von der Leyen on Greenland (17 janvier 2026)

Sources secondaires

blank »>Fortune/Associated Press – Danish general doesn’t expect U.S. attack and says recent deployment of European troops to Greenland is for ‘working together with allies’ (17 janvier 2026)

Associated Press – In their words: Greenlanders talk about Trump’s desire to own their Arctic island (17 janvier 2026)

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