Skip to content
Gaza : Trump offre à l’Allemagne un siège à son « Board of Peace » — pour 1 milliard d’euros
Crédit: Adobe Stock

Un club VIP pour la résolution des conflits

Le mécanisme était à la fois brillant et terrifiant. Dans la lettre d’invitation que Reuters a pu consulter, Trump expliquait clairement les règles du jeu. Les nations participantes auraient des mandats de trois ans. Trois ans pour siéger au Board of Peace, influencer la reconstruction de Gaza, participer aux décisions qui façonneraient l’avenir du peuple palestinien. Mais ce mandat temporaire n’était pas la vraie offre. La vraie offre, celle qui faisait tourner les têtes dans les capitales européennes, c’était l’adhésion permanente. Pourquoi payer 1 milliard d’euros ? Parce que la permanence, c’est le pouvoir. Parce que dans un an, dans deux ans, dans cinq ans, les membres temporaires viendraient et partiraient. Mais ceux qui auraient payé le prix d’entrée resteraient. Ils auraient leur mot à dire sur tout. Pas seulement Gaza. Trump l’avait précisé : le Board commencerait par Gaza, puis s’étendrait à d’autres conflits. « Cela va, à mon avis, commencer par Gaza et ensuite traiter les conflits au fur et à mesure qu’ils surviennent », avait-il déclaré à Reuters quelques jours plus tôt.

L’humour tragique de la situation, c’est que 1 milliard d’euros, c’est exactement ce que les États-Unis doivent à l’ONU pour leur quote-part annuelle. Trump s’en était plaint maintes fois pendant sa campagne et après son élection. Pourquoi les États-Unis devraient-ils payer 22 % du budget de l’ONU alors que l’organisation, selon lui, ne servait pas les intérêts américains ? Alors il avait trouvé la solution. Contourner l’ONU. Créer son propre organe. Un « Trump United Nations », comme un diplomate européen l’avait qualifié sous le couvert de l’anonymat. Une institution parallèle. Plus agile, disait-il. Plus efficace. Dans laquelle chaque membre permanent payerait cash sa place à la table des décisions. Pas de vote à l’Assemblée générale. Pas de droit de veto russe ou chinois. Juste le pouvoir de l’argent. Et Trump au centre, président à vie de ce nouveau monde diplomatique.

La Hongrie dit oui, l’Europe tremble

Seule une nation avait accepté sans réserve : la Hongrie de Viktor Orbán. Orbán, ce proche allié de Trump. Orbán, qui avait déjà démontré son inclination pour l’autoritarisme. Orbán, qui écrit sur X : « Nous avons, bien sûr, accepté cette invitation honorable ». Sans condition. Sans hésitation. Pourquoi ? Parce qu’Orbán comprenait quelque chose que d’autres leaders commençaient à peine à réaliser : c’était l’opportunité de rejoindre le club le plus puissant du nouveau monde diplomatique. Le Canada de Mark Carney avait dit « oui en principe » mais attendait les détails. La Turquie d’Erdogan et l’Égypte d’al-Sisi avaient reçu leurs invitations et les étudiaient. Mais les grandes démocraties européennes — la France, l’Allemagne, l’Italie — restaient silencieuses. Leurs diplomates s’exprimaient anonymement, exprimant leurs craintes que ce Board of Peace sape le travail de l’ONU.

Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, avait été plus directe. « Et si nous remettons en question cela [le rôle central de l’ONU], nous reculons vers des temps très, très sombres », avait-elle averti lors d’une interview avec Sky News. Les mots ne pouvaient pas être plus clairs. « Très sombres ». Une évocation explicite des années 1930. Des années où le système international s’était effondré. Des années où les alliances informelles avaient remplacé les institutions multilatérales. Des années qui avaient conduit à la catastrophe. Et maintenant, Trump proposait de créer exactement ce genre de système informel. Un club basé sur les relations personnelles plutôt que sur les traités. Un club où l’argent achetait l’influence. Un club où le président américain pouvait nommer son gendre, son allié britannique, ses hommes d’affaires — et décider du sort de millions de personnes.

Je suis partagé. D’un côté, je comprends l’attrait. L’ONU est lente. Parfois inefficace. souvent bloquée par les vetos russes et chinois. Il y a des moments où j’ai voulu hurler face à l’inaction du Conseil de sécurité face à Gaza, face à l’Ukraine, face à tant de crises qui se traînent pendant des années. Mais de l’autre côté, quand je vois la solution proposée par Trump, ça me fait peur. Vraiment peur. Parce qu’en remplaçant l’institution imparfaite par le pouvoir personnel, on ne résout pas le problème de l’inefficacité — on le remplace par le problème de l’arbitraire. Est-ce que c’est vraiment ça que nous voulons ? Un monde où un seul homme décide qui a le droit de siéger à la table de la paix ?

Sources

Sources primaires

blank »>Stern – Trumps Regierung lädt Deutschland in Gaza-« Friedensrat » ein – Teilnahme offen (19 janvier 2026)

blank »>La Maison Blanche – Statement on President Trump’s Comprehensive Plan to End the Gaza Conflict (16 janvier 2026)

Sources secondaires

blank »>Deutsche Welle – Trump taps Blair, Rubio for Gaza ‘Board of Peace’ (17 janvier 2026)

blank »>Reuters – World leaders show caution on Trump’s broader ‘Board of Peace’ amid fears for UN (18 janvier 2026)

The Hindu – Putin invited to Trump’s ‘Board of Peace’: Kremlin (19 janvier 2026)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu