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Groenland : l’Europe sort les crocs face à Trump et menace de riposter avec 107 milliards de dollars
Crédit: Adobe Stock

Des milliers de voix contre un milliardaire

À Nuuk, samedi 17 janvier, ils étaient des centaines à défiler. Dans une ville de 19 000 habitants, ça représente une mobilisation massive. Presque un tiers de la population urbaine dans les rues. Sous une pluie glacée. Par des températures négatives. Avec des drapeaux groenlandais — rouge et blanc, le cercle qui symbolise le soleil levant et la banquise. Ils marchent vers le consulat américain. Ils crient en groenlandais: « Kalaallit Nunaat » — le nom de leur île dans leur langue. Pas « Greenland« . Pas le nom que les colonisateurs lui ont donné. Le leur. Celui qui porte leur identité, leur fierté, leur autodétermination. Et ils hurlent aussi en anglais, pour que Washington comprenne bien: « Greenland is not for sale! » — « Le Groenland n’est pas à vendre! »

À Copenhague, même scène. Des milliers de Danois descendent dans les rues. Ils portent les drapeaux du Danemark et du Groenland côte à côte. Fraternité nordique. Solidarité face à l’arrogance impériale. La Première ministre danoise Mette Frederiksen dit qu’elle a reçu un « grand soutien » de la part de ses alliés européens. Et elle a raison. Parce qu’en moins de 24 heures, huit pays — ceux-là mêmes que Trump menace de tarifs — ont publié une déclaration commune. Une déclaration qui claque comme un soufflet diplomatique: « Nous nous tenons en pleine solidarité avec le Danemark et le peuple du Groenland. Nous sommes prêts à engager un dialogue basé sur les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale auxquels nous croyons fermement. » Le message est clair. L’Europe ne laissera pas Trump découper le continent à coups de menaces et de chantage économique.

Il y a un détail qui me reste. Une image. Ces manifestants groenlandais dans les rues de Nuuk. Nuuk, c’est 2 900 kilomètres de New York. 3 500 kilomètres de Copenhague. Géographiquement, ils sont plus proches des États-Unis que de l’Europe. Mais eux, ils ne veulent pas devenir américains. Ils veulent rester groenlandais. Ils veulent continuer à décider de leur avenir. Et Trump, avec son ego surdimensionné et ses tweets incendiaires, il se fout complètement de ce que veulent les 56 000 habitants de l’île. Pour lui, c’est juste une acquisition immobilière. Un territoire stratégique. Des ressources à exploiter. Les gens qui y vivent? Accessoires. Décor. Ça me dégoûte. Profondément.

Le courage d’une population oubliée

Les Groenlandais savent ce que c’est que d’être traités comme une marchandise. En 1946, le président américain Harry Truman avait secrètement offert 100 millions de dollars au Danemark pour acheter l’île. À l’époque, le Groenland était encore une colonie danoise. Les Groenlandais n’avaient pas leur mot à dire. Copenhague avait refusé. L’offre n’est devenue publique qu’en 1991. Quarante-cinq ans plus tard. Aujourd’hui, le Groenland est un territoire autonome. Avec son propre gouvernement. Ses propres institutions. Le droit à l’autodétermination. Mais pour Trump, rien de tout ça ne compte. Il répète que les États-Unis « ont besoin » du Groenland pour la sécurité nationale. Que la Chine et la Russie « veulent » l’île et que le Danemark ne peut rien faire pour l’en empêcher. C’est du paternalisme colonial à peine déguisé. L’idée que les États-Unis savent mieux que les Groenlandais ce qui est bon pour eux.

Et les chiffres donnent raison aux manifestants. Un sondage Reuters/Ipsos publié cette semaine montre que moins d’un Américain sur cinq soutient l’idée d’acquérir le Groenland. Même aux États-Unis, l’opinion publique n’est pas d’accord avec Trump. Les sénateurs républicains eux-mêmes commencent à se distancer. Lisa Murkowski, sénatrice de l’Alaska, a qualifié les tarifs de « punition inutile » et d' »erreur profonde« . Thom Tillis, sénateur de Caroline du Nord, a déclaré que cette approche était « mauvaise pour l’Amérique, mauvaise pour les entreprises américaines, et mauvaise pour les alliés de l’Amérique« . Même au sein du Parti républicain, la stratégie Trump sur le Groenland divise. Parce qu’au fond, tout le monde sait que c’est une folie. Une obsession personnelle transformée en crise géopolitique majeure.

Imaginez une seconde. Vous êtes groenlandais. Vous vivez dans un des endroits les plus reculés de la planète. Votre île est quatre fois plus grande que la France. Elle est recouverte à 80% de glace. Vous êtes 56 000 habitants. Votre vie tourne autour de la pêche, de la chasse, des traditions inuits transmises depuis des millénaires. Et un jour, un milliardaire américain qui joue au président décide qu’il veut acheter votre pays. Comme ça. Parce qu’il a décidé que c’était « stratégique« . Parce qu’il veut installer son bouclier antimissile « Golden Dome » chez vous. Qu’est-ce que vous ressentez? De la colère? De l’humiliation? De la peur? Les trois à la fois, probablement. Et c’est exactement ce que ressentent les Groenlandais en ce moment.

Sources

Sources primaires

blank »>Kyiv Independent – EU prepares to retaliate against Trump’s Greenland threats (18 janvier 2026)

blank »>Financial Times – EU considers €93bn tariff retaliation against Trump Greenland threats (18 janvier 2026)

blank »>NBC News – Trump hits 8 U.S. allies with tariffs in push for Greenland deal (18 janvier 2026)

blank »>CNBC – Trump says 8 European nations face tariffs rising to 25% if Greenland isn’t sold to the U.S. (17 janvier 2026)

blank »>Bloomberg – Trump Greenland Latest: Tariffs on Europe Until Deal to Sell Is Reached (17 janvier 2026)

Sources secondaires

blank »>CNN – Trump threatens new tariffs on European allies over Greenland until deal reached, as thousands protest (17 janvier 2026)

blank »>Washington Post – European nations weigh retaliation after Trump’s Greenland threats (18 janvier 2026)

blank »>Al Jazeera – Trump pledges to slap tariffs on European allies over Greenland (17 janvier 2026)

blank »>NPR – European leaders warn Trump’s Greenland tariffs threaten ‘dangerous downward spiral’ (18 janvier 2026)

blank »>Euronews – What is the EU’s anti-coercion instrument, and how does it work? (18 janvier 2026)

blank »>Irish Times – EU to consider €93bn counter tariffs at emergency summit over Trump Greenland ambitions (19 janvier 2026)

blank »>Fortune – The EU could fire a never-before-used ‘trade bazooka’ to retaliate against Trump tariffs (18 janvier 2026)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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