Turquie et Qatar : les ennemis à la table des décisions
Regardons la liste du Gaza Executive Board annoncé par la Maison-Blanche le 17 janvier 2026. Hakan Fidan, ministre turc des Affaires étrangères — un ancien chef du renseignement, bras droit d’Erdoğan, l’homme qui qualifie Israël de « tueur d’enfants ». Ali Al-Thawadi, diplomate qatari senior — représentant d’un pays où les dirigeants du Hamas vivent dans des palaces depuis des années. Hassan Rashad, chef des renseignements égyptiens. Reem Al-Hashimy, ministre émiratie. Tony Blair. Jared Kushner. Steve Witkoff. Marc Rowan. Nickolay Mladenov, l’ancien envoyé de l’ONU qui dirigera effectivement l’ensemble. Et tout en bas de la liste, presque en note de bas de page, un seul nom israélien : Yakir Gabay. Un homme d’affaires. Pas un ministre. Pas un diplomate. Pas un représentant officiel du gouvernement. Un investisseur immobilier basé à Chypre.
Aucun membre du gouvernement Netanyahu ne siège sur ce comité. Aucun. Le pays qui occupe militairement Gaza, qui y maintient plus de la moitié de ses forces, qui a tué des dizaines de milliers de Palestiniens en deux ans de guerre — ce pays-là n’aura pas son mot à dire sur la reconstruction. La réponse du bureau du Premier ministre est tombée comme un couperet : « L’annonce concernant la composition du Gaza Executive Board n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique. Le Premier ministre a ordonné au ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar de contacter le secrétaire d’État américain Marco Rubio sur cette question. »
La promesse brisée de Netanyahu à sa coalition
Mais l’humiliation ne s’arrête pas là. Orit Strock, ministre des Missions nationales et de la colonisation, membre de l’aile la plus extrémiste du gouvernement, a lâché une bombe sur Channel 14 : « Le Premier ministre avait promis au cabinet que la Turquie, le Qatar et l’Égypte ne seraient partenaires d’aucun cadre, d’aucun organe lié à Gaza. » Elle a ajouté, la voix tremblante de colère : « C’est un échec flagrant. Si, à Dieu ne plaise, cela se produit après que le Premier ministre a promis au cabinet qu’aucune entité n’entrerait dans l’organe de gestion de Gaza sans notre consentement, c’est son échec. » Netanyahu avait donc promis à sa propre coalition que cela n’arriverait jamais. Et pourtant, c’est arrivé. Sans consultation. Sans préavis. Sans égards.
Imaginez une seconde être à la place de ces ministres d’extrême-droite. Vous avez sacrifié votre réputation internationale pour soutenir une guerre brutale. Vous avez défendu l’indéfendable devant les caméras du monde entier. Vous avez accepté d’être traités de criminels de guerre par la moitié de la planète. Et tout ça pourquoi ? Pour apprendre un matin que Washington a décidé de confier l’avenir de Gaza à vos pires ennemis. Que la Turquie d’Erdoğan — celui qui vous compare aux nazis — aura plus de pouvoir sur ce territoire que vous. Que le Qatar — celui qui finance les tunnels du Hamas — siégera à la table où vous n’avez même pas été invité. La trahison a un goût amer. Celle-ci doit avoir un goût de fiel.
« Nous ne l'avons pas informé délibérément » : l'aveu qui tue
La brutalité assumée de Washington
Ce qui distingue cette crise diplomatique de tant d’autres, c’est la brutalité assumée des Américains. Habituellement, quand Washington et Tel Aviv divergent, on observe une chorégraphie bien rodée : désaccord en coulisses, sourires en public, résolution discrète. Pas cette fois. Un haut responsable américain « directement impliqué dans le dossier », selon Channel 12, a confirmé que l’administration Trump avait intentionnellement choisi de ne pas informer Netanyahu de l’inclusion de Hakan Fidan et d’Ali Al-Thawadi sur le comité. « Nous ne l’avons pas dit à Netanyahu à l’avance. Gaza, c’est maintenant notre spectacle, pas le sien. »
Et le responsable n’en est pas resté là. Il a enfoncé le clou avec une précision chirurgicale : « S’il veut que l’administration Trump gère Gaza, nous le ferons à notre façon. Il vaut mieux que Netanyahu se concentre sur l’Iran et nous laisse gérer Gaza. Il fera sa politique, et nous continuerons à avancer notre plan. » Quand on lui a demandé s’il craignait un conflit avec Netanyahu, sa réponse a été glaçante : « Nous n’avons pas l’intention de nous disputer avec Netanyahu, et il ne peut pas vraiment se dresser contre nous. Personne ne croyait que nous arriverions là où nous en sommes à Gaza, mais nous avons réussi. »
Le double jeu possible de Netanyahu
Mais l’histoire se complique. Car selon Haaretz, citant des sources américaines, Netanyahu aurait en réalité été consulté et était au courant des nominations. Sa protestation publique ne serait qu’un spectacle destiné à apaiser sa coalition d’extrême-droite. « Netanyahu a approuvé la composition du Gaza Executive Board et proteste pour les apparences », affirme une source proche du dossier au quotidien israélien. Une source de Ynet confirme également que des responsables américains soutiennent qu’Israël avait été informé à l’avance de la composition des organes de surveillance de Gaza, malgré l’affirmation contraire de Netanyahu.
Alors, qui ment ? Netanyahu joue-t-il la comédie de l’indignation pour satisfaire Ben-Gvir et Smotrich tout en ayant secrètement approuvé le plan ? Ou les Américains l’ont-ils véritablement humilié sans préavis ? Dans les deux cas, la conclusion est accablante. Soit Netanyahu a trahi sa propre coalition en acceptant en secret ce qu’il leur avait promis d’empêcher. Soit l’allié américain l’a traité comme un subalterne qu’on n’a même pas besoin de prévenir. Choisissez votre humiliation. Les deux sont dévastatrices.
La révolte de l'extrême-droite israélienne
Ben-Gvir appelle à reprendre la guerre
Itamar Ben-Gvir, le ministre de la Sécurité nationale, n’a pas mâché ses mots. « Je salue le message important du Premier ministre », a-t-il écrit sur X, avant d’ajouter : « La bande de Gaza n’a pas besoin d’un ‘comité exécutif’ pour superviser sa ‘réhabilitation’. Elle a besoin d’être nettoyée des terroristes du Hamas, qui doivent être éliminés, parallèlement à l’encouragement d’une émigration volontaire à grande échelle, conformément au plan original du président Trump. » Le plan original de Trump — celui où le président américain proposait de déplacer définitivement toute la population de Gaza pour transformer le territoire en « Riviera du Moyen-Orient ». Un plan que Washington a depuis abandonné, mais que l’extrême-droite israélienne refuse d’oublier.
Ben-Gvir a conclu son message par un appel explicite à la reprise des hostilités : « J’appelle le Premier ministre à ordonner à Tsahal de se préparer à reprendre la guerre dans la bande avec une force considérable, afin d’atteindre l’objectif central de cette guerre : la destruction du Hamas. » Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, autre pilier de la coalition d’extrême-droite, a quant à lui déclaré : « Les États qui ont insufflé la vie au Hamas ne peuvent pas être ceux qui le remplacent. » Une référence directe à la Turquie et au Qatar, accusés de longue date de soutenir financièrement et politiquement le mouvement palestinien.
L’opposition saute sur l’occasion
Du côté de l’opposition, c’est la curée. Yair Lapid, chef de l’opposition et ancien Premier ministre, a qualifié l’annonce d’« échec diplomatique pour Israël ». « Ce gouvernement a permis à la Turquie et au Qatar d’entrer à Gaza. Les partenaires idéologiques du Hamas et des Frères musulmans vont diriger la bande », a-t-il fulminé. « Ce n’est pas pour ça que nos héros combattants se sont battus ces deux dernières années. » Naftali Bennett, autre ancien Premier ministre, a été encore plus cinglant : « L’inclusion de la Turquie et du Qatar est une récompense au Hamas pour le massacre du 7 octobre et un danger pour la sécurité d’Israël. Ce gouvernement du chaos a abdiqué la souveraineté d’Israël. »
Vous saisissez l’ironie ? Netanyahu, qui s’est présenté pendant des décennies comme le seul capable de protéger Israël, comme le génie diplomatique qui a su transformer Trump en allié inconditionnel, se retrouve accusé par sa propre famille politique d’avoir « abdiqué la souveraineté » du pays. Le même homme qui bombarde Gaza depuis plus de deux ans au nom de la sécurité nationale vient de perdre tout contrôle sur l’avenir de ce territoire. Et le pire ? Il ne peut rien y faire. Parce que contredire Trump, c’est se mettre à dos la seule puissance qui le protège encore sur la scène internationale. Netanyahu est piégé. Et tout le monde le sait.
Le contexte explosif : Turquie et Qatar, les bêtes noires d'Israël
Erdoğan, l’ennemi juré
Pour comprendre la rage israélienne, il faut mesurer à quel point les relations entre Tel Aviv et Ankara se sont détériorées depuis le 7 octobre 2023. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a qualifié Israël d’« État terroriste » et de « tueur d’enfants ». Il a comparé Netanyahu à Hitler. Il a menacé d’intervenir militairement à Gaza. Il a rappelé son ambassadeur et rompu les relations commerciales. La Turquie a été l’un des pays les plus virulents dans sa condamnation de la guerre israélienne, accueillant des dirigeants du Hamas et appelant ouvertement à une résistance armée contre l’occupation.
Et c’est cet homme-là — ou plutôt son bras droit Hakan Fidan — qui siégera désormais sur le comité qui décidera de l’avenir de Gaza. Fidan n’est pas un diplomate ordinaire. C’est l’ancien chef du MIT, les services de renseignement turcs. Un homme qui a passé sa carrière à tisser des liens avec tous les mouvements islamistes de la région. Un homme que les services israéliens considèrent comme l’un de leurs adversaires les plus redoutables. Cet homme-là aura plus de pouvoir sur Gaza que le gouvernement Netanyahu.
Le Qatar et les milliards du Hamas
Quant au Qatar, la pilule est encore plus amère. Doha héberge depuis des années les dirigeants du Hamas dans le luxe. Le bureau politique du mouvement y est installé. Ismail Haniyeh, l’ancien chef politique assassiné par Israël en 2024, y vivait. Le Qatar a versé des centaines de millions de dollars à Gaza au fil des ans — de l’argent qui, selon Israël, a servi à construire les tunnels et à financer l’infrastructure militaire du Hamas. Et maintenant, Ali Al-Thawadi, un diplomate qatari de haut rang, siégera sur le comité qui supervisera la reconstruction. Les mêmes dollars qui auraient financé le 7 octobre pourraient bientôt financer l’après-guerre.
Je me mets à la place d’un soldat israélien qui a combattu à Gaza. Qui a vu ses camarades mourir. Qui a participé à cette guerre brutale en croyant protéger son pays. Et qui apprend maintenant que la Turquie et le Qatar — les deux pays que son gouvernement désigne comme les parrains du Hamas — auront leur mot à dire sur l’avenir du territoire pour lequel il s’est battu. Pendant que son propre gouvernement n’aura qu’un homme d’affaires chypriote pour le représenter. Pas un ministre. Pas un général. Un investisseur immobilier. Comment expliquer ça à quelqu’un qui a risqué sa vie ?
Washington reprend la main : « S'il veut qu'on gère Gaza, on le fera à notre façon »
La fin de l’illusion d’une relation d’égaux
Ce qui se joue ici dépasse largement la composition d’un comité. C’est toute l’architecture de la relation américano-israélienne qui vacille. Pendant des décennies, Israël a cultivé l’image d’un partenaire privilégié, presque un égal, de Washington. Un pays qui pouvait compter sur un soutien inconditionnel, un droit de veto automatique à l’ONU, des milliards de dollars d’aide militaire, et surtout — surtout — un siège à la table de toutes les décisions concernant le Moyen-Orient. Cette époque est peut-être révolue.
Les mots du responsable américain sont sans ambiguïté : « Netanyahu ne peut pas vraiment se dresser contre nous. » C’est la phrase qu’on utilise pour parler d’un subordonné, pas d’un allié. C’est le langage de la hiérarchie, pas de la coopération. Et quand le même responsable suggère que Netanyahu devrait « se concentrer sur l’Iran et nous laisser gérer Gaza », le message est limpide : Israël n’a plus son mot à dire sur son propre voisinage. Washington décide. Tel Aviv exécute. Ou se tait.
Le Board of Peace comme instrument de marginalisation
Le Board of Peace de Trump, ce conseil présidé à vie par le président américain avec un droit de veto sur toutes les décisions, apparaît désormais sous un jour nouveau. Ce n’est pas seulement un rival potentiel de l’ONU, comme l’ont noté les analystes. C’est aussi — peut-être surtout — un instrument pour marginaliser Israël dans la gestion de Gaza. En créant une structure où Trump contrôle tout, où les médiateurs turcs et qataris ont leur place, mais où le gouvernement israélien n’est représenté que par un homme d’affaires privé, Washington envoie un signal clair : la reconstruction de Gaza se fera sans l’aval de Netanyahu. Avec ou sans sa coopération.
Il y a quelque chose de vertigineux dans ce retournement. Trump — le président qui avait offert à Israël tout ce qu’il demandait, qui avait déchiré l’accord nucléaire iranien pour lui faire plaisir, qui avait reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan, qui avait déplacé l’ambassade américaine à Jérusalem — ce même Trump vient de dire à Netanyahu de s’occuper de l’Iran et de lui laisser Gaza. Comme on dit à un enfant d’aller jouer dans sa chambre. Les alliances, décidément, ne valent que ce que valent les intérêts du moment. Et en ce moment, les intérêts de Trump ne passent plus par Netanyahu.
La réunion de crise : Netanyahu face à sa coalition furieuse
Un Premier ministre dos au mur
Ce dimanche 19 janvier 2026, Netanyahu a donc convoqué ses partenaires de coalition pour une réunion d’urgence. L’ordre du jour officiel : discuter des « objections d’Israël » à la composition du Gaza Executive Board. L’ordre du jour réel : tenter de sauver sa peau politique. Car Netanyahu se trouve dans une position impossible. S’il accepte la décision américaine, il perd le soutien de son aile droite — Ben-Gvir, Smotrich, Strock — qui menacent déjà de quitter le gouvernement. S’il s’oppose à Trump, il risque de perdre le seul protecteur international qui lui reste.
Le bureau du Premier ministre a confirmé avoir ordonné au ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar de contacter Marco Rubio pour exprimer les préoccupations israéliennes. Mais cette démarche ressemble davantage à un geste symbolique qu’à une véritable tentative de changer les choses. Rubio lui-même siège sur le Board of Peace. Il est peu probable qu’il contredise son président. Et Netanyahu le sait.
Les options qui s’amenuisent
Que peut faire Israël concrètement ? Reprendre la guerre, comme le demande Ben-Gvir ? Impossible sans l’aval américain, et Trump a clairement indiqué qu’il voulait avancer vers la reconstruction, pas vers l’escalade. Refuser de coopérer avec le Board of Peace ? Cela isolerait encore davantage Israël sur la scène internationale et mettrait en péril la relation avec Washington. Accepter l’humiliation en silence ? C’est politiquement suicidaire pour Netanyahu, dont la survie dépend du soutien de son aile droite.
Netanyahu joue aux échecs depuis quarante ans. Il a survécu à plus de crises qu’aucun autre leader israélien. Mais cette fois, je me demande s’il a encore des coups à jouer. Son allié américain vient de le traiter publiquement comme un obstacle à contourner. Sa coalition menace d’imploser s’il ne réagit pas. Son opposition jubile de le voir humilié. Et pendant ce temps, les Palestiniens de Gaza — ceux-là mêmes qu’il a bombardés pendant deux ans — pourraient bientôt être gouvernés par un comité où siègent la Turquie et le Qatar. Si ce n’est pas une défaite stratégique, je ne sais pas ce que c’est.
Le paradoxe du « show » américain
Trump veut reconstruire Gaza — mais à ses conditions
Pour comprendre la logique américaine, il faut revenir au Board of Peace dans son ensemble. Trump ne se contente pas de superviser la reconstruction de Gaza. Il ambitionne de créer un organe rival de l’ONU, capable de gérer les conflits mondiaux selon ses propres règles. La charte du Board of Peace, obtenue par plusieurs médias, ne mentionne même pas Gaza. Elle parle de « promouvoir la stabilité, restaurer une gouvernance fiable et légale, et assurer une paix durable dans les zones affectées ou menacées par des conflits ». Les zones. Pluriel. Trump voit plus loin que Gaza. Il voit l’Ukraine. Le Venezuela. Qui sait quoi d’autre.
Dans cette vision grandiose, Israël n’est qu’un acteur parmi d’autres. Un acteur qui a certes mené la guerre, mais qui n’a pas vocation à diriger la paix. Washington veut des médiateurs crédibles auprès du Hamas — et la Turquie et le Qatar ont cette crédibilité que Tel Aviv n’aura jamais. Washington veut des financeurs — et les monarchies du Golfe ont des coffres bien plus profonds que l’économie israélienne en crise. Washington veut surtout le contrôle — et Netanyahu est trop imprévisible, trop dépendant de son extrême-droite, pour être un partenaire fiable.
« Personne ne croyait qu’on en arriverait là »
La phrase la plus révélatrice du responsable américain est peut-être celle-ci : « Personne ne croyait que nous arriverions là où nous en sommes à Gaza, mais nous avons réussi. » Traduit en clair : Trump estime avoir accompli l’impossible — obtenir un cessez-le-feu, imposer une phase 2, créer un cadre de gouvernance — et il n’a pas l’intention de laisser Netanyahu saboter son œuvre. Le Premier ministre israélien, qui a longtemps cru pouvoir manipuler Trump, découvre que l’inverse peut aussi être vrai.
« Personne ne croyait qu’on en arriverait là. » Cette phrase me hante. Parce qu’elle dit tout de l’hubris américaine. Mais aussi de la naïveté israélienne. Netanyahu a cru qu’il pouvait mener sa guerre, obtenir le soutien inconditionnel de Trump, et garder le contrôle de l’après. Il a eu les deux premiers. Pas le troisième. Et maintenant, il découvre que dans le monde de Trump, la loyauté est à sens unique. Vous êtes utile ? On vous soutient. Vous devenez un obstacle ? On vous contourne. C’est brutal. C’est cynique. C’est la géopolitique selon Donald Trump.
Conclusion : L'allié devenu obstacle
La fin d’une illusion
Ce qui se joue depuis ce 17 janvier 2026 dépasse la simple querelle diplomatique. C’est la fin d’une illusion — celle d’un Israël maître de son destin au Moyen-Orient, soutenu inconditionnellement par un Washington qui ne lui refuserait jamais rien. Netanyahu a passé des décennies à construire cette relation spéciale, à transformer chaque président américain en distributeur de cadeaux diplomatiques. Et en trois jours, tout s’est effondré. Non pas parce que les États-Unis ont changé de camp. Mais parce qu’ils ont décidé que leurs intérêts passaient désormais par d’autres canaux.
La Turquie et le Qatar siégeront sur le comité qui décidera de l’avenir de Gaza. Israël n’y sera représenté que par un homme d’affaires. Netanyahu a été délibérément exclu des consultations. Et quand il a protesté, on lui a répondu que c’était « notre spectacle, pas le sien ». Dans les livres d’histoire, on appelle ça un tournant. Celui où l’allié indéfectible devient un partenaire parmi d’autres. Celui où le protecteur devient le décideur. Celui où le protégé découvre qu’il n’a jamais vraiment eu le pouvoir qu’il croyait avoir.
Je reviens à ces six mots. « Gaza, c’est notre spectacle, pas le sien. » Six mots qui résument deux ans de guerre, des milliers de morts, une destruction totale. Six mots qui disent à Netanyahu — et à travers lui à tout Israël — que le temps où Tel Aviv dictait les termes au Moyen-Orient est peut-être révolu. Quelque part dans les couloirs du pouvoir israélien, un Premier ministre furieux prépare sa riposte. Mais au fond de lui, il sait. Il sait que Trump a raison sur un point : il ne peut pas vraiment se dresser contre les États-Unis. Personne ne le peut. Et cette impuissance-là, pour un homme qui a bâti sa carrière sur l’image du leader fort, du protecteur intransigeant, du génie stratégique — cette impuissance-là doit être la pire des humiliations. « Notre spectacle, pas le sien. » Dans le théâtre du Moyen-Orient, Netanyahu vient d’apprendre qu’il n’était qu’un figurant.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les jeux de pouvoir entre nations, à mettre en lumière ce que les communiqués officiels préfèrent taire. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les déclarations du bureau du Premier ministre israélien, les communiqués de la Maison-Blanche, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que AFP, Reuters, ainsi que les médias israéliens de référence comme Haaretz, Times of Israel, Ynet et Channel 12.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Sinar Harian – Israel tak senang duduk dipinggirkan Trump (19 janvier 2026)
blank »>The Times of Israel – Netanyahu fumes at Gaza oversight panel makeup as Trump invites Erdogan to peace board (17 janvier 2026)
entry/us-official-says-pm-deliberately-not-told-of-qatari-turkish-inclusion-on-gaza-panel-report/ » target= »blank »>The Times of Israel – US official says PM deliberately not told of Qatari, Turkish inclusion on Gaza panel (17 janvier 2026)
blank »>Haaretz – Netanyahu Criticizes Trump Over Gaza Board of Peace Staffing; Source: The Rebuke Is for Show (17 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>Al Jazeera – Trump’s ‘board of peace’ appears to seek wider mandate beyond Gaza (18 janvier 2026)
blank »>The National – Critics say Netanyahu ‘abdicated Israel’s sovereignty’ amid anger over Gaza board (18 janvier 2026)
blank »>Jewish Insider – Netanyahu comes out against Board of Peace for Gaza as Turkey, Qatar get seats (17 janvier 2026)
blank »>Türkiye Today – Netanyahu not consulted on Türkiye, Qatar roles in Gaza governing committee (18 janvier 2026)
blank »>Yahoo News – Israel pushes back on Trump’s picks for executives on Gaza ‘Board of Peace’ (18 janvier 2026)
blank »>CNN – Trump’s ‘Board of Peace’ for Gaza to require $1 billion payment for permanent membership (18 janvier 2026)
blank »>The Washington Post – Trump names Kushner, Rubio, Blair to Gaza board; Israel objects to lineup (17 janvier 2026)
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