L’encerclement méthodique
Les forces russes ont abandonné les assauts frontaux suicidaires. Trop de pertes, pas assez de gains. La nouvelle tactique ? L’encerclement. Étouffer la ville comme un anaconda étouffe sa proie. Au nord de Sloviansk et Kramatorsk, les troupes russes tiennent des positions sur la rive est de la rivière Oskil. Les combats se concentrent autour de Koupiansk et Lyman — des noms que vous avez peut-être déjà oubliés, mais que les soldats ukrainiens connaissent par cœur. À l’est, près de Siversk, d’autres unités russes tentent d’avancer vers l’ouest et le nord-ouest, essayant de traverser le Donets de Siversk. Chaque mètre gagné coûte des vies. Chaque mètre perdu aussi.
Mais c’est près de Kostiantynivka que les Russes sont le plus proches de la Ceinture de forteresses. Ils concentrent progressivement leurs forces dans les faubourgs est de la ville, tentant de l’envelopper par le nord et le sud simultanément. Le 2 janvier 2026, l’analyste militaire ukrainien Konstantyn Machovets a confirmé que des troupes russes avaient pénétré dans la partie sud-est de Kostiantynivka. Ils tentent maintenant de consolider leurs positions dans le secteur entre la rue Ostrovskogo et la station-service City-Drive-2019. Une station-service. C’est là que se joue peut-être l’avenir de l’Ukraine.
La tactique du chaos contrôlé
Le Groupe de forces Centre russe applique à Kostiantynivka la même méthode qui a fonctionné à Myrnohrad et Pokrovsk : infiltrer la ville avec de petits groupes d’infanterie, semer le chaos parmi les défenseurs ukrainiens, accumuler suffisamment de Russes à l’intérieur pour forcer les Ukrainiens à se replier. Plutôt que de prendre les villes d’assaut, les troupes russes misent sur l’encerclement — entourer les zones urbaines depuis plusieurs directions, infiltrer de petits groupes d’assaut dans les limites de la ville, couper les voies d’approvisionnement à l’aide de drones. C’est lent. C’est vicieux. Et parfois, ça marche.
Après avoir intensifié leur offensive le long de la rive nord du réservoir, les forces russes avancent maintenant vers Kostiantynivka depuis le sud-ouest et le sud. Dans la ville même, les combats continuent dans les faubourgs sud-est. Les Russes tentent également de percer depuis le nord-est, avançant depuis le canal Siversky Donets-Donbass. Trois directions. Trois menaces. Un seul objectif : étrangler la ville.
Vous voulez savoir ce qui me terrifie dans cette tactique ? C’est qu’elle fonctionne. Lentement, mais elle fonctionne. Infiltrer, encercler, étouffer. Pas de grande bataille glorieuse. Juste une mort lente par asphyxie. Les défenseurs de Kostiantynivka le savent. Ils voient les Russes grignoter les faubourgs, mètre par mètre. Ils savent ce qui est arrivé à Myrnohrad. Ils savent ce qui arrivera s’ils échouent. Et pourtant, ils restent. Pourquoi ? Parce que derrière eux, il y a Kramatorsk. Et derrière Kramatorsk, il y a tout ce qui reste de l’Ukraine libre dans le Donbass.
Le problème des effectifs : le talon d'Achille ukrainien
Une équation impossible
Voici la vérité brutale que personne ne veut entendre : l’Ukraine manque de soldats. La même pénurie de main-d’œuvre qui a condamné d’autres positions pourrait condamner la défense de Kostiantynivka. Le gouvernement de Kyiv n’a toujours pas trouvé comment recruter ou mobiliser suffisamment de nouvelles troupes pour compenser les pertes en première ligne. C’est le facteur le plus important qui déterminera jusqu’où la Russie avancera en 2026. Pas les armes. Pas les tanks. Pas les drones. Les hommes. La chair et le sang.
Les analystes de l’ISW le disent clairement : « Que l’Ukraine puisse stabiliser la situation des effectifs dans ses brigades tenant le front est probablement le facteur unique le plus important qui déterminera jusqu’où la Russie avancera en 2026. » Les brigades ukrainiennes sont épuisées. Certaines unités combattent depuis des mois sans relève. Les renforts arrivent au compte-gouttes. Et pendant ce temps, la Russie continue d’envoyer des vagues d’hommes — parfois des prisonniers, parfois des conscrits mal formés, parfois des mercenaires — vers les lignes ukrainiennes.
L’erreur de Myrnohrad
Myrnohrad aurait pu tenir bien plus longtemps. C’est ce que disent les experts militaires. La défense aurait pu durer des semaines, peut-être des mois de plus, si la logistique n’avait pas été coupée. Les Russes ont appris de leurs erreurs. Ils ne cherchent plus à prendre les villes d’assaut. Ils les isolent d’abord. Ils coupent les routes, détruisent les ponts, harcèlent les convois avec des drones. Et quand la ville est affamée d’armes, de munitions, de nourriture, de médicaments — alors seulement ils attaquent.
Kostiantynivka devrait déjà être prête pour une défense tous azimuts et des combats de rue, disent les analystes. Maintenant. Pas demain. Pas la semaine prochaine. Maintenant. Pour ne pas répéter le sort de Myrnohrad. Chaque jour de préparation compte. Chaque position fortifiée peut faire la différence. Chaque tunnel creusé, chaque barricade érigée, chaque mine posée est une chance supplémentaire de survie.
Je pense aux soldats qui tiennent ces positions. Des hommes qui n’ont pas dormi dans un vrai lit depuis des semaines. Des femmes qui ont appris à manier un lance-roquettes en quelques jours. Des gamins de vingt ans qui ont vu plus de morts que leurs grands-parents pendant toute leur vie. Et on leur demande de tenir. Encore. Toujours. Avec moins d’hommes, moins de munitions, moins de tout. Combien de temps peut-on demander l’impossible à des gens ordinaires ? Combien de temps avant que le corps lâche ? Que l’esprit craque ? Que la ligne cède ?
L'objectif russe : un délire d'avril
Le 1er avril 2026 : date butoir ou fantasme ?
La Russie veut toute la région de Donetsk avant le 1er avril 2026. C’est l’objectif officiel transmis aux commandants sur le terrain. Mais les sources — y compris des sources russes — décrivent ce calendrier comme « irréaliste ». Le mot est faible. Pour prendre Kostiantynivka, puis Droujkivka, puis Kramatorsk, puis Sloviansk, en trois mois ? Il faudrait une percée massive. Une effondrement complet des défenses ukrainiennes. Un miracle militaire.
Les estimations de divers centres analytiques, y compris l’ISW, suggèrent que Moscou a peu de chances d’atteindre cet objectif même d’ici la fin de 2026 — à condition que le soutien occidental à l’Ukraine continue. C’est le « si » qui change tout. Car si les armes cessent d’arriver, si les munitions se tarissent, si l’Europe et les États-Unis détournent le regard… alors les calculs changent. Alors tout devient possible. Même l’impensable.
Une guerre d’usure sans fin
La réalité du terrain est plus nuancée que les plans du Kremlin. La Russie avance, oui. Mais lentement. Très lentement. Chaque kilomètre coûte des milliers de vies. Chaque ville exige des semaines, parfois des mois de combats acharnés. L’armée russe a les hommes — elle peut se permettre des pertes catastrophiques. Mais a-t-elle le temps ? A-t-elle la patience ? A-t-elle la logistique pour soutenir une offensive prolongée sur plusieurs axes simultanément ?
Un commandant ukrainien l’a dit clairement : la défense de Kostiantynivka pourrait immobiliser l’armée de Moscou pendant toute l’année 2026. Pas juste quelques semaines. Pas juste quelques mois. Toute l’année. Chaque jour où les Russes sont bloqués devant Kostiantynivka est un jour où ils ne menacent pas Kramatorsk. Chaque semaine perdue dans les faubourgs est une semaine gagnée pour l’Ukraine.
Le 1er avril 2026. J’imagine les généraux russes regarder ce calendrier et se demander : qui a fumé quoi au Kremlin ? Prendre quatre villes fortifiées en trois mois alors qu’ils ont mis dix ans à échouer ? C’est pas de l’optimisme, c’est du délire. Mais c’est aussi ce qui rend Poutine dangereux. Parce qu’un homme qui croit en l’impossible est prêt à sacrifier l’inimaginable pour l’atteindre. Combien de soldats russes mourront pour ce fantasme d’avril ? Combien de familles recevront un cercueil au lieu d’une victoire ?
La Ceinture de forteresses : dix ans de résistance
Un mur qui a vu passer des empires
Depuis 2014, la Russie tente de s’emparer de la Ceinture de forteresses. Dix ans. Trois présidents américains. Des dizaines de « plans de paix ». Des milliers de résolutions de l’ONU. Et ce mur de quatre villes tient toujours. Kramatorsk, Kostiantynivka, Droujkivka, Sloviansk — ces noms sont gravés dans l’histoire de la résistance ukrainienne. Ils le seront encore davantage après 2026.
La Ceinture de forteresses constitue la ligne défensive la plus solide de l’Ukraine dans la région de Donetsk. Ce n’est pas juste une ligne sur une carte. C’est un réseau urbain dense, avec des immeubles qui deviennent des bunkers, des caves qui deviennent des hôpitaux de campagne, des ruelles qui deviennent des pièges mortels pour les assaillants. La guerre urbaine est la plus sanglante de toutes. Et les Ukrainiens le savent. Ils s’y préparent.
Chaque rue a un prix
Pour prendre une ville, il ne suffit pas d’encercler. Il faut nettoyer. Maison par maison. Appartement par appartement. Chambre par chambre. Chaque fenêtre peut cacher un tireur d’élite. Chaque porte peut être piégée. Chaque escalier peut devenir un tombeau. Les soldats russes qui entrent dans Kostiantynivka le savent. Beaucoup n’en ressortiront jamais.
Les Ukrainiens ont eu des années pour préparer ces défenses. Ils connaissent chaque ruelle, chaque sous-sol, chaque passage secret. Ils ont creusé des tunnels, construit des barricades, miné les approches. La ville entière est devenue une machine de guerre. Et cette machine attend. Elle attend que les Russes viennent mourir contre ses murs.
Dix ans. Fermez les yeux et imaginez. En 2014, des enfants jouaient dans les parcs de Kostiantynivka. Aujourd’hui, ces enfants sont adultes. Certains sont soldats. Certains sont réfugiés. Certains sont morts. Une génération entière a grandi avec la guerre comme horizon. Et ils n’ont pas cédé. Pas une seule fois. Qu’est-ce qui fait qu’une ville refuse de mourir ? Qu’est-ce qui fait qu’un peuple continue de se battre quand tout semble perdu ? Je n’ai pas la réponse. Mais je sais que Kostiantynivka l’a trouvée.
Conclusion : Le mur ou l'abîme
L’année de tous les dangers
2026 sera l’année de vérité pour Kostiantynivka. L’année où les Russes tenteront tout — l’encerclement, l’infiltration, les assauts de masse, le chaos contrôlé. L’année où les défenseurs ukrainiens seront poussés jusqu’à leurs limites. L’année où chaque décision, chaque balle, chaque seconde comptera. Si Kostiantynivka tient, la Ceinture de forteresses tient. Et si la Ceinture tient, le rêve russe de conquérir le Donbass s’effondre.
Quelque part dans les faubourgs est de la ville, ce matin, un soldat ukrainien ajuste son casque. Il regarde vers l’est, vers les positions russes. Il sait qu’ils viennent. Il sait qu’ils sont nombreux. Il sait que beaucoup de ses camarades ne verront pas le printemps. Mais il sait aussi autre chose. Il sait que derrière lui, il y a une ville. Et derrière cette ville, il y a un pays. Et derrière ce pays, il y a une idée — l’idée qu’un peuple libre peut résister à un empire. Cette idée, ils ne la prendront pas.
Kostiantynivka. Quatre syllabes qui pourraient définir 2026. Quatre syllabes qui séparent la Russie de son rêve et l’Ukraine de son cauchemar. Je ne sais pas ce qui va se passer dans les mois qui viennent. Personne ne le sait. Mais je sais une chose : quelque part dans cette ville, des gens ordinaires font des choses extraordinaires. Ils tiennent une ligne qu’on leur dit impossible à tenir. Ils défendent des rues qu’on leur dit impossibles à défendre. Ils croient en un avenir qu’on leur dit impossible à atteindre. Et c’est peut-être ça, finalement, la vraie définition du courage. Pas l’absence de peur. Mais le refus d’abandonner quand tout le monde vous dit que c’est fini. Kostiantynivka n’a pas fini. Pas encore. Pas tant qu’un seul Ukrainien y respire.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste et observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées proviennent de sources spécialisées en analyse militaire, notamment l’Institute for the Study of War, les rapports de l’ISW, et les témoignages d’analystes ukrainiens sur le terrain.
Sources
Sources primaires
Kyiv Post – Russia Sets Full Seizure of Ukraine’s Donetsk Region as Top 2026 War Priority (janvier 2026)
Critical Threats (ISW) – Russian Offensive Campaign Assessment, January 15, 2026 (15 janvier 2026)
Sources secondaires
RBC-Ukraine – War forecast for 2026 – Russia’s goals in Ukraine and frontline scenarios (janvier 2026)
UAWire – Russian forces push to Kostiantynivka’s outskirts (janvier 2026)
Meduza – Analysis of the latest from the front (16 janvier 2026)
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.