Viser le réseau électrique pour geler les civils
La stratégie russe est d’une cruauté calculée. Détruire le réseau électrique ukrainien. Priver les civils de chauffage, de lumière, d’eau courante. Transformer l’hiver en allié. Les responsables de Kyiv l’appellent « l’armement de l’hiver » — Moscou utilise le froid comme une arme de guerre. Et cet hiver, les attaques se sont concentrées sur un nouveau type de cible : les sous-stations électriques.
L’Ukraine compte environ 3 500 sous-stations. Ce sont elles qui distribuent l’électricité aux foyers, aux hôpitaux, aux écoles. Les centrales électriques peuvent être réparées, reconstruites. Mais les sous-stations ? Elles sont nombreuses, dispersées, difficiles à protéger. Et quand elles tombent, des quartiers entiers plongent dans l’obscurité. Les villes majeures comme Kyiv et Odessa sont particulièrement visées. Le résultat : la capacité de production ukrainienne est passée de 33,7 GW au début de l’invasion à environ 14 GW aujourd’hui. Moins de la moitié.
La température comme instrument de torture
Le 13 janvier, quatre jours après la première attaque massive, la Russie a recommencé. Presque 300 drones. 18 missiles balistiques. 7 missiles de croisière. Huit régions touchées. Dans le nord-est, à Kharkiv, une frappe sur un dépôt postal a tué quatre personnes. Des centaines de milliers de foyers se sont retrouvés sans électricité dans la région de Kyiv. La température ce jour-là ? -12 degrés Celsius.
Imaginez. Vous êtes dans votre appartement. Pas de chauffage. Pas de lumière. Pas d’eau chaude — souvent pas d’eau du tout, car les pompes fonctionnent à l’électricité. Dehors, il fait -12. Vous avez des enfants. Vous avez des parents âgés. Combien de temps pouvez-vous tenir ? C’est le calcul cynique de Moscou : briser la volonté ukrainienne en rendant la vie impossible. Transformer chaque hiver en épreuve de survie.
Je regarde les photos de ces appartements plongés dans le noir. Ces familles qui dorment tout habillées pour ne pas mourir de froid. Ces files d’attente devant les points de chauffage d’urgence. Et je me demande : quel genre d’armée cible délibérément les civils ? Quel genre de stratégie consiste à geler des enfants ? C’est pas de la guerre, ça. C’est de la barbarie organisée. Et le monde regarde. Et le monde s’indigne — un peu. Et le monde passe à autre chose. Pendant que des millions d’Ukrainiens se demandent s’ils survivront à l’hiver.
Le missile Oreshnik : l'escalade nucléaire
Un message pour l’OTAN
L’utilisation du missile Oreshnik n’était pas militairement nécessaire. Les drones Shahed et les missiles de croisière conventionnels auraient suffi pour frapper les cibles énergétiques. Non, l’Oreshnik était un message. Un missile balistique à portée intermédiaire, capable de porter des ogives nucléaires, tiré dans l’ouest de l’Ukraine — près des frontières de l’OTAN. « Vous voyez ce qu’on peut faire ? Vous voyez ce qu’on pourrait faire ? »
Les États-Unis ont réagi. L’administration Trump a qualifié l’attaque d’« escalade dangereuse et inexplicable » — ironie amère venant d’une administration qui cherche à négocier avec Moscou. Les dirigeants européens ont condamné l’attaque comme « escalatoire et inacceptable ». Le chef de la diplomatie européenne a déclaré que la réponse de Poutine à la diplomatie était « plus de missiles et plus de destruction ». Mais condamner, c’est facile. Agir, c’est autre chose.
La capacité nucléaire brandie
L’Oreshnik est présenté par Moscou comme inarrêtable. Dix fois la vitesse du son. Aucun système de défense antimissile actuel ne peut l’intercepter de manière fiable. Et surtout : il peut porter des têtes nucléaires. Poutine joue avec le feu nucléaire depuis le début de cette guerre — les menaces voilées, les exercices de missiles, les discours apocalyptiques. L’Oreshnik est un rappel : la Russie a les moyens de ses menaces.
L’attaque est venue quelques jours après que l’Ukraine et ses alliés ont rapporté des progrès majeurs vers un accord sur la défense du pays en cas de cessez-le-feu. Coïncidence ? Personne n’y croit. Moscou répond aux avancées diplomatiques par la violence. Chaque fois que la paix semble possible, les missiles pleuvent. C’est le message : nous ne négocierons que depuis une position de force. Et nous définirons ce que « force » signifie.
L’Oreshnik. Un joli nom pour une machine de mort. Dix fois la vitesse du son. Capable de porter le nucléaire. Et Poutine le tire sur des civils ukrainiens pendant qu’il prétend vouloir la paix. C’est ça, le paradoxe de cette guerre : chaque geste vers la négociation est accompagné d’une escalade. Comme si Moscou voulait montrer qu’il peut toujours faire pire. Qu’il peut toujours aller plus loin. La question n’est plus si Poutine est dangereux. La question est : jusqu’où ira-t-il ?
La réponse internationale
L’indignation sans les actes
Les condamnations ont fusé. L’Union européenne. Les États-Unis. L’ONU. Tout le monde s’est dit « choqué » par ces attaques sur les infrastructures civiles. Lundi, l’administration américaine a accusé la Russie d’escalade « dangereuse et inexplicable ». Mais les mots ne réchauffent pas les appartements ukrainiens. Les déclarations ne réparent pas les sous-stations électriques. L’indignation ne fait pas revenir les morts.
La représentante de l’ONU, Rosemary DiCarlo, a cité les chiffres de l’attaque : 242 drones, 36 missiles en une seule nuit. Elle a parlé de la « crise hivernale » qui pousse les civils ukrainiens « toujours plus profondément » dans la souffrance. Des mots forts. Des mots justes. Mais l’ONU ne peut pas arrêter les missiles russes. Elle peut seulement compter les morts et écrire des rapports.
L’Europe face à ses choix
L’Europe est confrontée à un dilemme. Continuer à soutenir l’Ukraine — avec des armes, des sanctions, de l’aide humanitaire — ou céder à la fatigue de la guerre et chercher une sortie négociée. Les attaques massives de janvier sont un test. Moscou parie que l’horreur répétée finira par épuiser la solidarité occidentale. Que les images de civils gelés deviendront tellement banales qu’elles ne choqueront plus personne.
Pour l’instant, l’Europe tient. Les nouveaux programmes d’aide militaire avancent. Les sanctions se durcissent. Mais combien de temps ? Combien d’hivers ? Combien de morts avant que la lassitude l’emporte sur la solidarité ? C’est le pari cynique de Poutine. Et personne ne sait encore qui gagnera.
Les dirigeants condamnent. Les diplomates protestent. Les organisations humanitaires alertent. Et les missiles continuent de tomber. C’est l’impuissance institutionnalisée. Le système international, construit pour empêcher exactement ce genre de barbarie, se révèle incapable de l’arrêter. Alors quoi ? On continue de publier des communiqués pendant que les Ukrainiens meurent de froid ? On organise des sommets pendant que les sous-stations explosent ? À un moment, il faut choisir : agir vraiment ou admettre qu’on a abandonné l’Ukraine à son sort.
Conclusion : L'hiver n'est pas fini
Les mois les plus durs à venir
Janvier n’est que le début. Février et mars seront encore froids en Ukraine. D’autres attaques viendront. D’autres sous-stations tomberont. D’autres familles se retrouveront dans le noir et le froid. Moscou ne s’arrêtera pas tant que la stratégie fonctionnera — ou tant que l’Ukraine n’aura plus d’infrastructures à détruire. C’est une course contre la montre : les Ukrainiens réparent, les Russes détruisent, et l’hiver continue son œuvre.
Et pourtant, l’Ukraine tient. Malgré la moitié de sa capacité électrique détruite. Malgré les nuits à -12 sans chauffage. Malgré les sirènes qui hurlent plusieurs fois par semaine. Les Ukrainiens refusent de se soumettre. Ils réparent ce qui peut être réparé. Ils s’adaptent. Ils survivent. Cette résilience est peut-être leur arme la plus puissante — plus que les HIMARS, plus que les drones, plus que les sanctions occidentales.
242 drones. 36 missiles. 6 000 immeubles sans chauffage. Des chiffres qui devraient faire la une de tous les journaux du monde. Mais ce n’est qu’un jour de plus dans cette guerre. Qu’une nuit de plus de terreur. Qu’un hiver de plus à survivre. Quelque part à Kyiv, une mère serre son enfant contre elle dans un appartement glacé. Elle ne sait pas si le chauffage reviendra demain. Elle ne sait pas si les missiles reviendront cette nuit. Mais elle sait une chose : elle ne partira pas. Elle ne cédera pas. Elle ne laissera pas Poutine gagner. C’est ça, le vrai visage de l’Ukraine. Pas les discours héroïques, mais cette résistance silencieuse, quotidienne, obstinée. La résistance de ceux qui n’ont plus rien à perdre sauf leur dignité.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste et observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées proviennent des communiqués de l’État-major ukrainien, des rapports de l’ONU, et de médias internationaux reconnus.
Sources
Sources primaires
Kyiv Independent – Russia planning large-scale attack against Ukraine, Kyiv warns (janvier 2026)
UN News – Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis (janvier 2026)
Sources secondaires
ABC News – Russia launches another major attack on Ukraine’s power grid and other sites, 4 dead (janvier 2026)
Euronews – Russia launches major attack on Ukraine, targeting power grid and killing four (13 janvier 2026)
Military.com – Russia Says It Used New Oreshnik Ballistic Missile in Major Attack on Ukraine (9 janvier 2026)
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