La direction la plus difficile du front
Le général Oleksandr Syrskyi, commandant en chef des forces ukrainiennes, ne mâche pas ses mots. La direction de Pokrovsk est « la plus difficile de l’ensemble du front ». Chaque jour, environ 50 affrontements s’y déroulent. Cinquante. Pas des escarmouches. Des combats acharnés où chaque maison, chaque rue, chaque mètre carré se paie en sang. Les Russes poussent. Les Ukrainiens tiennent. Et entre les deux, les corps s’empilent.
Les forces ukrainiennes contrôlent toujours le nord de Pokrovsk. C’est une victoire en soi. Après des mois de combats intenses, la ville n’est pas tombée. Les unités d’assaut ukrainiennes mènent même des raids dans les secteurs nord, empêchant les Russes de s’installer et d’utiliser la ville comme base pour des offensives futures vers Dobropillia ou la route de Dnipro. C’est une guerre de position, brutale, épuisante. Une guerre où chaque jour de résistance est une victoire, même si elle ne ressemble pas à une victoire.
Myrnohrad : la situation critique
À Myrnohrad, à l’est de Pokrovsk, la situation est devenue critique. Les forces ukrainiennes ont dû se replier. Les unités qui combattaient en quasi-encerclement au sud de Kostiantynivka, le long des rives du réservoir de Kleban-Bykske, ont été évacuées. C’est un repli tactique, pas une défaite. Mais c’est aussi un aveu : certaines positions étaient devenues intenables. Mieux vaut sauver les hommes que s’accrocher à des ruines.
Les sources militaires rapportent que les formations de drones russes les plus efficaces — Archangels et Rubikon — opèrent dans le secteur Myrnohrad-Pokrovsk. Les troupes de Moscou déploient non seulement des drones FPV mais aussi des drones bombardiers. L’artillerie ukrainienne, dans certains secteurs, est sévèrement contrainte. C’est une guerre asymétrique où la technologie joue un rôle crucial. Et les Russes, malgré leurs pertes, continuent d’innover dans la mort.
Je pense aux soldats ukrainiens de Myrnohrad. À ceux qui ont tenu jusqu’au bout, encerclés, bombardés, harcelés par les drones. Et puis l’ordre de repli est arrivé. Ils ont dû quitter des positions qu’ils avaient défendues pendant des semaines, peut-être des mois. Ce n’est pas une défaite, dit-on. C’est un repli tactique. Peut-être. Mais pour le soldat qui abandonne la tranchée où son camarade est mort, c’est quoi exactement ? La guerre a des mots pour tout. Même pour la douleur.
La riposte ukrainienne : cibler les opérateurs de drones
39 équipages de drones neutralisés en un jour
Face à la menace des drones russes, les Ukrainiens ont développé une stratégie ciblée : éliminer les opérateurs. En une seule journée, 39 équipages de drones ennemis ont été neutralisés. C’est une approche pragmatique. Un drone sans pilote n’est qu’un morceau de plastique et de métal. En visant les hommes qui les contrôlent, l’Ukraine frappe à la source. Et les résultats parlent d’eux-mêmes.
Dans la zone de responsabilité du groupe de troupes Skhid, les forces russes ont perdu 365 soldats en une journée. Les combats urbains à Pokrovsk et Myrnohrad sont particulièrement meurtriers pour l’attaquant. Prendre une ville, c’est l’enfer. Chaque fenêtre peut cacher un tireur. Chaque coin de rue peut être piégé. Les Ukrainiens connaissent leur terrain. Ils le défendent avec l’énergie du désespoir. Et les Russes paient le prix fort pour chaque avancée.
Plus de cent assauts repoussés
Le 17 janvier, les forces de défense ukrainiennes ont repoussé plus de 100 tentatives d’assaut. Cent fois, les Russes ont essayé de percer. Cent fois, ils ont été rejetés. Les combats les plus violents ont eu lieu dans les directions de Pokrovsk, Kostiantynivka et Huliaipole. C’est une guerre d’attrition dans sa forme la plus pure. Les Russes ont les hommes. Les Ukrainiens ont la détermination. Et chaque jour qui passe sans effondrement ukrainien est un jour gagné.
Les tentatives de contournement russes se multiplient. Incapables de percer les défenses ukrainiennes par des attaques frontales, les forces de Moscou cherchent des routes alternatives. Elles tentent de contourner l’agglomération via Hryshyne et Rodynske. C’est une tactique classique : si tu ne peux pas passer par la porte, cherche la fenêtre. Mais les Ukrainiens connaissent cette tactique. Et ils s’adaptent.
Cent assauts repoussés. Cent fois, des hommes ont couru vers les lignes ukrainiennes. Cent fois, ils sont tombés. Et demain, ils recommenceront. C’est l’absurdité de cette guerre. La Russie envoie ses soldats comme on envoie des pièces dans une machine à sous, espérant que le jackpot finira par tomber. Mais la machine ukrainienne ne lâche pas. Elle encaisse. Elle tient. Jusqu’à quand ? C’est la seule question qui compte.
Le bilan cumulé : l'armée russe en lambeaux
Plus d’un million de pertes
Les chiffres cumulés depuis le 24 février 2022 racontent une histoire de destruction massive. 1 227 440 soldats russes hors de combat. 11 573 chars détruits. 23 922 véhicules blindés. 36 333 systèmes d’artillerie. 1 617 lance-roquettes multiples. 1 278 systèmes de défense antiaérienne. 434 avions. 347 hélicoptères. 110 215 drones tactiques. 4 163 missiles de croisière. 28 navires. 2 sous-marins. 74 876 véhicules. 4 045 équipements spéciaux. C’est une armée entière qui a été détruite. Plusieurs fois.
Bien sûr, ces chiffres sont ukrainiens. La Russie nie, minimise, cache. Mais même les estimations occidentales les plus conservatrices parlent de pertes catastrophiques. L’armée russe de 2022 n’existe plus. Elle a été remplacée par des vagues successives de mobilisés, de prisonniers, de mercenaires. La qualité a cédé la place à la quantité. Et la quantité, elle aussi, a ses limites. Personne ne sait exactement où se trouve le point de rupture de la Russie. Mais chaque jour comme celui-ci le rapproche un peu plus.
La flotte de la mer Noire décimée
La marine russe en mer Noire a particulièrement souffert. 28 navires et 2 sous-marins perdus depuis le début de l’invasion. Pour une flotte qui devait dominer la mer et permettre un débarquement à Odessa, c’est un échec total. Les Ukrainiens, sans marine digne de ce nom, ont réussi à chasser la flotte russe de ses propres eaux. Avec des drones maritimes, des missiles, de l’audace. C’est peut-être la plus grande humiliation militaire russe de cette guerre.
Et ce n’est pas fini. Selon des images satellites récentes, un sous-marin de classe Kilo, endommagé par une frappe ukrainienne, n’a pas bougé depuis plus d’un mois. Il est là, immobile, symbole d’une puissance navale qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. La Russie voulait projeter sa force sur les mers. Elle se retrouve à protéger ce qui reste de sa flotte dans des ports lointains, hors de portée des drones ukrainiens. La domination maritime promise s’est transformée en fuite.
Plus d’un million. Je laisse ce chiffre résonner. Un million de soldats russes. Morts, blessés, capturés, disparus. Un million de familles détruites. Pour quoi ? Pour les ambitions d’un homme dans son bunker. Pour une « opération spéciale » qui devait durer trois jours et qui dure depuis près de quatre ans. C’est une tragédie. Une tragédie russe autant qu’ukrainienne. Et elle continue. Chaque jour. Mille par mille.
Vovchansk : la manœuvre de flanc
L’ennemi intensifie les contournements
Plus au nord, autour de Vovchansk, les Russes intensifient leurs manœuvres de flanc. Incapables de prendre la ville de front, ils cherchent à l’encercler. C’est une tactique que l’armée russe utilise depuis le début de cette guerre : quand la force brute échoue, essayer la ruse. Mais les Ukrainiens, après près de quatre ans de combat, connaissent ces tactiques par cœur. Ils anticipent. Ils contre-attaquent. Et ils tiennent.
La bataille de Vovchansk illustre parfaitement le dilemme russe. Avancer coûte des vies. Beaucoup de vies. Et même quand ils avancent, les Russes se retrouvent dans des positions vulnérables, exposés aux contre-attaques ukrainiennes. C’est un cercle vicieux : prendre du terrain sans pouvoir le tenir, avancer pour mieux reculer, perdre des hommes pour des gains éphémères. La victoire russe, si elle doit venir, sera pyrrhique.
Je regarde la carte du front et je vois des flèches, des lignes, des zones colorées. C’est abstrait. C’est propre. Mais derrière chaque flèche, il y a des hommes qui meurent. Derrière chaque ligne, il y a des villages rasés, des familles déplacées, des vies brisées. La guerre vue de loin ressemble à un jeu d’échecs. La guerre vue de près ressemble à l’enfer. Et ces soldats, des deux côtés, vivent cet enfer chaque jour. Pendant que nous regardons les cartes.
Conclusion : La guerre d'usure continue
Pas de fin en vue
Ce 19 janvier 2026 ressemble à tous les autres jours de cette guerre interminable. Mille morts russes. Des dizaines d’affrontements. Des villes en ruines. Des hommes qui tombent. Et demain, ça recommencera. Il n’y a pas de fin en vue. Pas de percée décisive. Pas de négociation sérieuse. Juste cette guerre d’attrition qui broie les hommes et le matériel, jour après jour, mois après mois, année après année.
L’Ukraine tient. C’est le fait essentiel. Malgré les pertes, malgré la fatigue, malgré l’épuisement des ressources, elle tient. Pokrovsk n’est pas tombée. Les lignes n’ont pas cédé. L’armée russe avance au compte-gouttes, payant chaque mètre d’un prix exorbitant. Ce n’est pas une victoire ukrainienne au sens classique. Mais ce n’est certainement pas une défaite. C’est la survie. Et dans cette guerre, la survie est déjà une forme de victoire.
Mille vingt soldats russes sont morts aujourd’hui. Je ne les connais pas. Je ne connaîtrai jamais leurs noms. Mais quelque part, en ce moment même, des mères russes pleurent des fils qu’elles ne reverront jamais. Des enfants attendent des pères qui ne rentreront pas. C’est la vérité de cette guerre, derrière les chiffres et les cartes. Une vérité de douleur et de perte. Et pendant que j’écris ces lignes, d’autres hommes meurent. À Pokrovsk. À Myrnohrad. À Vovchansk. La guerre ne s’arrête pas parce qu’on en parle. Elle continue. Elle broie. Elle tue. Mille par mille. Jour après jour. Jusqu’à quand ?
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des conflits qui déchirent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les dynamiques militaires, à comprendre les enjeux stratégiques, à donner un sens aux chiffres et aux cartes. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde de cette guerre qui nous concerne tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées proviennent de sources officielles ukrainiennes, notamment l’état-major des Forces armées ukrainiennes, ainsi que d’agences de presse internationales reconnues telles qu’Ukrinform, Euromaidan Press, RBC-Ukraine, Kyiv Independent et Meduza.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Les chiffres de pertes proviennent de sources ukrainiennes et peuvent différer des estimations d’autres sources. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
ArmyInform – The enemy lost more than a thousand soldiers and 170 vehicles — General Staff (19 janvier 2026)
Euromaidan Press – Ukrainians repel Russian assaults in Pokrovsk and Myrnohrad (19 janvier 2026)
Ukrinform – Enemy intensifies flanking maneuvers around Vovchansk (19 janvier 2026)
Sources secondaires
Kyiv Independent – Ukraine war latest: ‘Gruelling confrontation’ continues in Pokrovsk direction (19 janvier 2026)
RBC-Ukraine – Pokrovsk and Myrnohrad see urban combat, Russian drone crews eliminated (janvier 2026)
Meduza – As fighting continues in Pokrovsk and Kupyansk, Russia bears down on Ukraine’s main Donbas strongholds (16 janvier 2026)
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