Une liste qui fait trembler
Alexander Dugin n’a pas mâché ses mots. Il a énuméré les sept nations qui, selon lui, devraient cesser d’exister en tant qu’États souverains pour rejoindre une nouvelle empire russe. Armenia d’abord, ce petit pays du Caucase Sud qui a déjà payé un prix terrible pour son indépendance. Georgia ensuite, qui a connu la guerre avec la Russie en 2008 et a perdu l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Azerbaijan, avec ses richesses pétrolières et sa position stratégique sur la mer Caspienne. Puis les géants de l’Asie centrale : Kazakhstan, le neuvième plus grand pays du monde, avec ses vastes steppes et ses réserves de pétrole et de gaz. Uzbekistan, au cœur de la Route de la soie historique, avec ses villes millénaires de Samarcande et Boukhara. Tajikistan, niché dans les montagnes du Pamir. Kyrgyzstan, la « Suisse de l’Asie centrale » avec ses lacs alpins et ses nomades. Sept pays. Sept histoires millénaires. Sept cultures qui ont survécu à des empires, à des invasions, à des révolutions. Et qui maintenant, en 2026, se retrouvent menacées parce que Trump a ouvert la bouche sur un territoire danois.
Ce qui me glace le sang, c’est la précision de la liste. Dugin ne parle pas en termes vagues. Il nomme. Il pointe. Il désigne. Chaque nom sur cette liste représente des millions de vies. Armenie : environ 3 millions d’habitants. Des gens qui ont survécu au génocide de 1915, à des décennies de régime soviétique, à une guerre destructrice avec l’Azerbaïdjan. Des gens qui pensaient peut-être, naïvement, que le pire était derrière eux. Georgia : 3,7 millions d’habitants. Une nation fière qui a tout sacrifié pour son indépendance, qui a tourné le dos à Moscou, qui a rêvé d’Europe. Kazakhstan : 19 millions d’habitants. Une économie puissante, un territoire immense, une stabilité relative qui a attiré des investisseurs du monde entier. Uzbekistan : 34 millions d’habitants. Le plus peuplé des pays d’Asie centrale, une société complexe en pleine transformation. Comment un homme à Moscou peut-il décider que tout ça, tout cet univers humain, ne mérite pas d’exister ? Comment peut-il réduire des millions de destins à une ligne sur une carte ?
La géographie de la domination
Si vous regardez une carte de l’Eurasie, la stratégie de Dugin devient terrifiante. Ces sept pays forment un arc qui s’étend de la mer Noire à la frontière chinoise, en passant par la mer Caspienne et les montagnes de l’Asie centrale. C’est un ceinturon qui encercle la Russie du sud et de l’est. En les contrôlant, Moscou créerait une zone tampon immense, un espace de domination exclusive qui lui donnerait un accès direct aux régions les plus instables du monde : le Moyen-Orient, l’Afghanistan, la frontière chinoise. Les ressources naturelles de ces territoires sont phénoménales : pétrole, gaz, métaux rares, terres agricoles, eau. Dugin lui-même l’avoue : l’annexion de ces sept pays donnerait à la Russie 27% de territoire en plus que l’Union européenne tout entière. Ce n’est pas juste de la géopolitique. C’est de la prédation à l’échelle continentale.
Imaginez un instant la vie d’un Kazakh qui travaille dans les champs de pétrole du nord-ouest de son pays. Il se lève avant l’aube, il travaille dur, il envoie une partie de son salaire à sa famille à Almaty. Il pense à l’avenir de ses enfants. Il espère qu’ils auront une vie meilleure que la sienne. Et puis il apprend qu’un idéologue russe veut transformer son pays, sa terre, son foyer, en une province d’un empire russe. Que son drapeau, sa langue, son identité seraient effacés ou subordonnés. Comment se sent-il ? Rien de ce qu’il a construit n’a d’importance. Son existence, ses efforts, ses rêves — tout peut être annulé par une décision prise à des milliers de kilomètres, dans une salle de réunion froide à Moscou. C’est ça l’horreur de la domination impériale : elle vous dit que vous ne valez rien, que vous êtes expendable, que vous êtes de la chair à canon ou de la main-d’œuvre pour quelqu’un d’autre.
Cette liste me hante. Vraiment. Je regarde les noms de ces pays — Armenie, Georgia, Azerbaijan, Kazakhstan, Uzbekistan, Tajikistan, Kyrgyzstan — et je vois des visages. Des visages que j’ai croisés dans mes voyages, des gens que j’ai rencontrés, des histoires que j’ai entendues. L’artiste à Erevan qui m’a expliqué comment la musique sauve son âme. L’entrepreneur à Tbilissi qui m’a parlé de ses rêves européens. Le guide à Samarcande qui m’a fait visiter les madrasas avec une fierté évidente. Ces gens, Dugin les efface d’un trait de plume. Il dit qu’ils n’ont pas le droit d’exister. Que leur souveraineté est une anomalie. Ça me rend fou de rage. Qui est-il pour décider ? Qui est Trump pour lui donner l’excuse ? C’est de l’arrogance à l’état pur. De l’impunité à son paroxysme. Et le pire, c’est qu’il y a des gens, là-bas, ce soir, qui dorment avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Qui se demandent si demain ils seront encore libres. Si leurs enfants auront un avenir dans leur propre pays. Comment peut-on dormir tranquille quand on sait ça ?
Section 3 : la doctrine de l'irresponsabilité
Quand Trump ouvre la porte à l’enfer
La connexion entre le Groenland et l’Asie centrale semble absurde à première vue. Qu’est-ce qu’un territoire arctique danois a à voir avec les steppes du Kazakhstan ? Tout. L’absurde, c’est justement le point. Quand Donald Trump déclare que les États-Unis ont besoin de « contrôle complet et total » sur le Groenland pour leur sécurité nationale, il ne réalise pas qu’il vient de réécrire les règles du jeu international. Il dit implicitement que si une puissance décide qu’un territoire est « stratégique » pour sa sécurité, elle peut le prendre. Point final. Pas besoin de traités. Pas besoin de négociations. Pas besoin du consentement de la population locale. La force et la volonté suffisent. C’est exactement ce que Poutine et ses alliés attendaient depuis des années. Le précédent qu’ils pouvaient invoquer. L’alibi dont ils avaient besoin. Et Trump le leur a servi sur un plateau, gratuitement, sans même se rendre compte de ce qu’il faisait.
C’est comme si vous jouiez à un jeu de société et que soudain un joueur se levait et disait : « Désormais, les règles ne s’appliquent plus à moi. Je peux prendre ce que je veux quand je veux. » Les autres joueurs seraient choqués. Mais le temps de réagir, ce joueur aurait déjà tout pris. C’est exactement ce qui se passe ici. Trump a cassé les règles du droit international qui ont maintenu une certaine stabilité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ces règles, imparfaites certes, disaient au moins ceci : on ne s’empare pas d’un territoire souverain par la force. Trump, par sa rhétorique irresponsable sur le Groenland, a dit : « En fait, si, on peut. » Et Dugin a répondu : « Merci. On va s’en servir. » Le résultat ? Des millions de gens qui dorment ce soir avec la peur au ventre.
Le triomphe de la loi du plus fort
Alexander Dugin l’exprime de manière brutale : « Uniquement la brutalité, la force, la destruction massive et la cruauté comptent dans un monde à la Trump ». C’est une citation glaçante. Effrayante. Mais c’est la logique qu’il adopte. Si l’Amérique, la nation qui se présente comme le gardien de l’ordre international, peut annoncer publiquement qu’elle veut annexer un territoire étranger, alors pourquoi la Russie ne pourrait-elle pas faire de même ? Pourquoi la Chine ne pourrait-elle pas revendiquer Taïwan ? Pourquoi n’importe quelle puissance régionale ne pourrait-elle pas absorber ses voisins ? Trump, par ses déclarations sur le Groenland, a ouvert une boîte de Pandore que nous refermerons peut-être jamais. Il a dit au monde que la civilisation des règles est morte, que nous sommes retournés à l’ère de la jungle géopolitique. Et le pire, c’est qu’il ne comprend probablement même pas ce qu’il a fait. Il a parlé. Il a tweeté. Il a fait du « Trump ». Et pendant ce temps, à Moscou, des gens très intelligents et très dangereux prenaient des notes.
Je me demande souvent : à quel moment un humain décide-t-il de faire ça à un autre humain ? À quel moment Dugin a-t-il décidé que les aspirations, les rêves, les vies des Arméniens, des Géorgiens, des Kazakhs ne comptaient pas ? Qu’ils étaient des obstacles à son grand dessein impérial ? Est-ce qu’il a déjà rencontré ces gens ? Est-ce qu’il a déjà regardé un enfant ouzbek dans les yeux et lui a dit : « Tu ne mérites pas ton propre pays » ? Je parie que non. Ces idéologues vivent dans des tours d’ivoire, entourés de livres et de cartes, sans jamais toucher à la réalité humaine de leurs théories. Pour eux, les pays sont des pièces sur un plateau de jeu, pas des millions de vies. Et c’est ça qui me terrifie. Parce que quand vous ne voyez pas l’humanité de l’autre, vous pouvez lui faire n’importe quoi. Vous pouvez détruire son existence sans même sentir de remords. Trump, Dugin, Poutine — ils vivent dans ce même monde abstrait où les mots n’ont pas de conséquences réelles. Mais si. Les mots ont des conséquences. Des conséquences qui changent des vies. Des conséquences qui tuent.
Section 4 : les visages des menacés
Anahit à Erevan
Anahit a 42 ans. Elle vit à Erevan, la capitale de l’Arménie, avec son mari et ses deux enfants. Elle travaille comme professeure d’histoire au lycée. Tous les soirs, elle aide ses enfants à faire leurs devoirs. Elle prépare le dîner. Elle regarde les nouvelles. Ce soir-là, le 19 janvier 2026, elle est tombée sur une vidéo où un homme russe expliquait que son pays, son Arménie bien-aimée, ne devrait pas exister comme état souverain. Que l’Arménie devrait « rejoindre » une union eurasienne dirigée par Moscou. Qu’elle n’était pas assez forte pour survivre seule. Anahit s’est assise sur son canapé, la télé allumée, et a pleuré. Pas parce qu’elle a peur des chars russes qui arriveraient demain matin. Parce qu’elle a réalisé que sa souffrance ne comptait pas. Que l’histoire de son peuple, ses millénaires de résilience, ses guerres, ses sacrifices — tout ça ne pesait rien dans le calcul géopolitique des grandes puissances. Elle a pensé à ses parents, qui avaient vécu les dernières années de l’Union soviétique. Qui avaient rêvé d’indépendance. Qui avaient voté oui au référendum de 1991. Tout ça pour quoi ? Pour qu’un homme à Moscou dise, 35 ans plus tard, que c’était une erreur ?
Anahit est allée dans la chambre de ses enfants. Ils dormaient déjà. Son fils de 14 ans, son rêve de devenir ingénieur. Sa fille de 10 ans, ses dessins de papillons accrochés au mur. Elle les a regardés dormir et elle s’est demandé : « Qu’est-ce que je leur dirai ? Que leur avenir n’existe pas ? Que leur patrie est une fiction que des étrangers peuvent effacer d’un trait de plume ? » Elle a pensé à ses élèves, ces jeunes visages qui la regardaient avec admiration quand elle leur racontait l’histoire de l’Arménie. Comment leur expliquer que tout ça, tout cet héritage, pourrait être annulé ? Que tout ce pour quoi leurs ancêtres avaient lutté pouvait être perdu sans même qu’ils aient leur mot à dire ? Anahit est revenue dans son salon et a éteint la télé. Mais l’obscurité ne l’a pas soulagée. Parce qu’elle savait que quelque part, très loin, des hommes prenaient des décisions qui définiraient son avenir sans même la connaître.
Ruslan à Almaty
Ruslan a 35 ans. Il vit à Almaty, la plus grande ville du Kazakhstan, avec sa femme et leur fils de trois ans. Il travaille dans une entreprise technologique qui développe des applications pour smartphones. Il est fier de son pays. Le Kazakhstan a connu une croissance économique formidable depuis son indépendance en 1991. Des tours modernes ont poussé à Almaty et à Astana, la nouvelle capitale. Des entreprises internationales ont investi. Des Kazakhs ont voyagé, étudié à l’étranger, rapporté des idées. Ruslan faisait partie de cette nouvelle génération qui croyait que le meilleur était devant eux. Que son fils grandirait dans un pays prospère, stable, souverain. Il avait des projets. Acheter une plus grande maison. Voyager en famille. Envoyer son fils dans une bonne école.
Mais ce soir-là, quand il a vu la vidéo de Dugin, tout a changé. Ruslan s’est senti trahi. Pas par les Kazakhs, mais par le monde. Par l’ordre international qui devait protéger les petits pays contre les prédateurs. Il s’est senti réduit à une ressource, à un territoire, à une ligne sur une carte. Son éducation, son travail, ses rêves — tout semblait soudain fragile, menacé, contingent. Il a regardé son fils qui jouait avec ses légos dans le salon et il s’est demandé : « Qu’est-ce qui l’attend ? Est-ce qu’il aura les mêmes opportunités que moi ? Est-ce qu’il pourra décider de son propre destinée, ou sera-t-il soumis à des décisions prises à Moscou, Pékin, Washington ? » Ruslan s’est assis à son ordinateur et a commencé à chercher des informations sur l’histoire du Kazakhstan, sur les moments où l’indépendance avait failli disparaître. Il ne savait pas pourquoi il faisait ça. Peut-être pour se rassurer, pour se rappeler que son pays avait déjà survécu à des menaces. Mais ce qu’il a trouvé ne l’a pas rassuré. Il a découvert que la souveraineté n’est pas un acquis éternel. C’est quelque chose qu’on doit défendre, protéger, reconquérir à chaque génération. Et Ruslan s’est demandé si sa génération était prête à le faire.
Anahit. Ruslan. Des millions comme eux. Ce sont eux qui paient le prix de l’irresponsabilité des dirigeants. Pendant que Trump tweete sur le Groenland comme s’il s’agissait d’une acquisition immobilière, pendant que Dugin théorise l’expansion impériale dans des salles de réunion climatisées, des gens comme Anahit et Ruslan vivent avec cette anxiété sourde qui ronge le ventre. C’est pas juste de la politique. C’est de l’existence. Est-ce que ma vie a un sens ? Est-ce que mes enfants auront un avenir ? Est-ce que mon pays existe vraiment, ou est-ce que c’est juste une fiction temporaire ? Ces questions, aucun dirigeant ne se les pose. Pour eux, c’est des abstractions. Pour Anahit et Ruslan, c’est leur réalité quotidienne. Ça me met en colère. Vraiment. Comment peut-on être aussi aveugle à l’impact de ses mots ? Comment peut-on traiter des millions de vies comme des variables dans une équation géopolitique ? C’est inhumain. C’est cruel. C’est impardonnable.
Section 5 : l'abandon de l'ordre international
Quand les règles ne s’appliquent plus
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le monde a vécu sous un système de règles internationales. La Charte des Nations Unies, signée en 1945, établit un principe fondamental : l’interdiction de l’utilisation de la force contre l’intégrité territoriale d’un état souverain. Ce principe n’était pas parfait, bien sûr. Il y a eu des violations. Des guerres. Des invasions. Mais au moins, il y avait une norme, un standard, une référence que la communauté internationale pouvait invoquer. Quand l’Irak a envahi le Koweït en 1990, le monde a réagi en se basant sur ce principe. Quand la Russie a envahi la Géorgie en 2008, l’Ukraine en 2014 puis à nouveau en 2022, le monde a condamné ces actions en citant la Charte. Ces règles n’étaient pas parfaites, mais elles donnaient un cadre, un langage commun, une base pour dire : « Ça, c’est inacceptable. »
Mais aujourd’hui, ce cadre est en train de s’effondrer. Pas lentement. Rapidement. Spectaculairement. Quand le président des États-Unis, le pays qui se présente comme le leader du monde libre, annonce qu’il veut annexer un territoire souverain, il ne viole pas seulement les règles. Il les démontre. Il dit au monde entier : « Ces règles ne s’appliquent pas à nous. Elles ne s’appliquent pas aux puissants. Elles ne s’appliquent qu’aux faibles qui ne peuvent pas se défendre. » C’est un message terrifiant. Un message qui résonne dans les capitales du monde entier. À Pékin, les dirigeants chinois prennent des notes. À Téhéran, à Ankara, à Riyad, d’autres pouvoirs régionaux observent. Et ce qu’ils voient, c’est que l’ère de l’ordre international est terminée. Que nous sommes entrés dans une nouvelle ère — l’ère de la loi du plus fort, où seul le pouvoir compte.
Le nouveau monde des prédateurs
Alexander Dugin voit ce nouveau monde plus clairement que personne. Il l’appelle un « monde tripolaire » dominé par trois grandes puissances : les États-Unis, la Russie et la Chine. Dans ce monde, l’Europe n’a pas de rôle. Les pays moyens n’ont pas de voix. Les petits états n’ont pas d’existence autonome. Ils doivent choisir un camp et s’y soumettre. C’est une vision darwinienne de la géopolitique, où seule la force compte. Dugin est allé jusqu’à proposer une « doctrine de Monroe eurasienne » — une version russe de la doctrine américaine de 1823 qui proclamait que l’hémisphère occidental appartenait aux États-Unis. « Eurasie pour les Eurasians », dit Dugin. En d’autres termes : l’Asie centrale, le Caucase, l’Europe de l’Est — tous ces territoires appartiennent de droit à la sphère d’influence russe. S’ils essaient de résister, s’ils cherchent à se rapprocher de l’Occident, de la Chine, de la Turquie, ils deviennent des traîtres, des ennemis, des cibles légitimes.
Cette vision n’est pas nouvelle. Dugin la prêche depuis des décennies. Mais auparavant, elle restait dans les marges, partagée par quelques nationalistes extrémistes. Aujourd’hui, grâce à Trump, elle est entrée dans le courant dominant. Le président américain, par sa rhétorique sur le Groenland, a donné une légitimité à cette vision. Il a dit, en substance : « Oui, Dugin a raison. Le monde fonctionne comme ça. Les puissants prennent ce qu’ils veulent. » C’est un cadeau inestimable pour le Kremlin. Jusqu’à maintenant, Moscou devait faire face à la critique internationale, aux sanctions, à l’isolement quand il violait la souveraineté d’un pays voisin. Désormais, il peut pointer du doigt Trump et dire : « Regardez. Les Américains font pareil. » C’est l’argument de la « what-about-isme » à son paroxysme. L’hypocrisie américaine devient le bouclier derrière lequel les prédateurs du monde peuvent se cacher.
Je suis écœuré. Vraiment. Pas surpris, mais écœuré. J’ai passé ma vie à croire que l’humanité progressait, que nous devenions plus civilisés, que nous apprenions des leçons de l’histoire. La Seconde Guerre mondiale, avec ses horreurs, avait abouti à la création d’un système international qui, malgré ses défauts, disait au moins ceci : « Plus jamais ça ». Plus jamais d’annexions. Plus jamais de conquêtes. Plus jamais de pays effacés de la carte par la force brute. Et aujourd’hui, en 2026, nous voilà de retour à 1938. Quand les puissances pouvaient dicter leur loi aux faibles. Quand la souveraineté était un luxe, pas un droit. Quand des millions de gens pouvaient voir leur destinée changée par la signature d’un traité dans une capitale lointaine. C’est un recul civilisationnel massif. Et le pire, c’est que nous le faisons volontairement. Trump ne se contente pas d’ignorer les règles. Il les démontre. Il dit au monde que tout ce pour quoi nous avons lutté depuis 1945 — la justice internationale, la protection des faibles, l’égalité des nations — n’était qu’une illusion. Une belle histoire que nous nous racontions pour nous sentir bien. La réalité, dit Trump, c’est que la force règne. Et ça me brise le cœur. Parce que je sais que les Anahit et les Ruslan de ce monde paieront le prix de cette arrogance.
Section 6 : les populations prises en étau
Le dilemme de la survie
Pour les 80 millions d’habitants des sept pays menacés par Dugin, la situation est terrifiante à bien des égards. D’abord, parce qu’ils savent que leur protection internationale s’évapore. Pendant des décennies, les pays de l’ex-URSS ont pu compter, du moins en théorie, sur le système international pour défendre leur souveraineté. S’ils étaient envahis, ils pouvaient appeler à l’aide. Ils pouvaient dénoncer l’agression. Ils pouvaient espérer que la communauté internationale réagirait, avec des sanctions, des condamnations, peut-être même une intervention. Mais aujourd’hui, cette garantie s’effrite. Si Trump peut parler d’annexer le Groenland sans conséquences graves, si le système international reste silencieux face à une telle violation manifeste des règles, alors comment ces petits pays peuvent-ils espérer être protégés s’ils sont attaqués ? Ils réalisent soudain qu’ils sont seuls. Qu’ils doivent faire appel à leurs propres forces, à leurs propres alliances, à leurs propres ressources pour survivre.
Ce dilemme est particulièrement aigu pour les pays qui, comme la Géorgie ou l’Arménie, ont déjà goûté à l’agression russe. En 2008, la Géorgie a subi une invasion éclair qui lui a coûté l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. En 2020, l’Arménie a perdu une guerre dévastatrice contre l’Azerbaïdjan qui lui a coûté le Nagorny-Karabakh. Ces pays savent ce que signifie la violence, la perte de territoire, le déplacement de populations. Ils savent que la Russie n’est pas un théoricien abstrait, mais un prédateur bien réel qui a déjà prouvé sa volonté d’utiliser la force. Et aujourd’hui, ils voient Dugin pointer sept autres pays dans sa lunette. Ils se demandent : sommes-nous sur cette liste ? Ou sommes-nous déjà « réglés » ? La réponse n’importe guère. Dans les deux cas, le message est le même : personne n’est en sécurité.
La course aux armements
Face à cette menace, une réaction naturelle est de renforcer les capacités de défense. Les sept pays nommés par Dugin, ainsi que leurs voisins, vont probablement augmenter leurs budgets militaires, chercher des alliances, acheter des armes. C’est déjà visible. Le Kazakhstan a annoncé de nouvelles acquisitions d’équipements militaires. L’Ouzbékistan a renforcé sa coopération avec la Chine. La Géorgie a accéléré ses pourparlers avec l’OTAN. C’est une logique compréhensible : si la protection internationale disparaît, chaque pays doit se protéger lui-même. Mais cette course aux armements a des conséquences dévastatrices. D’abord, elle détourne des ressources précieuses. Ces pays, pour beaucoup en développement, ont besoin d’investissements dans l’éducation, la santé, les infrastructures. L’argent dépensé en chars et en missiles ne peut pas être dépensé en écoles et en hôpitaux. Les enfants qui grandiront dans ces pays auront moins d’opportunités parce que leurs gouvernements devront les protéger contre une menace qui ne devrait pas exister.
Ensuite, cette course aux armements augmente le risque de guerre. Plus de pays armés, plus de tensions, plus d’occasions pour qu’un incident dégénère en conflit. Imaginez une frontière disputée entre deux de ces pays, une patrouille qui tire par erreur, un incident diplomatique qui escalade. Dans un environnement où l’ordre international s’effondre, où la force prime sur le droit, de tels incidents peuvent rapidement déboucher sur la guerre. Et ce sont les populations civiles qui paieront le prix. Les Anahit et les Ruslan de ce monde ne veulent pas la guerre. Ils veulent vivre en paix, élever leurs enfants, construire leur avenir. Mais ils sont pris en étau dans une dynamique géopolitique qui dépasse leur contrôle.
Cette folie m’épouvante. Vraiment. Nous voici en 2026, à une époque où l’humanité a les moyens de nourrir tout le monde, de guérir presque toutes les maladies, de connecter chaque être humain à la somme de connaissances de l’humanité. Et qu’est-ce que nous faisons ? Nous construisons des chars. Nous achetons des missiles. Nous transformons nos économies en machines de guerre. Pourquoi ? Parce que quelques hommes dans des capitales lointaines ont décidé que les règles ne s’appliquent plus à eux. Parce que Trump veut jouer à l’empereur avec le Groenland. Parce que Dugin veut recréer l’empire russe. Ça me fait honte. Honte d’appartenir à une espèce aussi stupide, aussi destructrice, aussi incapable d’apprendre. Ces 80 millions de gens dans les sept pays menacés — ils ne veulent pas la guerre. Ils n’ont rien fait pour la mériter. Ils sont juste là, au mauvais endroit, au mauvais moment. Et nous allons les obliger à vivre dans la peur, à consacrer leurs ressources à la défense, à préparer leurs enfants à un conflit qui ne devrait jamais avoir lieu. C’est inacceptable. C’est immoral. C’est le triomphe de l’absurde sur la raison.
Section 7 : les conséquences invisibles
Les traumatismes qui traversent les générations
Quand un pays perd sa souveraineté, quand il est forcé de rejoindre une union contre sa volonté, les conséquences ne s’arrêtent pas à la signature d’un traité. Elles se propagent à travers les générations, se logent dans la psyché collective, façonnent les identités pendant des décennies, des siècles. Regardez les pays baltes — l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie. Ils ont passé 50 ans sous l’occupation soviétique. Aujourd’hui, 30 ans après avoir retrouvé leur indépendance, ils demeurent traumatisés par cette expérience. Ils sont obsédés par la sécurité. Ils investissent massivement dans la défense. Ils rejoignent l’OTAN et l’Union européenne avec une ferveur quasi religieuse. Pourquoi ? Parce que la mémoire de l’occupation reste vive. Parce que les griffes de l’empire russe ont laissé des cicatrices qui ne guérissent jamais.
Les sept pays nommés par Dugin savent ce qui les attend si Moscou parvient à ses fins. Ce ne sera pas juste un changement de drapeau sur les bâtiments officiels. Ce sera l’effacement progressif de leur identité. La russification de l’éducation. La marginalisation de leur langue. La surveillance de leurs élites. L’exploitation de leurs ressources. Les traumatismes que cela engendrera traverseront les générations. Les enfants qui grandiront sous cette domination apprendront à avoir peur. À dissimuler leurs vrais sentiments. À se méfier de leurs voisins. À accepter l’inacceptable. C’est ce qu’on appelle la tyrannie intérieure — la manière dont l’oppression extérieure s’installe dans l’âme d’un peuple et corrompt son rapport au monde, à la liberté, à lui-même.
La perte irréversible
Ce qui me terrifie le plus, c’est l’irréversibilité de cette perte. Quand un pays perd son indépendance, il ne la retrouve pas facilement. Certains pays y sont parvenus — les Baltes, par exemple — mais c’est l’exception, pas la règle. La plupart des empires, une fois qu’ils absorbent un territoire, ne le lâchent pas facilement. L’histoire est remplie de nations qui ont disparu, effacées de la carte par des conquérants plus puissants. Les cultures qui ont survécu l’ont fait à travers une résistance acharnée, une préservation obstinée de leur identité dans la clandestinité. Est-ce que les Arméniens, les Géorgiens, les Kazakhs, les Ouzbeks sont prêts à faire ce sacrifice ? Est-ce qu’ils sont prêts à voir leurs cultures réduites à des pratiques clandestines, leurs langues marginalisées, leurs identités niées ?
Et même s’ils parvenaient, miraculeusement, à retrouver leur indépendance dans le futur, les dégâts seraient déjà faits. Les générations qui auront grandi sous la domination russe porteront les cicatrices de cette expérience. La confiance envers le monde extérieur sera brisée. Le traumatisme collectif imprégnera la culture, la politique, les relations humaines. Ce n’est pas juste une perte de souveraineté politique. C’est une amputation de l’âme d’un peuple. Et quand une âme est amputée, elle ne repousse jamais tout à fait comme avant.
Je pense aux cultures menacées et je pleure intérieurement. L’Arménie avec son alphabet unique, ses églises anciennes, ses traditions millénaires. La Géorgie avec sa langue incroyablement complexe, ses chants polyphoniques, sa cuisine riche. Le Kazakhstan avec ses nomades des steppes, ses yourtes, ses légendes épiques. L’Ouzbékistan avec ses villes mythiques de Samarcande et Boukhara, ses artisanats, ses jardins. Le Tadjikistan avec ses montagnes majestueuses, ses villages perchés dans les nuages. Le Kirghizistan avec ses lacs alpins, ses chevaux, sa liberté sauvage. Tout cet héritage, cette beauté, cette diversité — Dugin veut le réduire à des satellites d’un empire russe uniformisé. Il veut effacer ce qui rend ces pays uniques, irremplaçables, précieux. Et pour quoi ? Pour satisfaire une ambition impériale pathologique. Pour calmer les frustrations d’une nation qui refuse d’accepter la fin de son empire. C’est un crime culturel aussi grave que le crime politique. Peut-être plus grave encore, parce que les cultures, une fois disparues, ne reviennent jamais. Les bâtiments peuvent être reconstruits, les économies restaurées. Mais l’âme d’un peuple, si elle est brisée, ne se répare jamais tout à fait.
Section 8 : le moment du choix
Le monde est à la croisée des chemins
Nous sommes à un moment décisif de l’histoire. Pas un moment ordinaire. Un moment où les décisions que nous prendrons aujourd’hui façonneront le monde pour des décennies, peut-être des siècles. D’un côté, il y a le chemin tracé par Trump et Dugin : le rejet de l’ordre international, le retour à la loi du plus fort, la normalisation de l’annexion territoriale. De l’autre, il y a le chemin de la résistance : le refus d’accepter ce nouveau monde, la défense des règles, la protection des faibles contre les prédateurs. Le problème, c’est que le premier chemin semble avoir le vent en poupe. Trump a démontré que l’on peut violer les règles sans conséquences graves. Dugin a montré que l’on peut profiter de cette impunité pour étendre son empire. Qui s’opposera à eux ? Qui dira « stop » ?
L’Union européenne tente de réagir. Le Parlement européen a adopté une résolution affirmant son soutien à l’intégrité territoriale du Groenland. Les dirigeants danois ont condamné les déclarations de Trump. Mais est-ce que ça suffira ? Les mots, même forts, ont-ils encore du poids quand les chars roulent ? Je ne suis pas sûr. L’histoire nous montre que les dictateurs et les impérialistes ne reculent que face à une opposition résolue, coordonnée, et si nécessaire, militaire. Les mots ne suffisent pas. Il faut une volonté politique claire, une capacité de dissuasion réelle, une crédibilité indiscutable.
Le test final
Les sept pays menacés par Dugin font face au test ultime de leur existence en tant que nations indépendantes. Ils doivent décider comment répondre à cette menace. Doivent-ils chercher la protection de l’OTAN ? De l’Union européenne ? De la Chine ? Doivent-ils former leur propre alliance ? Doivent-ils se soumettre à Moscou pour éviter le pire ? Il n’y a pas de bonne réponse facile. Chaque option comporte des risques, des coûts, des incertitudes. Mais une chose est certaine : le statu quo n’est plus possible. Ces pays ne peuvent plus prétendre que tout va bien, que leur souveraineté est garantie, que l’ordre international les protégera. Ils doivent agir, maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.
Le monde entier, pas seulement ces sept pays, fait face au même test. Nous devons décider quel genre de monde nous voulons vivre. Un monde où la force dicte la loi, où les puissants peuvent prendre ce qu’ils veulent, où les faibles sont à la merci des prédateurs ? Ou un monde où les règles s’appliquent à tous, où la souveraineté est respectée, où les petits pays ont le droit d’exister en paix ? La réponse à cette question définira notre avenir. Définira le genre de civilisation que nous sommes. Définira si nous méritons de survivre en tant qu’espèce.
Je me sens complètement impuissant. Pas parce que je ne peux rien faire, mais parce que j’ai l’impression que la décision a déjà été prise, que le monde a déjà basculé, que nous sommes en train de glisser vers l’abîme et que personne n’appuie sur le frein. Trump continue de tweeter, Dugin continue de théoriser, Poutine continue de planifier. Pendant ce temps, les Anahit et les Ruslan de ce monde attendent. Ils attendent une réaction. Ils attendent de l’aide. Ils attendent que le monde se souvienne que des millions de vies sont en jeu. Mais le monde est distrait. Le monde est fatigué. Le monde a d’autres préoccupations. Et pendant que nous nous distrayons, l’impensable devient banal. L’inacceptable devient normal. L’horreur devient une statistique de plus dans les nouvelles du soir. Ça me dégoûte. Vraiment. J’ai honte de nous. Honte de notre lâcheté, de notre indifférence, de notre incapacité à agir quand ça compte vraiment. Nous savons ce qui se passe. Nous savons ce qui est en jeu. Et nous ne faisons rien. Rien. C’est le verdict que l’histoire rendra sur nous : quand le moment du choix est arrivé, nous avons choisi de ne pas choisir.
Section 9 : l'ultimatum qui change tout
L’échéance qui approche
Il y a quelque chose de particulièrement effrayant dans la déclaration de Dugin : elle n’est pas théorique, elle est pragmatique. Dugin ne se contente pas de dire que la Russie devrait envahir ces sept pays. Il explique comment et quand. Il dit que c’est « obligatoire », que la Russie « n’a pas le choix », que le moment est venu d’agir. Il parle comme un général qui donne des ordres avant une bataille imminente. Et le plus terrifiant, c’est que Dugin n’est pas un inconnu. Il a des liens étroits avec le Kremlin. Il influence la pensée de l’élite russe. Ses théories ont inspiré la politique étrangère de Poutine. Quand il parle, Moscou écoute. Donc quand il dit que la Russie doit envahir sept pays, ce n’est pas juste une opinion marginale. C’est une mise en garde. Un ultimatum. Une déclaration d’intention.
L’échéance n’est pas précisée, mais elle est implicite. Dugin parle comme si l’action était imminente, comme si la Russie devait agir maintenant pour ne pas rater l’occasion créée par Trump. Cette urgence ajoute une couche supplémentaire d’anxiété pour les pays menacés. Ils ne savent pas quand l’attaque viendra, ni par où elle commencera. Ils ne savent pas si ce sera l’Arménie en premier, ou le Kazakhstan, ou l’Ouzbékistan. Ils ne savent pas si ce sera une invasion conventionnelle, ou une guerre hybride, ou une pression économique, ou une combinaison de tout ça. L’incertitude elle-même est une arme. Elle paralyse. Elle divise. Elle force les pays à consacrer toutes leurs ressources à la défense, ce qui les affaiblit économiquement et politiquement.
Le point de non-retour
À un moment, il y aura un point de non-retour. Un moment où les mots deviendront des actions, où les menaces deviendront des réalité, où l’impensable se produira. Quand ce moment arrivera, le monde aura le choix de réagir ou de rester passif. S’il reste passif, alors l’ordre international s’effondrera définitivement. Si un pays peut en envahir sept autres sans conséquences graves, alors qu’est-ce qui empêchera d’autres pays de faire de même ? La Chine à Taïwan ? La Turquie dans les Balkans ? L’Iran dans le Moyen-Orient ? Nous entrerons dans une ère de chaos géopolitique sans précédent, une époque de guerres incessantes, d’annexions, de redécoupages incessants des frontières.
Mais si le monde réagit, s’il impose des sanctions sévères, s’il isole la Russie, s’il soutient les pays menacés, alors peut-être que l’ordre international pourra être sauvé. Peut-être que les Dugin de ce monde comprendront que la violence a un prix, que l’impunité a des limites, que le droit international a encore du sens. Le problème, c’est que ce genre de réaction demande du courage. Demande de la volonté. Demande de l’unité. Et ces qualités sont rares dans un monde divisé, distrait, fatigué.
Je me réveille parfois au milieu de la nuit et je pense à ces sept pays. J’imagine les nuits que leurs habitants vivent. Les insomnies. Les cauchemars. Les conversations silencieuses entre conjoints : « Qu’est-ce que nous allons faire ? » Les questions des enfants : « Maman, c’est quoi une guerre ? » Les regards de vieilles gens qui ont déjà vécu l’occupation soviétique et qui se demandent si ils vont devoir la revivre une dernière fois. Ça me brise le cœur. Vraiment. Parce que je sais que tout ça est évitable. Que tout ça arrive parce que quelques hommes irresponsables ont décidé de jouer à l’empereur. Que les Anahit et les Ruslan de ce monde vont souffrir, peut-être mourir, à cause d’ambitions géopolitiques qu’ils ne comprennent même pas. C’est l’injustice ultime. L’injustice de payer pour les crimes des autres. L’injustice d’être un pion sur un plateau de jeu dont on ignore même les règles. Et pendant que je reste éveillé dans le noir, je me demande : quand est-ce que le monde dira « assez » ? Quand est-ce que nous dirons « plus jamais » ? Quand est-ce que nous nous souviendrons que chaque vie compte, que chaque culture a de la valeur, que chaque pays a le droit d’exister ? Je attends toujours la réponse. Et je me demande si elle viendra jamais.
Conclusion : l'écho qui hante
Les visages que nous ne devons pas oublier
Anahit à Erevan. Ruslan à Almaty. Les millions d’autres qui vivent dans les sept pays nommés par Alexander Dugin. Ils ne sont pas des abstractions géopolitiques. Ils ne sont pas des pièces sur un plateau de jeu. Ils sont des êtres humains. Des êtres humains avec des espoirs, des rêves, des peurs. Des êtres humains qui s’aiment, qui souffrent, qui espèrent. Des êtres humains qui méritent de vivre en paix, de décider de leur propre destinée, de transmettre leur culture à leurs enfants. Ce sont ces visages que nous devons garder en mémoire quand nous parlons de géopolitique. Ce sont ces vies qui sont en jeu quand Trump tweete irresponsablement sur le Groenland. Ce sont ces âmes qui sont menacées quand Dugin théorise l’expansion impériale.
L’histoire ne se souviendra pas des arguments techniques, des justifications juridiques, les calculs stratégiques. Elle se souviendra des choix que nous avons faits. Avons-nous choisi de protéger les faibles ? Avons-nous choisi de défendre le droit international ? Avons-nous choisi de dire que chaque pays, chaque culture, chaque personne a de la valeur ? Ou avons-nous choisi le silence, l’indifférence, la complicité ? La réponse à cette question définira non seulement l’avenir des sept pays menacés, mais aussi l’âme de notre civilisation.
Sept pays. Quatre-vingts millions d’êtres humains. Des millénaires d’histoire et de culture. Tout ça, réduit à une ligne dans un discours d’idéologue. Tout ça, menacé par l’irresponsabilité d’un président américain. Ça me laisse sans voix. Vraiment. Je regarde ce qui se passe et je me demande : comment en sommes-nous arrivés là ? Comment l’humanité peut-elle être à la fois si brillante et si stupide ? Capable de créer des merveilles et capable de détruire l’inestimable ? Je n’ai pas de réponse. Seulement une question qui me hante, qui me poursuit, qui refuse de me laisser dormir : quand est-ce que nous apprendrons ? Quand est-ce que nous comprendrons que chaque vie compte ? Quand est-ce que nous réaliserons que la force sans justice est juste de la brutalité, que la puissance sans moralité est juste de la tyrannie ? Et le pire, c’est que même pendant que je pose cette question, je sais que quelque part, à Erevan, à Almaty, à Tbilissi, une mère regarde ses enfants dormir et se demande la même chose. « Pourquoi nous ? Qu’est-ce que nous avons fait ? » Et il n’y a pas de réponse. Il n’y aura jamais de réponse. Il n’y aura que le silence, l’attente, la peur. Et peut-être, si nous avons de la chance, le souvenir que nous n’avons pas oublié. Que nous n’avons pas abandonné. Que nous n’avons pas cessé de croire que même les plus faibles ont le droit d’exister. Espérons que ce souvenir suffise. Espérons qu’il ne soit pas trop tard.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements globaux, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les déclarations d’Alexander Dugin publiées sur les plateformes médiatiques, les articles de presse internationaux tels que News18, The Express et Nova24.uz, ainsi que les réactions des organisations internationales et des gouvernements concernés.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
News18 – « Putin Ally Says Trump’s Greenland Push Strengthens Russia’s Case To Invade Seven Countries » (19 janvier 2026)
The Express – « Russia urged to ‘toss aside international law’ in chilling land grab plan » (19 janvier 2026)
Nova24.uz – « Alexander Dugin questions Uzbekistan’s sovereignty — video » (19 janvier 2026)
Sources secondaires
Parlement européen – « Support for Greenland’s territorial integrity and sovereignty » (19 janvier 2026)
BBC News – « ‘Europe won’t be blackmailed,’ Danish PM says in wake of Trump threats » (19 janvier 2026)
CNBC – « Greenland PM issues defiant rebuke over Trump’s tariff threats » (19 janvier 2026)
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