Un parcours improbable
Pavlo Yelizarov, 56 ans, est connu dans l’armée sous l’indicatif Lazar. Son unité, Lasar’s Group, est devenue l’une des plus redoutées par Moscou. Selon le Wall Street Journal, qui a récemment obtenu un accès exclusif à son centre de commandement secret, cette unité aurait détruit pour environ 12 milliards de dollars d’équipements militaires russes depuis septembre 2022. Près de 20% des pertes de chars confirmées de la Russie lui seraient attribuables. Tout ça, conçu par un homme qui, le 24 février 2022, au premier jour de l’invasion, ne savait rien de la guerre.
Le jour où les troupes russes ont commencé leur avancée vers Kyiv, Yelizarov s’est porté volontaire. Son adjoint à la chaîne de télévision l’a suivi peu après. En 2022, il a acheté un drone agricole de contrebandier pour 10 000 dollars — un appareil utilisé auparavant pour faire passer des cigarettes à travers les frontières — et y a attaché une mine antichar. Son directeur technique a ensuite eu l’idée qui allait tout changer : fixer des terminaux Starlink directement sur les drones pour permettre un contrôle via Internet jusqu’à 60 kilomètres de distance. Les pilotes pouvaient désormais opérer depuis des positions sécurisées à l’arrière plutôt que des lignes de front vulnérables.
Il y a quelque chose de profondément humain dans cette histoire. Un gars qui faisait de la télé. Qui ne connaissait rien aux armes. Et qui, face à l’impensable, a simplement… improvisé. Bricolé. Inventé. C’est ça, l’Ukraine. Ce refus de mourir. Cette capacité à transformer un drone de contrebandier en arme de guerre. On peut avoir l’armée la plus puissante du monde face à soi. Mais on ne peut pas vaincre des gens qui refusent d’abandonner.
Le modèle McDonald’s de la guerre
Yelizarov a un jour expliqué sa philosophie à Forbes Ukraine de manière frappante. Il observait les autres unités de drones ukrainiennes et voyait ce qu’il appelait des restaurants familiaux. Des opérations artisanales, talentueuses, mais limitées. Or, selon lui, on ne gagne pas une guerre avec un restaurant familial. Il fallait bâtir un McDonald’s. Une opération industrielle, standardisée, capable de fonctionner 24 heures sur 24. Et c’est exactement ce qu’il a fait. Aujourd’hui, des dizaines de pilotes attaquent des cibles russes en permanence depuis son centre de commandement, coordonnés avec des équipes au sol capables de faire voler des centaines de drones simultanément.
Section 3 : la révolution des drones intercepteurs
Quand l’économie de guerre s’inverse
La décision la plus conséquente des années 2024-2025 en Ukraine a été de traiter les drones intercepteurs comme une capacité primaire plutôt qu’une expérience. Après que Zelensky ait fixé l’objectif en juillet 2025, l’Ukraine a atteint, au 7 janvier 2026, une production de 1 500 drones intercepteurs FPV par jour. Ces petits appareils, conçus spécifiquement pour contrer les menaces de type Shahed et autres cibles aériennes à faible coût, coûtent entre 3 000 et 5 000 dollars l’unité. Le drone russe Shahed, lui, peut coûter jusqu’à 100 000 dollars.
L’équation est brutale dans sa simplicité. La Russie peut lancer des centaines, voire des milliers de drones en courtes périodes. Utiliser uniquement des missiles pour les intercepter serait économiquement insoutenable. Un missile Patriot peut coûter plusieurs millions de dollars. Gaspiller ces munitions précieuses contre des drones bon marché viderait les arsenaux en quelques attaques massives. Les drones intercepteurs ukrainiens sont conçus pour absorber le volume. Ils ne remplacent pas les systèmes de missiles. Ils les préservent. En opposant des menaces bon marché à des contre-mesures bon marché, l’Ukraine a commencé à remodeler la courbe des coûts de la défense aérienne plutôt que d’essayer de la dépasser.
Vous savez ce qui me fascine dans cette approche? Ce n’est pas la technologie. C’est la pensée. La capacité de regarder un problème impossible — des milliers de drones russes contre des missiles hors de prix — et de refuser la logique conventionnelle. Et si on arrêtait d’essayer de gagner leur jeu? Et si on changeait les règles? C’est exactement ce que font les Ukrainiens. Et c’est pour ça que le Kremlin est nerveux. Parce qu’on ne peut pas battre des gens qui réinventent la guerre en temps réel.
Le STING et le Bullet : les nouveaux gardiens du ciel
Des modèles comme le STING, développé par la startup citoyenne Wild Hornets, et le Bullet de General Cherry, peuvent accélérer brusquement avant de percuter les drones ennemis. Ils sont pilotés par des opérateurs qui regardent des écrans ou portent des lunettes à vision en première personne. Le 13 janvier 2026, lors d’une attaque massive russe impliquant 247 moyens de frappe — dont au moins 18 missiles balistiques — les intercepteurs ukrainiens ont abattu 64 drones Shahed en une seule nuit. Uniquement les intercepteurs. Uniquement contre les Shaheds. Selon Zelensky, le taux de réussite moyen de ces drones est de 68%.
Section 4 : une défense aérienne en couches
L’architecture de la survie
La défense aérienne moderne de l’Ukraine n’est pas une arme miracle unique. C’est une architecture. Un réseau multicouches de radars, d’intercepteurs, de commandement et de communications qui fonctionne comme un organisme vivant. Au sommet se trouvent les systèmes de missiles sophistiqués comme le Patriot, le NASAMS, l’IRIS-T et le SAMP/T. Ces systèmes interceptent les missiles balistiques et les missiles de croisière à grande vitesse. Ils protègent les grandes villes, les aérodromes et les infrastructures énergétiques. Mais ils sont chers et leurs munitions sont limitées.
En dessous, la couche de détection. L’Ukraine s’appuie sur un mélange de radars militaires, de capteurs mobiles, de détection acoustique et d’observation visuelle. La surveillance civile fait partie de cet écosystème. Des chaînes Telegram alertent les civils en temps réel sur la position des menaces, leur trajectoire et leur nombre dans le ciel. Puis viennent les canons antiaériens Gepard, semi-automatisés et guidés par radar, très efficaces contre les Shaheds et les missiles de croisière. Et maintenant, cette nouvelle couche : les drones intercepteurs et les groupes de feu mobiles que Zelensky vient d’annoncer.
Imaginez cette scène. Il est trois heures du matin à Kyiv. Il fait -19 degrés dehors. Quelque part dans la ville, un homme dort dans une tente de réchauffement avec sa famille parce que son appartement n’a plus de chauffage. Et dans les ténèbres au-dessus de lui, un essaim de drones kamikazes russes approche. Mais quelque part aussi, dans un centre de commandement secret, des pilotes ukrainiens fixent leurs écrans. Leurs doigts sont prêts. Et quand le signal arrive — ils décollent. Des dizaines de petits drones. Bon marché. Rapides. Mortels. Chaque Shahed abattu, c’est un immeuble qui ne brûle pas. Une famille qui se réveille vivante.
Le projet Octopus avec le Royaume-Uni
L’Ukraine ne développe pas cette capacité seule. Le 9 janvier 2026, il a été annoncé que l’Ukraine et le Royaume-Uni produiraient conjointement 1 000 drones intercepteurs Octopus par mois à partir de février. Ces intercepteurs ukrainiens sont fabriqués au Royaume-Uni puis transférés en Ukraine. Le système a été présenté à Londres par Zelensky fin octobre 2025. Selon le ministre ukrainien de la Défense Denys Shmyhal, Octopus a démontré sa fiabilité au combat de nuit, sous brouillage électronique et à basse altitude.
Section 5 : la menace qui plane
Zelensky lance un avertissement grave
Dans son allocution du 19 janvier, Zelensky n’annonce pas seulement une transformation positive. Il lance aussi un avertissement glaçant. La Russie a préparé une frappe, une frappe massive, et attend le moment de l’exécuter, prévient-il, exhortant chaque région du pays à être prête à réagir le plus rapidement possible et à aider les gens. L’Ukraine doit être extrêmement vigilante. Le renseignement ukrainien a détecté que Moscou mène des reconnaissances sur des cibles spécifiques. Des sous-stations qui alimentent les centrales nucléaires. Des infrastructures critiques.
Le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha a confirmé cette menace ce week-end. Selon le Service de renseignement militaire ukrainien (HUR), la Russie envisage de frapper les sous-stations connectées aux centrales nucléaires pour forcer Kyiv à accepter des conditions de capitulation. En détruisant ou en désactivant ces sous-stations, Moscou cherche à déconnecter les réacteurs nucléaires du réseau énergétique unifié ukrainien, laissant les civils complètement sans électricité ni chauffage. Au milieu de janvier 2026, les forces russes avaient effectué des reconnaissances sur 10 sites énergétiques critiques dans neuf régions d’Ukraine.
Je lis ces lignes et je ressens cette colère froide qui monte. Des centrales nucléaires. Des sous-stations vitales. Des millions de personnes en plein hiver. Et quelque part au Kremlin, des généraux calculent froidement comment maximiser la souffrance. Comment transformer un pays entier en congélateur géant. On parle de diplomatie. De négociations. De cessez-le-feu. Mais comment négocie-t-on avec quelqu’un qui planifie méthodiquement de geler vos enfants?
612 attaques sur l’infrastructure énergétique
Les chiffres sont vertigineux. Selon Shmyhal, désormais ministre de l’Énergie, la Russie a lancé 612 attaques contre l’infrastructure énergétique ukrainienne au cours de la dernière année. Moscou n’a épargné aucune centrale électrique ukrainienne depuis le début de l’invasion à grande échelle. Le Service de sécurité ukrainien (SBU) a documenté des preuves indiquant que ces attaques systématiques contre l’infrastructure énergétique constituent des crimes contre l’humanité. Depuis le début de la saison de chauffage actuelle, les enquêteurs ont enregistré 256 attaques aériennes russes ciblant les installations énergétiques et les systèmes de chauffage à l’échelle nationale.
Section 6 : l'Ukraine devient le professeur de l'OTAN
Un renversement historique
L’ironie est difficile à ignorer. Pendant des décennies, l’OTAN a tenté d’amener l’Ukraine aux standards de l’Alliance. Trois ans de guerre brutale ont complètement inversé le script. Aujourd’hui, c’est l’Ukraine qui enseigne la guerre des drones à l’OTAN. Des spécialistes militaires ukrainiens ont déjà été déployés au Danemark pour des exercices conjoints sur la lutte contre les menaces de drones. La Pologne a signé un mémorandum établissant un groupe de travail axé sur la coopération en matière de guerre des drones. Le Royaume-Uni a lancé le projet Octopus. La Roumanie prévoit d’établir une production conjointe de drones avec l’Ukraine en utilisant 16,6 milliards d’euros de financement de défense de l’UE.
Pavlo Yelizarov lui-même veut désormais exporter son savoir-faire à l’OTAN et au-delà. Le timing est parfait. Les drones russes ont récemment fermé l’aéroport de Copenhague et pénétré jusqu’à 100 kilomètres dans l’espace aérien de l’OTAN. Des violations de l’espace aérien ont été signalées en Estonie, en Lettonie, en Roumanie et en Pologne. Le Danemark a rapporté une série d’activités suspectes de drones près d’infrastructures critiques. Les ministères de la Défense européens se démènent pour apprendre ce que Yelizarov a compris dans son garage il y a trois ans.
Il y a une leçon là-dedans. Une leçon que l’Occident devrait méditer. Pendant des années, on a regardé l’Ukraine de haut. Un pays en développement. Une armée soviétique vieillissante. Et puis la guerre est arrivée. Et ces gens — ces gens qu’on sous-estimait — ont inventé une nouvelle forme de combat. Sous le feu. Dans le chaos. Avec des bouts de ficelle et du génie. Aujourd’hui, c’est nous qui prenons des notes. C’est eux qui enseignent. La nécessité est vraiment la mère de l’invention.
Le mur de drones européen
L’Union européenne développe son propre concept de mur de drones, inspiré directement de l’expérience ukrainienne. Ce système de défense aérienne en couches est conçu pour protéger le flanc oriental de l’OTAN. Plusieurs États européens — particulièrement ceux le long de la frontière orientale de l’Alliance — ont déjà vu des drones russes violer leur espace aérien, ce qui a déclenché une réponse coordonnée. Selon Luke Pollard, le ministre britannique de la Défense et de l’Industrie, le Royaume-Uni vise à produire 2 000 drones intercepteurs par mois pour les transférer à l’Ukraine dans le cadre du projet Octopus.
Section 7 : l'Allemagne tient ses promesses
Deux nouveaux systèmes Patriot déployés
Au 1er janvier 2026, l’Ukraine a déployé deux nouveaux systèmes de missiles surface-air Patriot dans des emplacements non divulgués. Ces systèmes ont été reçus de l’Allemagne. Le 17 décembre 2025, l’Ukraine avait signé une série d’accords d’une valeur de plus de 1,2 milliard d’euros avec le gouvernement allemand. Nous accordons une importance particulière à la livraison des deux systèmes Patriot promis, avait déclaré le ministre ukrainien de la Défense Shmyhal. L’un des accords comprend un approvisionnement à long terme en pièces de rechange pour les systèmes Patriot actuellement utilisés par les Forces armées ukrainiennes.
Les accords entre le président Zelensky et le chancelier allemand Friedrich Merz prévoient que l’Allemagne allouera 11,5 milliards d’euros de soutien à l’Ukraine l’année prochaine. Le système Patriot est l’un des systèmes de défense aérienne et antimissile les plus avancés au monde. Il peut vaincre les avions, les missiles de croisière et les missiles balistiques. Il peut même intercepter des cibles hypersoniques. Les missiles Patriot ont été utilisés pour intercepter des armes hypersoniques telles que le Zircon et le Kinzhal, qui atteindraient des vitesses allant jusqu’à 11 000 km/h et 16 000 km/h respectivement.
Un moment de silence. Pour reconnaître quelque chose. L’Allemagne tient parole. Après des années de tergiversations, de délais, de promesses molles — Berlin livre. Deux Patriot. 11,5 milliards d’euros. Ce n’est pas parfait. Ce n’est jamais assez. Mais c’est réel. Et dans un monde où les promesses se dissolvent si facilement dans l’oubli… ça compte. Chaque système livré, c’est un pan de ciel protégé. Chaque euro, c’est un peu plus de temps pour que l’Ukraine survive.
Neuf systèmes IRIS-T protègent le ciel ukrainien
L’Ukraine dispose désormais de neuf systèmes IRIS-T pour protéger son ciel. Ces systèmes allemands de défense aérienne à moyenne portée complètent les Patriot dans l’architecture multicouches. Ils protègent de grandes régions et des groupements de troupes contre les missiles de croisière et les avions à distance moyenne. Avec les NASAMS et les systèmes Buk modernisés, ils forment la couche intermédiaire de la défense. Une couche cruciale qui empêche les menaces de passer aux niveaux inférieurs où les intercepteurs à courte portée et les canons antiaériens prennent le relais.
Section 8 : les missiles arrivent enfin
Un aveu douloureux suivi d’un soulagement
Le 16 janvier 2026, Zelensky a fait une déclaration poignante. Jusqu’à ce matin, nous avions plusieurs systèmes sans missiles, a-t-il avoué lors d’une conférence de presse avec le président tchèque Petr Pavel. Aujourd’hui, je peux le dire ouvertement, parce qu’aujourd’hui j’ai ces missiles. Un paquet substantiel est arrivé en Ukraine ce matin-là. Mais cela vient avec tant d’efforts, de sang, de vies humaines, a-t-il ajouté. L’Ukraine a besoin de livraisons régulières de missiles et d’un soutien qui va au-delà des mots sur le peuple fort d’Ukraine.
Cette admission révèle l’ampleur de la crise. Pendant des jours critiques, certains des systèmes de défense aérienne les plus sophistiqués de l’Ukraine étaient des coquilles vides. Des radar qui voyaient les menaces approcher. Des lanceurs prêts. Mais aucun missile pour répondre. Pendant que les familles ukrainiennes grelottaient dans le froid et que les Shaheds et les missiles balistiques pleuvaient sur les infrastructures énergétiques. Le soulagement d’avoir enfin reçu ces missiles est palpable dans les mots de Zelensky. Mais aussi la frustration. L’épuisement de devoir mendier chaque cartouche.
Systèmes sans missiles. Ces trois mots me hantent. Imaginez. Vous avez le radar le plus sophistiqué du monde. Vous voyez parfaitement la mort approcher dans le ciel. Vous avez les lanceurs prêts. Et… rien. Pas de munitions. Vous ne pouvez que regarder. Et prier. Et compter les explosions. C’est ce que l’Ukraine a vécu pendant des jours critiques en plein hiver. Pendant que nous débattions de procédures et de budgets à des milliers de kilomètres de là.
La course contre la montre continue
Le renforcement des systèmes de défense aérienne et les missiles pour ces systèmes restent une priorité absolue pour l’Ukraine. Les contributions des partenaires au programme PURL sont nécessaires, ainsi que le soutien provenant des stocks en Europe et une mise en œuvre plus rapide des accords avec les États-Unis, a déclaré Zelensky le 14 janvier. La nuit précédente, la Russie avait continué à frapper les communautés et les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Les régions de Dnipropetrovsk, Zhytomyr, Zaporizhzhia, Kharkiv et Kherson ont été ciblées. Les cibles principales étaient les installations énergétiques et les infrastructures critiques qui assurent une vie normale aux gens — le chauffage et l’électricité.
Section 9 : Yulia Svyrydenko et les mesures d'urgence
Des décisions cette semaine pour soulager la population
Zelensky a également annoncé avoir chargé la Première ministre Yulia Svyrydenko de prendre des décisions cette semaine concernant les difficultés causées par les récentes attaques. Cela inclut des primes pour des dizaines de milliers de membres des équipes d’urgence qui restaurent le chauffage et l’électricité. Ces travailleurs sont les héros silencieux de cette guerre. Pendant que les missiles tombent et que les drones explosent, ils sont sur le terrain. Dans le froid. Dans le danger. À réparer ce que la Russie détruit. À rallumer les lumières. À remettre le chauffage en marche.
Le gouvernement a été chargé d’augmenter les importations d’électricité et d’étendre l’utilisation des alimentations de secours. Il est important que les institutions étatiques et les autorités locales maintiennent une communication complète avec les entreprises et les compagnies énergétiques — avec tous ceux qui peuvent ajouter des ressources à notre résilience collective, a déclaré Zelensky. L’Ukraine assouplit également les restrictions de couvre-feu pour permettre aux citoyens d’atteindre les centres d’aide humanitaire même la nuit pendant la crise énergétique en cours.
Des primes pour les équipes d’urgence. Ça semble si banal, écrit comme ça. Des primes. Mais pensez à ce que font ces gens. Ils sortent dans le froid glacial. Sous les sirènes. Parfois sous les bombes. Pour réparer des câbles électriques. Pour remettre en marche des stations de pompage. Pour que des inconnus à l’autre bout de la ville puissent avoir de la lumière et du chauffage. Ce ne sont pas des soldats. Ce sont des électriciens, des techniciens, des employés municipaux. Et ils risquent leur vie chaque nuit. Pour leurs voisins. Pour leur pays.
L’état d’urgence énergétique persiste
L’état d’urgence énergétique déclaré le 14 janvier reste en vigueur. Les trois centrales nucléaires restantes de l’Ukraine — Rivne, Yuzhno-Ukrainska et Khmelnitsky — alimentent actuellement l’ensemble du système énergétique du pays. Les centrales thermiques et les installations hydroélectriques ont été largement détruites ou endommagées par les frappes russes. Si Moscou réussit à frapper les sous-stations connectées à ces centrales nucléaires, l’Ukraine pourrait faire face à l’une des crises énergétiques les plus graves de son histoire. Des millions de personnes sans électricité ni chauffage. En plein hiver. Pendant des semaines peut-être.
Conclusion : le combat continue, l'espoir demeure
Une transformation nécessaire face à une menace existentielle
L’annonce de Zelensky ce 19 janvier 2026 n’est pas simplement une nouvelle militaire parmi d’autres. C’est le signe que l’Ukraine refuse de subir passivement. Face à une puissance militaire qui la surpasse en ressources, en missiles, en bombes, elle invente. Elle adapte. Elle transforme. Le choix de Pavlo Yelizarov pour diriger cette transformation dit tout. Un homme sans formation militaire. Un producteur de télévision. Quelqu’un qui a regardé l’impossible en face et a dit : et si on faisait autrement?
Les prochains jours seront critiques. Zelensky a prévenu que la Russie prépare une frappe massive. Les reconnaissances sur les centrales nucléaires indiquent que Poutine veut provoquer une catastrophe énergétique. Mais dans les ateliers secrets d’Ukraine, 1 500 drones intercepteurs sont produits chaque jour. Dans les centres de commandement, des pilotes veillent. Et quelque part dans le ciel glacé de Kyiv, cette nuit, un petit drone bon marché va percuter un Shahed russe. Et un immeuble ne brûlera pas. Et une famille se réveillera vivante.
Je termine ces lignes et je pense à cette mère dans sa tente de réchauffement à Kyiv. Elle ne sait pas qui est Pavlo Yelizarov. Elle ne connaît pas les statistiques des drones intercepteurs. Elle ne suit pas les négociations de paix. Elle veut juste que son enfant survive cette nuit. Et quelque part au-dessus d’elle, invisible dans les ténèbres, un petit drone ukrainien fait exactement ça. Il protège. Il intercepte. Il sauve. Sans gloire. Sans reconnaissance. Juste… il fait son travail. Et demain matin, si tout va bien, cette mère ouvrira les yeux. Son enfant sera là. Le soleil se lèvera sur Kyiv. Et la vie continuera. Malgré tout. Envers et contre tout. Parce que c’est ce que font les Ukrainiens. Ils continuent.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et militaires qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies de défense, à comprendre les innovations qui changent la nature de la guerre, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués du président ukrainien, les déclarations officielles des dirigeants militaires et politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, Ukrinform, Associated Press et Agence France-Presse, ainsi que les données d’organisations spécialisées comme United24 et Kyiv Post.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
Telegram officiel du Président Zelensky – Allocution nocturne annonçant la transformation de la défense aérienne (19 janvier 2026)
Ukrinform – Zelensky approuve la nomination d’Yelizarov comme nouveau commandant adjoint des Forces aériennes (19 janvier 2026)
Ministère de la Défense de l’Ukraine – L’Ukraine renforce sa défense aérienne avec deux systèmes Patriot supplémentaires (janvier 2026)
Ukrainska Pravda – L’Ukraine reçoit un important paquet de missiles de défense aérienne après pénurie (16 janvier 2026)
Sources secondaires
United24 Media – Comment l’Ukraine a commencé 2026 avec une production record de drones anti-Shahed (7 janvier 2026)
DroneXL – Le groupe Lasar vs la crise des drones de l’OTAN : le modèle McDonald’s de l’Ukraine (18 janvier 2026)
Kyiv Post – La Russie vise les infrastructures des centrales nucléaires pour des frappes, prévient Zelensky (19 janvier 2026)
Euronews – Certains systèmes de défense aérienne fournis par l’Occident à court de munitions à un moment critique (16 janvier 2026)
Ukrainska Pravda – L’Ukraine et le Royaume-Uni déploieront 1000 drones intercepteurs Octopus par mois à partir de février (9 janvier 2026)
Reuters via Devdiscourse – Zelensky annonce un nouveau système de défense aérienne (19 janvier 2026)
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