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Pokrovsk sous le feu : Syrskyi sur la ligne de front alors que la Russie sacrifie ses hommes
Crédit: Custom

Des vagues d’hommes qu’on sacrifie

Les forces russes ne s’arrêtent pas. Elles ne peuvent pas s’arrêter. À Pokrovsk, elles ont déjà perdu l’équivalent de deux complets de personnel dans une seule formation. Deux complets. Cela veut dire que chaque soldat qui a été envoyé au combat est mort ou a été blessé. Et puis ils ont envoyé des renforts. Et ces renforts aussi ont été décimés. Et encore des renforts. Pour quoi ? Pour quelques mètres de terrain. Pour un immeuble détruit. Pour une rue en ruine. La Russie déploie une stratégie brutale : elle sacrifie ses hommes pour user les défenses ukrainiennes. Elle sait que l’Ukraine manque de troupes, d’équipements, de munitions. Elle sait que le temps joue contre les Ukrainiens. Alors elle envoie des vagues. Des vagues d’assaut mécanisé avec des véhicules blindés surchargés de métal soudé pour les protéger. Des vagues de motocyclettes et de quads avec des recrues qui savent à peine où se trouve l’accélérateur.

Sept motocyclettes et plusieurs quads. C’est ce que les forces russes ont lancé après un assaut mécanisé massif de onze véhicules blindés qui a été repoussé par la 14e brigade Chervona Kalyna de la Garde nationale ukrainienne. Imaginez la scène. Des blindés lourds qui avancent, puis des motos qui filent à travers les cratères, les pilotes qui n’ont reçu que des instructions rudimentaires : « Voici l’accélérateur, voici le frein, voici l’embrayage ». Certains n’atteignent jamais les positions ukrainiennes. Ils tombent, seuls dans le champ dévasté, leur machine renversée, leur corps inerte sous le ciel gris de l’hiver ukrainien. Pour quoi ? Pour quelques mètres. Pour tenter de briser une ligne de défense qui tient depuis des mois, des années. La machine russe ne s’arrête pas parce qu’elle ne peut pas s’arrêter. Elle a mis toute sa force dans cette offensive de Pokrovsk. Elle a mobilisé des réserves, déplacé des unités d’un secteur à l’autre. Syrskyi le dit lui-même : l’ennemi « essaie d’augmenter la pression, en mobilisant des réserves vers Pokrovsk ».

Cette folie me laisse sans voix. Une formation militaire qui perd deux complets de personnel et qui continue à envoyer des hommes au combat. Deux complets. Cela représente des milliers de vies. Des milliers de fils, de frères, de pères. Et pour quoi ? Pour prendre Pokrovsk ? Pour prendre Myrnohrad ? Pour gagner quelques mètres de boue et de ruines ? Comment peut-on être aussi indifférent à la vie humaine ? Comment peut-on envoyer des hommes sur des motos vers des positions défendues sans même former correctement les pilotes ?

La tactique de l’épuisement

La guerre dans le secteur de Pokrovsk a changé. Il y a un an, les assauts russes se faisaient par groupes de trois à six soldats qui tentaient de s’infiltrer. Maintenant, ils attaquent par petits groupes dispersés, savent se distancer les uns des autres pour éviter que les drones ukrainiens ne les touchent tous en une seule frappe. Moins de soldats par assaut, mais plus d’assauts au total. C’est une tactique d’épuisement. Une guerre d’usure. Les forces russes ont abandonné les vagues massives pour une pression constante, ponctuelle, incessante. Chaque jour, chaque nuit, ils tentent quelque chose. Une incursion ici. Une infiltration là. Un barrage d’artillerie sur un quartier. Un tir de drone sur une position.

Et ils ont aussi développé de nouvelles méthodes. Les motos. Les quads. Des véhicules rapides et difficilement ciblables qui permettent de déposer de petites équipes d’assaut près des lignes ukrainiennes. Mais ces méthodes ont un coût humain énorme. Les recrues russes n’ont pas le temps d’apprendre à conduire hors-piste sur un terrain bombardé. Ils apprennent sur le tas. Sur le tas veut dire qu’ils apprennent en mourant. Syrskyi le note : l’organisation de la défense ukrainienne demande une « pleine conscience, une prise de décision flexible et des calculs précis ». Les commandants ukrainiens doivent constamment adapter leur stratégie, anticiper les mouvements ennemis, redistribuer leurs forces limitées là où la pression est la plus forte. Pendant ce temps, les forces russes continuent à envoyer des hommes. Des hommes « à usage unique » comme les appellent les soldats ukrainiens. Des hommes envoyés à la mort sans aucun espoir de survie.

Cette stratégie m’effraie. Non pas parce qu’elle est brillante militairement, mais parce qu’elle repose entièrement sur l’indifférence à la vie. La Russie a décidé que ses hommes étaient jetables. Qu’ils pouvaient être sacrifiés indéfiniment pour épuiser l’ennemi. Et le plus terrifiant, c’est que ça fonctionne. Ils ont des réserves. Ils ont des hommes à envoyer. L’Ukraine, elle, doit défendre chaque mètre avec ses propres fils, ses propres frères, ses propres pères. Comment lutter contre une machine qui n’a aucune valeur pour la vie ?

Sources

Sources primaires

blank »>Ukrinform – Syrskyi visits Pokrovsk sector: Russians try to increase pressure, pulling up reserves (19 janvier 2026)

blank »>Facebook – Commander-in-Chief of the Armed Forces of Ukraine – Publication officielle d’Oleksandr Syrskyi (19 janvier 2026)

blank »>Meduza – As fighting continues in Pokrovsk and Kupyansk, Russia bears down on Ukraine’s main remaining Donbas strongholds (16 janvier 2026)

blank »>NV – New Voice of Ukraine – Winter near Pokrovsk: How the enemy is storming Donetsk in new ways (18 janvier 2026)

Sources secondaires

blank »>Institute for the Study of War (ISW) – Russian Offensive Campaign Assessment, January 18, 2026

blank »>Critical Threats Project – Russian Offensive Campaign Assessment, January 18, 2026

NV – DeepState – Russian invaders advance in Pokrovsk and Vovchansk (18 janvier 2026)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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