Du bazar à l’insurrection
Tout a commencé par une histoire de prix. Le 28 décembre 2025, les commerçants du Grand Bazar de Téhéran ont fermé boutique. Le rial iranien venait de s’effondrer à un niveau historique : 1,45 million pour un dollar américain. En 1979, avant la révolution islamique, le taux était de 70 rials pour un dollar. Quarante-six ans plus tard, la monnaie ne valait plus rien. L’inflation alimentaire dépassait les 72%. Les gens ne pouvaient plus se nourrir. Les marchands d’électronique du centre commercial Alaeddin ont été les premiers à baisser le rideau. Puis les vendeurs de la rue Jomhuri. Puis les étudiants. Puis tout le monde.
Ce qui devait être une protestation économique s’est transformé en quelque chose de bien plus profond. En quelques jours, les slogans ont changé. Plus seulement « du pain et du travail ». Mais « mort au dictateur ». « À bas la République islamique ». Des portraits de Khamenei brûlaient dans les rues de 31 provinces. Des symboles des Gardiens de la révolution étaient arrachés, piétinés, détruits. L’Iran n’avait pas connu un tel soulèvement depuis 1979. Et le régime le savait. Dès le 3 janvier, le guide suprême Ali Khamenei a prononcé les mots qui ont tout déclenché : « Les émeutiers doivent être remis à leur place. »
La machine à tuer se met en marche
Le 8 janvier 2026, l’Iran a coupé internet. Totalement. Un blackout numérique comme le pays n’en avait jamais connu. Et cette nuit-là, dans l’obscurité informationnelle la plus complète, les forces de sécurité ont ouvert le feu. À Téhéran, six hôpitaux ont enregistré 217 morts en une seule nuit. Des témoins parlent de « centaines de corps » dans les rues. Des vidéos, échappées miraculeusement du blackout, montrent des sacs mortuaires empilés à la morgue de Kahrizak, au sud de la capitale. Human Rights Watch en a compté au moins 400 visibles sur une seule séquence. Un témoin qui cherchait un proche au cimetière de Behesht-e Zahra a décrit la scène : « Quand on s’est approchés des grandes salles, on a vu des corps empilés sur des corps. Entre 1 500 et 2 000, à vue d’œil. »
Les Gardiens de la révolution et les miliciens du Basij tiraient à balles réelles sur des foules désarmées. Des rapports font état de blessés « achevés » dans les hôpitaux mêmes où ils étaient venus se faire soigner. À Rasht, un groupe de jeunes manifestants coincés dans un bazar en feu ont levé les mains en signe de reddition. Les forces de sécurité les ont abattus quand même. Le procureur général iranien Mohammad Movahedi Azad avait prévenu : les manifestants sont des « ennemis de Dieu ». En Iran, c’est une condamnation à mort.
Vous savez ce qui me glace le sang? C’est le silence. Le silence absolu qui a enveloppé l’Iran pendant ces jours de massacre. Pas d’internet. Pas de téléphone. Juste des familles qui attendaient des nouvelles de leurs enfants. Des mères qui se demandaient si leur fils était vivant ou mort. Des épouses qui ne savaient pas si elles devaient préparer le dîner ou les funérailles. Et nous, de l’autre côté du monde, on regardait nos écrans en attendant qu’une information filtre. N’importe laquelle. Un signe de vie. Un signe de mort. N’importe quoi sauf ce vide terrifiant.
Section 3 : Erfan Soltani — Un nom parmi des milliers
Le visage de la terreur d’État
Erfan Soltani n’était pas un révolutionnaire. Il vendait des vêtements. Il avait une page Facebook où il postait des photos de sa vie ordinaire. Il vivait à Fardis, une ville de la banlieue de Karaj, à une trentaine de kilomètres de Téhéran. Le 8 janvier, quand les forces de sécurité ont enfoncé sa porte, il n’avait commis aucun crime. Quatre jours plus tard, le 12 janvier, sa famille a reçu un appel. On leur annonçait qu’Erfan avait été condamné à mort. L’exécution était prévue pour le 14 janvier. Six jours entre l’arrestation et la potence. Sans procès. Sans avocat. Sans rien.
Sa sœur, elle-même avocate, s’est précipitée à la prison de Ghezel Hesar — le plus grand établissement pénitentiaire d’Iran, tristement célèbre pour ses exécutions de dissidents politiques. Elle voulait voir le dossier. Comprendre les accusations. Défendre son frère. Les autorités l’ont refoulée. « Vous n’avez pas accès », lui a-t-on dit. La famille a été autorisée à une visite de dix minutes. Dix minutes pour dire adieu. Dix minutes pour serrer dans ses bras quelqu’un qu’on aime et qu’on ne reverra peut-être plus. Dix minutes pour une vie entière.
Le monde découvre Erfan
Le cas d’Erfan Soltani a traversé le blackout iranien comme une fusée de détresse. Amnesty International a tiré la sonnette d’alarme. Iran Human Rights a publié son nom, son âge, les circonstances de son arrestation. Le Département d’État américain a réagi : « Cette fois, le régime islamique n’a même pas pris la peine d’organiser son habituel procès-spectacle de dix minutes. Erfan a été condamné à mort sans aucune procédure légale. » Le monde entier a découvert ce visage de 26 ans. Ce jeune homme ordinaire devenu le symbole de la terreur d’un régime aux abois.
Donald Trump lui-même s’est emparé du dossier. Le 13 janvier, lors d’une visite dans une usine Ford à Dearborn, au Michigan, un journaliste de CBS l’a interrogé sur le sort d’Erfan. « Si ils font une telle chose », a répondu le président américain, « si ils l’exécutent, nous prendrons des mesures très fortes. » Ce soir-là, Trump a demandé à voir des vidéos d’exécutions iraniennes. Des pendaisons publiques, réalisées avec des grues de chantier, en pleine rue. On dit qu’il est resté silencieux un long moment après le visionnage.
Erfan Soltani. Retenez ce nom. Parce que derrière les statistiques — 12 000, 16 000, 20 000 morts — il y a des êtres humains. Des gens qui avaient des rêves, des projets, des amours. Des gens qui se levaient le matin sans savoir que ce serait leur dernier. Erfan vendait des vêtements. Il avait peut-être des clients réguliers qu’il connaissait par leur prénom. Il avait peut-être une copine. Il avait certainement une mère qui l’attendait pour le dîner. Et quelqu’un, quelque part dans les entrailles du régime iranien, a décidé qu’il méritait de mourir. En six jours. Sans même lui laisser le temps de comprendre ce qui lui arrivait.
Section 4 : Les coulisses de la Maison-Blanche — Quand Trump a failli appuyer sur le bouton
Le président face au dilemme
Le 13 janvier 2026, Donald Trump a posté un message sur Truth Social qui a fait trembler le Moyen-Orient : « Patriotes iraniens, CONTINUEZ À MANIFESTER — PRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS!!! L’AIDE EST EN ROUTE. » Ces quatre mots — « l’aide est en route » — ont déclenché une frénésie diplomatique sans précédent. Le même jour, le président annulait toutes les réunions prévues avec des officiels iraniens. À la Maison-Blanche, le Conseil de sécurité nationale se réunissait pour examiner les options militaires. Des frappes sur les installations nucléaires, comme en juin 2025? Des attaques ciblées sur les Gardiens de la révolution et le Basij? Une opération de « décapitation » du régime?
Les conseillers étaient divisés. Certains poussaient à l’action immédiate. « Le bain de sang continue », arguait un officiel. « À un moment, il va falloir faire quelque chose dans les prochains jours au plus tard. » D’autres mettaient en garde contre les conséquences imprévisibles d’une intervention. L’Iran n’est ni le Venezuela ni la Libye. C’est un pays de 90 millions d’habitants, doté de capacités de représailles significatives et assis sur de l’uranium quasi militaire dont on ne connaît pas exactement la localisation. Trump lui-même semblait tiraillé. Il voulait être perçu comme un faiseur de paix, pas comme celui qui a déclenché une nouvelle guerre au Moyen-Orient.
Les préparatifs de guerre
Pourtant, la machine militaire américaine s’est mise en branle. Le 14 janvier, des centaines de soldats ont reçu l’ordre d’évacuer la base aérienne d’Al Udeid, au Qatar — la plus grande installation militaire américaine au Moyen-Orient. Ils ont été relocalisés dans des hôtels et d’autres installations de la région, hors de portée d’éventuelles représailles iraniennes. Le gouvernement qatari a confirmé le mouvement, invoquant « les tensions régionales actuelles ». C’était le même schéma qu’en juin 2025, juste avant les frappes américano-israéliennes sur les sites nucléaires iraniens.
Mais il y avait un problème. L’essentiel de la puissance de frappe navale américaine était… dans les Caraïbes. Depuis l’opération contre le Venezuela et l’enlèvement de Maduro le 3 janvier, les groupes aéronavals américains étaient déployés dans l’Atlantique. Le porte-avions USS Abraham Lincoln, le plus proche de la zone, se trouvait en mer de Chine méridionale. Il lui faudrait au moins dix jours pour atteindre le golfe Persique. Trump avait les options, mais pas les moyens immédiats de les exécuter.
Imaginez la scène. Le président des États-Unis, assis dans le Bureau ovale, entouré de généraux et de conseillers. Sur la table, des plans de frappe. Sur les écrans, des images de manifestants abattus dans les rues de Téhéran. Et dans sa tête, cette question lancinante : est-ce que j’appuie sur le bouton? Est-ce que je déclenche quelque chose dont personne ne peut prédire l’issue? Des milliers de vies dépendent de cette décision. Des millions peut-être. Et lui, Donald Trump, doit trancher. Seul. En quelques heures. Sur la base d’informations partielles, dans le brouillard de la guerre. C’est vertigineux, quand on y pense. Vertigineux et terrifiant.
Section 5 : Netanyahu et les Arabes supplient — L'improbable coalition pour la paix
Quand les alliés disent non
Ce qui s’est passé dans les coulisses de cette crise restera comme l’un des épisodes diplomatiques les plus surréalistes de l’histoire récente. Benjamin Netanyahu — oui, le même Netanyahu qui pousse depuis des décennies pour une action militaire contre l’Iran — a appelé Trump le mercredi 15 janvier pour lui demander de… ne pas frapper. Selon des sources proches du dossier, le Premier ministre israélien a expliqué que son pays n’était pas prêt à encaisser les représailles iraniennes. Après la guerre de 12 jours contre l’Iran en juin 2025, les défenses antimissiles israéliennes étaient épuisées. Les stocks de Patriots et d’Iron Dome n’avaient pas été entièrement reconstitués. Une nouvelle salve de missiles iraniens trouverait des failles.
Mais ce n’est pas tout. L’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et l’Égypte se sont lancés dans une offensive diplomatique effrénée pour convaincre Washington de reculer. Le ministre d’État saoudien aux Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a multiplié les appels : « Tout le monde observe la situation de très près. Tout le monde espère que la situation pourra être résolue d’une manière qui minimise les dégâts. » Derrière ces mots policés, un message clair : une frappe américaine sur l’Iran déstabiliserait toute la région. Les bases américaines sur le sol des monarchies du Golfe deviendraient des cibles. Les installations pétrolières aussi. L’économie mondiale en prendrait un coup.
Une nuit blanche pour éviter l’explosion
Un haut responsable saoudien a décrit au Times of Israel une « nuit blanche » passée à désamorcer la bombe. Les quatre pays arabes ont mené « un effort diplomatique de dernière minute, frénétique et prolongé, pour convaincre le président Trump de donner à l’Iran une chance de montrer sa bonne volonté ». Le message transmis à Washington était sans ambiguïté : « Une attaque contre l’Iran ouvrirait la voie à une série de répercussions graves dans la région. » Le message transmis à Téhéran, par l’intermédiaire d’Oman, était tout aussi clair : « Si vous attaquez les installations américaines dans le Golfe, il y aura des conséquences sur vos relations avec les pays de la région. »
C’était de la diplomatie de haute voltige, menée en temps réel, avec des milliers de vies en jeu. Les émissaires américains avaient prévenu leurs partenaires arabes des mouvements de troupes et d’avions, histoire de montrer à l’Iran que la menace était crédible. « Ils veulent juste qu’ils arrêtent de tuer », a résumé une source proche des discussions. « Le président cherche un signe que les Iraniens ont l’intention de le faire. » Ce signe, Trump l’attendait comme on attend un miracle.
Il y a quelque chose de profondément étrange dans cette scène. Netanyahu, l’homme qui a fait de l’Iran son ennemi mortel, qui appelle à la retenue. Les Saoudiens, qui ont passé des décennies à rivaliser avec Téhéran, qui supplient Washington de ne pas frapper. Le monde à l’envers. Ou peut-être le monde tel qu’il est vraiment : complexe, contradictoire, imprévisible. Et au milieu de tout ça, des milliers de jeunes Iraniens qui meurent dans les rues parce qu’ils rêvaient de liberté. Pendant que les puissants négocient leur sort dans des salons feutrés. C’est ça, la géopolitique? Cette froideur calculatrice pendant que le sang coule?
Section 6 : Trump devant les vidéos d'exécution — Le moment qui a tout changé
Les images que personne ne devrait voir
Le mardi 14 janvier au soir, Donald Trump a demandé à voir des images d’exécutions iraniennes. Pas des rapports. Pas des briefings. Des images. On lui a montré des vidéos de pendaisons publiques — une spécialité macabre du régime des mollahs. En Iran, les condamnés sont parfois exécutés en pleine rue, suspendus à des grues de construction, devant des foules rassemblées pour l’occasion. Les corps restent parfois pendus pendant des heures, comme un avertissement. Trump a regardé. Une source proche du briefing raconte qu’il est resté silencieux un long moment après.
Ce même jour, le président américain avait été informé du cas d’Erfan Soltani et de l’imminence de son exécution. Le Département d’État avait confirmé que la pendaison était prévue pour le lendemain. Trump était « profondément troublé » par la perspective, selon une source familière de la réunion. Il n’a pris aucune décision ce soir-là. Il a dit qu’il continuerait à peser les options. Mais quelque chose avait changé. Les statistiques étaient devenues des visages. Les chiffres étaient devenus des corps.
Le tweet qui a suspendu le temps
Le mercredi 15 janvier, Trump s’est exprimé dans le Bureau ovale devant des journalistes. Et là, surprise totale. Au lieu d’annoncer des frappes, il a déclaré avoir été informé par « des sources très importantes de l’autre côté » que les tueries avaient cessé en Iran. « On nous a dit que les exécutions n’auront pas lieu — il devait y en avoir beaucoup aujourd’hui — et que les exécutions n’auront pas lieu. On va voir ce que ça signifie. » Les conseillers présents dans la pièce ont échangé des regards perplexes. À ce moment précis, les renseignements américains n’indiquaient pas que l’Iran avait cessé de tuer des manifestants. Beaucoup ont pensé que Trump bluffait. Ou qu’il cherchait une porte de sortie.
Ce que personne ne savait encore, c’est que des canaux de communication secrets existaient entre Washington et Téhéran. L’ambassadeur iranien au Pakistan a révélé le lendemain que Trump avait fait passer un message direct au régime : il n’attaquerait pas, à condition que l’Iran fasse preuve de « retenue ». La Maison-Blanche a nié avoir transmis un tel message. Mais le résultat était là : l’exécution d’Erfan Soltani avait été reportée. Et Trump a posté sur Truth Social : « C’est une bonne nouvelle. Espérons que ça continue! »
Je me demande ce que Trump a ressenti en regardant ces vidéos. Est-ce qu’il a pensé à ses propres enfants? À ses petits-enfants? Est-ce qu’il s’est demandé ce que ça ferait de voir quelqu’un qu’on aime pendu à une grue, devant une foule qui applaudit? On peut dire beaucoup de choses sur Donald Trump. On peut critiquer ses méthodes, ses tweets, son imprévisibilité. Mais ce soir-là, face à ces images, il a fait quelque chose que peu de dirigeants font : il a regardé l’horreur en face. Et peut-être — peut-être — que ça a pesé dans sa décision de ne pas ajouter de l’horreur à l’horreur.
Section 7 : Le signal venu de Téhéran — Une pause dans le massacre
Erfan Soltani survivra un jour de plus
Le 15 janvier 2026, la famille d’Erfan Soltani a reçu un appel inattendu des autorités pénitentiaires. L’exécution était reportée. Pas annulée. Reportée. Sans explication. Sans nouvelle date. La famille s’est précipitée à la prison de Ghezel Hesar. Contre toute attente, ils ont été autorisés à voir Erfan. Selon sa cousine Somayeh, réfugiée à l’étranger, il était « en bonne santé physique ». C’était déjà un miracle. Parallèlement, le régime iranien a commencé à reculer sur le récit officiel. Le porte-parole du système judiciaire a déclaré que les accusations contre Soltani n’étaient pas passibles de la peine de mort. « Conspiration contre la sécurité nationale » et « propagande contre le système » — des charges qui ne mènent qu’à la prison, pas à la potence. Une volte-face spectaculaire.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est apparu sur Fox News — une première en soi — pour affirmer que « la pendaison est hors de question ». Il a également nié les chiffres de morts avancés par les organisations de droits humains, parlant de « quelques centaines » de victimes et accusant Israël d’avoir infiltré des « éléments terroristes » pour gonfler le bilan. Des affirmations sans preuve, balayées par les témoignages et les images qui continuaient de filtrer malgré le blackout.
Pourquoi l’Iran a-t-il reculé?
Plusieurs facteurs expliquent ce revirement. D’abord, la pression internationale sans précédent. Les menaces de Trump étaient crédibles — l’Iran avait vu ce que les États-Unis avaient fait au Venezuela quelques jours plus tôt, enlevant Maduro en pleine nuit. Ensuite, les messages des alliés arabes, transmis par Oman, qui avertissaient Téhéran que des représailles contre les bases américaines dans le Golfe auraient des conséquences sur les relations régionales. Enfin, et c’est peut-être le plus important, le régime était affaibli. La guerre de 12 jours contre Israël en juin avait décimé ses capacités. Les sanctions européennes, rétablies sur le programme nucléaire, étranglaient l’économie. Les manifestations menaçaient le pouvoir de l’intérieur.
Un analyste du Chatham House a résumé la situation : « Le régime iranien peut dire ce qu’il veut sur sa capacité à répondre à une attaque américaine, mais il sait très bien que la vraie menace existentielle est interne. » Face au choix entre une confrontation avec les États-Unis et une pause dans la répression — même temporaire, même de façade —, Téhéran a choisi la survie. Pour l’instant.
Est-ce qu’Erfan Soltani est vraiment sauvé? Honnêtement, je ne sais pas. Le régime iranien a une longue histoire de promesses non tenues. De prisonniers « graciés » qu’on retrouve pendus quelques mois plus tard. De familles à qui on dit que tout va bien, jusqu’au jour où on leur livre un cercueil. Erfan est vivant aujourd’hui. Mais demain? La semaine prochaine? Quand les caméras se détourneront et que le monde passera à autre chose? C’est ça qui me hante. Cette incertitude. Cette précarité absolue d’une vie suspendue au bon vouloir d’un régime qui a déjà prouvé qu’il n’avait aucun respect pour la vie humaine.
Section 8 : Et maintenant? — L'épée de Damoclès toujours suspendue
Trump garde le doigt sur le bouton
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a été claire : « Toutes les options — y compris militaires — restent sur la table. » Donald Trump n’a rien exclu. Il a simplement… attendu. L’USS Abraham Lincoln et son groupe aéronaval continuent leur route vers la région. Ils devraient être en position opérationnelle d’ici fin janvier. Les troupes évacuées d’Al Udeid sont revenues sur la base qatarie. Le dispositif militaire américain au Moyen-Orient se renforce, pas le contraire. « Tout le monde sait que le président garde le doigt sur le bouton », a confié une source américaine à Axios. Ce n’est pas fini. C’est juste… en pause.
Vendredi dernier, Trump a confirmé avoir renoncé à une attaque, mais a rejeté l’idée que ce soit sous la pression des Arabes ou des Israéliens. « Je n’ai pas été influencé », a-t-il insisté. Pourtant, les rapports indiquent que c’est bien la combinaison des appels de Netanyahu, des suppliques des monarchies du Golfe et du signal de Téhéran sur les exécutions qui a fait basculer sa décision. L’imprévisibilité de Trump est à la fois sa force et sa faiblesse. Personne ne sait vraiment ce qu’il va faire. Pas même, parfois, ses propres conseillers.
Une poudrière qui n’a pas explosé… pour l’instant
Les experts sont unanimes : une frappe américaine n’aurait probablement pas suffi à faire tomber le régime iranien. « L’Iran n’est pas le Venezuela », rappelle Jon Hoffman du Cato Institute. « Est-ce qu’une frappe unique va renverser le régime? Je ne crois pas. Et clairement, ça va mener à des demandes pour plus d’action. » Le risque d’un engrenage incontrôlable était réel. L’Iran aurait pu riposter contre les bases américaines, contre Israël, contre les installations pétrolières du Golfe. Le prix du baril aurait explosé. L’économie mondiale aurait vacillé. Et au bout du compte, le régime des mollahs aurait peut-être utilisé l’attaque américaine pour rallier la population à son drapeau — le réflexe nationaliste face à l’agression étrangère.
Mais l’inaction a aussi un prix. Pendant que le monde débat des options, des Iraniens continuent de mourir. Le blackout internet complique le décompte, mais les estimations les plus récentes parlent de 16 500 à 18 000 morts selon un réseau de médecins iraniens. D’autres sources avancent le chiffre de 20 000. Ce serait le plus grand massacre de l’histoire moderne de l’Iran. Plus que les exécutions de 1988. Plus que la répression de 2019. Plus que les manifestations Femme, Vie, Liberté de 2022. Et le monde… regarde.
On me demande souvent : « Qu’est-ce qu’on peut faire? » Honnêtement? Je ne sais pas. Les sanctions? L’Iran vit sous sanctions depuis des décennies. Les condamnations diplomatiques? Le régime s’en moque. Une intervention militaire? On vient de voir à quel point c’est compliqué. Ce que je sais, c’est qu’on ne peut pas détourner le regard. Qu’on ne peut pas laisser ces morts devenir des statistiques qu’on oublie dans trois semaines. Qu’on doit au moins — au strict minimum — témoigner. Nommer les victimes. Raconter leurs histoires. Pour qu’un jour, quand tout ça sera fini, on ne puisse pas dire qu’on ne savait pas.
Section 9 : Les morts qu'on ne compte plus — L'ampleur du massacre
Des chiffres qui donnent le vertige
Combien de morts? C’est la question à laquelle personne ne peut répondre avec certitude. Le blackout internet imposé depuis le 8 janvier a créé un trou noir informationnel. Les organisations de droits humains travaillent avec des bribes — des appels qui passent miraculeusement, des vidéos qui filtrent, des témoignages de familles. Iran Human Rights, basé en Norvège, a compilé les données du ministère iranien de la Santé : au moins 3 379 manifestants tués entre le 8 et le 12 janvier seulement. Iran International, après une enquête approfondie basée sur des sources gouvernementales, des témoins oculaires et des données hospitalières, avance le chiffre de 12 000 morts. Le Sunday Times cite un réseau de médecins iraniens qui parle de 16 500 à 18 000 victimes.
À la morgue de Kahrizak, au sud de Téhéran, les vidéos montrent des centaines de sacs mortuaires empilés à l’entrée des bâtiments. Au cimetière de Behesht-e Zahra, à 600 mètres de là, un témoin venu identifier un proche décrit des « corps empilés sur des corps » dans les grandes salles — entre 1 500 et 2 000 à vue d’œil. Des camions frigorifiques continuaient d’arriver en fin d’après-midi. Le régime iranien, lui, parle de « quelques centaines » de morts et accuse les médias étrangers de « désinformation ». Personne ne le croit.
Les visages derrière les chiffres
Taha Safari avait 16 ans. Il a été porté disparu pendant les manifestations à Azna. Quand sa famille s’est rendue au commissariat pour demander des nouvelles, un officier leur a montré des photos de cadavres. Ils ont reconnu Taha parmi eux. Son corps présentait de graves blessures à la tête. Les autorités refusent toujours de le rendre à sa famille. Shayan Asadollahi, Mostafa Fallahi, Vahab Mousavi, Ahmad Jalil, Sajad Valamanesh… Des noms qu’on récite comme une litanie funèbre. Des jeunes, pour la plupart. Certains à peine sortis de l’adolescence. Abattus parce qu’ils ont osé rêver d’un autre Iran.
Human Rights Watch a documenté des témoignages glaçants. À Rasht, des manifestants encerclés dans un bazar en feu ont levé les mains en signe de reddition. Les forces de sécurité les ont abattus quand même. Des rapports font état de blessés « achevés » dans les hôpitaux — les forces de l’ordre pénétrant dans les établissements médicaux pour finir le travail. À Malekshahi, dans la province d’Ilam, des agents des Gardiens de la révolution ont ouvert le feu depuis l’intérieur d’une base du Basij sur une manifestation pacifique qui s’approchait. Le bilan de cette seule journée : cinq morts, des dizaines de blessés.
Taha Safari avait 16 ans. Seize ans. L’âge où on pense que le monde nous appartient. L’âge où on croit qu’on peut tout changer. L’âge où on descend dans la rue parce qu’on refuse d’accepter l’inacceptable. Et maintenant, son corps git quelque part, retenu par des bureaucrates qui refusent de le rendre à sa mère. Je pense à cette mère. À ce qu’elle traverse en ce moment. À ce vide immense qui ne se comblera jamais. Et je me dis que si on ne fait rien d’autre — si toute notre impuissance ne nous permet rien d’autre — au moins, on peut refuser d’oublier. Au moins, on peut prononcer son nom. Taha Safari. Seize ans. Mort pour avoir voulu être libre.
Conclusion : L'histoire n'est pas finie
Une pause, pas une paix
Au moment où ces lignes sont écrites, Erfan Soltani est toujours en vie. Sa famille a pu le voir. Son exécution est « reportée » — un mot qui ne signifie pas annulée. Les manifestations continuent en Iran, malgré la répression, malgré les morts, malgré le blackout. Le 22e jour de cette insurrection populaire a vu des rassemblements dans plusieurs provinces. Le régime n’est pas tombé. Mais il vacille. Les États-Unis n’ont pas frappé. Mais leurs forces se positionnent. Trump n’a pas appuyé sur le bouton. Mais il garde le doigt dessus.
Ce qui s’est passé la semaine dernière, c’est l’histoire d’un monde au bord du gouffre qui a reculé d’un pas. Temporairement. Précairement. Sans garantie de lendemain. Les mêmes ingrédients explosifs sont toujours là : un régime iranien aux abois, prêt à tout pour survivre; une administration américaine imprévisible, tiraillée entre l’isolationnisme et l’intervention; des alliés régionaux qui marchent sur des œufs; et surtout, des millions d’Iraniens qui n’ont plus rien à perdre.
Je termine ce texte et je ne sais pas comment conclure. Parce qu’il n’y a pas de conclusion. Pas encore. Erfan Soltani attend dans sa cellule. Des milliers de familles pleurent leurs morts. Trump consulte ses options. Le monde retient son souffle. Et quelque part à Téhéran, malgré tout, malgré les balles et les potences, malgré le blackout et la terreur, des gens continuent de descendre dans la rue. Ils savent qu’ils risquent leur vie. Ils y vont quand même. Parce que pour eux, vivre sous ce régime, ce n’est plus vivre. C’est juste survivre. Et survivre ne leur suffit plus. Ils veulent vivre. Vraiment vivre. Libres. Est-ce qu’ils y arriveront? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est qu’ils méritent qu’on raconte leur histoire. Qu’on ne les oublie pas. Qu’on refuse de détourner le regard. Parce qu’un jour, quand tout ça sera fini — dans un sens ou dans l’autre —, on nous demandera : « Où étiez-vous quand l’Iran brûlait? » Et il faudra pouvoir répondre : « Je regardais. Je témoignais. Je n’ai pas oublié. »
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements de puissance, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués gouvernementaux, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, CNN, Axios, Associated Press, Agence France-Presse, ainsi que les données d’organisations de droits humains comme Human Rights Watch, Amnesty International et Iran Human Rights.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>CNN – On the verge of strikes in Iran, the US held off. What happens next is up to Trump (16 janvier 2026)
blank »>The Washington Post – In Iran crisis, Trump confronted limits of U.S. military power (17 janvier 2026)
blank »>Axios – Iran strikes delayed as Trump aides and Israel raise concerns (15 janvier 2026)
blank »>Human Rights Watch – Iran: Growing Evidence of Countrywide Massacres (16 janvier 2026)
blank »>Iran Human Rights – At Least 3,428 Protesters Killed in Iran (14 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>The Times of Israel – Trump said to tell Iran he’s not about to attack (16 janvier 2026)
Soltani%27sExecutionSentence » target= »blank »>Wikipedia – Death sentence of Erfan Soltani (mis à jour 18 janvier 2026)
blank »>NBC News – Trump warns Iran against protest executions as death toll jumps past 2,500 (14 janvier 2026)
blank »>Al Jazeera – Trump’s bluffs: Why US strike on Iran remains real threat (15 janvier 2026)
TIME – For Trump, a Path Forward on Iran That Goes Beyond Bombs (14 janvier 2026)
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