L’argument sécuritaire de Washington
Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a répété dimanche ce qui est devenu son mantra : « L’OTAN dit au Danemark depuis 20 ans qu’il doit éliminer la menace russe au Groenland. Malheureusement, le Danemark n’a rien pu faire. Maintenant, c’est le moment, et ce sera réglé!!! » Trois points d’exclamation. Comme pour marteler sa détermination. Le président américain affirme que seuls les États-Unis peuvent « jouer à ce jeu » face aux ambitions de la Russie et de la Chine dans l’Arctique. Que le Danemark, avec ses moyens limités, ne peut protéger ce territoire stratégique de 2,16 millions de kilomètres carrés.
L’argument n’est pas totalement dénué de fondement. L’Arctique n’est plus cette région de basse tension qu’elle était autrefois. Les routes maritimes s’ouvrent avec la fonte des glaces. Les richesses minérales — terres rares, pétrole, uranium — attisent les convoitises. Moscou et Pékin augmentent leur présence. Mais voilà : le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a lui-même reconnu partager ces préoccupations. « Il y a toujours une part de vérité dans ce que dit Trump, » a-t-il admis sur Fox News. « L’Arctique n’est plus une région de basse tension. » Alors pourquoi cette crise ?
Parce que la méthode, voilà pourquoi. Parce qu’on ne traite pas un allié comme un vassal. Parce qu’on ne menace pas d’envahir un territoire souverain d’un membre de l’OTAN. Parce qu’on ne dit pas « d’une manière ou d’une autre, on aura le Groenland » comme on parlerait d’acheter un terrain vague. Le Danemark propose de coopérer. De renforcer ensemble la sécurité arctique. De travailler dans le cadre des traités existants. Mais Trump ne veut pas de coopération. Il veut la propriété. « Psychologiquement nécessaire au succès, » a-t-il dit. Et c’est là que tout bascule.
L'Europe unie dans la stupéfaction
Une réponse unanime et immédiate
Il est rare que l’Europe parle d’une seule voix. Plus rare encore qu’elle réponde avec une telle urgence. Mais l’annonce de Trump samedi — ces tarifs de 10% dès février, 25% en juin, contre le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande — a provoqué un séisme diplomatique sans précédent. Dimanche, les ambassadeurs de l’Union européenne se sont réunis en urgence à Bruxelles. Le Conseil européen a annoncé une réunion extraordinaire dans les jours à venir.
Emmanuel Macron, qui a pourtant cultivé une relation personnelle avec Trump, n’a pas mâché ses mots : « Inacceptable. Aucune intimidation, aucune menace ne nous influencera — ni en Ukraine, ni au Groenland, ni nulle part ailleurs. » Même Giorgia Meloni, la Première ministre italienne habituellement proche de Washington, a qualifié la décision d’« erreur » après un appel téléphonique direct avec Trump. Huit pays européens — dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni — ont publié une déclaration commune : « Les menaces tarifaires sapent les relations transatlantiques et risquent une spirale descendante dangereuse. »
L’OTAN au bord du gouffre
Le mot a été prononcé, celui que personne n’osait dire : la fin de l’OTAN. « Si les États-Unis utilisaient la force contre le Groenland, ce serait le glas de l’alliance, » a averti la Première ministre danoise Mette Frederiksen. L’analyste militaire Anders Puck Nielsen, du Collège royal de défense danois, abonde : « Il est maintenant clair que le Danemark ne peut plus compter sur les États-Unis. L’avenir réside dans une coopération de défense européenne sans participation américaine. » Pour la première fois de son histoire, l’évaluation officielle des menaces du Service de renseignement de défense danois mentionne les États-Unis comme une menace pour la sécurité nationale — aux côtés de la Russie et de la Chine.
Vous réalisez ce qu’on est en train de vivre ? L’alliance qui a maintenu la paix en Occident depuis 1949 — qui a gagné la Guerre froide, qui a protégé l’Europe pendant des décennies — cette alliance est menacée de mort. Non pas par un ennemi extérieur. Par son propre fondateur. Par le pays qui était censé être le garant ultime de la sécurité européenne. Et pourquoi ? Pour une île. Une île qui ne veut pas être américaine. Une île dont 85% de la population rejette l’idée même de rejoindre les États-Unis. Comment en est-on arrivé là ?
Nuuk : le cri d'un peuple qui refuse d'être vendu
La plus grande manifestation de l’histoire groenlandaise
Dans les rues enneigées de Nuuk, capitale du Groenland, quelque chose d’historique s’est produit ce 17 janvier 2026. Près de 5000 personnes — dans une ville qui en compte à peine 20 000 — ont bravé le froid arctique pour marcher du centre-ville jusqu’au consulat américain. Tom Olsen, policier à Nuuk, confirme : c’est « la plus grande manifestation qu’il ait jamais vue ». Les manifestants brandissaient des pancartes « Yankee go home » et « Greenland is already great ». Ils chantaient « Kalaallit Nunaat » — le nom de leur île en groenlandais. Le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen était là, parmi eux, encourageant la foule.
Marie Pedersen, 47 ans, avait amené ses enfants. « C’est important de leur montrer qu’ils ont le droit de s’exprimer, » explique-t-elle. « Nous voulons garder notre propre pays, notre propre culture, et protéger notre famille. » À ses côtés, sa fille Alaska, 9 ans, tenait une pancarte qu’elle avait fabriquée elle-même : « Le Groenland n’est pas à vendre. » La petite fille raconte que ses professeurs leur ont parlé de la controverse à l’école. Qu’ils leur ont appris ce qu’est l’OTAN. Et comment résister quand on se fait intimider par un autre pays.
« Nous ne sommes pas intéressés à devenir Américains »
Tillie Martinussen, ancienne députée au Parlement groenlandais, observe la foule qui scande autour d’elle. Elle espère que l’administration Trump « abandonnera cette idée folle ». « Au début, ils se présentaient comme nos amis et alliés, ils disaient vouloir rendre le Groenland meilleur pour nous que ne le font les Danois, » se souvient-elle. « Et maintenant, ils nous menacent ouvertement. » Pour elle, préserver l’OTAN et l’autonomie du Groenland vaut bien quelques tarifs douaniers. « C’est un combat pour la liberté. Pour l’OTAN. Pour tout ce pour quoi l’hémisphère occidental s’est battu depuis la Seconde Guerre mondiale. »
Alaska a 9 ans. Elle fabrique des pancartes pour défendre son pays. Elle apprend à l’école comment résister à l’intimidation d’une superpuissance. Fermez les yeux une seconde et imaginez-vous dans sa peau. Votre maison. Votre culture. Votre identité. Tout ça menacé par un homme qui dit ne pas avoir besoin du droit international. Qui dit que seule sa « propre moralité » peut l’arrêter. Qui ordonne à ses forces spéciales de préparer des plans d’invasion. À 9 ans, Alaska apprend que son monde peut basculer parce qu’un milliardaire de Floride a décidé que son île lui appartient de droit. Qu’avons-nous fait pour en arriver là ?
Moscou jubile, Pékin observe
La Russie savoure le chaos occidental
Au Kremlin, on regarde le spectacle avec un mélange de stupéfaction et de satisfaction mal dissimulée. Le porte-parole Dmitri Peskov a qualifié la situation d’« extraordinaire du point de vue du droit international ». La Russie affirme considérer le Groenland comme un territoire danois et accuse les puissances occidentales de « double standard ». Mais derrière la façade diplomatique, les commentateurs pro-Kremlin ne cachent pas leur jubilation.
Sergueï Markov, politologue proche du pouvoir russe, résume la situation avec un cynisme mordant : « Le Danemark a menti pendant des années sur une prétendue menace russe au Groenland. Maintenant, Trump veut prendre le Groenland, citant justement cette menace russe. Et avec sa faible armée, le Danemark ne peut pas défendre le Groenland contre la Russie. Donc les États-Unis doivent le prendre. N’est-ce pas tout simplement… équitable ? » Le sarcasme est à peine voilé. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a mis les points sur les i : une action militaire américaine contre le Groenland rendrait Poutine « l’homme le plus heureux du monde » — parce qu’elle légitimerait rétroactivement sa tentative d’invasion de l’Ukraine.
Pékin rejette les accusations
Du côté chinois, on nie toute ambition sur le territoire arctique. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères Mao Ning a qualifié les affirmations de Trump d’« excuse » pour poursuivre ses ambitions territoriales. « L’Arctique concerne les intérêts collectifs de la communauté internationale, » a-t-elle déclaré. « Les activités de la Chine dans la région visent à promouvoir la coopération scientifique et le développement durable. » Mais le message de fond est clair : Washington ne peut plus prétendre défendre l’ordre international tout en le piétinant aussi ouvertement.
Voilà où nous en sommes. La Russie se moque. La Chine observe. Et l’Occident se déchire. Poutine doit effectivement savourer chaque minute de ce spectacle. Lui qui a été sanctionné, isolé, condamné pour avoir tenté d’annexer un territoire souverain… il voit maintenant le président américain faire exactement la même chose. Menacer. Intimider. Nier le droit international. La différence ? L’Ukraine s’est défendue avec des armes. Le Groenland n’a que des pancartes et des chants traditionnels. Et 5000 personnes dans la neige qui refusent de se taire.
Le précédent vénézuélien : quand Trump passe à l'acte
Une administration qui ne bluff pas
Ce qui rend la menace si crédible, c’est ce qui s’est passé au Venezuela quelques semaines plus tôt. L’intervention américaine de janvier 2026 contre le régime de Nicolás Maduro a montré que cette administration ne se contente pas de paroles. Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, a déclaré juste après les frappes vénézuéliennes que les États-Unis avaient « le droit de prendre le Groenland ». Son épouse, Katie Miller, a publié une carte du Groenland recouverte du drapeau américain avec le mot « SOON » — bientôt. La publication a provoqué une condamnation généralisée, y compris du sénateur républicain Thom Tillis, qui a qualifié les propos de Miller d’« amateurish » et d’« absurdes ».
Le 6 janvier 2026, Trump a ordonné au Commandement des opérations spéciales interarmées de préparer des plans pour ce qu’il a appelé une « possible invasion du Groenland ». Le mouvement a rencontré une résistance des chefs d’état-major interarmées, mais l’ordre a été donné. Et le 9 janvier, Trump a déclaré sans ambages : « Je n’ai pas besoin du droit international. Seule ma propre moralité et mon esprit peuvent m’arrêter. » Mettez-vous une seconde dans la peau des Danois. Dans la peau des Groenlandais. Votre allié le plus puissant dit publiquement qu’il pourrait vous envahir et que rien — ni traité, ni loi, ni alliance — ne peut l’en empêcher.
Les troupes européennes arrivent au Groenland
Face à cette escalade, l’Europe a réagi. La France, l’Allemagne, la Suède, la Norvège et d’autres ont déployé du personnel militaire au Groenland pour des « exercices d’entraînement » lancés par l’armée danoise. Des avions C-130 de l’armée de l’air royale danoise ont atterri à l’aéroport de Nuuk transportant des troupes. Des forces spéciales allemandes, selon le journal Bild, ont effectué une mission de reconnaissance. C’est cette réponse — cette démonstration de solidarité européenne — qui a déclenché les tarifs punitifs de Trump.
On en est là. Des alliés de l’OTAN qui déploient des troupes pour protéger un territoire… contre les États-Unis. Des soldats européens qui se positionnent non pas face à la Russie, mais face à la menace américaine. Si quelqu’un m’avait dit il y a cinq ans que j’écrirais cette phrase, je l’aurais pris pour un fou. Et pourtant. Et pourtant nous y sommes. L’impensable est devenu réalité. Le gardien de l’ordre mondial est devenu celui qui le menace.
Les tarifs : l'arme économique contre les alliés
10% en février, 25% en juin
Le mécanisme est simple et brutal. À partir du 1er février 2026, 10% de droits de douane supplémentaires frapperont « tous les biens » importés du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande. Si aucun accord n’est trouvé d’ici le 1er juin, ces tarifs grimperont à 25%. « Nous avons subventionné le Danemark et tous les pays de l’Union européenne pendant des années en ne leur faisant pas payer de droits de douane, » a écrit Trump sur Truth Social. « Maintenant, après des siècles, il est temps pour le Danemark de rendre — la paix mondiale est en jeu! »
L’administration Trump invoque l’International Emergency Economic Powers Act — la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence — pour justifier ces mesures. Mais la Cour suprême doit se prononcer dans les semaines à venir sur la légalité de l’utilisation de cette loi pour imposer des tarifs. Les juges semblent sceptiques, car la loi ne mentionne pas explicitement les droits de douane. Une première victime collatérale est déjà identifiée : l’accord commercial UE-États-Unis négocié l’an dernier, que le Parlement européen devait débattre cette semaine. Manfred Weber, chef du plus grand groupe parlementaire, a déclaré sur X : « Compte tenu des menaces de Donald Trump concernant le Groenland, l’approbation n’est pas possible à ce stade. »
L’UE prépare sa riposte
Le chef de la minorité démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer, a annoncé que les démocrates introduiraient une législation pour bloquer ces tarifs « avant qu’ils ne causent davantage de dommages à l’économie américaine et à nos alliés en Europe ». Mais au-delà des manœuvres politiques intérieures, c’est la réponse européenne qui se prépare. La présidente du Parlement européen Roberta Metsola a averti sur X que ces mesures « ne contribueront pas à assurer la sécurité dans l’Arctique. Elles risquent l’inverse — encourager nos ennemis communs et ceux qui souhaitent détruire nos valeurs communes. »
Des tarifs. Contre des alliés. Pour les forcer à céder un territoire. On nage en plein délire. Et le plus fou dans tout ça ? C’est que ça pourrait marcher. Parce que l’Europe, malgré ses déclarations enflammées, reste divisée sur la marche à suivre. Parce que certains — on le sait — préféreront plier plutôt qu’affronter une guerre commerciale totale avec les États-Unis. Parce que Trump sait qu’il détient l’arme économique la plus puissante du monde. Et qu’il n’a aucun scrupule à l’utiliser contre ses propres amis.
Le Danemark et le Groenland : unis dans le refus
« L’île n’est pas à vendre »
La position danoise n’a pas varié d’un iota depuis le début de cette crise. Le Groenland « n’est pas à vendre » et « ne souhaite pas faire partie des États-Unis ». Le ministre des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen l’a répété après sa rencontre avec le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio à Washington : « Il est clair que le président a ce souhait de conquérir le Groenland. Nous n’avons pas réussi à changer la position américaine. » Mais le Danemark propose une alternative : renforcer ensemble la sécurité arctique, dans le cadre des traités existants — notamment l’accord de défense de 1951 qui donne déjà aux États-Unis de larges possibilités d’expansion de leur présence militaire au Groenland.
En octobre dernier, le Danemark avait annoncé un investissement de 4,2 milliards de dollars pour renforcer la sécurité du Groenland — patrouilleurs brise-glace, drones avancés, capacités de surveillance. Insuffisant pour Trump, qui veut la « propriété » totale. Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a été catégorique : « Si nous devons choisir entre les États-Unis et le Danemark, ici et maintenant, nous choisissons le Danemark. » Un sondage publié en janvier de l’année dernière montrait que 85% des Groenlandais s’opposent à rejoindre les États-Unis. Seulement 6% y sont favorables.
Six pour cent. Six pour cent des Groenlandais veulent être Américains. Et pour ces six pour cent — ou plutôt pour satisfaire l’ego d’un seul homme — on risque de faire exploser l’OTAN, de déclencher une guerre commerciale avec l’Europe, de légitimer les ambitions territoriales de la Russie. La disproportion est si grotesque qu’elle en devient presque comique. Si ce n’était pas si tragiquement sérieux.
Les voix américaines de la raison
Une délégation bipartisane au Danemark
Tous les Américains ne suivent pas aveuglément leur président. Une délégation bipartisane de membres du Congrès s’est rendue à Copenhague ce week-end pour rencontrer des responsables danois et groenlandais. Le sénateur démocrate Chris Coons, qui dirigeait la délégation, a déclaré que le « tempo des déclarations » de l’administration Trump concernant l’acquisition du Groenland n’était « pas constructif ». Il a exprimé son « profond respect » pour le peuple autochtone du Groenland, « qui a réussi à forger, dans un environnement exceptionnellement difficile, une culture et un mode de vie dignes de la plus grande admiration ».
Les sénateurs Jeanne Shaheen (démocrate) et Thom Tillis (républicain) ont publié une déclaration commune avertissant que la menace tarifaire nuirait aux relations avec les partenaires européens : « Il n’y a ni besoin ni désir d’une acquisition coûteuse ou d’une prise de contrôle militaire hostile du Groenland alors que nos alliés danois et groenlandais sont impatients de travailler avec nous sur la sécurité arctique, les minéraux critiques et d’autres priorités dans le cadre de traités de longue date. »
Le spectre de l’impeachment
Le sénateur démocrate de l’Arizona Ruben Gallego a introduit une résolution pour bloquer toute invasion du Groenland. « Mes collègues républicains à la Chambre devraient être clairs : s’ils permettent au président de déclencher la première guerre offensive sur le sol européen depuis 1945 et de dissoudre l’OTAN sans aucune réponse, ils seront complices de l’affaiblissement de la sécurité nationale des États-Unis. » Des voix s’élèvent pour parler d’impeachment si Trump devait utiliser la force militaire contre un allié de l’OTAN. Mais dans un Congrès dominé par les Républicains, ces voix restent minoritaires.
Et si c’était ça, le vrai drame ? Pas Trump lui-même — on connaît l’homme, on sait de quoi il est capable. Mais tous ceux qui le laissent faire. Qui regardent ailleurs. Qui calculent que l’affrontement coûterait trop cher politiquement. Qui espèrent que quelqu’un d’autre arrêtera la machine. Personne n’arrête jamais la machine tout seul. C’est l’accumulation des silences complices qui permet l’impensable. On l’a vu dans l’histoire. On le revoit aujourd’hui.
Conclusion : L'Occident à la croisée des chemins
Un ordre mondial en lambeaux
Quand Donald Trump a déclaré au New York Times qu’il n’avait « pas besoin du droit international » et que seule sa « propre moralité » pouvait l’arrêter, il a dit une vérité que beaucoup refusaient d’entendre. Nous ne sommes plus dans le monde de l’après-guerre, celui des institutions, des traités, des alliances sacrées. Nous sommes dans un monde où le plus fort fait ce qu’il veut. Où les règles ne s’appliquent qu’aux faibles. Où un peuple de 56 000 personnes peut voir son destin décidé par un homme qui les considère comme un actif immobilier à acquérir.
Le professeur de relations internationales Iver B. Neumann l’a dit sans détour : « Trump divise l’Occident au profit des Russes — ce qui est un objectif clé de la politique étrangère russe et soviétique depuis des années. » La politologue Kori Schake estime qu’« il faudra une génération pour réparer les dégâts et l’effondrement de la confiance entre les alliés les plus proches des États-Unis que Trump a causés ». Le politologue Bernt Hagtvet a qualifié Trump de « croisement entre l’empereur Bokassa et un parrain de la mafia ».
Alaska, 9 ans, et l’avenir du monde libre
Je repense à Alaska, 9 ans, avec sa pancarte faite maison dans le froid de Nuuk. Elle apprend à l’école comment résister quand on se fait intimider par un autre pays. Elle apprend, à 9 ans, que le monde n’est pas juste. Que les promesses ne valent rien quand la force décide. Que son île — son foyer — peut être revendiquée par un homme qui n’y a jamais mis les pieds, simplement parce qu’il le peut. Et je me demande : qu’est-ce qu’on lui dit, à cette enfant ? Que le droit finit toujours par triompher ? Qu’on peut faire confiance à nos alliés ? Que la démocratie et la liberté sont plus fortes que l’arrogance et la force ? Je voudrais y croire. Vraiment. Mais en regardant 5000 Groenlandais marcher dans la neige pendant qu’un milliardaire leur impose des tarifs depuis son club de golf en Floride… je ne sais plus quoi croire. Et c’est peut-être ça, le plus effrayant. Pas Trump. Pas ses menaces. Pas ses tarifs. Mais le fait qu’on ne sait plus, collectivement, comment l’arrêter. Ni même si on en a encore la volonté.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements de pouvoir, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués gouvernementaux, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, ainsi que les données d’organisations internationales et les reportages de CNN, ABC News, NBC News, PBS, Al Jazeera, Fox News et autres médias de référence.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Liberty Times Network (Taiwan) – Trump再提購格陵蘭島 控丹麥無力抗俄 (19 janvier 2026)
blank »>CNN – A stunned Europe gathers to respond after Trump increases pressure over Greenland (18-19 janvier 2026)
blank »>ABC News – Trump announces tariffs on NATO allies for opposing US control of Greenland (18 janvier 2026)
blank »>PBS News – Thousands march in Greenland against Trump’s threats to take over the Arctic island (17 janvier 2026)
blank »>CNBC – Russia calls Trump’s threats to take over Greenland ‘extraordinary’ (16 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>NBC News – Trump says U.S. will take Greenland ‘one way or the other’ (12 janvier 2026)
blank »>The Moscow Times – ‘Only Russia Can Stop It’: Moscow Taunts Europe Over Trump’s Greenland Plans (15 janvier 2026)
blank »>Al Jazeera – Thousands join ‘Hands off Greenland’ protests amid Trump’s takeover threats (17 janvier 2026)
blank »>Fox News – Denmark’s foreign minister says Trump has a point on China and Russia’s threat to Greenland (15 janvier 2026)
crisis » target= »blank »>Wikipedia – Greenland crisis (consulté le 19 janvier 2026)
offGreenlandprotests » target= »_blank »>Wikipedia – Hands off Greenland protests (consulté le 19 janvier 2026)
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