La logique de protection
Dans le monde de la mafia, la « protection » est le commerce principal. Le parrain offre sa protection aux commerces du quartier. En échange, ils paient. Ceux qui refusent subissent les conséquences. Ce n’est pas une offre. C’est un ultimatum déguisé en service.
Trump applique cette logique aux relations internationales. Il demande aux alliés de l’OTAN de payer davantage pour leur « protection ». Il menace de retirer les troupes américaines de ceux qui ne paient pas assez. Il impose des tarifs à ceux qui ne se plient pas à ses exigences. La rhétorique est celle du protecteur. La réalité est celle de l’extorqueur.
Les représailles comme outil
Un chef de mafia ne tolère pas la désobéissance. Ceux qui résistent sont punis. Publiquement. Pour l’exemple. Les représailles ne sont pas proportionnées à l’offense. Elles sont calibrées pour terroriser les autres, pour décourager toute velléité de résistance future.
Trump fonctionne de la même manière. Le Danemark refuse de vendre le Groenland ? Tarifs punitifs. La Norvège ne lui donne pas le Prix Nobel ? Menaces économiques. Un allié critique sa politique ? Humiliation publique sur les réseaux sociaux. La disproportion est le message. La cruauté est l’outil.
Les mafieux appellent ça « faire un exemple ». Frapper fort contre quelqu’un pour que tous les autres comprennent. Trump fait exactement cela. Il punit le Danemark non pas parce que le Danemark est important, mais parce que la punition est visible. Parce qu’elle dit à tous les autres : voilà ce qui arrive à ceux qui me résistent. C’est la logique de la terreur, pas celle de la diplomatie.
La rupture avec la tradition diplomatique
L’ordre international post-1945
Depuis 1945, les relations internationales occidentales reposaient sur certains principes. Le multilatéralisme. Le respect des traités. La consultation des alliés. La recherche du consensus. Les institutions internationales comme forum de résolution des conflits. Ce système avait ses défauts, mais il fournissait un cadre prévisible.
Trump a dynamité ce cadre. Il ne consulte pas, il ordonne. Il ne négocie pas, il impose. Il ne respecte pas les traités, il les déchire. Il ne travaille pas avec les institutions, il les méprise. Chaque interaction internationale devient un rapport de force brut où seul compte le pouvoir relatif des parties.
Le bilatéralisme transactionnel
À la place du système multilatéral, Trump propose des relations bilatérales transactionnelles. Chaque échange doit produire un gain visible pour les États-Unis. Chaque accord doit être « gagnant » d’un point de vue américain. La coopération pour le bien commun n’existe pas. Seuls comptent les deals.
Cette approche est celle des hommes d’affaires sans scrupules. Ou des mafieux. Elle ignore que certaines relations ne se réduisent pas à des transactions. Que la confiance se construit sur le long terme. Que les alliés ne sont pas des clients à pressurer. Que le soft power a une valeur réelle.
Trump voit le monde comme un casino. Il y a des gagnants et des perdants. Les États-Unis doivent toujours gagner. Si les autres perdent, tant pis pour eux. Cette vision est celle d’un homme qui n’a jamais compris que la diplomatie n’est pas un jeu à somme nulle. Que parfois, tout le monde peut gagner. Que la coopération crée de la valeur. Mais Trump ne croit pas à la coopération. Il croit à la domination.
Les victimes du système trumpien
Les petits pays
Dans un monde mafieux, les petits sont les premières victimes. Ils n’ont pas la force de résister. Ils n’ont pas les moyens de riposter. Ils doivent accepter les conditions qu’on leur impose ou subir les conséquences. Leur souveraineté n’existe que tant que le parrain le permet.
Les petits pays alliés des États-Unis vivent cette réalité. Le Danemark face aux menaces sur le Groenland. Les pays baltes qui dépendent de la protection américaine. Les nations d’Asie du Sud-Est prises entre la Chine et les États-Unis. Pour eux, l’ère Trump est une période d’angoisse existentielle.
Les alliés traditionnels
Même les grands alliés ne sont pas épargnés. L’Allemagne est régulièrement humiliée par Trump. La France est traitée avec condescendance. Le Royaume-Uni se voit proposer des deals défavorables. Le Canada est qualifié de menace à la sécurité nationale. Aucune relation historique ne protège contre les caprices trumpiens.
Cette maltraitance des alliés est sans précédent dans l’histoire américaine. Les présidents précédents pouvaient être durs en privé, mais respectueux en public. Trump humilie ses alliés devant le monde entier. Comme un parrain qui rappelle à ses lieutenants qui est le patron.
L’Allemagne a hébergé des troupes américaines pendant 80 ans. Elle a été le pilier de la défense occidentale pendant la Guerre froide. Et Trump la traite comme un vassal récalcitrant. Il menace de retirer les troupes. Il impose des tarifs. Il critique publiquement ses dirigeants. Voilà comment l’Amérique de Trump traite ses amis les plus fidèles. Imaginez comment elle traite ses ennemis.
Les mécanismes de pouvoir
La personnalisation du pouvoir
Un chef de mafia ne délègue pas l’essentiel. Les décisions importantes passent par lui. Sa parole fait loi. Les institutions de la famille existent pour exécuter ses ordres, pas pour le contraindre. Le pouvoir est personnel, pas institutionnel.
Trump gouverne de la même manière. Il court-circuite le Département d’État. Il ignore les conseils de ses généraux. Il tweete des décisions majeures sans consultation. Il limoge ceux qui le contredisent. L’appareil gouvernemental américain n’est pas un contre-pouvoir. C’est un instrument à son service.
La loyauté comme valeur suprême
Dans la mafia, la loyauté est la vertu cardinale. Peu importe la compétence ou l’intégrité. Ce qui compte, c’est la fidélité absolue au parrain. Les traîtres sont éliminés. Les loyaux sont récompensés. Le mérite personnel compte moins que la dévotion.
Trump applique ce principe à son administration. Il s’entoure de loyalistes plutôt que d’experts. Il récompense ceux qui le flattent et punit ceux qui le critiquent. Les lanceurs d’alerte sont persécutés. Les sycophantes sont promus. La compétence est secondaire. La loyauté est tout.
Regardez qui entoure Trump. Des loyalistes. Des flatteurs. Des gens qui doivent tout à sa faveur et rien à leur mérite. Les vrais experts, les voix indépendantes, les esprits critiques ont été poussés dehors. Ce qui reste, c’est une cour de courtisans qui dit au roi ce qu’il veut entendre. C’est ainsi que fonctionnent les familles mafieuses. C’est ainsi que fonctionne l’administration Trump.
Les conséquences internationales
La perte de crédibilité américaine
Un parrain est craint mais pas respecté. On lui obéit par peur, pas par adhésion. Dès que sa force faiblit, ses « alliés » cherchent d’autres protecteurs. La loyauté imposée par la terreur n’est jamais durable.
Les États-Unis de Trump perdent leur crédibilité morale. Ils ne peuvent plus prétendre défendre des principes puisqu’ils les violent ouvertement. Ils ne peuvent plus se poser en arbitres puisqu’ils sont partie prenante de tous les conflits. Ils ne peuvent plus rassembler de coalitions puisqu’ils maltraitent leurs partenaires.
Le précédent pour d’autres
Si les États-Unis peuvent se comporter en mafia, pourquoi pas les autres ? La Chine observe et prend note. La Russie se sent validée. Les puissances régionales comprennent que la force fait le droit. Que les principes ne sont que des slogans. Que le monde appartient à ceux qui osent prendre.
Trump n’est pas seulement dangereux par ses actions. Il est dangereux par l’exemple qu’il donne. Il normalise le comportement prédateur des grandes puissances. Il légitime la loi du plus fort. Il ouvre la voie à un monde où chaque pays puissant agit comme un parrain mafieux dans sa zone d’influence.
Quand l’Amérique se comporte comme une mafia, elle donne la permission aux autres de faire de même. La Chine en mer de Chine. La Russie en Europe de l’Est. L’Inde en Asie du Sud. Chacun comprend que les règles n’existent plus. Que seule compte la force. Que les petits pays sont à la merci des grands. Trump ne détruit pas seulement l’ordre américain. Il détruit l’idée même qu’un ordre international est possible.
La résistance possible
L’unité des victimes
Face à un parrain, les victimes isolées sont impuissantes. Mais unies, elles peuvent résister. L’Europe unie représente un bloc économique comparable aux États-Unis. Les alliés asiatiques ensemble ont un poids considérable. La solidarité entre victimes est la seule réponse efficace au comportement mafieux.
Cette unité est difficile à construire. Chacun espère être épargné en se soumettant. Chacun craint d’être le prochain exemple puni. Mais l’histoire montre que la soumission individuelle ne protège jamais. Le parrain revient toujours demander plus. La seule protection durable est la résistance collective.
L’autonomie stratégique
L’Europe doit réduire sa dépendance envers les États-Unis. Construire sa propre défense. Diversifier ses alliances. Développer ses capacités autonomes. Un continent qui peut se défendre seul n’a pas besoin de la « protection » d’un parrain capricieux.
Ce projet est immense. Il exige des investissements colossaux. Une volonté politique rare. Un dépassement des égoïsmes nationaux. Mais l’alternative est pire. Rester dépendant d’une Amérique imprévisible, c’est accepter le statut de vassal. C’est renoncer à toute dignité collective.
L’Europe a les moyens de résister. Elle a l’économie. Elle a la population. Elle a la technologie. Ce qui lui manque, c’est la volonté. La volonté de s’unir vraiment. De dépenser pour sa défense. De parler d’une seule voix. Trump nous offre, paradoxalement, une opportunité. Il nous montre que nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Cette leçon est cruelle. Elle est aussi libératrice.
Conclusion : Au-delà de la métaphore
Une description, pas une insulte
Comparer Trump à un chef de mafia n’est pas une insulte gratuite. C’est une description analytique de son mode de gouvernance. Ishaan Tharoor ne cherche pas à choquer pour le plaisir. Il cherche à nommer ce que nous voyons. À fournir un cadre conceptuel pour comprendre l’incompréhensible.
La métaphore mafieuse éclaire des comportements qui autrement semblent erratiques. Les menaces contre le Groenland. Les tarifs contre les alliés. Les humiliations publiques. Tout cela fait sens si on comprend que Trump ne gère pas un pays. Il gère un racket à l’échelle planétaire.
Ishaan Tharoor a mis des mots sur ce que beaucoup ressentent confusément. Trump ne fait pas de la politique. Il fait du business. Du business de type mafieux. Intimidation. Extorsion. Représailles. C’est son langage. C’est son monde. Et tant qu’il sera au pouvoir, c’est dans ce monde que nous devrons tous vivre. La question est : accepterons-nous les règles de son jeu, ou trouverons-nous le courage de résister ?
Encadré de transparence
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements qui nous concernent tous. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux de notre époque.
Sources
Sources primaires
India Today – Trump gère les affaires mondiales comme un chef de la mafia, déclare le journaliste Ishaan Tharoor (janvier 2026)
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