Les architectes de la répression visés
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a été direct : « Les États-Unis se tiennent fermement aux côtés du peuple iranien dans son appel à la liberté et à la justice. » L’OFAC (Office of Foreign Assets Control) a désigné 18 individus et entités jouant des rôles clés dans le blanchiment des revenus pétroliers et pétrochimiques iraniens via des réseaux bancaires clandestins. Ces « banques de l’ombre » permettent au régime de contourner les sanctions existantes et de financer sa répression.
Ali Larijani est la cible la plus symbolique. En tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, il est l’un des hommes les plus puissants du régime — et l’un des premiers à avoir ordonné la violence contre les manifestants. Le sanctionner, c’est viser le cœur du pouvoir iranien. Mais des sanctions suffiront-elles à stopper le massacre ? L’histoire suggère que non. Le régime iranien a survécu à des décennies de sanctions. Il continuera probablement à survivre à celles-ci.
Le spectre d’une intervention militaire
Les sanctions n’étaient pas la seule option sur la table. Après des jours d’escalade rhétorique, une attaque américaine contre l’Iran semblait imminente. Le 15 janvier, tard dans la soirée, l’Iran a fermé son espace aérien. Plusieurs villes israéliennes ont ouvert leurs abris anti-bombes. Les États-Unis ont évacué une partie de leur personnel de la région. L’Iran menaçait d’une « réponse sévère » à toute attaque. Le monde retenait son souffle.
Et puis, Trump a reculé. Selon la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, le président avait été informé que le massacre des manifestants s’était arrêté. Téhéran aurait suspendu quelque 800 exécutions programmées de protestataires. Vrai ? Faux ? Impossible de vérifier depuis l’extérieur. Mais Trump a choisi de croire cette version. L’attaque n’a pas eu lieu. Pour l’instant.
Nous étions à quelques heures d’une guerre. Une vraie guerre. Avec l’Iran. Avec tout ce que ça implique — les missiles, les représailles, le chaos régional, peut-être mondial. Et puis Trump a reculé parce qu’on lui a dit que les exécutions s’étaient arrêtées. J’espère que c’est vrai. J’espère que 800 personnes ont été sauvées. Mais quelque chose me dit que le régime iranien n’a fait que reporter l’inévitable. Quand les caméras se détourneront, les exécutions reprendront. Et nous aurons oublié.
Le peuple iranien entre espoir et désespoir
18 jours de révolte
Pendant 18 jours, les Iraniens ont défié le régime. Ils sont sortis dans les rues malgré les risques. Ils ont crié leur colère, leur frustration, leur soif de liberté. Des femmes ont retiré leur voile. Des hommes ont affronté les forces de sécurité. Des étudiants ont scandé des slogans contre le Guide suprême. C’était courageux. C’était désespéré. Et c’était, pour beaucoup, fatal.
Les images qui filtrent d’Iran sont terrifiantes. Des corps dans les rues. Des hôpitaux débordés. Des familles qui cherchent leurs proches disparus. Des prisons surpeuplées. 18 470 arrestations selon les organisations de défense des droits humains. Combien seront exécutés ? Combien croupiront dans des geôles pendant des années ? Combien seront torturés jusqu’à « confesser » des crimes qu’ils n’ont pas commis ? Le régime iranien a une longue expérience de la répression. Il sait briser les révoltes. Il l’a prouvé une fois de plus.
L’économie en ruine
La colère des Iraniens a une source concrète : l’effondrement économique. Le rial ne vaut plus rien. L’inflation dévore les salaires. Les sanctions internationales étranglent l’économie. Les Iraniens ordinaires paient le prix des ambitions nucléaires du régime, de ses aventures régionales, de son refus de tout compromis avec l’Occident. Ils paient, et ils n’en peuvent plus.
Les sanctions américaines aggravent-elles la situation du peuple iranien ? C’est le paradoxe cruel de cette politique. Les sanctions visent le régime, mais elles touchent aussi la population. Les médicaments manquent. Les prix explosent. L’économie s’effondre. Trump dit vouloir « aider » les Iraniens. Mais les Iraniens ordinaires se demandent si cette aide ne ressemble pas à un étranglement supplémentaire.
Le piège iranien. Le régime utilise les sanctions comme excuse — « c’est la faute de l’Amérique si vous souffrez ». Et en partie, c’est vrai. Les sanctions font mal. Mais le régime utilise aussi l’argent qu’il a pour réprimer plutôt que pour nourrir. Pour financer le Hezbollah plutôt que pour soigner les malades. Le peuple iranien est pris en étau entre un régime qui l’écrase et une communauté internationale qui le sanctionne. Et il meurt. Par milliers.
Les limites de la pression américaine
Des sanctions qui ne changent rien ?
La Foundation for Defense of Democracies l’a dit clairement : les sanctions pour droits humains de Washington « n’arrêteront pas la brutalité du régime ». C’est un constat lucide. Le régime iranien survit aux sanctions depuis 1979. Il a appris à les contourner, à s’adapter, à persister. Quelques nouvelles désignations ne changeront pas fondamentalement la donne. Le régime continuera de réprimer. Les manifestants continueront de mourir.
Les sanctions ont une valeur symbolique. Elles disent au monde — et au peuple iranien — que les États-Unis voient ce qui se passe. Qu’ils ne sont pas indifférents. Qu’ils condamnent. Mais le symbolisme ne sauve pas de vies. Il ne libère pas les prisonniers. Il ne ramène pas les morts. À un moment, il faut se demander si la politique américaine envers l’Iran a un objectif clair — ou si elle n’est qu’une succession de gestes sans stratégie cohérente.
Le régime survivra-t-il ?
Chaque révolte iranienne fait naître le même espoir : cette fois, peut-être, le régime tombera. 2009. 2017. 2019. 2022. Et maintenant 2026. À chaque fois, le régime a tenu. Par la force. Par la terreur. Par sa capacité à absorber la colère et à l’étouffer. Combien de révoltes faudra-t-il ? Combien de morts ? Personne ne peut le dire.
Ce qui est certain, c’est que la population iranienne ne lâche pas. Génération après génération, elle se soulève. Elle paie le prix. Et elle recommence. Cette résilience est peut-être le seul espoir. Un jour, peut-être, le régime sera trop affaibli pour réprimer. Un jour, peut-être, la prochaine révolte sera la dernière. Mais ce jour n’est pas aujourd’hui. Aujourd’hui, le régime compte ses morts — les nôtres — et se félicite d’avoir survécu une fois de plus.
Je pense aux femmes iraniennes. Celles qui ont retiré leur voile dans la rue, sachant ce qu’elles risquaient. Celles qui ont crié « Femme, vie, liberté » face aux fusils. Leur courage me sidère. Je ne sais pas si j’aurais ce courage. Affronter un régime qui tue sans hésiter. Risquer sa vie pour un idéal. Et pourtant, elles le font. Encore et encore. Le régime peut tuer des milliers de personnes. Il ne peut pas tuer cette soif de liberté.
Conclusion : L'Iran entre deux feux
Un peuple abandonné ?
Les Iraniens se sont levés. Ils ont manifesté. Ils ont crié. Et ils ont été abattus. Plus de 2 600 morts. Des milliers d’arrestations. Une répression d’une brutalité terrifiante. En réponse, les États-Unis ont imposé des sanctions. Symboliques. Probablement inefficaces. Le monde a « condamné ». Et après ? Les manifestations semblent s’essouffler. Le régime reprend le contrôle. Les exécutions, suspendues ou non, reprendront tôt ou tard. Et nous passerons à autre chose.
C’est la tragédie iranienne. Un peuple qui veut la liberté, coincé entre un régime impitoyable et une communauté internationale impuissante. Les sanctions ne suffiront pas. L’intervention militaire était sur la table, puis elle a été retirée. Que reste-t-il ? L’espoir que les Iraniens, un jour, réussiront par eux-mêmes. Que la prochaine révolte sera la bonne. Que le régime, affaibli par ses contradictions, finira par s’effondrer. C’est un espoir fragile. Mais c’est peut-être le seul.
Ce soir, quelque part en Iran, une mère pleure son enfant. Un prisonnier attend son exécution. Une jeune femme se demande si elle aura le courage de sortir demain, de manifester encore, de risquer sa vie encore. Le régime a gagné cette bataille. Mais la guerre continue. Elle continuera tant qu’il y aura des Iraniens qui refusent de se soumettre. Tant qu’il y aura des femmes qui retirent leur voile. Tant qu’il y aura des voix qui crient « liberté » face aux fusils. L’Iran n’est pas un pays. C’est une blessure ouverte. Et elle saigne. Elle saigne depuis des décennies. Elle saignera encore. Jusqu’au jour où, enfin, elle guérira.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées proviennent de sources officielles, notamment le département du Trésor américain, Al Jazeera, ABC News, CNN, NPR et HRANA.
Sources
Sources primaires
U.S. Department of the Treasury – Secretary Bessent Announces Sanctions Against Architects of Iran’s Brutal Crackdown on Peaceful Protests (15 janvier 2026)
Al Jazeera – US sanctions Khamenei aide, other Iranian officials over protest crackdown (15 janvier 2026)
Sources secondaires
ABC News – Iran protests: US sanctioning Iranian officials over ‘brutal crackdown’ (15 janvier 2026)
NPR – Iran’s protests appear increasingly smothered after a deadly crackdown (15 janvier 2026)
FDD – Washington’s Human Rights Sanctions Against Tehran Won’t Halt Regime Brutality (17 janvier 2026)
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