Gaza comme modèle, Ukraine comme extension
L’idée originale portait sur Gaza. Un conseil pour superviser la reconstruction après le conflit, sous la direction de Trump et de ses proches — notamment son gendre Jared Kushner et son envoyé spécial Steve Witkoff. Mais selon le Financial Times, les responsables américains ont proposé d’étendre ce « Board of Peace » à d’autres pays touchés par la guerre et les conflits, y compris l’Ukraine et le Venezuela. Une sorte de conseil universel de résolution des conflits — dirigé par Washington, bien sûr.
Concernant l’Ukraine, un haut responsable de Kyiv a confirmé qu’un conseil de paix séparé — également présidé par Trump — fait partie des propositions pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Ce conseil serait composé de représentants de l’Ukraine, de l’Europe, de l’OTAN et de la Russie. Il superviserait et garantirait l’application d’un plan de paix en 20 points que le président Zelensky a décrit comme « prêt à 90 % ».
Les membres nommés — et les invités controversés
Trump a nommé plusieurs personnalités au conseil : Ajay Banga, président de la Banque mondiale, le Premier ministre canadien Mark Carney, ainsi que ses propres envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner, et le secrétaire d’État Marco Rubio. Une liste qui mélange expertise internationale et loyauté personnelle — la marque de fabrique Trump.
Mais le plus surprenant, c’est l’invitation. Vladimir Poutine a été invité à rejoindre le Board of Peace, a confirmé le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov. Moscou cherche à contacter le côté américain pour clarifier les détails de la proposition. Autrement dit : le dirigeant qui a lancé une guerre d’agression, qui bombarde des civils, qui menace le monde avec des armes nucléaires, est convié à la table de la paix. Pendant ce temps, Alexander Loukachenko, le dictateur biélorusse qui réprime son propre peuple et soutient l’invasion russe, a également reçu une invitation.
Poutine invité au Conseil de paix. Loukachenko aussi. Je relis la phrase et je me pince. C’est comme inviter le pyromane à la réunion des pompiers. Le renard dans le poulailler. L’absurde élevé au rang de politique étrangère. Trump prétend vouloir la paix — mais il invite à la table ceux qui font la guerre. Qu’est-ce que ça dit sur sa conception de la « paix » ? Probablement rien de bon pour l’Ukraine.
Le refus de Macron
L’Europe dit non
Le « Board of Peace » de Trump a mal démarré. Questionné par l’Europe, critiqué par Israël, et célébré par… les amis du Kremlin. Emmanuel Macron a immédiatement décliné l’invitation. Pas de négociation. Pas de « on verra ». Un non franc et direct. Le président français refuse de cautionner un processus qu’il considère comme une mascarade — ou pire, comme une capitulation déguisée.
La position européenne est claire : on ne négocie pas la paix en invitant l’agresseur sans conditions. On ne vend pas des sièges au conseil qui décidera du sort de millions de gens. On ne transforme pas la diplomatie en show télévisé. Macron et d’autres dirigeants européens voient dans le Board of Peace une tentative de Trump de se positionner comme l’arbitre suprême des conflits mondiaux — tout en ignorant les principes qui fondent l’ordre international.
Les tensions américano-européennes
Les Européens ont « grimacé et encaissé beaucoup d’humiliations de l’administration Trump », selon les observateurs, parce qu’ils voulaient garder les États-Unis engagés dans la fin de la guerre en Ukraine. Mais la patience a des limites. Les actions de Trump sont perçues comme du « chantage ». Macron pousse pour activer l’instrument anti-coercition de l’UE contre les États-Unis.
L’atmosphère à Davos est électrique. Trump y participe en personne pour la première fois depuis 2020 — avec la « plus grande » délégation américaine jamais envoyée au forum, selon les organisateurs. Mais l’accueil est glacial de la part des Européens. Des centaines de manifestants protestent contre Trump dans les rues de Davos. L’homme qui prétend apporter la paix est accueilli avec hostilité par ceux qui devraient être ses alliés.
Macron dit non. Et vous savez quoi ? Bravo. C’est peut-être la première fois depuis des années que l’Europe ose dire non à Washington. Pas des protestations polies, pas des réserves diplomatiques — un non. Un refus clair. Parce que certaines invitations ne se déclinent pas poliment. Elles se rejettent. Participer au cirque de Trump, c’est légitimer l’idée que la paix s’achète. Que Poutine mérite un siège à la table qu’il a lui-même renversée. Macron a compris : parfois, la meilleure réponse au spectacle, c’est de quitter la salle.
L'Ukraine prise entre deux feux
Le plan de paix en 20 points
Zelensky a décrit un plan de paix en 20 points comme « prêt à 90 % ». Ce plan impliquerait un conseil de paix — mais pas celui que Trump imagine. Un conseil avec des garanties réelles, des mécanismes de vérification, une implication sérieuse de l’OTAN et de l’Europe. L’Ukraine ne veut pas d’une paix imposée par Washington et acceptée par Moscou. Elle veut une paix qui garantisse sa sécurité future.
La position ukrainienne est délicate. Kyiv a besoin du soutien américain — les armes, l’argent, le poids diplomatique. Mais elle ne peut pas accepter n’importe quel accord. Une paix qui laisserait la Russie en position de reprendre la guerre dans quelques années serait pire que pas de paix du tout. Zelensky marche sur un fil : maintenir le soutien de Trump tout en refusant de se soumettre à ses conditions.
Le risque d’une paix dictée
Ce qui inquiète Kyiv — et ce qui inquiète l’Europe — c’est que Trump négocie directement avec Poutine, au-dessus de la tête de l’Ukraine. Un accord entre Washington et Moscou qui obligerait l’Ukraine à accepter des concessions territoriales, à renoncer à l’OTAN, à accepter une « neutralité » qui la laisserait vulnérable. C’est le scénario cauchemar : la grande puissance qui décide du sort du petit pays, comme au bon vieux temps de Yalta.
L’invitation de Poutine au Board of Peace renforce ces craintes. Si l’agresseur est traité comme un partenaire légitime de négociation, si ses « préoccupations de sécurité » sont prises au sérieux, si la Russie obtient ce qu’elle veut sans avoir à payer le prix de son agression — alors quel message envoie-t-on au reste du monde ? Que l’invasion paie ? Que la force prime le droit ?
L’Ukraine entre l’enclume et le marteau. Trump qui veut faire la paix à tout prix — y compris au prix de l’Ukraine. Poutine qui attend patiemment que l’Occident se fatigue. Et entre les deux, Zelensky qui essaie de sauver son pays sans se vendre. C’est une position impossible. Une équation sans solution. Mais l’Ukraine n’a pas le choix. Elle doit jouer avec les cartes qu’elle a. Et espérer que l’Europe tiendra bon quand Washington fléchira.
Conclusion : Le spectacle de la paix
Davos ou la diplomatie comme entertainment
Trump est à Davos. Avec sa plus grande délégation. Avec son « Board of Peace ». Avec son prix d’entrée à un milliard de dollars. C’est la diplomatie version téléréalité. Le deal-making élevé au rang de politique étrangère. Peu importe si ça fonctionne — ce qui compte, c’est le spectacle. L’annonce. Le titre dans les journaux. « Trump crée un conseil de paix mondial. » Ça sonne bien. Ça vend des images.
Mais la paix ne se construit pas avec des shows. Elle se construit avec des garanties, des engagements, des mécanismes de vérification. Elle se construit quand toutes les parties veulent vraiment la paix — pas quand l’une d’elles veut juste gagner du temps pour reprendre la guerre plus tard. L’Ukraine le sait. L’Europe le sait. Trump, apparemment, ne le sait pas. Ou s’en fiche.
Macron refuse. Poutine accepte. Et Trump parade à Davos avec son Conseil de paix à un milliard de dollars. Voilà où nous en sommes. La diplomatie comme produit de luxe. La guerre comme négociation d’affaires. Et l’Ukraine, coincée au milieu, qui se demande si ses « alliés » la défendent ou la vendent. Je ne sais pas comment cette histoire va finir. Mais je sais une chose : quand l’agresseur est invité à la table et que les défenseurs des valeurs refusent d’y siéger, quelque chose a profondément dysfonctionné. Quelque chose s’est cassé dans l’ordre mondial. Et Davos 2026 restera comme le moment où cette cassure est devenue impossible à ignorer.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste et observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées proviennent de sources reconnues, notamment Bloomberg, le Financial Times, et les déclarations officielles des gouvernements concernés.
Sources
Sources primaires
Yahoo Finance / Bloomberg – Trump Wants His Peace Board Signed in Davos. Macron Declines (janvier 2026)
Kyiv Independent – US considering creating ‘Board of Peace’ for Ukraine, modeled after plan for Gaza, FT reports (janvier 2026)
Sources secondaires
CNBC – Global week ahead: Will cooler heads prevail at Davos WEF 2026? (18 janvier 2026)
NPR – Trump attends World Economic Forum amid U.S.-European tensions over Greenland (19 janvier 2026)
Raw Story – World leaders ‘squirming’ over Trump’s new shakedown (janvier 2026)
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