Du Monroe Doctrine au Trump Corollary
En décembre 2025, l’administration Trump a dévoilé sa Stratégie de sécurité nationale. Un document de 31 pages qui, pour la première fois depuis deux siècles, ressuscite officiellement la doctrine Monroe — cette politique du XIXe siècle qui déclarait l’hémisphère occidental chasse gardée américaine. Mais Trump ne s’est pas contenté de la ressusciter. Il l’a amplifiée. Il l’a rebaptisée le « Trump Corollary ». Et lors de sa conférence de presse après la capture de Maduro, il l’a appelée avec un sourire la « Doctrine Donroe » — un mélange de son prénom et de celui du président James Monroe.
Ce que dit cette doctrine, en substance : les États-Unis ont le droit de contrôler politiquement, économiquement, commercialement et militairement tout l’hémisphère occidental. Le document est explicite : Washington « refusera aux concurrents extra-hémisphériques la capacité de positionner des forces ou de posséder ou contrôler des actifs stratégiquement vitaux dans notre hémisphère ». Notre hémisphère. Comme si la moitié de la planète leur appartenait. Comme si le Canada, le Groenland, le Mexique, le Panama n’étaient que des pièces sur un échiquier géant dont seul Trump connaît les règles.
L’impérialisme assumé
Le Département d’État a doublé la mise sur les réseaux sociaux : « C’est NOTRE hémisphère, et le président Trump ne permettra pas que notre sécurité soit menacée. » Notre hémisphère. Les mots ont un poids. Ils dessinent une réalité. Et cette réalité, c’est celle d’une superpuissance qui a décidé que les frontières des autres nations ne sont que des suggestions. L’ancien ambassadeur américain à l’OTAN, Ivo Daalder, a été catégorique : sous l’administration Trump, « l’ordre fondé sur les règles a effectivement cessé d’exister ».
Vous savez ce qui me glace le sang ? C’est que personne ne semble surpris. Les experts, les diplomates, les historiens — ils hochent la tête en disant « on s’y attendait ». Comme si l’effondrement de l’ordre international était inévitable. Comme si on regardait une avalanche au ralenti, sans pouvoir rien faire. Mais est-ce qu’on ne peut vraiment rien faire ? Ou est-ce qu’on a simplement choisi de ne rien faire ?
Le Groenland : 56 000 âmes face au colosse
Une île qui n’est pas à vendre
Le Groenland. La plus grande île du monde. 2,16 millions de kilomètres carrés de glace, de roche et de possibilités. Et 56 000 habitants — à peine la population d’une ville de banlieue nord-américaine. C’est cette disproportion qui fascine Trump. C’est cette disproportion qui l’enhardit. « Le Groenland, c’est un très petit nombre de personnes, dont nous prendrons soin, que nous chérirons », a-t-il déclaré à NBC News. Comme s’il parlait d’adopter un chiot. Comme si un peuple entier, avec sa culture, son histoire, ses aspirations, pouvait être « chéri » comme un animal de compagnie.
La réponse des Groenlandais a été sans équivoque. Le premier ministre Jens-Frederik Nielsen a déclaré en mars : « Le président Trump dit que les États-Unis « auront le Groenland« . Soyons clairs : les États-Unis ne l’auront pas. Nous n’appartenons à personne d’autre. Nous décidons de notre propre avenir. » Mais que pèse la voix d’un premier ministre d’un territoire de 56 000 personnes face à la plus grande puissance militaire de l’histoire humaine ?
La réponse danoise qui a fait le tour du monde
Au Parlement européen, le 21 janvier 2025, le député danois Anders Vistisen a prononcé des mots qui ont fait le tour de la planète : « Écoutez très attentivement. Le Groenland fait partie du royaume danois depuis huit cents ans. C’est une partie intégrante de notre pays. Il n’est pas à vendre. Laissez-moi le dire dans des mots que vous pourriez comprendre : Monsieur Trump, allez vous faire voir. » Ces mots, prononcés dans l’enceinte du Parlement européen, ont cristallisé le sentiment de millions d’Européens. L’indignation. La colère. Et surtout, la peur.
Huit cents ans. Huit siècles d’histoire, de culture, de liens entre le Danemark et le Groenland. Et un homme, assis dans son bureau doré de Mar-a-Lago, décide que tout ça ne vaut rien. Que tout ça peut être balayé d’un revers de main. Qu’est-ce qu’on ressent quand on réalise que notre existence même, notre identité, notre droit d’exister en tant que peuple, dépend du bon vouloir d’un milliardaire qui nous considère comme une « opportunité immobilière » ? Comment on se lève le matin en sachant ça ?
Le Canada : l'allié trahi
Du partenaire au « 51e État »
Si le Groenland est une cible lointaine et exotique pour beaucoup d’Américains, le Canada est là, juste à côté. La plus longue frontière non militarisée du monde. Des siècles d’alliance. Des générations de liens familiaux, économiques, culturels. 75 % des exportations canadiennes vont aux États-Unis. Près d’un quart du revenu national canadien en dépend. Et c’est précisément cette dépendance que Trump utilise comme une arme.
Les tarifs douaniers ont été le premier coup. 25 % sur l’acier. 25 % sur l’aluminium. Des menaces d’écraser l’industrie automobile canadienne. « Nous avons un déficit énorme avec le Canada », a déclaré Trump au Forum économique mondial en janvier 2025. « On ne peut plus accepter ça. Mais vous savez, vous pouvez toujours devenir un État. Comme ça, si vous êtes un État, on n’aura pas de déficit, on n’aura pas à vous imposer des tarifs. » Le message est clair : soumettez-vous ou souffrez.
La résistance canadienne
Les Canadiens ont répondu. Pas avec des armées — ils n’en ont pas les moyens. Mais avec leur portefeuille, leur fierté, leur identité. Les voyages vers les États-Unis ont chuté de 28 % en 2025. Les ventes de whisky américain au Canada se sont effondrées de 60 %. Le boycott du Jack Daniel’s et du Jim Beam est devenu un acte de résistance nationale. 71 % des Canadiens disent être « moins susceptibles » d’acheter des produits américains qu’avant la guerre commerciale.
Le premier ministre Mark Carney, élu sur une vague de sentiment anti-Trump, a été catégorique dans son discours de victoire : « L’Amérique n’est pas le Canada, et le Canada ne sera jamais, jamais partie de l’Amérique de quelque manière que ce soit. » 90 % des Canadiens rejettent l’idée de devenir américains. Un sondage d’avril 2025 a révélé un chiffre stupéfiant : 82 % des Canadiens préféreraient redevenir un dominion de l’Empire britannique plutôt que d’être annexés par les États-Unis.
Imaginez ça une seconde. Imaginez que vos voisins, vos alliés depuis deux siècles, vos partenaires commerciaux, vos amis, décident un beau matin que vous leur appartenez. Que votre pays, votre culture, votre façon de vivre, tout ça n’est qu’un obstacle à leur « grandeur ». Imaginez vous réveiller chaque jour en sachant que la personne la plus puissante de la planète considère votre existence comme une erreur à corriger. C’est ça, être Canadien en 2026.
Les vraies raisons : minerais, routes et domination
L’or du XXIe siècle sous la glace
Derrière la rhétorique de « sécurité nationale », il y a des chiffres. Le Groenland possède 1,5 million de tonnes de réserves prouvées de terres rares — ces 17 métaux essentiels à tout ce qui fait tourner le monde moderne : téléphones, voitures électriques, éoliennes, équipements militaires. L’île est classée huitième mondiale pour ses réserves, et certains géologues pensent qu’elle pourrait détenir les deuxièmes plus grandes réserves au monde après la Chine. Or, la Chine contrôle actuellement 90 % du raffinage mondial des terres rares. C’est un étranglement stratégique que Washington veut briser — par tous les moyens nécessaires.
L’ancien conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz a été sans ambiguïté : « C’est une question de minéraux critiques. C’est une question de ressources naturelles. » Le Groenland possède aussi du graphite essentiel aux batteries, du cuivre, du zinc, de l’or, de l’uranium. Et avec le réchauffement climatique qui fait fondre la glace arctique, ces ressources deviennent de plus en plus accessibles. Ce qui était impossible hier devient rentable demain.
Les routes de l’Arctique
Mais les minerais ne sont qu’une partie de l’équation. Le Groenland est situé sur le passage GIUK — le corridor maritime entre le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni — par lequel l’OTAN surveille les mouvements navals russes dans l’Atlantique Nord. C’est aussi sur la trajectoire la plus courte d’un missile balistique russe vers le territoire américain continental. La base spatiale Pituffik, dans le nord-ouest du Groenland, est opérationnelle depuis la Guerre froide. Environ 150 militaires américains y sont stationnés en permanence.
Et puis il y a les nouvelles routes maritimes. Avec la fonte des glaces, le Passage du Nord-Ouest et la Route maritime transpolaire deviennent de plus en plus praticables. Des routes qui pourraient raccourcir considérablement les trajets commerciaux entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. Celui qui contrôle le Groenland contrôle l’accès à ces routes. Et Trump entend bien que ce soit l’Amérique.
On parle de « sécurité nationale ». On parle de « minéraux stratégiques ». On utilise des mots propres, des mots de technocrates, des mots qui sentent le PowerPoint et la salle de conférence. Mais appelons les choses par leur nom : c’est du pillage. C’est de l’accaparement. C’est prendre ce qui appartient à d’autres parce qu’on en a la force. Les empires ont toujours fait ça. Ils ont toujours trouvé des justifications. Les Espagnols parlaient de convertir les âmes. Les Britanniques parlaient de civiliser les sauvages. Les Américains parlent de sécurité nationale. Le résultat est le même : des peuples écrasés sous le poids de la cupidité des puissants.
L'Arctique en feu : le nouveau Grand Jeu
Trois superpuissances, un océan
L’Arctique n’est plus un désert de glace oublié du monde. C’est devenu le nouveau théâtre de la compétition entre grandes puissances. La Russie possède plus d’un quart de son territoire dans la région arctique et considère celle-ci comme vitale pour sa défense. En 2018, la Chine s’est déclarée « État proche de l’Arctique » — une désignation géographiquement absurde mais politiquement révélatrice — et a lancé sa « Route de la Soie polaire » pour étendre son influence dans la région.
Trump a affirmé que le Groenland était « couvert de navires russes et chinois partout ». Une exagération, certes, mais qui reflète une anxiété réelle à Washington. La Chine a tenté d’investir dans des projets miniers au Groenland. Elle a mené des expéditions de recherche dans l’Arctique. Elle a des ambitions. Et l’Amérique de Trump ne tolère aucune ambition qui ne soit pas la sienne.
Le Canada dans la mire
Le Canada possède la plus longue côte arctique du monde occidental. Des ressources immenses. Et, selon Trump, une incapacité à défendre son propre territoire. Des sources proches de la Maison-Blanche rapportent que le président est « vraiment inquiet » de ce qu’il perçoit comme la vulnérabilité du Canada face à une incursion russe ou chinoise dans l’Arctique. Sa solution ? Que le Canada dépense plus pour sa défense — ou qu’il accepte une présence américaine accrue sur son territoire.
Les discussions internes à l’administration ont porté sur une « stratégie arctique élargie » et potentiellement un accord avec le Canada pour « fortifier sa frontière nord ». Pour l’instant, il n’est pas question de stationner des troupes américaines au sol le long de la frontière nord canadienne. Pour l’instant.
On en est là. À discuter de « stratégies arctiques » et de « présence militaire accrue ». À normaliser l’idée qu’un pays souverain devrait accepter des troupes étrangères sur son sol parce qu’un président étranger pense qu’il ne sait pas se défendre. C’est comme si un voisin vous disait : « Ta porte n’est pas assez solide. Je vais mettre mes gardes dans ton salon. Pour ta protection, bien sûr. » Et si vous refusez ? Eh bien, il y a toujours les tarifs douaniers. Il y a toujours la pression économique. Il y a toujours la menace implicite.
L'OTAN au bord du gouffre
Quand l’alliance se fissure
L’OTAN repose sur un principe fondamental : l’Article 5. Une attaque contre un membre est une attaque contre tous. Mais que se passe-t-il quand le membre le plus puissant de l’alliance menace d’attaquer un autre membre ? Le Danemark est membre de l’OTAN. Le Groenland fait partie du royaume danois. Si les États-Unis utilisaient la force militaire pour s’emparer du Groenland, chaque pays de l’OTAN serait légalement obligé de décider s’il vient à la défense du Danemark — contre les États-Unis.
Michael O’Hanlon, du Brookings Institution, a été clair : « Si les États-Unis attaquaient le Danemark, chaque autre pays de l’OTAN aurait l’obligation de décider s’il vient à la défense du Danemark. Je ne suggère pas que nous aurons une guerre civile au sein de l’OTAN, mais les choses pourraient devenir très tendues. » La première ministre danoise Mette Frederiksen a averti qu’une prise de contrôle américaine du Groenland « marquerait la fin de l’alliance de l’OTAN ».
L’Europe en état de choc
Les dirigeants européens sont divisés entre l’incrédulité et la panique. Le chancelier allemand Olaf Scholz a exprimé un « malaise concernant les déclarations récentes des États-Unis ». Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a averti Trump de ne pas menacer les frontières de l’Union européenne. Même la Russie a réagi : Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré que l’Arctique était « une zone de nos intérêts nationaux » et s’est opposé à tout changement du statu quo.
L’ironie est presque trop cruelle pour être supportée. Pendant des décennies, l’OTAN a été le rempart de l’Occident contre l’expansionnisme russe. Contre les régimes autoritaires qui ne respectent pas les frontières des autres. Et maintenant, c’est le leader de l’OTAN, le pays qui a créé cette alliance, qui menace de la détruire de l’intérieur. On a passé 70 ans à craindre que la Russie ne fracture l’Occident. On n’avait pas prévu que ce serait l’Amérique.
Les chiffres de l'impensable
Ce que disent les sondages
Un sondage conjoint Washington Post-ABC News-Ipsos d’avril 2025 a révélé des chiffres glaçants. 68 % des Américains pensent que Trump est sérieux dans sa volonté de prendre le contrôle du Groenland. 53 % pensent qu’il est sérieux concernant le Canada. Et les lignes partisanes sont nettes : 81 % des Démocrates croient qu’il est sérieux sur le Groenland, contre 58 % des Républicains. Mais même parmi les Républicains, plus de la moitié pense que leur président ne bluffe pas.
Quant au soutien populaire à ces annexions ? 22 % des Américains soutiennent l’annexion du Groenland. 76 % s’y opposent. 13 % soutiennent l’annexion du Canada. 86 % s’y opposent. Un sondage YouGov de février 2025 a montré que seuls 4 % des Américains soutiennent l’expansion territoriale si elle nécessite la force militaire. L’impérialisme de Trump n’a pas le soutien de son peuple. Mais quand a-t-il jamais laissé les sondages l’arrêter ?
L’économie de la peur
Les conséquences économiques sont déjà visibles. Le commerce bilatéral de vin entre le Canada et les États-Unis s’est effondré de 91 %. Le Jack Daniel’s a vu ses ventes canadiennes chuter de plus de 60 %. Jim Beam a suspendu la production de son usine principale face à l’effondrement de la demande. Le Canada était le premier marché d’exportation pour le vin américain en 2024. Plus maintenant.
Et ce n’est que le début. L’accord USMCA, le traité de libre-échange que Trump lui-même avait négocié lors de son premier mandat, arrive à révision en 2026. L’administration a annoncé son intention de « le réviser, le revoir ou le quitter ». Si l’USMCA s’effondre, les tarifs effectifs sur les exportations canadiennes vers les États-Unis exploseraient. L’économie canadienne, déjà sous pression, pourrait entrer en récession profonde.
On parle de chiffres, de pourcentages, de milliards de dollars. Mais derrière chaque chiffre, il y a des vies. L’ouvrier de l’usine automobile de l’Ontario qui ne sait pas s’il aura encore un emploi dans six mois. Le pêcheur groenlandais qui regarde les navires étrangers longer ses côtes. La mère canadienne qui explique à ses enfants pourquoi les gens à la télé veulent que leur pays disparaisse. Les chiffres sont abstraits. La peur, elle, est très concrète.
L'avenir qui s'écrit aujourd'hui
Les scénarios possibles
Où tout cela mène-t-il ? Plusieurs scénarios se dessinent. Le premier, optimiste : Trump utilise ces menaces comme levier de négociation, obtient des concessions commerciales et sécuritaires, et laisse tomber l’idée d’annexion. Le deuxième, inquiétant : les pressions économiques continuent, le Canada et le Danemark s’affaiblissent, et des accommodements de plus en plus humiliants sont arrachés. Le troisième, cauchemardesque : une action militaire unilatérale, l’effondrement de l’OTAN, et le début d’une nouvelle ère d’instabilité mondiale.
Le Canada a déjà commencé à diversifier ses partenaires commerciaux. Le premier ministre Carney vient de conclure un accord avec la Chine pour réduire les tarifs sur les véhicules électriques chinois en échange de meilleures conditions pour le canola canadien. C’est exactement ce que Pékin espérait : que les pressions de Trump poussent les alliés américains dans ses bras. Le Danemark a annoncé des investissements de plusieurs milliards de couronnes pour renforcer sa présence militaire au Groenland.
La résistance s’organise
Au Sénat américain, le démocrate Ruben Gallego de l’Arizona a introduit une législation pour restreindre toute action militaire contre le Groenland. Le représentant Seth Magaziner a proposé un projet de loi qui empêcherait l’utilisation de fonds fédéraux pour envahir le Canada, le Groenland ou le Panama sans l’approbation du Congrès. Les contre-pouvoirs institutionnels tentent de fonctionner. Mais avec quelle efficacité face à un président qui considère les règles comme des obstacles à contourner ?
On nous dit que les institutions tiendront. Que les contre-pouvoirs fonctionneront. Que la Constitution américaine est plus forte qu’un homme. Peut-être. Mais combien de fois peut-on tester une structure avant qu’elle ne cède ? Combien de précédents peut-on briser avant que le mot « précédent » ne perde tout son sens ? Je veux croire que les garde-fous tiendront. Mais je ne peux pas m’empêcher de me demander : et s’ils ne tiennent pas ? Qu’est-ce qu’on fait alors ?
Conclusion : le monde d'après
Ce qui reste quand tout s’effondre
Nous vivons un moment charnière. Pas le genre de moment dont on parlera dans les livres d’histoire avec le recul confortable des décennies. Le genre de moment qu’on vit en direct, avec la boule au ventre et l’incertitude totale de ce qui vient après. L’ordre international d’après-guerre, celui qui a garanti 80 ans de paix relative entre grandes puissances, est attaqué. Et l’attaquant n’est pas un adversaire extérieur. C’est celui qui était censé être le gardien.
Le Groenland ne sera probablement pas envahi demain. Le Canada ne deviendra probablement pas le 51e État cette année. Mais le simple fait que ces phrases doivent être écrites, que ces scénarios doivent être envisagés, que ces questions doivent être posées — c’est déjà une défaite. C’est déjà la preuve que quelque chose s’est brisé. Quelque chose qui ne se réparera peut-être jamais.
Quelque part au Groenland, ce soir, un enfant regarde par sa fenêtre le ciel arctique. Il ne sait pas que des hommes puissants, très loin de chez lui, discutent de son avenir comme on discuterait de l’achat d’une maison. Il ne sait pas que son île, sa culture, son peuple, sont devenus des pions sur un échiquier géopolitique. Il regarde juste les étoiles. Et moi, je me demande : dans quel monde cet enfant grandira-t-il ? Dans un monde où les frontières signifient quelque chose ? Où le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est plus qu’une phrase vide ? Ou dans un monde où seule la force compte ? Où les petits n’existent que par la grâce des grands ? Je n’ai pas de réponse. Et c’est peut-être ça, le plus terrifiant de tout : on ne sait plus. On ne sait vraiment plus.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements de puissance globaux, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués de la Maison-Blanche, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, NBC News, CNN, ABC News, Associated Press, ainsi que les données d’organisations comme le Center for Strategic and International Studies, le Brookings Institution et l’Atlantic Council.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
Wikipedia – American expansionism under Donald Trump (19 janvier 2026)
NBC News – Trump’s latest Western Hemisphere fixation: Canada (18 janvier 2026)
CNBC – Why Trump wants Greenland — why the White House thinks it’s so important for national security (7 janvier 2026)
CNN – Trump renews threat of military force to annex Greenland (4 mai 2025)
CNN – Why does Trump want Greenland so much, and why is it so important strategically? (19 janvier 2026)
Sources secondaires
ABC News – Trump’s ‘Donroe Doctrine’ seeks influence over Western Hemisphere citing old US policy (6 janvier 2026)
Brookings Institution – Breaking down Trump’s 2025 National Security Strategy (9 décembre 2025)
Atlantic Council – The Trump Corollary is officially in effect (janvier 2026)
Center for Strategic and International Studies – Greenland, Rare Earths, and Arctic Security (12 janvier 2026)
TIME – What Is the Monroe Doctrine, and How Is Trump Reasserting It? (janvier 2026)
Bloomberg – Canadian Trips to US Plunged 28% in 2025 Amid Trump’s Tariffs, 51st State Jabs (12 janvier 2026)
Washington Post – Canada, China announce trade deal as Trump’s tariffs push them closer (16 janvier 2026)
The White House – America 250: Presidential Message on the Anniversary of the Monroe Doctrine (2 décembre 2025)
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