Quand la capitale devient un réfrigérateur géant
Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, n’a pas mâché ses mots. Ce qu’il vit en ce moment, c’est du jamais vu. Près de 6000 immeubles — la moitié du parc résidentiel de la capitale — sans chauffage après l’attaque massive du 9 janvier. Plus de 500 bâtiments résidentiels toujours privés de chauffage central ce dimanche. Une situation si grave qu’il a demandé aux habitants qui le peuvent de quitter temporairement la ville. Vous imaginez ? Le maire de la capitale d’un pays européen qui conseille à ses citoyens de fuir. Non pas à cause d’une invasion imminente, mais à cause du froid.
Oleksandr Kharchenko, directeur du Centre de recherche énergétique ukrainien, est catégorique : jamais, nulle part au monde, on n’a vu une telle situation. Une grande métropole dotée d’un système de chauffage centralisé, des températures qui plongent à -19 degrés la nuit, et une destruction systématique des infrastructures énergétiques. C’est une combinaison létale. Le ministère de l’Énergie ukrainien rapporte que plus de 20 localités de la région de Kyiv se sont retrouvées sans électricité après les frappes de la nuit de samedi. À Kharkiv, la deuxième ville du pays, le maire Ihor Terekhov parle d’un système énergétique qui fonctionne constamment à ses limites. Trois personnes blessées dans les frappes nocturnes. Le quotidien de l’horreur.
La résilience ukrainienne face au désastre
Mais les Ukrainiens ne sont pas du genre à se laisser abattre. Dans tout Kyiv, plus de 1200 points de chaleur ont été installés — des espaces publics chauffés où les gens peuvent se réfugier, recharger leurs appareils, boire un thé chaud. Les services d’urgence ont ajouté 68 points supplémentaires. Des bénévoles kazakhs cuisinent du plov — un plat traditionnel de riz — dans les parcs de la ville pour nourrir gratuitement les habitants. Les voisins se rassemblent dans les cours d’immeubles pour faire griller de la viande sur des feux de camp improvisés, boire des boissons chaudes et danser pour se réchauffer. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux. Elles montrent un peuple qui refuse de plier.
Kateryna Skurydina vit dans un immeuble du centre de Kyiv. Son appartement est rempli de bougies USB artificielles, de guirlandes de Noël, de lampes de camping. Elle a appris à vivre avec les coupures. Mais le froid, c’est nouveau. La température intérieure est tombée à 10 degrés. Elle dort avec son enfant et ses deux chats dans le même lit pour se tenir chaud. Elle stocke sa nourriture sur le balcon — il fait plus froid dehors que dans son réfrigérateur de toute façon. Son chat, Pushok — ironiquement nommé « Duveteux » alors qu’il s’agit d’un sphinx sans poils — s’est mis à manger de la soupe. Peut-être parce que c’est chaud.
Vous savez ce qui me frappe le plus dans ces témoignages ? Ce n’est pas la douleur. C’est l’humour. Cette capacité incroyable des Ukrainiens à rire de leur malheur. À transformer l’horreur en anecdote. Un chat qui mange de la soupe parce que c’est chaud — c’est absurde, c’est drôle, et c’est bouleversant. C’est aussi la preuve que Poutine a déjà perdu cette guerre. Pas sur le champ de bataille, peut-être. Mais dans l’âme de ce peuple. Vous pouvez détruire leurs centrales électriques. Vous ne détruirez jamais leur esprit.
Section 3 : Miami, l'autre front
Une délégation ukrainienne au soleil
Pendant que Kyiv gèle, une délégation ukrainienne de haut niveau est arrivée aux États-Unis pour des négociations cruciales. Kyrylo Budanov, le chef de cabinet du président Zelensky et ancien patron des services de renseignement militaire, mène la délégation. À ses côtés : Rustem Umerov, le secrétaire du Conseil de sécurité nationale, et Davyd Arakhamia, négociateur parlementaire. Face à eux : Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Trump, Jared Kushner, le gendre du président américain, et Dan Driscoll, le secrétaire de l’armée américaine.
Les pourparlers de Miami portent sur deux documents essentiels : des garanties de sécurité pour l’Ukraine après la guerre, et un plan de prospérité économique évalué à 800 milliards de dollars. L’objectif affiché : finaliser une proposition qui pourrait être signée la semaine prochaine au Forum économique mondial de Davos. Mais la réalité est plus complexe. Trump a exprimé sa frustration envers les deux camps — Moscou et Kyiv — pour leur incapacité à trouver un accord. Et il a fait pression sur l’Ukraine pour qu’elle accepte des conditions que Kyiv qualifie de capitulation.
Le message ukrainien à Washington
Zelensky a été clair sur la mission de sa délégation : montrer aux Américains la réalité de ce qui se passe sur le terrain. Les frappes russes qui s’intensifient. Les civils qui meurent de froid. L’infrastructure énergétique systématiquement détruite. Le secrétaire Umerov a rapporté dimanche que les discussions avaient porté sur le plan de développement économique, les garanties de sécurité, et surtout sur les attaques russes récentes contre l’infrastructure énergétique. Le prochain round de négociations aura lieu à Davos.
Mais le Kremlin reste inflexible. Moscou a rejeté les propositions de paix occidentales et n’a pas abandonné ses exigences maximalistes. L’avancée russe dans l’est de l’Ukraine s’est accélérée depuis l’automne. Le Kremlin insiste : si la diplomatie échoue, il s’emparera par la force du reste des territoires ukrainiens qu’il revendique comme russes. C’est dans ce contexte que les négociations de Miami prennent tout leur sens — et toute leur urgence.
Vous voulez savoir ce qui me révolte dans cette situation ? Le timing. Pendant que les Ukrainiens négocient pour leur survie à Miami, la Russie intensifie ses bombardements. C’est comme si Poutine voulait envoyer un message : « Vous pouvez discuter tant que vous voulez, je continue de détruire. » Et ce message, il est reçu cinq sur cinq à Kyiv. Zelensky l’a dit lui-même : chaque frappe russe sur l’énergie pendant cet hiver brutal affaiblit les efforts diplomatiques. La question qui me hante : est-ce que quelqu’un à Washington comprend vraiment ce qui se joue ?
Section 4 : La menace nucléaire
Le plan de Moscou pour plonger l’Ukraine dans le noir total
Et puis il y a cette information glaçante révélée par le HUR, le renseignement militaire ukrainien. Moscou envisage de frapper les sous-stations électriques qui alimentent les centrales nucléaires ukrainiennes. L’objectif : déconnecter complètement le pays de ses trois centrales nucléaires actives — Rivne, Khmelnytskyi et Ukraine-Sud. Si la Russie réussit, des millions d’Ukrainiens se retrouveraient sans électricité ni chauffage dans des températures glaciales. Le renseignement ukrainien affirme que Moscou a déjà effectué des reconnaissances sur 10 sous-stations critiques dans neuf régions du pays.
La stratégie russe, selon le HUR, est explicite : forcer l’Ukraine à accepter des demandes de capitulation inacceptables pour mettre fin à la guerre. Jan Vande Putte, expert nucléaire chez Greenpeace, met en garde : si le réseau énergétique ukrainien s’effondre complètement, il serait extrêmement difficile de le redémarrer sans les centrales hydroélectriques et thermiques. Et si les centrales nucléaires ne reçoivent plus d’électricité pour refroidir leurs réacteurs… on parle d’un scénario catastrophe potentiel. Un risque de fusion. Non seulement pour l’Ukraine, mais pour toute l’Europe.
L’appel au monde
Le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, a partagé ces informations avec les partenaires occidentaux. Son message est sans ambiguïté : « Moscou ne connaît pas de limites dans son objectif génocidaire de priver les Ukrainiens d’électricité en plein hiver glacial. Il est temps que le monde, y compris l’AIEA et les grandes puissances qui valorisent la sûreté nucléaire, s’exprime et lance des avertissements clairs à Moscou. » L’Agence internationale de l’énergie atomique a annoncé l’envoi d’une équipe pour évaluer 10 sous-stations critiques pour la sûreté nucléaire.
Zelensky a confirmé la menace après un briefing avec le chef du renseignement militaire Oleh Ivashchenko. Il a souligné que l’Ukraine ne voit aucune volonté de la part de l’agresseur de respecter quelque accord que ce soit ou de mettre fin à la guerre. Au contraire : il y a des preuves abondantes de préparatifs pour de nouvelles frappes russes sur le secteur énergétique et les infrastructures, y compris les installations qui desservent les centrales nucléaires.
Fermez les yeux une seconde. Imaginez-vous dans un appartement à Kyiv. Il fait -19 dehors. Vous n’avez pas de chauffage. Pas d’électricité. Et vous venez d’apprendre que la Russie envisage de faire sauter les sous-stations qui alimentent les centrales nucléaires. Qu’est-ce que vous ressentez ? De la peur ? De la colère ? Du désespoir ? Probablement les trois. Et maintenant, imaginez que le monde continue de parler de « négociations » et de « solutions diplomatiques » pendant que vous grelottez dans le noir. C’est ça, la réalité ukrainienne en ce 1424e jour de guerre.
Section 5 : Les chiffres de l'horreur
1,225,590 — le bilan russe selon Kyiv
L’état-major ukrainien a publié ce dimanche ses estimations des pertes russes depuis le début de l’invasion en février 2022. Les chiffres donnent le vertige : environ 1,225,590 militaires tués ou blessés. En une seule journée — les dernières 24 heures — la Russie aurait perdu 1130 hommes. Le matériel détruit est tout aussi astronomique : 11,569 chars, 23,914 véhicules blindés, 74,601 véhicules et citernes, 36,261 systèmes d’artillerie, 1,615 lance-roquettes multiples, 1,278 systèmes de défense aérienne, 434 avions, 347 hélicoptères, 108,605 drones, 28 navires et deux sous-marins.
Ces chiffres, bien sûr, sont difficiles à vérifier de manière indépendante. Mais les estimations britanniques convergent. Selon une source anonyme de l’OTAN citée par la BBC en décembre dernier, le nombre total de morts et blessés dans l’armée russe pourrait approcher 1,15 million, avec des pertes quotidiennes moyennes d’environ 1100 hommes en novembre. Le média russe indépendant Meduza a confirmé plus de 163,000 noms de soldats russes tués depuis février 2022. Côté ukrainien, Zelensky a admis au début de l’année plus de 46,000 soldats tués et environ 380,000 blessés.
Les avancées territoriales russes
Pendant ce temps, sur le terrain, la Russie continue d’avancer. L’agence TASS rapporte que les forces russes ont capturé la localité de Pryvillya dans la région de Donetsk et Pryluky dans la région de Zaporizhia. Le ministère russe de la Défense affirme que les forces ukrainiennes ont perdu environ 1,305 hommes en 24 heures, et que la défense aérienne russe a abattu 214 drones ukrainiens à voilure fixe et deux missiles Neptune à longue portée. Moscou a également revendiqué des frappes sur 167 emplacements d’infrastructure énergétique et de transport ukrainienne au cours des dernières 24 heures.
Plus d’un million deux cent mille hommes. Tués ou blessés. En moins de quatre ans. Vous réalisez ce que ça représente ? C’est comme si on vidait une ville entière de sa population masculine. Des fils. Des frères. Des pères. Des maris. Envoyés mourir dans les steppes ukrainiennes pour les rêves impériaux d’un homme au Kremlin. Et de l’autre côté, 46,000 soldats ukrainiens qui ne rentreront jamais chez eux. 380,000 blessés. Des familles brisées. Des vies détruites. Pour quoi ? Pour des lignes sur une carte ? C’est tellement absurde que ça en devient insoutenable.
Section 6 : Le Groenland s'invite dans la guerre
Trump, l’Europe et la diversion arctique
Et comme si la situation n’était pas assez complexe, voilà que Donald Trump a décidé d’ouvrir un nouveau front — diplomatique celui-là. Ce samedi, le président américain a annoncé des tarifs douaniers de 10% sur les produits du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande. La raison ? Ces pays ont déployé des forces militaires symboliques au Groenland pour affirmer la souveraineté danoise face aux velléités américaines d’acquisition de ce territoire arctique. Les tarifs passeront à 25% le 1er juin si le Groenland n’est pas cédé aux États-Unis.
La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, n’a pas caché son exaspération. « La Chine et la Russie doivent se réjouir », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux. « Ce sont eux qui profitent des divisions entre alliés. » Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas laisser ce différend nous détourner de notre tâche principale : aider à mettre fin à la guerre de la Russie contre l’Ukraine. » Le message est clair : pendant que l’Occident se déchire sur le Groenland, Poutine continue de bombarder l’Ukraine.
L’Europe face à Trump
Les réactions européennes ont été inhabituellement vives. Emmanuel Macron a qualifié les menaces de tarifs d’« inacceptables », affirmant que « aucune intimidation ni menace ne nous influencera — ni en Ukraine, ni au Groenland, ni nulle part ailleurs dans le monde ». Keir Starmer, le Premier ministre britannique, a été tout aussi direct : « Appliquer des tarifs à des alliés pour avoir poursuivi la sécurité collective des alliés de l’OTAN est complètement faux. » Même Giorgia Meloni, pourtant proche de Trump, a qualifié la mesure d’« erreur ».
L’ambassadeur russe Kirill Dmitriev n’a pas manqué de se moquer de la situation, raillant les dirigeants européens qui déploient des troupes au Groenland et leur conseillant de ne pas « provoquer le papa » — en référence à Trump. Une sortie qui illustre parfaitement comment Moscou profite de ces divisions occidentales. Les huit pays visés par les tarifs ont publié une déclaration commune dimanche, avertissant que les menaces de Trump « minent les relations transatlantiques et risquent une dangereuse spirale descendante ».
Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Pendant que l’Ukraine gèle dans le noir, pendant que des millions de civils se demandent s’ils verront le printemps, les États-Unis et l’Europe se disputent sur… le Groenland. Sur des tarifs douaniers. Sur des questions de souveraineté arctique. Et qui profite de ce cirque ? Poutine. Exactement comme l’a dit Kallas. Chaque minute que nous passons à nous diviser, c’est une minute de plus pour la Russie pour détruire l’Ukraine. C’est une minute de plus de souffrance pour ces gens qui n’ont rien demandé à personne.
Section 7 : Les ambassades restent
Un signal politique fort
Dans ce chaos, une lueur d’espoir : les ambassades étrangères à Kyiv refusent de partir. Malgré les coupures d’électricité, les dommages aux infrastructures et les prévisions de froid extrême — jusqu’à -20 degrés fin janvier — les missions diplomatiques maintiennent leurs opérations. L’ambassade américaine reste « ouverte et pleinement opérationnelle », selon sa porte-parole Megan Tetrick. L’ambassade lettone a clairement annoncé qu’elle n’avait aucune intention de quitter Kyiv, même si les conditions se dégradent, insistant sur sa volonté de « rester en Ukraine avec les Ukrainiens ».
Une 80aine de missions diplomatiques sont basées dans la capitale ukrainienne. Leur décision de rester envoie un message politique puissant. C’est une façon de dire à Moscou : vous ne nous ferez pas fuir. C’est aussi une façon de soutenir le moral de la population ukrainienne. L’ambassade de Suède a posté sur les réseaux sociaux : « Nous sommes ici pour soutenir, pour travailler ensemble sur l’énergie, sur la paix, sur les besoins humanitaires. » Un geste symbolique, certes. Mais dans une guerre, les symboles comptent.
L’appel à l’aide internationale
Le ministre ukrainien de l’Énergie, Denys Shmyhal, a ordonné des importations d’urgence d’électricité pour répondre à la crise. Il a aussi déclaré que l’Ukraine devait installer jusqu’à 2,7 gigawatts de capacité de production d’ici la fin de l’année pour répondre à ses besoins. La Norvège a offert une subvention initiale de 200 millions de dollars. L’Allemagne a accordé 60 millions d’euros pour le soutien énergétique. La Première ministre ukrainienne Yulia Svyrydenko a introduit des mesures d’urgence, dont la réduction des couvre-feux nocturnes pour permettre aux gens d’accéder aux centres de chauffage.
L’ONU et ses partenaires doivent lancer mardi un appel humanitaire de 2,31 milliards de dollars pour 2026 afin de soutenir 4,12 millions de personnes confrontées aux besoins les plus graves. Selon les estimations de l’ONU, 10,8 millions de personnes en Ukraine ont besoin d’aide humanitaire. Le sous-secrétaire général aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a été claire : les attaques contre les civils et les infrastructures civiles violent le droit international humanitaire. « Elles sont inacceptables, injustifiables, et doivent cesser immédiatement. »
Il y a quelque chose de profondément émouvant dans le fait que ces ambassades refusent de partir. C’est un acte de solidarité, oui. Mais c’est aussi un acte de foi. Foi en l’Ukraine. Foi en sa capacité à tenir. Foi en l’avenir. Parce que si les diplomates partaient, ce serait comme admettre que Poutine a gagné. Que l’hiver a eu raison des Ukrainiens. Que la stratégie de terreur fonctionne. En restant, ils disent non. Ils disent : nous croyons en vous. Et parfois, c’est exactement ce dont un peuple en guerre a besoin.
Section 8 : La guerre des sanctions sportives
Les Jeux olympiques d’hiver en ligne de mire
Zelensky a annoncé des sanctions ukrainiennes ciblant des individus et des organisations liés aux sports russes, à l’approche des Jeux olympiques d’hiver. Le président ukrainien accuse Moscou d’utiliser « les sites sportifs pour diffuser des narratifs anti-ukrainiens et la propagande russe ». L’équipe nationale russe est interdite de compétition, mais les athlètes russes peuvent participer en tant qu’« athlètes neutres ». Kyiv veut s’assurer que même cette participation limitée ne serve pas les intérêts du Kremlin.
C’est un front souvent oublié de cette guerre : la bataille pour l’opinion publique mondiale. Moscou utilise chaque tribune internationale pour normaliser sa position, pour présenter l’Ukraine comme l’agresseur, pour réécrire l’histoire. Les événements sportifs sont des vitrines parfaites pour cette propagande. En ciblant ces canaux, Kyiv tente de maintenir la pression sur le régime Poutine. Une guerre totale, sur tous les fronts — y compris les patinoires et les pistes de ski.
Certains diront que les sanctions sportives sont symboliques. Qu’elles ne changeront rien au cours de la guerre. C’est probablement vrai. Mais vous savez quoi ? Chaque petit geste compte. Chaque rappel au monde que la Russie n’est pas un pays normal, qu’elle mène une guerre d’agression, que ses athlètes représentent un régime qui bombarde des civils — tout ça a une importance. Parce que la fatigue de la guerre est réelle. Parce que le monde a tendance à oublier. Et parce que chaque fois qu’on normalise la Russie, on trahit un peu plus l’Ukraine.
Section 9 : L'adaptation ukrainienne
Survivre dans le noir
Les Ukrainiens ont développé une résilience extraordinaire face aux coupures d’électricité. Les batteries de camion avec onduleurs sont devenues monnaie courante. Les stations de recharge de fabricants agréés équipent les foyers les plus aisés. Les banques d’alimentation pour routeurs Wi-Fi et batteries d’ordinateurs portables de secours font partie du quotidien. L’éclairage LED alimenté par batterie a remplacé les ampoules traditionnelles. Les chauffages à gaz complètent le chauffage central défaillant. Le lait UHT longue conservation a largement remplacé le lait frais — plus besoin de réfrigérateur quand on n’a pas d’électricité.
Les associations de copropriétaires — appelées OSBB — se multiplient. Kyiv compte maintenant plus de 1500 OSBB, soit près de 14% des immeubles résidentiels. À travers l’Ukraine, près de 40,000 OSBB travaillent à moderniser leurs bâtiments, à améliorer l’isolation, à rendre les appartements plus résilients aux coupures. Le renseignement militaire ukrainien prévient que la Russie cible régulièrement les réseaux énergétiques des capitales régionales comme Kharkiv et Odesa. Le Kremlin reconnaît ouvertement que ces frappes visent à forcer l’Ukraine à négocier.
Ce que la Russie n’a pas compris
Mais jusqu’à présent, la Russie a échoué à atteindre son objectif. Les transports publics, les restaurants, les services de livraison, les réseaux mobiles, les supermarchés et l’industrie continuent de fonctionner à Kyiv et dans les autres grandes villes. Plusieurs facteurs expliquent cette résilience : les frappes russes sont moins efficaces qu’annoncé — après chaque attaque majeure, les centrales thermiques et les chaudières de Kyiv continuent de fonctionner, même à capacité réduite. La défense aérienne ukrainienne détruit jusqu’à 90% des drones et 70-80% des missiles.
Ce que Poutine n’a toujours pas compris après 1424 jours de guerre, c’est que les Ukrainiens ne sont pas comme les autres. Vous pouvez détruire leurs centrales — ils construiront des poêles avec des briques et des bougies. Vous pouvez couper leur chauffage — ils dormiront avec leurs enfants et leurs chats. Vous pouvez plonger leurs villes dans le noir — ils danseront autour de feux de camp dans leurs cours d’immeubles. Ce peuple a quelque chose que Moscou n’aura jamais : l’âme d’un peuple libre qui refuse de se soumettre.
Conclusion : Le 1425e jour commence
Entre espoir et effroi
Ce dimanche 18 janvier 2026, l’Ukraine entre dans son 1425e jour de guerre avec un mélange d’espoir et d’effroi. Espoir, parce que les négociations de Miami ont produit des résultats concrets — le prochain round aura lieu à Davos, et des documents pourraient être signés. Espoir, parce que les ambassades restent. Parce que la communauté internationale continue de soutenir Kyiv. Parce que les Ukrainiens refusent de plier. Effroi, parce que la Russie envisage de frapper les sous-stations des centrales nucléaires. Parce que les températures vont encore baisser. Parce que l’Occident se déchire sur le Groenland pendant que l’Ukraine gèle.
Anastasiya Stepula a finalement quitté son appartement glacé. Elle est partie chercher de la chaleur ailleurs, recharger ses appareils, continuer à travailler. Son chat Pushok mange toujours de la soupe. Les équipes de réparation travaillent jour et nuit dans des conditions impossibles — froid glacial, attaques constantes — pour restaurer l’électricité et le chauffage. Les Ukrainiens s’adaptent, improvisent, survivent. Comme ils le font depuis 1424 jours.
Quelque part à Kyiv, une mère couche ses enfants dans un appartement où il fait 10 degrés. Elle les serre contre elle pour les réchauffer. Elle leur dit que tout ira bien. Elle leur ment, peut-être. Ou peut-être pas. Parce que malgré tout, malgré le froid, malgré le noir, malgré les bombes et les missiles et les drones, les Ukrainiens continuent. Ils continuent de vivre. De travailler. D’aimer. De danser autour de feux de camp quand il n’y a plus de chauffage. Et c’est ça, la vraie victoire. Pas les territoires gagnés ou perdus. Pas les négociations de Miami. C’est cette mère qui serre ses enfants contre elle et qui leur dit que tout ira bien. Combien de temps peut-on survivre dans l’obscurité glacée ? Aussi longtemps qu’il faudra, répondent les Ukrainiens. Aussi longtemps qu’il faudra.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements militaires, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués de l’état-major ukrainien, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, Al Jazeera, France24, Associated Press, ainsi que les données d’organisations internationales comme l’ONU et l’AIEA.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,424 (18 janvier 2026)
blank »>Kyiv Independent – Energy crisis in Kyiv unprecedented, Mayor says (14 janvier 2026)
blank »>Kyiv Independent – Russia seeks to disconnect Ukraine’s nuclear power plants (17 janvier 2026)
blank »>France24 – Ukraine team arrives in US for Miami talks (17 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>CNN – Russian strikes and the coldest winter in years leave Ukrainians out in the cold, but defiant (17 janvier 2026)
blank »>Bloomberg – Putin’s Attacks on Ukraine’s Energy Grid Bring Fresh Misery to Freezing Kyiv (16 janvier 2026)
blank »>NBC News – E.U. to hold emergency meeting on Trump’s Greenland tariffs threat (18 janvier 2026)
blank »>UN News – Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis (13 janvier 2026)
Mezha – Russian Military Losses in Ukraine War Surpass 163,000 Confirmed Deaths (16 janvier 2026)