229 décrets et un cabinet de loyalistes
Les chiffres sont vertigineux. En date du 15 janvier 2026, Donald Trump avait signé 229 décrets exécutifs, 57 mémorandums et 118 proclamations depuis le début de son second mandat le 20 janvier 2025. 229 décrets. C’est plus que n’importe quel président américain dans la même période. Mais ce n’est pas le nombre qui effraie — c’est ce qu’ils représentent. Chacun de ces documents a transféré un peu plus de pouvoir du Congrès vers la Maison-Blanche. Chacun a érodé un peu plus les freins et contrepoids que la Constitution américaine avait mis en place. L’historien présidentiel Timothy Naftali l’a dit sans détour : Trump exerce le pouvoir avec moins de contraintes que n’importe quel président depuis Roosevelt dans les premières années de son mandat, entre 1933 et 1945.
Mais Roosevelt avait des majorités écrasantes au Congrès qui votaient son programme social avec enthousiasme. Trump, lui, a quelque chose de différent : un cabinet rempli de loyalistes absolus, une Cour suprême à majorité conservatrice qui lui donne généralement raison, et un Congrès républicain qui refuse de lui barrer la route. « Nous avons tous peur », a admis la sénatrice républicaine Lisa Murkowski. « Les représailles sont réelles. » Quand même les membres de son propre parti tremblent devant lui, qui reste-t-il pour dire non ?
« Ma propre moralité » — la seule limite
Le 7 janvier 2026, Donald Trump a accordé une entrevue au New York Times. Quand le chroniqueur lui a demandé quelles étaient les limites à son pouvoir de commandant en chef pour lancer des frappes militaires à l’étranger, sa réponse a glacé le sang : « Il y a une chose. Ma propre moralité. » Pas la Constitution. Pas le Congrès. Pas les tribunaux. Pas les traités internationaux. Sa moralité. À lui seul. Cette phrase résume tout ce qu’il faut savoir sur la conception du pouvoir qu’a cet homme. Une vision de la présidence où il n’est contraint que par son propre jugement, pas par les institutions.
Et cette vision, il l’applique méthodiquement. Il l’a invoquée pour justifier l’envoi de la Garde nationale à Chicago contre l’avis du gouverneur. Il l’a utilisée pour expliquer son escalade militaire contre le Venezuela. Il s’en est servi pour licencier des milliers de fonctionnaires fédéraux, forcer la soumission de corporations, de cabinets d’avocats et d’universités, et même pour démolir une partie de la Maison-Blanche afin d’y construire une salle de bal à 400 millions de dollars portant son nom. Le Kennedy Center ? Il porte maintenant aussi son nom. Un titre plus accrocheur pour la Constitution américaine pourrait être « Les présidents ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent ». Mais Trump a découvert il y a longtemps qu’en politique, comme en affaires, ce qui est vrai est souvent moins important que ce qu’on arrive à faire croire.
Vous savez ce qui me terrifie le plus dans cette phrase — « ma propre moralité » ? Ce n’est pas l’arrogance. C’est la sincérité. Je crois qu’il le pense vraiment. Qu’il croit sincèrement être au-dessus des lois, des institutions, des règles qui s’appliquent aux autres mortels. Et quand un homme avec le plus gros arsenal nucléaire de la planète croit ça… fermez les yeux une seconde. Imaginez. Représentez-vous ce que ça signifie pour le monde.
Section 3 : L'opération Venezuela — quand l'Amérique capture un président étranger
Trois jours qui ont fait basculer l’ordre mondial
Le 3 janvier 2026, à 2 heures du matin heure locale, des explosions ont déchiré le ciel de Caracas. L’armée américaine bombardait les infrastructures militaires vénézuéliennes — Fort Tiuna, des bases aériennes, des systèmes de défense anti-aérienne. Pendant ce temps, des hélicoptères transportant une force d’extraction — incluant des agents du FBI et de la DEA — fonçaient vers le complexe présidentiel à 30 mètres au-dessus de l’eau. L’opération, baptisée « Absolute Resolve », impliquait plus de 150 aéronefs. Quelques heures plus tard, Nicolás Maduro et sa femme Cilia Flores étaient extraits du Venezuela et transportés vers New York pour y faire face à des accusations de narcoterrorisme.
Maduro avait eu sa chance. Une semaine avant le raid, Trump l’avait appelé personnellement. « Tu dois te rendre », lui avait-il dit. Une armada de navires de guerre américains flottait déjà au large des côtes vénézuéliennes. La CIA avait infiltré une équipe sur le terrain depuis août, traquant chaque mouvement du dictateur — où il dormait, ce qu’il mangeait, où il voyageait. Maduro a « failli céder », a raconté Trump lors de sa conférence de presse à Mar-a-Lago. Mais il est resté. Et il a « fucked around and found out », comme l’a élégamment résumé le secrétaire à la Défense Pete Hegseth.
« Nous allons diriger le pays »
La phrase a été prononcée par Trump lui-même lors de sa conférence de presse du 3 janvier : « Nous allons diriger le pays jusqu’à ce qu’une transition sûre, appropriée et judicieuse puisse avoir lieu. » Les États-Unis vont diriger le Venezuela. Un pays souverain de 28 millions d’habitants. Trump a ensuite expliqué que les compagnies pétrolières américaines allaient « dépenser des milliards de dollars » pour réparer l’infrastructure pétrolière vénézuélienne, et que les revenus iraient « au peuple vénézuélien, aux compagnies pétrolières américaines, et aux États-Unis d’Amérique en guise de remboursement pour les dommages causés par ce pays ».
Le mot « démocratie » n’a pas été prononcé une seule fois lors de cette conférence de presse. Pas une seule fois. Quand un chroniqueur a demandé à Trump s’il avait parlé à María Corina Machado, la leader de l’opposition vénézuélienne qui venait de recevoir le Prix Nobel de la Paix, il a répondu qu’elle « n’a pas le soutien ni le respect dans le pays ». Machado, qui avait un taux d’approbation de 72% chez les Vénézuéliens selon un sondage de mars 2025. Machado, que Trump aurait snobée parce qu’elle avait accepté le Nobel au lieu de le refuser et de le lui céder, selon le Washington Post. Au lieu de soutenir la démocrate, Trump a appuyé Delcy Rodríguez, la vice-présidente chaviste, dans ce que certains analystes appellent déjà du « madurisme sans Maduro ».
Et moi je me pose cette question qui me hante : est-ce que c’est ça, la « paix » que Trump promet ? Capturer des dirigeants étrangers dans la nuit, les traîner devant des tribunaux américains, puis « diriger » leur pays pendant qu’on pompe leur pétrole ? Le sénateur démocrate Mark Warner a posé la question qui tue : « Est-ce que ça veut dire que n’importe quel grand pays peut inculper le dirigeant d’un petit pays voisin et l’enlever ? » La Corée du Nord a dénoncé l’opération comme « un empiètement grave sur la souveraineté ». Et quand même Pyongyang a des arguments… quelque chose a profondément dérapé.
Section 4 : Minneapolis — quand la guerre arrive à la maison
2 000 agents fédéraux dans les rues
Minneapolis, Minnesota. Décembre 2025. L’administration Trump a déployé 2 000 agents fédéraux dans cette ville — plus de trois fois le nombre de policiers du département de police local. L’opération cible officiellement la communauté somalienne de l’État, dans le cadre d’une enquête fédérale sur une fraude de 250 millions de dollars à un programme de nutrition pour enfants. Mais les résidents décrivent autre chose. Des véhicules banalisés qui surgissent de nulle part. Des agents masqués qui bondissent sur des passants. Des familles séparées. Le maire Jacob Frey avait lancé un avertissement deux jours avant Noël : « Quelqu’un va être sérieusement blessé ou tué. »
Il avait raison. Le 7 janvier 2026, Renee Nicole Good a été tuée par balle par un agent de l’ICE. Les versions diffèrent radicalement. Le Département de la Sécurité intérieure affirme qu’elle « harcelait et entravait » les agents toute la journée et qu’elle a tenté de « transformer son véhicule en arme » pour renverser l’officier. Le gouverneur Tim Walz a vu la vidéo. Sa réponse : « Ne croyez pas cette machine à propagande. » Le maire Frey a qualifié la version fédérale de « conneries » et a dit à l’ICE de « foutre le camp ». Des experts en usage de la force qui ont analysé les vidéos concluent que Good n’a jamais tenté de percuter l’agent qui l’a abattue.
« Ils avaient des sifflets. Nous avions des fusils. »
Becca Good, la femme de Renee, a raconté ce qui s’est passé ce matin-là. Elles étaient sorties pour « soutenir leurs voisins ». Documenter ce que faisaient les agents fédéraux dans leur quartier. « Nous avions des sifflets », a-t-elle dit. « Eux avaient des fusils. » Renee Good était citoyenne américaine. Mère de trois enfants, dont un de 6 ans. Le gouverneur Walz a déclaré le lendemain « Journée de l’unité » en sa mémoire. Sa femme l’a décrite comme quelqu’un « fait de soleil ». Ce soleil ne brillera plus jamais.
C’est la quatrième personne tuée par des agents de l’ICE depuis que Trump a lancé sa répression migratoire l’année dernière. Le vice-président JD Vance a suggéré que Good faisait partie d’un « réseau de gauche radicale ». Trump l’a qualifiée de « radicale » et a dit qu’elle avait été « très, très irrespectueuse envers les forces de l’ordre ». Le FBI mène maintenant l’enquête — seul, sans la participation des autorités de l’État, dans une décision que les experts juridiques qualifient d’« extrêmement inhabituelle ». Plusieurs procureurs fédéraux du bureau du Minnesota ont démissionné, inquiets de la façon dont l’enquête est menée.
Fermez les yeux. Imaginez que c’est votre quartier. Imaginez que 2 000 agents fédéraux patrouillent vos rues. Imaginez que votre voisine sort avec un sifflet pour documenter ce qui se passe — et qu’elle revient dans un cercueil. Joe Rogan, le podcasteur qui a appuyé Trump en 2024, a regardé la vidéo et a dit : « Ça avait l’air horrifique. » Il a ajouté : « Est-ce qu’on va vraiment devenir la Gestapo ? » Quand même Joe Rogan pose cette question… combien d’autres faudra-t-il avant que quelqu’un réponde ?
Section 5 : L'effondrement dans les sondages
38% d’approbation — le plus bas de son second mandat
Les Américains ne sont pas aveugles. Les sondages parlent d’eux-mêmes. Selon un sondage Marist réalisé les 12 et 13 janvier 2026, le taux d’approbation de Donald Trump est tombé à 38%, avec 56% de désapprobation. C’est le point le plus bas de son second mandat. Un sondage AP-NORC des 8 au 11 janvier montre 40% d’approbation contre 59% de désapprobation. CNN place son approbation globale à 39%. Gallup l’a mesuré à 36% en novembre 2025, avant même le raid sur le Venezuela et le tir de Minneapolis.
Les chiffres sont encore plus sombres quand on creuse. Seulement 37% des Américains croient que Trump « met le bien du pays avant son gain personnel ». À peine 32% pensent qu’il est « en contact avec les problèmes que les Américains ordinaires affrontent dans leur vie quotidienne ». Même parmi ceux qui approuvent sa présidence, plus d’un quart estiment qu’il n’est pas en contact avec leurs problèmes. « Même s’il fait du bien dans certains domaines, il donne l’impression d’être très égocentrique et de manquer de souci pour le bien commun de nos citoyens », a écrit un répondant indépendant de l’Oklahoma.
Sous l’eau sur tous les enjeux
Ce qui est frappant, c’est que Trump est « sous l’eau » — plus de désapprobation que d’approbation — sur tous les enjeux testés. L’économie ? Seulement 37% approuvent sa gestion. L’immigration, qui était censée être son point fort ? 38% d’approbation, en chute de 11 points depuis mars 2025. La politique étrangère ? 56% des Américains pensent qu’il est « allé trop loin » dans l’utilisation des forces militaires à l’étranger. 70% croient que les États-Unis ne devraient pas s’engager dans des opérations militaires sans l’approbation du Congrès.
Chez les indépendants — plus d’un tiers de l’électorat —, son approbation est tombée à 29% dans certains sondages, une chute de 21 points depuis janvier 2025. Les jeunes de moins de 35 ans ? 30% d’approbation seulement, en baisse de 11 points. Les Latinos ? Même chose. La base républicaine reste solide à près de 90% d’approbation, mais ça ne suffit pas pour gouverner un pays. Le directeur politique de CNN, David Chalian, l’a résumé ainsi : « Il y a moins d’un an, il était à ses meilleurs résultats politiques de sa carrière, et tout ça s’est évaporé. »
Et pourtant. Et pourtant, il continue. Les sondages s’effondrent, les protestations grondent, les experts tirent la sonnette d’alarme — et lui, il avance. Imperturbable. Comme si rien de tout ça n’avait d’importance. Comme si la volonté populaire n’était qu’un bruit de fond à ignorer. Sur Truth Social, il a prétendu que les sondages étaient « truqués » et que son « vrai » taux d’approbation était de 64%. Sans aucune preuve, évidemment. On peut s’opposer à la réalité. Mais la réalité finit toujours par gagner. La question, c’est combien de dégâts elle laisse derrière elle.
Section 6 : La Cour suprême — le dernier rempart ?
Les tarifs devant les juges
Il reste peut-être un espoir. La Cour suprême des États-Unis doit se prononcer sur la légalité des tarifs douaniers massifs imposés par Trump en invoquant la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale (IEEPA) de 1977. Lors des audiences de novembre 2025, les juges — tant conservateurs que libéraux — ont exprimé leur scepticisme. Le juge en chef John Roberts a rappelé que l’imposition de tarifs et de taxes « a toujours été le pouvoir central du Congrès ». Le juge Neil Gorsuch, nommé par Trump lors de son premier mandat, a averti : « Le Congrès, en pratique, ne peut pas récupérer ce pouvoir une fois qu’il l’a cédé au président. »
Les tribunaux inférieurs ont déjà tranché contre l’administration. La Cour du commerce international a déclaré en mai 2025 que le Congrès, et non l’exécutif, détient « l’autorité exclusive de réglementer le commerce ». Cette décision a été confirmée en appel en août. Si la Cour suprême maintient ces jugements, Trump perdrait sa capacité d’imposer unilatéralement des tarifs « réciproques » sur pratiquement tout ce qui entre aux États-Unis. Depuis avril 2025, ces tarifs ont rapporté environ 130 milliards de dollars. Le gouvernement pourrait devoir rembourser une partie de cette somme.
« Si la Cour suprême statue contre nous, ON EST FOUTUS ! »
Trump ne cache pas sa nervosité. « Si la Cour suprême statue contre les États-Unis d’Amérique sur cette aubaine de sécurité nationale, ON EST FOUTUS ! », a-t-il écrit sur Truth Social le 13 janvier. Il a estimé que « des centaines de milliards » ou même « des billions de dollars » seraient en jeu si le gouvernement devait rembourser les tarifs perçus. « Ce serait un bordel complet, et presque impossible pour notre pays de payer », a-t-il ajouté. La décision pourrait tomber n’importe quand — peut-être cette semaine, peut-être en juin.
Mais même si Trump perd, l’administration affirme avoir d’autres outils juridiques pour maintenir les tarifs. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent s’attend à une décision « méli-mélo » et dit que l’administration pourra « continuer à collecter des tarifs à peu près au même niveau » peu importe le verdict. Les analystes de JPMorgan notent que plus la Cour tarde à rendre sa décision, plus les chances de Trump augmentent. Historiquement, la Cour réserve ses décisions les plus importantes pour la fin de son mandat en juin.
Et c’est là que je me demande : est-ce que les institutions peuvent vraiment le freiner ? Chaque fois qu’un tribunal a tenté de bloquer une de ses actions, Trump a trouvé une façon de contourner. Chaque fois qu’une loi semblait lui barrer la route, il a invoqué des « pouvoirs d’urgence » que personne n’avait imaginé utiliser de cette façon. La Constitution américaine a été conçue pour empêcher la tyrannie. Mais elle repose sur une hypothèse : que les gens au pouvoir acceptent de jouer selon les règles. Que se passe-t-il quand quelqu’un décide simplement… de ne pas le faire ?
Section 7 : Le démantèlement de l'État
Plus de 300 000 fonctionnaires partis
L’administration Trump a déjà éliminé plus de 300 000 employés fédéraux depuis janvier 2025. La plupart sont partis via des programmes incitatifs, mais le message était clair : partez volontairement ou on vous poussera dehors. Le fameux décret « Schedule F » du premier mandat de Trump — rebaptisé « Schedule Policy/Career » — entre en vigueur en 2026. Il permettra de reclassifier environ 50 000 postes de fonctionnaires de carrière en postes « à volonté », ce qui signifie qu’ils pourront être licenciés sans justification. L’Office of Personnel Management a informé les responsables RH des agences que Trump possède « l’autorité constitutionnelle de l’Article II » pour renvoyer des dizaines de milliers d’employés pour cause de « résistance aux politiques ».
Les syndicats fédéraux se battent devant les tribunaux. L’AFGE a déposé une douzaine de poursuites contre diverses actions de l’administration — les licenciements massifs, la suppression des droits de négociation collective, la fermeture de Voice of America. Des juges ont accordé des injonctions préliminaires, mais les appels se multiplient et les décisions finales ne viendront qu’en 2026. Entre-temps, Trump a effectivement mis fin aux protections syndicales pour près d’un demi-million de travailleurs fédéraux dans 28 agences.
USAID anéantie, CFPB menacée
Des agences entières ont été démantelées ou vidées de leur substance. L’Agence américaine pour le développement international (USAID) a été essentiellement détruite. En 2023, l’Amérique représentait 43% de tout le financement humanitaire gouvernemental mondial. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une fraction de ce montant. Le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB), le Département de l’Éducation et d’autres agences font face à des contestations judiciaires alors que l’administration tente de les démanteler ou de les réduire drastiquement.
Trump a également « armé les ministères du pouvoir » — le FBI, le Département de la Justice, l’IRS, de nombreuses agences de réglementation — contre ses adversaires politiques nationaux. Il a obtenu l’impunité exécutive face aux décisions d’un pouvoir judiciaire indépendant mais plus vraiment coégal. Les gouverneurs et maires gouvernent encore indépendamment de Washington, mais les récents revers électoraux des républicains dans plusieurs États ont attiré l’attention du président. La révolution politique de Trump reste incertaine, mais elle avance.
Je pense à ces 300 000 fonctionnaires. Des gens qui ont consacré leur carrière au service public. Des experts en santé publique, en environnement, en politique étrangère. Des décennies d’expertise institutionnelle — évaporées. Et pour quoi ? Pour remplacer des professionnels par des loyalistes. Pour s’assurer que personne dans la machine gouvernementale n’ose dire « non ». Vous savez ce que ça me rappelle ? Les purges. Dans les régimes autoritaires, c’est toujours la même recette : vider les institutions de ceux qui pourraient résister, les remplir de ceux qui obéissent aveuglément. Et après, plus personne n’est là pour sonner l’alarme.
Section 8 : Le monde observe — et s'inquiète
Retrait de 66 organisations internationales
Dès le début de son second mandat, Trump a annoncé son intention de retirer les États-Unis d’accords et d’organisations internationales : l’Accord de Paris sur le climat, l’Organisation mondiale de la Santé, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Le 7 janvier 2026, il a signé un décret retirant l’Amérique de 66 autres organisations internationales, incluant la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Motif invoqué : ces traités « ne servent plus les intérêts américains ».
Les tarifs globaux de Trump — pièce maîtresse de son programme économique — ont mis à rude épreuve les relations avec alliés et adversaires, perturbé les chaînes d’approvisionnement et fait monter les prix à la consommation. Le tourisme non-résident vers les États-Unis est en chute libre. L’aide étrangère américaine, longtemps un outil de « soft power » pour accumuler de la bonne volonté internationale, a été sabordée. Le Fonds vert pour le climat, qui depuis 2010 aide les nations pauvres à faire face aux effets des changements climatiques, ne recevra plus de contribution américaine.
Groenland, Iran, et « l’Amérique d’abord » qui regarde ailleurs
Avec le Venezuela, l’Iran, le Groenland, l’Ukraine et Gaza à son agenda en 2026, le président « America First » semble étrangement préoccupé par la politique étrangère. « C’est un problème politique », note l’analyste William Galston, « parce que beaucoup de gens qui ont voté pour lui n’ont pas voté pour ça. Ils ont voté pour qu’il se concentre sur l’économie. Il paie un prix significatif pour ça. » Trump a menacé de bombarder l’Iran, a relancé son projet controversé de prendre le contrôle du Groenland — allant jusqu’à admettre dans une lettre au premier ministre norvégien que sa vraie raison était de ne pas avoir reçu le Prix Nobel de la Paix — et a haussé les épaules face aux préoccupations concernant une enquête criminelle sur le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. « Je m’en fous », a-t-il dit à Reuters.
Bruce Stokes, de Chatham House, résume la situation : « 2025 a marqué l’apogée de Trump unilatéraliste sur la scène mondiale. En 2026, ses tactiques de politique étrangère auront besoin de plus d’adhésion des autres gouvernements pour atteindre ses objectifs électoraux. » Et si le président devient frustré par les contraintes sur son pouvoir, il pourrait « s’en prendre à des zones qui déclenchent plus d’instabilité qu’il n’en avait prévu » — comme le chaos potentiel au Venezuela qui pourrait envoyer de nouvelles vagues de réfugiés à travers les frontières de la région.
Il y a quelque chose de profondément ironique dans tout ça. « America First » — l’Amérique d’abord. Et pourtant, regardez où Trump passe son temps et son énergie. À capturer des présidents sud-américains. À menacer des territoires danois. À bombarder des installations iraniennes. À envoyer des milliers d’agents dans des villes américaines qui ne lui ont rien demandé. Pendant ce temps, les Américains ordinaires peinent à payer leur épicerie, leur hypothèque, leurs soins de santé. L’économie ? 53% des Américains croient que le pays va « un peu ou beaucoup moins bien » depuis que Trump a pris le pouvoir. C’est ça, « l’Amérique d’abord » ?
Section 9 : Le 250e anniversaire — l'ultime ironie
2026, l’année de l’indépendance américaine
2026 marque le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. En 1776, les Pères fondateurs ont rompu avec la Grande-Bretagne précisément pour échapper au règne d’un roi tyrannique. Ils ont conçu un système constitutionnel explicitement destiné à empêcher la concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme. Deux cent cinquante ans plus tard, un président américain affirme que la seule limite à son pouvoir est « sa propre moralité », capture des dirigeants étrangers sans l’approbation du Congrès, licencie des centaines de milliers de fonctionnaires, et construit des salles de bal dorées portant son nom dans la Maison-Blanche.
Trump a promis de transformer le 250e anniversaire en une célébration estampillée Trump et en lancement de campagne. Mais pour beaucoup d’Américains, cette date sera plutôt l’occasion d’un débat fondamental sur le système constitutionnel censé empêcher exactement ce qui se passe aujourd’hui. « Il y a des jours où cette guerre me dégoûte plus que d’autres », pourrait-on dire en adaptant la formule à la situation américaine. Le 19 janvier 2026 — aujourd’hui — marque exactement un an depuis le retour de Trump au pouvoir. Ce sera à l’histoire de juger si ce fut le début d’autre chose. Quelque chose de plus sombre.
Trois ans et deux mois — « une éternité en temps Trump »
En décembre 2025, lors d’un rassemblement en Pennsylvanie, Trump a lancé à la foule : « Il nous reste trois ans et deux mois. Et vous savez ce que c’est en temps Trump ? Trois ans et deux mois, c’est ce qu’on appelle une éternité. » Il ne montre aucun signe de ralentissement. Aucune indication qu’il entend respecter les contraintes traditionnelles de la présidence. Les élections de mi-mandat de novembre 2026 offriront aux Américains une chance de freiner sa présidence impériale en donnant au moins une chambre du Congrès aux démocrates. Mais d’ici là, beaucoup de choses peuvent se passer.
Les mois qui viennent testeront jusqu’où la Constitution et les centres de pouvoir — tribunaux, entreprises, médias, institutions culturelles — peuvent supporter son zèle d’homme fort. La Cour suprême statuera sur les tarifs et potentiellement sur le droit du sol (birthright citizenship) que Trump veut abolir pour renforcer ses déportations. Les républicains au Congrès se précipitent vers la retraite, craignant une déroute démocrate aux mi-mandats. Les fractures déchirent le mouvement d’extrême droite de Trump, notamment sur la question de savoir si un enthousiaste d’Adolf Hitler y a sa place. L’avenir reste incertain. Mais une chose est claire : les règles du jeu ont changé.
Quarante hommes. Non, attendez — une femme. Une seule femme. Renee Nicole Good. Trente-sept ans. Faite de soleil, disait sa femme. Elle est sortie avec des sifflets pour protéger ses voisins. Et elle n’est jamais revenue. Quelque part à Minneapolis, trois enfants se réveillent chaque matin sans leur mère. Et quelque part à Mar-a-Lago, un homme planifie sa prochaine opération, sa prochaine conquête, sa prochaine démonstration de pouvoir absolu. Je ne sais pas comment cette histoire finira. Je ne sais pas si les institutions tiendront, si les tribunaux freineront, si les électeurs se réveilleront. Mais je sais une chose : ce qui se passe aujourd’hui aux États-Unis n’est pas normal. Ce n’est pas ce que les Pères fondateurs avaient en tête quand ils ont signé cette Déclaration il y a 250 ans. Et si nous, observateurs, témoins, chroniqueurs — si nous ne le disons pas clairement, qui le dira ? À quel moment une démocratie devient-elle autre chose ? Peut-être que ce moment, c’est maintenant. Peut-être qu’il est déjà passé. Peut-être qu’il n’est pas trop tard. Mais une chose est certaine : le soleil de Renee Good ne brillera plus. Et quelque part, une petite fille de six ans attend encore que sa maman rentre à la maison.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et des bouleversements démocratiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements de pouvoir, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués gouvernementaux, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, Bloomberg, CNN, NBC News, PBS, Associated Press, ainsi que les données d’organisations de sondage comme Gallup, Marist Poll et AP-NORC.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>Reuters – Analysis: A year into his return, Trump wields executive power with few restraints (19 janvier 2026)
Trump’sexecutiveordersandactions,2025-2026″ target= »blank »>Ballotpedia – Donald Trump’s executive orders and actions, 2025-2026 (15 janvier 2026)
presidencyofDonaldTrump » target= »blank »>Wikipedia – Second presidency of Donald Trump (19 janvier 2026)
blank »>NBC News – How the U.S. captured Maduro in Venezuela (4 janvier 2026)
blank »>CBS News – Trump says U.S. is « in charge » of Venezuela (3 janvier 2026)
blank »>CBS News – ICE officer fatally shoots woman in Minneapolis (7 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>Gallup – Trump’s Approval Rating Drops to 36%, New Second-Term Low (28 novembre 2025)
blank »>Marist Poll – U.S. Foreign Policy January 2026 (13 janvier 2026)
blank »>CNN – CNN poll finds majority of Americans say Trump is focused on wrong priorities (16 janvier 2026)
blank »>Brookings Institution – Making sense of the US military operation in Venezuela (5 janvier 2026)
blank »>TIME – How Trump’s Power Will Be Checked in 2026 (décembre 2025)
blank »>Chatham House – Donald Trump’s poll numbers suggest his popularity is waning (janvier 2026)
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