Quand le chef des services secrets dit non au président
L’histoire de Vasyl Malyuk illustre les tensions qui traversent le pouvoir ukrainien en temps de guerre. Le 3 janvier 2026, Zelensky a exigé sa démission volontaire. Malyuk a refusé. Il a invoqué des opérations spéciales en cours, des missions de niveau « Web » qu’il ne pouvait abandonner en plein vol. Cette résistance a provoqué la fureur du président. Selon Ukrainska Pravda, Zelensky était « furieux ». Le bras de fer a duré plusieurs jours. Finalement, Malyuk a cédé. Il a compris qu’escalader le conflit avec le président nuirait à l’État. Il est parti. Mais il reste au sein de l’agence, preuve que ses compétences demeurent précieuses.
Ce départ n’a pas fait l’unanimité. Plus d’une demi-douzaine de commandants de haut rang des Forces armées ukrainiennes — parmi les plus reconnus et les plus expérimentés au combat — ont exprimé leur désaccord. Malyuk était respecté. Il avait mené des opérations audacieuses contre la Russie, frappé des cibles stratégiques, démontré que l’Ukraine pouvait porter la guerre sur le territoire ennemi. Son éviction, pour certains, ressemble à un sacrifice politique. Pour d’autres, c’est une nécessité dans la transformation que Zelensky veut imposer aux services de sécurité. La vérité, comme souvent, se situe probablement entre les deux.
Khmara : l’homme de l’ombre prend la lumière
Yevhenii Khmara n’est pas un nom connu du grand public. Et c’est peut-être ce qui fait sa force. Cet officier discret a pris le commandement de l’unité Alpha — l’élite des forces spéciales du SSU — en août 2025, sur ordre direct de Zelensky. Son profil : un homme de terrain, forgé par les opérations, pas par les bureaux. Un homme qui préfère l’action aux discours. Un homme dont on ne parle pas, mais dont les ennemis se souviennent.
Sa nomination comme chef par intérim du SSU envoie un signal. Zelensky veut des résultats. Des opérations. Du concret. Pas des querelles internes ni des jeux de pouvoir. Et Khmara, apparemment, livre. Les « opérations asymétriques contre la Russie » mentionnées dans les rapports suggèrent une stratégie de harcèlement constant. Frapper là où ça fait mal. Désorganiser. Semer le doute. Montrer que nulle part en Russie n’est vraiment sûr. C’est une guerre de l’ombre. Et l’Ukraine semble la mener avec efficacité.
Khmara. Je ne connaissais pas ce nom avant aujourd’hui. Et c’est probablement le signe qu’il fait bien son travail. Les meilleurs agents de l’ombre sont ceux dont on n’entend jamais parler. Ceux qui agissent pendant que d’autres parlent. Zelensky a choisi un fantôme pour diriger ses services secrets. Et quelque chose me dit que les fantômes de Moscou vont bientôt avoir de la compagnie.
Les opérations secrètes : ce que l'Ukraine ne dit pas
Des résultats mais pas de détails
« Les résultats que nous visions ont été atteints », a déclaré Zelensky. « De nouvelles opérations ont également été approuvées. » Voilà tout ce que nous savons. Et c’est probablement tout ce que nous saurons pendant un moment. Le SSU ne détaille pas ses opérations en cours. La guerre de l’information est aussi importante que la guerre sur le terrain. Révéler trop tôt, c’est perdre l’avantage. Alors l’Ukraine se tait. Et laisse imaginer.
Ce que nous pouvons déduire, c’est que ces opérations visent le territoire russe. Les « opérations asymétriques » mentionnées par Malyuk lors de son dernier rapport suggèrent des frappes ciblées, du sabotage, peut-être de l’infiltration. L’Ukraine a déjà démontré sa capacité à frapper profondément en Russie — attaques de drones sur Moscou, explosions sur des bases militaires, incendies dans des dépôts de carburant. Ces opérations ne sont pas spectaculaires au sens hollywoodien du terme. Mais elles sont efficaces. Elles forcent la Russie à disperser ses ressources, à protéger son arrière, à douter.
« Toutes les ressources nécessaires ont été fournies »
Un détail du rapport de Malyuk mérite attention. « Toutes les ressources nécessaires du Service de sécurité d’Ukraine et d’autres structures étatiques ont été entièrement fournies » pour les préparatifs en cours. Cette phrase anodine cache une réalité importante : l’Ukraine investit massivement dans ses capacités offensives. Malgré la guerre défensive qu’elle mène depuis février 2022, malgré les pertes, malgré l’épuisement, elle trouve les moyens de porter le combat chez l’ennemi.
Ces ressources viennent-elles de l’aide occidentale ? En partie, probablement. Les États-Unis, l’Europe, le Royaume-Uni ont fourni des milliards en équipements et en renseignements. Mais l’Ukraine a aussi développé ses propres capacités. Ses drones, notamment, sont devenus une arme redoutable. Ses services de renseignement ont prouvé leur valeur. Et maintenant, avec Khmara aux commandes, cette machine de guerre de l’ombre semble prête à monter en puissance.
Je pense à ces hommes et ces femmes du SSU. À ceux qui partent en mission sans savoir s’ils reviendront. À ceux qui opèrent en territoire ennemi, seuls, sans filet. On ne connaîtra jamais leurs noms. On ne saura jamais ce qu’ils ont fait. Mais quelque part, en ce moment même, l’un d’eux est peut-être en train de changer le cours de cette guerre. Et personne ne le saura. C’est ça, le vrai courage. Celui qui ne cherche pas les applaudissements.
Le grand remaniement : Budanov aux commandes
L’architecte de l’ombre prend le palais
Le changement à la tête du SSU s’inscrit dans un remaniement plus vaste. Le 2 janvier 2026, Zelensky a nommé Kyrylo Budanov, ancien chef du renseignement militaire (HUR), à la tête de son cabinet présidentiel. Budanov est une figure emblématique de la résistance ukrainienne. Ses opérations audacieuses contre la Russie ont fait de lui un héros national et une cible prioritaire pour Moscou. Le placer au cœur du pouvoir, c’est envoyer un message : la guerre secrète est désormais au centre de la stratégie ukrainienne.
Oleh Ivashchenko, ancien directeur du Service de renseignement extérieur, succède à Budanov au HUR. Là encore, un professionnel du renseignement, un homme de l’ombre. Zelensky constitue une équipe de guerriers discrets. Des gens qui savent opérer dans le silence. Des gens qui frappent avant qu’on les voie venir. L’Ukraine n’a pas les chars de la Russie. Elle n’a pas les avions. Elle n’a pas les missiles. Mais elle a quelque chose d’autre : l’intelligence, l’audace, la capacité de frapper là où ça fait mal avec des moyens limités.
Les commandants mécontents
Ce grand remaniement ne fait pas l’unanimité au sein de l’armée. La démission forcée de Malyuk a provoqué des remous. Des commandants respectés ont exprimé leur désaccord. Ils voient dans ces changements une instabilité potentielle, une prise de risque en pleine guerre. Changer les chefs en plein conflit, c’est dangereux. Les nouvelles équipes doivent apprendre à travailler ensemble. Les relations de confiance doivent se construire. Pendant ce temps, l’ennemi continue de frapper.
Mais Zelensky semble convaincu que le statu quo n’est plus une option. L’Ukraine a besoin de se transformer pour gagner. Les structures d’avant-guerre ne suffisent plus. Il faut des hommes nouveaux, des méthodes nouvelles, une agressivité nouvelle. C’est un pari risqué. Mais dans une guerre existentielle, les paris sûrs n’existent pas. Zelensky joue gros. L’avenir dira s’il a eu raison.
Est-ce que Zelensky fait les bons choix ? Honnêtement, je ne sais pas. Personne ne le sait vraiment. Gérer une guerre, c’est naviguer dans le brouillard. Mais ce que je sais, c’est qu’il agit. Il bouge. Il refuse de se laisser enfermer dans des structures qui ne fonctionnent plus. Et dans une guerre où chaque jour compte, l’immobilisme est le pire ennemi. Alors oui, c’est risqué. Mais ne rien faire serait pire.
Ce que cela signifie pour la Russie
Moscou sur la défensive
Ces annonces ne sont pas que de la communication. Elles signalent à la Russie que l’Ukraine intensifie sa guerre de l’ombre. Chaque installation militaire russe, chaque dépôt de carburant, chaque centre de commandement devient une cible potentielle. Les généraux russes doivent désormais regarder dans toutes les directions. Protéger le front. Protéger l’arrière. Protéger Moscou même. C’est exactement ce que l’Ukraine veut : disperser les forces ennemies, créer de l’incertitude, saper le moral.
Le Kremlin a réagi avec son mépris habituel. Mais derrière les façades, l’inquiétude est réelle. Les frappes ukrainiennes sur le territoire russe se multiplient. Les drones atteignent des cibles de plus en plus éloignées. Et maintenant, avec une équipe de renseignement renforcée et des « nouvelles opérations approuvées », la menace ne peut que s’intensifier. Poutine voulait une guerre rapide. Il se retrouve avec une guerre d’usure où même son propre territoire n’est plus à l’abri.
La guerre totale de l’information
L’annonce de Zelensky est aussi un acte de guerre psychologique. En révélant qu’il a « approuvé de nouvelles opérations » sans dire lesquelles, il force la Russie à imaginer le pire. Qu’est-ce qui va exploser demain ? Quel général va être ciblé ? Quelle infrastructure va être sabotée ? L’incertitude est une arme. Elle ronge le moral. Elle pousse aux erreurs. Et l’Ukraine la manie avec habileté.
Cette stratégie de communication calculée montre la sophistication de l’appareil de guerre ukrainien. Dire juste assez pour inquiéter. Pas assez pour informer. Laisser planer le doute. Montrer sa force sans révéler ses cartes. C’est un jeu dangereux, mais Zelensky et ses équipes semblent le maîtriser. Quatre ans de guerre leur ont appris beaucoup. Et ils appliquent ces leçons avec une efficacité croissante.
Quelque part à Moscou, un officier du FSB lit ce communiqué de Zelensky. Il se demande ce qui va lui tomber dessus. Quand. Où. Comment. Il ne dormira pas bien cette nuit. Et c’est exactement le but. L’Ukraine ne peut pas gagner en puissance de feu. Mais elle peut gagner en terreur. En incertitude. En faisant comprendre à chaque Russe impliqué dans cette guerre qu’il n’est en sécurité nulle part. C’est brutal. C’est la guerre.
Conclusion : L'Ukraine frappe dans l'ombre
Une transformation en marche
Ce 19 janvier 2026, l’Ukraine a envoyé un message au monde. Elle se transforme. Elle se renforce. Elle refuse de se contenter de se défendre. Avec Khmara au SSU, Budanov au cabinet présidentiel, et de « nouvelles opérations approuvées », l’Ukraine passe à l’offensive sur le terrain de l’ombre. C’est une évolution majeure. Une évolution qui pourrait changer le cours de cette guerre.
Zelensky prend des risques. Il bouleverse ses équipes en plein conflit. Il mise sur des hommes de terrain plutôt que sur des bureaucrates. Il investit dans les capacités offensives. C’est un pari audacieux. Mais face à un ennemi qui dispose de ressources quasi illimitées, l’audace est peut-être la seule option. L’Ukraine ne peut pas gagner une guerre d’attrition classique. Elle doit innover. Surprendre. Frapper là où on ne l’attend pas. Et c’est exactement ce qu’elle semble faire.
Quatre ans. Quatre ans que l’Ukraine résiste à ce qui devait être un rouleau compresseur. Quatre ans de sang, de larmes, de courage inimaginable. Et la voilà qui non seulement tient, mais qui contre-attaque. Qui transforme ses services secrets. Qui approuve de nouvelles opérations. Qui refuse de mourir. Je ne sais pas comment cette guerre finira. Personne ne le sait. Mais ce que je sais, c’est que l’Ukraine mérite notre admiration. Et que quelque part, ce soir, des agents du SSU préparent des coups qui feront trembler le Kremlin. Dans l’ombre. En silence. Pour leur pays. Pour nous tous.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des conflits et des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies militaires, à comprendre les mouvements de pouvoir, à anticiper les virages que prennent les nations en guerre. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les déclarations du président Zelensky sur Telegram, les rapports d’Ukrinform, Kyiv Post, Meduza, Ukrainska Pravda et RBC-Ukraine.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
Ukrinform – Zelensky holds meetings with Khmara and Maliuk, approves new SSU combat operations (19 janvier 2026)
RBC-Ukraine – Zelenskyy announced new special operations in Russia (19 janvier 2026)
Kyiv Post – Vasyl Malyuk Resigns as SBU Head, Forced Out Amid Zelensky’s Shake-Up Despite AFU Dissent (janvier 2026)
Sources secondaires
Meduza – ‘The Kremlin will open the champagne’ Zelensky replaces SBU chief Vasyl Malyuk amid intelligence shake-up (5 janvier 2026)
Pravda EN – Yevgeny Khmara, head of the Special Operations Center A, has been appointed as the new head of the SBU (5 janvier 2026)
Mezha – Ukrainian Parliament Dismisses Vasyl Malyuk as Security Service Head (janvier 2026)
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