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1 130 soldats russes en 24 heures : le compteur macabre qui ne s’arrête plus
Crédit: Custom

Pokrovsk : l’abattoir de Poutine

165 affrontements en 24 heures. C’est le chiffre communiqué par l’état-major ukrainien pour la journée du 19 janvier. 165 combats, concentrés principalement sur deux axes : Pokrovsk et Huliaipole. Le secteur de Pokrovsk reste l’épicentre du carnage. Depuis plus de dix-huit mois, les forces russes tentent de s’emparer de cette ville industrielle du Donbass. Elles y ont déployé environ 165 000 hommes, selon les estimations ukrainiennes. Et elles n’ont toujours pas réussi à la prendre. Pokrovsk est devenue le symbole de la résistance ukrainienne et de l’incompétence tactique russe. Les généraux du Kremlin y envoient vague après vague d’infanterie, souvent sans soutien blindé adéquat, contre des positions défensives préparées depuis des mois. Le résultat est prévisible : des pertes catastrophiques pour des gains territoriaux microscopiques. En 2025, la Russie a conquis 4 336 kilomètres carrés de territoire ukrainien. Cela représente 0,72% de la superficie totale du pays. Pour ce résultat, elle a sacrifié environ 400 000 soldats — tués et blessés irrécupérables confondus.

La tactique russe a évolué ces derniers mois, sans pour autant réduire significativement les pertes. Fini les grandes offensives mécanisées qui se terminaient en embuscades meurtrières. Place à l’infiltration par petits groupes, des équipes de deux à trois soldats qui tentent d’établir des têtes de pont avant l’arrivée des renforts. Cette méthode a permis quelques avancées, notamment dans les faubourgs est de Pokrovsk et la ville voisine de Myrnohrad. Mais elle expose les fantassins russes à une mort quasi certaine. Isolés, sans appui feu, souvent abandonnés par leur chaîne de commandement en cas de contre-attaque ukrainienne, ces hommes deviennent des cibles faciles pour les drones de reconnaissance et les tireurs d’élite. Un officier ukrainien interrogé par Al Jazeera décrivait récemment ces assauts comme des « missions suicide déguisées en tactique militaire ». Les soldats russes le savent. Mais refuser d’y participer signifie la cour martiale, voire l’exécution sommaire par les unités de blocage positionnées à l’arrière.

Quand je lis ces rapports quotidiens sur les combats à Pokrovsk, je pense toujours à ces jeunes Russes de 20 ou 25 ans qu’on envoie au massacre. Ils n’ont pas choisi cette guerre. Beaucoup viennent de villages perdus de Sibérie où l’armée représentait le seul moyen d’échapper à la misère. On leur a promis un salaire décent, une prime d’engagement équivalente à vingt mois de revenu moyen, et peut-être la gloire. Ils ont trouvé les tranchées boueuses du Donbass et les essaims de drones ukrainiens. Leur mort ne changera rien à l’issue de cette guerre. Mais elle permet à Poutine de continuer à parler de « victoires » à la télévision d’État.

Kyiv sous les bombes, Kyiv dans le noir

Pendant que le front dévore ses hommes, la Russie poursuit sa guerre contre les civils ukrainiens. L’attaque de la nuit du 19 au 20 janvier a touché la capitale. Un blessé hospitalisé. Des dégâts matériels dans trois arrondissements. 5 635 immeubles d’habitation privés de chauffage. La rive gauche du Dniepr coupée d’eau. C’est devenu la routine mortifère des hivers ukrainiens depuis que Moscou a décidé de cibler systématiquement les infrastructures énergétiques. Les chiffres sont accablants : la capacité de production électrique de l’Ukraine est passée de 33,7 gigawatts avant l’invasion à environ 14 gigawatts aujourd’hui. Une chute de plus de 60%. Dans certains quartiers de Kyiv, les habitants subissent jusqu’à seize heures de coupure par jour. Quand les températures descendent à -20°C, comme c’était le cas la semaine dernière, l’absence de chauffage devient une question de survie.

Ievguenia a 34 ans. Elle est professeure de piano à Kyiv. La semaine dernière, quand les journalistes de l’AFP l’ont rencontrée, elle vivait dans une « cabane » improvisée — un amoncellement de matelas et de couvertures recouvert d’un drap rose, au milieu de son appartement où le thermomètre affichait 12°C. À l’intérieur de ce cocon de fortune, la température montait à 24°C. « Cette idée m’est venue hier à minuit », a-t-elle expliqué. « Je voulais juste une sorte de sentiment, je ne sais pas, de sécurité… » Elle n’avait pas d’électricité depuis douze heures. Et ce n’était pas le pire qu’elle ait connu. Le maire Vitali Klitschko a invité les Kyiviens à quitter temporairement la ville. Le président Zelensky a décrété l’état d’urgence pour le secteur énergétique et ordonné une augmentation des importations d’électricité. Mais les réparations prennent du temps, et chaque nuit apporte son lot de nouvelles frappes. La Russie a lancé 201 drones dans la nuit du 18 au 19 janvier. 167 ont été abattus par la défense aérienne ukrainienne. Les autres ont atteint leurs cibles.

Sources

Sources primaires

État-major général des Forces armées ukrainiennes – Communiqué officiel sur les pertes russes – 20 janvier 2026
Ukrinform – Russian war casualty toll in Ukraine up by 1,130 over past day – 20 janvier 2026
Président Volodymyr Zelensky – Déclarations sur les pertes russes – Décembre 2025 – Janvier 2026
Commandant en chef Oleksandr Syrskyi – Analyse des pertes russes via Telegram – Janvier 2026

Sources secondaires

Al Jazeera – Russian war deaths are rising to unsustainable levels, says Ukraine – 8 janvier 2026
The Moscow Times – Russia’s New Military Recruits Dipped in 2025, Figures Show – 16 janvier 2026
Russia Matters (Harvard) – The Russia-Ukraine War Report Card – Janvier 2026
Congressional Research Service – Russian Military Performance and Outlook – Mai 2025
Kyiv Post – Remote Russian Regions Pay the Price as Kremlin Hunts for Soldiers – Janvier 2026
AFP / 20 Minutes – Kiev: Les habitants luttent pour survivre sans chauffage – 15 janvier 2026
Euronews – How Kyiv copes with winter power outages – 16 janvier 2026
UNITED24 Media – Russia’s 2025: Three False Claims, 0.72% of Ukraine Seized, Over 400,000 Troops Lost – Janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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