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165 affrontements en une seule journée : à Pokrovsk et Huliaipole, la ligne de front ukrainienne refuse de céder
Crédit: Adobe Stock

44 assauts repoussés, une ville qui refuse de tomber

Pokrovsk est devenue le symbole de cette résistance acharnée. Située dans l’oblast de Donetsk, cette ville industrielle de taille moyenne est dans le collimateur des forces russes depuis des mois. Le 19 janvier, 44 assauts russes ont été repoussés dans ce secteur. Les combats font rage autour de Nykanorivka, Rodynske, Myrnohrad, Kotlyne, Udachne, Molodetske. Ces noms, imprononçables pour la plupart des Occidentaux, sont devenus des champs de bataille où se joue l’avenir de l’Europe. Les forces russes ont déployé des effectifs considérables dans cette région – on estime à 150 000 combattants le nombre de soldats russes engagés dans le secteur de Pokrovsk. Face à eux, des défenseurs ukrainiens moins nombreux mais retranchés, motivés, équipés de drones FPV qui transforment chaque tentative d’avancée en piège mortel.

La progression russe dans Pokrovsk a considérablement ralenti ces dernières semaines. Selon les données de l’Institute for the Study of War, le rythme d’avancée s’est établi à 100 mètres carrés par jour en moyenne au cours des trente derniers jours. Cent mètres carrés. L’équivalent d’un petit appartement. Pour un prix humain exorbitant. Moscou contrôlerait environ 70 % de la surface municipale au 31 décembre, contre 59 % fin novembre. Mais cette progression se fait au compte-gouttes, maison par maison, rue par rue. Dans la ville voisine de Myrnohrad, les forces russes sont présentes sur 30 % du territoire. Les défenseurs ukrainiens ont reçu récemment des renforts significatifs : 12 chars d’assaut Abrams supplémentaires livrés par l’Australie, portant le total à 49 blindés américains dans le secteur. Ces mastodontes de 60 tonnes apportent une puissance de feu considérable, mais c’est surtout dans la guerre des drones que se joue l’essentiel des combats.

Pokrovsk, je n’y suis jamais allé. Mais je la connais par cœur à force de lire les rapports quotidiens, de regarder les images satellites, d’écouter les témoignages. Je connais ses rues défoncées, ses immeubles éventrés, ses habitants qui refusent de partir malgré tout. Il y a quelque chose de profondément humain dans cet entêtement à défendre un bout de terre que la plupart d’entre nous seraient incapables de placer sur une carte. C’est peut-être ça, le patriotisme : pas les discours grandiloquents, pas les drapeaux brandis dans les stades. Juste des gens ordinaires qui décident que non, ils ne reculeront pas. Pas aujourd’hui. Pas demain. Jamais.

La guerre des drones : une révolution sur le champ de bataille

Les drones FPV sont devenus l’arme principale de cette guerre. Ces petits engins télécommandés, équipés de charges explosives, coûtent quelques centaines d’euros pièce. Ils peuvent détruire un char d’une valeur de plusieurs millions. Un opérateur portant un casque de réalité virtuelle peut guider son engin jusqu’à sa cible avec une précision chirurgicale, de jour comme de nuit, par tous les temps. Environ 80 % des pertes russes seraient désormais causées par des drones, selon certaines estimations. L’Ukraine a créé les Forces de systèmes sans pilote, une branche militaire entièrement dédiée à cette nouvelle forme de combat. Le commandant Robert Brovdi a annoncé un objectif ambitieux pour 2026 : atteindre 50 000 à 60 000 soldats russes frappés par mois. Sur une année, cela représenterait près de la moitié de l’armée russe entière déployée en Ukraine.

En décembre 2025, les drones ukrainiens ont neutralisé 100 000 soldats russes en trois mois. Décembre seul : 35 000 cibles éliminées. Ces chiffres, s’ils sont confirmés, représentent une révolution dans l’art de la guerre. L’Ukraine produit désormais plus de 4 millions de drones par an, dont 2 millions de type FPV. La production mensuelle atteint 200 000 unités, contre 20 000 en 2024. Des dizaines d’entreprises ukrainiennes fabriquent ces engins, assemblés dans des ateliers décentralisés pour éviter les frappes russes. Les modifications locales – ajout de caméras thermiques, de charges explosives adaptées – se partagent via les réseaux sociaux, accélérant l’innovation à un rythme que les armées traditionnelles peinent à suivre. La Russie tente de s’adapter. Elle a créé sa propre force de drones comptant déjà 80 000 soldats, avec l’objectif de doubler ce chiffre en 2026 et d’atteindre 210 000 d’ici 2030. Mais dans cette course technologique, l’Ukraine garde une longueur d’avance.

Sources

Sources primaires

État-major général des Forces armées d’Ukraine – Rapport opérationnel du 20 janvier 2026 – Facebook officiel
Ukrinform – War update: 165 clashes on front line over past day – 20 janvier 2026
Mediazona / BBC Russie – Les pertes russes dans la guerre contre l’Ukraine – 16 janvier 2026
Institute for the Study of War – Données vectorielles sur l’avancée russe à Pokrovsk – janvier 2026

Sources secondaires

Le Grand Continent – À Pokrovsk et Myrnohrad, la progression russe ne cesse de ralentir – 3 janvier 2026
France Info – Guerre en Ukraine : les pertes de l’armée russe dévoilées – janvier 2026
RTS – Moscou et Kiev s’accusent mutuellement d’attaques de drones pendant le Nouvel An – 2 janvier 2026
UNN – General Staff: Pokrovsk and Huliaipole directions remain the hottest spots – 17 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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