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Davos 2026 : quand l’Europe rampe devant Trump pendant que Moscou ricane
Crédit: Adobe Stock

Une conférence de presse au vitriol

La conférence de presse de Sergueï Lavrov ce 20 janvier 2026 restera comme un moment de diplomatie brutale assumée. Le ministre russe des Affaires étrangères, visiblement satisfait de la tournure des événements, n’a pas raté l’occasion de ridiculiser les efforts européens à Davos. Plusieurs réunions ont été annoncées à Davos aujourd’hui ou demain, où ils vont à nouveau critiquer le président Trump avec des approches complètement discréditées et vouées à l’échec, a-t-il lancé devant les journalistes. Le ton était donné. Pour Lavrov, les dirigeants européens sont devenus des acteurs secondaires, incapables d’accepter que le centre de gravité des négociations sur l’Ukraine se soit déplacé vers l’axe Washington-Moscou. Le chef de la diplomatie russe a également affirmé que les États-Unis sont conscients de la nécessité d’aborder les causes profondes du conflit ukrainien, suggérant que l’administration Trump partage au moins partiellement l’analyse du Kremlin sur les origines de la guerre.

Lavrov s’est montré particulièrement cinglant envers les propositions européennes de cessez-le-feu. Selon lui, lorsque les Européens, notamment l’Allemagne et le Royaume-Uni, affirment que leur priorité absolue est une trêve de 60 jours, ce n’est pas sérieux. Leur objectif est simplement d’acheter du temps pour soutenir le régime de Kiev et préserver son essence. Le message est limpide : Moscou ne se laissera pas piéger par ce que la Russie considère comme une manœuvre dilatoire. Le ministre a également rejeté l’idée de garanties de sécurité pour l’Ukraine telles que les promeuvent les Européens. Ces garanties de sécurité dont parlent respectueusement nos collègues européens, tout en vantant leur contribution à la paix, sont destinées au régime nazi actuel de Kiev. Nous ne devons pas l’oublier, a-t-il martelé, reprenant la rhétorique habituelle du Kremlin qualifiant le gouvernement ukrainien de nazi. Une provocation de plus dans un océan de tensions.

Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans le ton de Lavrov. Cette assurance, ce mépris à peine voilé pour l’Europe. Comme si nous étions devenus quantité négligeable sur notre propre continent. Et le pire, c’est qu’il n’a peut-être pas entièrement tort. Quand les dirigeants européens doivent se rendre en masse à Davos pour tenter d’infléchir la position d’un président américain qui les traite comme des laquais, on est en droit de se demander : où est passée la fierté européenne ? Où est passée notre capacité à peser sur les affaires du monde ?

Moscou joue la carte de l’ouverture sélective

Mais Lavrov ne s’est pas contenté de critiquer. Il a également voulu montrer que la Russie reste ouverte au dialogue, mais uniquement avec les interlocuteurs qu’elle juge dignes d’intérêt. Nous sommes ouverts aux contacts avec Monsieur Witkoff et Monsieur Kushner, a-t-il déclaré, faisant référence aux deux émissaires de Trump qui ont déjà rencontré Vladimir Poutine à plusieurs reprises ces dernières semaines. Cette ouverture sélective est tout sauf innocente. En acceptant de dialoguer directement avec l’entourage proche de Trump tout en méprisant les initiatives européennes, Moscou cherche à marginaliser l’Europe et à établir un condominium russo-américain sur l’avenir de l’Ukraine. Le Kremlin parie sur le fait que Trump, pragmatique et transactionnel, sera plus enclin à accepter un accord qui reconnaisse les gains territoriaux russes que les Européens, empêtrés dans leurs considérations morales et juridiques.

La stratégie russe est claire : diviser pour mieux régner. En flattant l’ego de Trump et en se montrant coopératif avec ses représentants, Poutine espère isoler l’Europe et obtenir un accord favorable sans avoir à faire de concessions significatives. Lavrov a d’ailleurs souligné que l’idée de Trump pour résoudre le conflit ukrainien, discutée et soutenue par Moscou à Anchorage, est catégoriquement rejetée par le groupe des élites européennes. Une façon de dire que Washington et Moscou pourraient s’entendre, si seulement les Européens cessaient de mettre des bâtons dans les roues. Le ministre russe a également noté qu’il ne voyait aucun intérêt parmi les politiciens britanniques, français et allemands, ni parmi les responsables de Bruxelles, à résoudre la crise ukrainienne. Une accusation grave, qui vise à présenter l’Europe comme l’obstacle principal à la paix, tout en exonérant Moscou de toute responsabilité dans la poursuite des hostilités.

Sources

Sources primaires

Antara News – Rusia: pemimpin Eropa berupaya pengaruhi kebijakan Trump soal Ukraina – 20 janvier 2026
Izvestia – Lavrov pointed to Europe’s attempts to convince Trump to change his position on Ukraine – 20 janvier 2026
Izvestia – Lavrov pointed out that the European elites had crossed out Trump’s plan for Ukraine – 20 janvier 2026
TASS – Déclarations du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov – janvier 2026

Sources secondaires

Euronews – World leaders gather at Davos as Trump reshapes global order – 18 janvier 2026
NPR – Trump attends World Economic Forum amid U.S.-European tensions over Greenland – 19 janvier 2026
CNBC – Global week ahead: Will cooler heads prevail at Davos WEF 2026? – 18 janvier 2026
CNBC – Trump is going to Davos — here are the big names who aren’t – 19 janvier 2026
ABC News – Inequality and unease are rising as elite Davos event opens with Trump set to attend – 19 janvier 2026
Kyiv Independent – US and Ukraine plan to sign $800 billion deal at Davos – janvier 2026
Zee Business – Davos 2026: Kyiv, EU allies seek clearer Ukraine commitment from Trump – janvier 2026
Chatham House – Zelenskyy’s reshuffle aims to neutralize political rivals, restore trust – janvier 2026
Russia Matters (Harvard) – Russia Analytical Report, Dec. 22, 2025–Jan. 5, 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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