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Groenland : quand Trump pèse le courage de l’Europe
Crédit: Adobe Stock

Pourquoi Trump veut cette terre gelée

Le Groenland n’est pas juste une île. C’est un continent de glace et de pierre, plus grand que la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne réunis. Sous ses calottes glaciaires qui fondent année après année, dorment des trésors incalculables : terres rares, zinc, cuivre, uranium, pétrole, gaz. Jennifer Spence et Elizabeth Hanlon, du Belfer Center de Harvard, expliquent la chose avec une clarté brutale : « Le Groenland héberge la base spatiale de Pituffik, anciennement Thule Air Base, une installation militaire américaine essentielle pour l’alerte précoce de missiles et la défense ainsi que pour la surveillance spatiale. Le Groenland fait aussi partie du détroit GIUK (Groenland-Islande-Royaume-Uni), un goulot d’étranglement pour la guerre anti-sous-marine dans l’Atlantique Nord pendant la Guerre froide, qui reste important aujourd’hui pour surveiller et potentiellement restreindre les mouvements navals russes dans l’Atlantique Nord et l’océan Arctique. »

Mais la vérité, c’est que Trump n’en a pas besoin. Frank Rose, ancien sous-secrétaire d’État américain aux affaires militaires, l’a dit noir sur blanc : « Selon l’accord de défense de 1951 entre les États-Unis et le Danemark, nous pouvons pratiquement faire tout ce que nous voulons au Groenland. » L’armée américaine y opère déjà librement. Les satellites américains y ont des stations. Les radars américains y surveillent les missiles russes. Trump pourrait tout ce qu’il veut — la sécurité qu’il prétend rechercher — sans annexer quoi que ce soit. Alors pourquoi ? Pourquoi cette obsession ? Pourquoi ces menaces ?

Et c’est là que mon sang ne fait qu’un tour. C’est l’ego. C’est la vanité. C’est l’histoire qu’il veut écrire. Trump veut être le premier président américain depuis William McKinley à annexer un territoire. Il veut rejoindre les expansionnistes du passé — Theodore Roosevelt qui a pris Hawaï, James K. Polk qui a arraché le Mexique la moitié du sud-ouest américain. Il veut son nom dans les livres d’histoire, pas comme le président qui a divisé l’Amérique, mais comme celui qui l’a agrandie. Et pour ça, 56 000 Inuit ? Ils ne comptent pas. La souveraineté danoise ? Elle ne compte pas. L’ordre international ? Il ne compte pas. Seul compte l’ego d’un homme qui veut se sentir puissant. C’est tragique. C’est grotesque. Et c’est là, devant nos yeux, en train de se passer.

L’orgueil d’un peuple millénaire

Pituffik Space Base. Autrefois Thule Air Base. Construite pendant la Seconde Guerre mondiale, agrandie pendant la Guerre froide, elle est là, coincée entre des montagnes de glace et l’océan Arctique. Dans le hangar principal, le capitaine américain Mike Evans regarde les écrans de surveillance. Les radars tournent sans relâche, traquant les missiles qui pourraient venir de l’est, de la Russie de Vladimir Poutine qui a envahi l’Ukraine en 2022 et qui ne cesse d’étendre sa portée militaire. Mike a 34 ans, deux enfants, une femme qui l’attend en Virginie. Il ne comprend pas tout ce qui se passe politiquement. Il sait juste qu’il a un travail à faire : protéger l’Amérique depuis cette île lointaine où il fait moins 30 degrés en hiver.

À deux cents kilomètres de là, dans la capitale Nuuk, Múte B. Egede s’assoit devant les caméras. Il n’a que 39 ans, mais son visage porte des rides qui viennent des années de lutte pour l’autonomie de son peuple. Il lève les yeux vers les journalistes et dit les mots que personne ne veut entendre : « Le Groenland appartient au peuple groenlandais. Nous ne sommes pas à vendre. Nous ne sommes pas à prendre. » Derrière lui, les drapeaux groenlandais flottent au vent — rouge et blanc, le cercle qui représente le soleil qui se couche sur la glace. Les gens dans la rue regardent, certains craignent, d’autres en colère. Certains, surtout les plus jeunes, commencent même à penser que peut-être, l’indépendance complète est la seule voie. Puisque le Danemark ne peut pas les protéger, et que l’Amérique veut les prendre, peut-être qu’il faut être seul pour être libre.

Imaginez un instant. Imaginez que vous vivez dans votre village depuis des générations. Votre famille est là, vos ancêtres sont enterrés là, vos enfants sont nés là. Et puis un jour, un homme puissant dans un bureau lointain décrète que votre terre lui appartient. Pas votre gouvernement. Pas vous. Lui. Parce qu’il le veut. C’est ça qui me brise le cœur. La injustice crue. L’arrogance absolue. Comment est-ce qu’on peut faire ça à des gens ? Comment est-ce qu’un pays qui se dit « pays des libertés » peut juste dire : « Je prends » ? Et surtout : comment est-ce que le reste du monde peut juste regarder sans intervenir ? Les mots me manquent. La colère me prend à la gorge.

Sources

Sources primaires

ZN.ua / Bloomberg — « Le conflit au Groenland comme test de faiblesse : l’Europe peut-elle entrer en conflit avec Trump ? » par Mark Champion (20 janvier 2026)

Belfer Center for Science and International Affairs (Harvard) — « Explainer: The Geopolitical Significance of Greenland » par Jennifer Spence et Elizabeth Hanlon (16 janvier 2025)

Bruegel — « The Economic Impact of Trump’s Tariffs on Europe: An Initial Assessment » par Madalena Barata da Rocha, Nicolas Boivin et Niclas Poitiers (17 avril 2025)

Sources secondaires

The New York Times — « Buy Greenland? Take It? Why? An Old Pact Already Gives Trump a Wide Latitude in Greenland » (7 janvier 2026)

Yale Law School Avalon Project — « Defense of Greenland: Agreement Between the United States and Denmark » (1951)

Wikipedia — « Pituffik Space Base » (consulté en 2026)

History.com — « The 1951 Agreement Allowing US Military in Greenland »

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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