Le bouclier irremplaçable
Le système Patriot est la pierre angulaire de la défense aérienne ukrainienne contre les menaces les plus dangereuses. Seul capable d’intercepter les missiles balistiques comme les Iskander et les Kinzhal, il protège les villes et les infrastructures critiques contre les attaques les plus meurtrières. Sans les Patriot, les missiles russes atteindraient leurs cibles sans opposition.
L’Ukraine ne dispose que d’un nombre limité de batteries Patriot — probablement moins d’une dizaine. Chaque batterie est précieuse. Chaque missile intercepteur coûte des millions de dollars. Et ces équipements viennent exclusivement des États-Unis et de pays utilisant des systèmes américains. La dépendance est totale. Si Washington décidait de réduire ou de stopper les livraisons, l’Ukraine serait en grave difficulté.
Les enjeux de la relation Trump-Zelensky
Volodymyr Zelensky doit naviguer avec prudence dans ses relations avec Trump. Le nouveau président américain est imprévisible. Il a promis de mettre fin à la guerre « rapidement » — mais personne ne sait ce que cela signifie concrètement. Il semble plus intéressé par le Groenland que par l’Ukraine. Ses conseillers parlent de « garanties de sécurité » mais restent vagues sur les détails.
Une rencontre Trump-Zelensky est prévue à Davos. C’est une occasion pour le président ukrainien de plaider sa cause directement. Mais c’est aussi un moment délicat. Zelensky ne peut pas critiquer Trump — il a besoin de lui. Il ne peut pas non plus approuver ses attaques contre l’Europe — il a besoin d’elle aussi. C’est de l’équilibrisme diplomatique au-dessus d’un gouffre.
Zelensky est peut-être l’homme politique le plus contraint au monde. Il doit mendier des armes tout en gardant sa dignité. Il doit flatter Trump sans trahir l’Europe. Il doit paraître fort pour son peuple tout en montrant sa vulnérabilité aux donateurs. Chaque mot qu’il prononce est pesé, calculé, stratégique. Un faux pas pourrait coûter des vies. C’est un exercice épuisant — et il le fait depuis près de quatre ans, sous les bombes, avec le poids de 40 millions de vies sur ses épaules.
L'Europe : entre solidarité et distraction
Le soutien européen à l’Ukraine
L’Union européenne et ses États membres ont fourni une aide considérable à l’Ukraine. Des systèmes de défense aérienne comme les IRIS-T allemands et les SAMP/T français. Des chars Leopard. De l’artillerie. Des formations militaires. Et surtout, un accueil pour les millions de réfugiés ukrainiens qui ont fui la guerre. Sans l’Europe, l’Ukraine serait également en difficulté.
L’Europe offre aussi quelque chose que les États-Unis ne peuvent pas fournir aussi facilement : une perspective d’intégration. L’Ukraine est officiellement candidate à l’adhésion à l’UE. C’est un horizon politique qui donne un sens à la résistance ukrainienne — se battre non seulement pour survivre, mais pour rejoindre la famille européenne. Cet espoir est puissant.
La distraction du Groenland
Mais la crise du Groenland menace de détourner l’attention européenne. Les dirigeants européens à Davos passent plus de temps à discuter des tarifs de Trump que de l’Ukraine. Le Financial Times l’a révélé sans détour : le Groenland est devenu la priorité. Les réunions d’urgence portent sur les représailles commerciales, pas sur les livraisons d’armes à Kyiv.
Cette distraction a des conséquences réelles. Chaque heure passée à discuter du Groenland est une heure non passée à coordonner l’aide à l’Ukraine. Chaque euro mis de côté pour d’éventuelles contre-mesures commerciales est un euro non dépensé pour des obus ou des missiles. La bande passante politique et économique de l’Europe n’est pas infinie. Et en ce moment, le Groenland la monopolise.
L’ironie est amère. L’Europe prétend défendre les valeurs démocratiques, le droit international, la souveraineté des nations. L’Ukraine incarne ces valeurs — elle se bat pour elles, elle meurt pour elles. Et voilà que l’Europe détourne son attention vers le Groenland, un territoire de 57 000 habitants qui n’est pas en guerre. Le calcul est cynique mais compréhensible : les tarifs de Trump affectent directement les économies européennes, la guerre en Ukraine reste lointaine. Mais ce calcul pourrait être fatal — pour l’Ukraine, et peut-être pour l’Europe elle-même.
La position russe : diviser pour régner
Moscou observe et profite
La Russie n’a rien fait pour provoquer la crise du Groenland. C’est Trump qui l’a créée, de sa propre initiative. Mais Moscou en profite pleinement. Chaque division entre alliés occidentaux est une victoire pour Poutine. Chaque distraction qui détourne l’attention de l’Ukraine lui donne du temps et de l’espace. Il n’a qu’à regarder l’Occident se déchirer — et continuer ses bombardements.
Le Kremlin amplifie la crise par sa propagande. Les médias russes se délectent des divisions transatlantiques. Ils présentent l’OTAN comme une alliance en décomposition, incapable de s’entendre sur quoi que ce soit. C’est exagéré — mais pas entièrement faux. Et chaque grain de vérité dans la propagande russe la rend plus efficace.
Le maintien de la pression militaire
Pendant ce temps, la Russie ne relâche pas sa pression militaire sur l’Ukraine. Les attaques de drones continuent chaque nuit. Les missiles frappent les infrastructures énergétiques. Les combats font rage dans le Donbass et autour de Kupyansk. Moscou maintient l’intensité pour épuiser l’Ukraine — et pour montrer que la guerre continue, quoi que fassent les diplomates à Davos.
Le ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, a réaffirmé les objectifs de guerre de la Russie : démilitarisation et prétendue « purification idéologique » de l’Ukraine. Ces objectifs n’ont pas changé depuis le premier jour. Ils signifient la destruction de l’Ukraine en tant qu’État souverain. Aucune négociation n’est possible tant que ces objectifs restent sur la table.
Poutine doit savourer ce moment. L’Occident qu’il déteste, l’OTAN qu’il craint, se déchirent sous ses yeux. Trump attaque l’Europe. L’Europe riposte. L’Ukraine est oubliée entre les deux. C’est exactement ce qu’il espérait depuis des années — la division des démocraties, l’affaiblissement de l’alliance, le chaos à l’Ouest. Il n’a même pas eu besoin de faire grand-chose. Trump s’en charge très bien tout seul.
Les conséquences pour l'Ukraine
Le risque de marginalisation
Le plus grand danger pour l’Ukraine n’est pas une réduction directe de l’aide — du moins pas immédiatement. C’est la marginalisation progressive. Si l’attention mondiale se concentre sur le Groenland, sur les tarifs, sur les relations transatlantiques, l’Ukraine risque de devenir un sujet secondaire. Les décisions urgentes seront reportées. Les livraisons prendront du retard. Le momentum se perdra.
C’est déjà visible dans le calendrier diplomatique. Les sommets qui devaient être consacrés à l’Ukraine discutent maintenant du Groenland. Les ministres qui devaient coordonner l’aide militaire préparent des contre-mesures commerciales. L’Ukraine passe de la priorité à l’agenda parallèle. C’est un glissement subtil mais potentiellement dévastateur.
L’équation impossible
Zelensky fait face à une équation impossible. Soutenir Trump sur le Groenland aliénerait l’Europe. Critiquer Trump risquerait de compromettre l’aide américaine. Rester silencieux pourrait être interprété comme de l’indifférence. Il n’y a pas de bonne option — seulement des options moins mauvaises.
La stratégie ukrainienne semble être de maintenir les deux relations en évitant de prendre parti. Zelensky rencontrera Trump. Il continuera de remercier les Européens. Il espérera que la crise du Groenland se résoudra d’elle-même ou passera au second plan. C’est un pari risqué — mais il n’a pas vraiment d’autre choix.
L’Ukraine est comme un patient aux urgences qui voit les médecins se disputer entre eux pendant qu’il saigne. Elle a besoin d’attention, de soins, de ressources. Mais ses sauveurs potentiels sont trop occupés par leurs querelles internes. C’est absurde. C’est tragique. C’est la réalité de la géopolitique en 2026. L’Ukraine peut mourir pendant que l’Occident débat des tarifs sur le champagne. Et personne ne semble vraiment s’en rendre compte.
Les perspectives d'avenir
Le sommet de Bruxelles
Les 27 dirigeants européens se réuniront jeudi à Bruxelles pour un sommet d’urgence sur les relations transatlantiques. L’Ukraine sera à l’ordre du jour — mais pas nécessairement en première position. La question clé sera de savoir si l’Europe peut gérer deux crises à la fois : répondre à Trump sur le Groenland et maintenir son soutien à l’Ukraine.
Ce n’est pas impossible. L’Europe a des ressources et des capacités. Mais cela nécessite une volonté politique et une discipline que l’UE n’a pas toujours montrées. Les divisions internes — entre pays, entre partis, entre visions de l’avenir — compliquent toute action coordonnée. Le sommet de Bruxelles sera un test de cette capacité.
L’espoir malgré tout
Malgré tout, l’espoir existe. L’Alliance a survécu à des crises précédentes. Le soutien à l’Ukraine reste majoritaire dans les opinions publiques européennes. La Coalition des Volontaires prend forme. Et l’Ukraine elle-même continue de se battre, de s’adapter, de résister. Le jour 1 426 n’est peut-être pas le dernier jour de cette épreuve.
Ce qui est certain, c’est que rien n’est joué. Ni la victoire russe que Poutine espère, ni la victoire ukrainienne que le monde devrait souhaiter. L’issue dépendra des choix qui seront faits dans les mois à venir — à Washington, à Bruxelles, à Kyiv. Et peut-être aussi de l’imprévisible — un événement, une décision, un tournant que personne n’anticipait.
Jour 1 426. C’est un chiffre qui devrait faire réfléchir. 1 426 jours de guerre. De bombardements. De morts. De résistance. L’Ukraine a survécu à tout ce que Poutine lui a jeté à la figure. Elle survivra peut-être aussi à la crise du Groenland, à l’égoïsme occidental, à l’indifférence croissante du monde. Mais ce n’est pas garanti. Et chaque jour où l’attention se détourne, chaque jour où les livraisons prennent du retard, chaque jour où les diplomates discutent d’autre chose — c’est un jour de plus que l’Ukraine doit tenir seule. Le jour 1 426 n’est qu’un jour parmi d’autres. Mais c’est aussi le jour où l’on pourrait décider de l’abandonner. L’histoire retiendra ce que nous avons fait. Ou ce que nous n’avons pas fait.
Sources
Sources primaires
Euromaidan Press – Russo-Ukrainian war, day 1426: Greenland dispute traps Ukraine between US Patriots and EU intelligence (20 janvier 2026)
Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events, day 1426 (20 janvier 2026)
Sources secondaires
CNN – A stunned Europe gathers to respond after Trump increases pressure over Greenland (18 janvier 2026)
Euronews – Europe’s impossible puzzle: defend Ukraine from Putin and Greenland from Trump (20 janvier 2026)
Pravda – The Greenland dispute is already under attack from Ukraine’s position in the West (18 janvier 2026)
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