Kupyansk tient bon
À Kupyansk, dans la région de Kharkiv, les combats font rage depuis des mois. L’unité Khartia de la Garde nationale ukrainienne maintient le contrôle du centre-ville et du bâtiment du conseil municipal, selon son commandant Oleksandr Pivnenko. L’Institute for the Study of War (ISW) rapporte même que les forces ukrainiennes ont avancé dans ce secteur. Une rare bonne nouvelle sur un front qui en manque cruellement.
Mais la propagande russe raconte une autre histoire. Le commandement militaire de Moscou affirme contrôler la ville. Les milbloggers russes — ces commentateurs militaires souvent plus honnêtes que les sources officielles — contredisent pourtant cette version : « Les déclarations sur le contrôle russe ne reflètent même pas de loin la situation réelle sur le terrain. » Ce décalage entre le discours du Kremlin et la réalité est devenu une constante de cette guerre. Moscou ment. Méthodiquement. Systématiquement.
Des villages qui tombent
Ailleurs, la situation est moins encourageante. Les forces russes ont capturé Pavlivka dans la région de Zaporizhia et Novopavlivka dans celle de Donetsk. Deux villages de plus sur la longue liste des localités occupées. Des noms que personne ne connaissait avant la guerre, mais qui représentent pour leurs habitants tout un monde — des maisons, des souvenirs, des vies entières laissées derrière.
Chaque village conquis par la Russie est payé au prix fort. Des centaines, parfois des milliers de soldats russes pour quelques kilomètres carrés de terrain ravagé. La stratégie du « hachoir à viande », comme l’appellent les analystes — jeter des vagues d’hommes contre les positions ukrainiennes jusqu’à les submerger. Une tactique d’un autre âge, d’une cruauté inouïe, que Poutine peut se permettre grâce à l’immensité démographique de son pays.
Pavlivka. Novopavlivka. Ces noms ne vous disent rien. Ils ne diront jamais rien à personne, sauf à ceux qui y ont vécu. Qui y ont aimé. Qui y ont enterré leurs morts. Ces villages anonymes, rayés de la carte par la guerre, sont pourtant la substance même de ce conflit. Derrière chaque avancée russe de quelques kilomètres, il y a des familles déplacées, des fermes détruites, des cimetières profanés. Des vies ordinaires broyées par la machine de guerre. Mais qui s’en soucie? Pas les stratèges qui déplacent des pions sur leurs cartes. Pas nous, certainement.
Les crimes de guerre : l'impunité qui continue
Neuf prisonniers exécutés
Le SBU, le service de sécurité ukrainien, a annoncé l’arrestation d’un soldat russe soupçonné d’avoir exécuté neuf prisonniers de guerre ukrainiens en 2024. Neuf hommes. Désarmés. À genoux. Abattus. Ce n’est qu’un cas parmi des centaines documentés depuis le début de l’invasion. L’exécution sommaire de prisonniers est devenue une pratique quasi systématique pour certaines unités russes.
Ces crimes de guerre ne sont pas des bavures isolées. Ils sont le produit d’une culture de déshumanisation de l’ennemi, encouragée au plus haut niveau du commandement russe. Quand la propagande présente les Ukrainiens comme des « nazis » à éliminer, quand les officiers ferment les yeux sur les exactions, quand l’impunité est garantie — alors l’horreur devient possible. Devient inévitable.
La justice impossible
La Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine. Et après? Le président russe continue de voyager, de recevoir des chefs d’État, de présider des sommets internationaux. L’impunité est totale. Les criminels de guerre russes savent qu’ils ne seront probablement jamais jugés. Cette certitude les encourage à poursuivre leurs exactions.
Oleksandra Matviichuk, Prix Nobel de la paix 2022 et avocate ukrainienne des droits humains, dénonce un système international « obsolète », incapable de punir le crime d’agression. Elle a raison. À quoi servent les tribunaux internationaux s’ils ne peuvent atteindre les plus puissants? À quoi sert le droit international s’il ne s’applique qu’aux faibles?
Neuf hommes ont été exécutés parce qu’ils portaient l’uniforme ukrainien. Neuf pères, fils, frères, qui s’étaient rendus en pensant avoir la vie sauve. Et quelqu’un a décidé de les abattre quand même. Comment un être humain en arrive-t-il là? À quel moment l’humanité s’éteint-elle complètement dans un regard? Ces questions me hantent. Et le pire, c’est que ceux qui ont donné l’ordre dorment probablement très bien la nuit. L’impunité, c’est aussi ça : la possibilité de commettre l’innommable sans jamais en payer le prix.
L'énergie : la guerre invisible contre les civils
Odessa dans le noir
Une installation de DTEK — le plus grand opérateur énergétique privé d’Ukraine — a été « substantiellement endommagée » dans la région d’Odessa. Résultat : 30 800 foyers privés d’électricité. En plein hiver. Avec des températures qui descendent régulièrement sous zéro. Pour ces familles, ce n’est pas une simple coupure de courant. C’est une question de survie.
Le ministre ukrainien de l’Énergie a alerté l’AIEA : la Russie prépare de nouvelles frappes sur le secteur énergétique. Cette stratégie n’a rien de militaire au sens traditionnel. Elle vise délibérément les civils. Plonger un pays dans le froid et l’obscurité pour briser le moral de la population. Une forme de terrorisme d’État que le droit international condamne — mais que personne n’empêche.
Une lueur d’espoir : Zaporizhia
L’AIEA a confirmé une nouvelle encourageante : la ligne électrique Ferosplavna-1 a été reconnectée à la centrale nucléaire de Zaporizhia. Cette plus grande centrale nucléaire d’Europe, occupée par les forces russes depuis mars 2022, fonctionne à nouveau avec une alimentation externe stable. Une condition essentielle pour éviter un accident nucléaire qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour tout le continent.
L’opérateur gazier polonais Gaz-System va augmenter sa capacité de transmission de gaz vers l’Ukraine entre février et avril. Un soutien concret qui permettra de compenser partiellement les destructions d’infrastructures. Côté russe, les revenus pétroliers et gaziers du budget devraient chuter de 46% en janvier par rapport à 2025. Les sanctions commencent à mordre — lentement, mais sûrement.
Imaginez-vous un instant. Votre appartement n’a pas de chauffage depuis trois jours. Vos enfants dorment avec leurs manteaux. Et les sirènes retentissent encore. Vous courez vers l’abri, pour la centième fois ce mois-ci. Et le monde parle du Groenland. Du cours de la bourse. De la dernière polémique sur les réseaux sociaux. Votre détresse n’est même plus une information. Juste un bruit de fond que personne n’écoute. Cette solitude des Ukrainiens, abandonnés à leur sort pendant que le monde s’occupe d’autre chose — c’est peut-être ça, la vraie cruauté de cette guerre.
La diplomatie : l'impossible équation
Davos et les espoirs de Zelensky
Le président Volodymyr Zelensky arrive à Davos avec un objectif clair : signer des documents de garanties de sécurité pour l’après-guerre. Des discussions « substantielles » ont eu lieu avec Jared Kushner et Steve Witkoff, conseillers de Trump, sur les questions de sécurité et d’économie. Kyiv cherche des engagements concrets, pas des promesses vagues.
Mais quel poids peuvent avoir ces garanties quand le garant lui-même — les États-Unis — menace au même moment l’intégrité territoriale d’un autre allié? La crise du Groenland jette une ombre sur toutes les négociations. Si Trump peut menacer le Danemark pour obtenir un territoire, quelle valeur accorder à sa signature au bas d’un document ukrainien?
Moscou ne veut pas la paix
Le commandant ukrainien Oleksandr Syrskyi ne se fait aucune illusion : Moscou ne montre « aucun intérêt pour la paix ». Viktor Medvetchouk, ex-politicien ukrainien réfugié en Russie, a déclaré qu’il n’y aurait « pas de paix en Ukraine en 2026 ». L’Institute for the Study of War analyse ces déclarations comme une stratégie délibérée du Kremlin pour rejeter toute proposition qui ne satisferait pas l’intégralité des exigences russes.
L’envoyé russe Kirill Dmitriev sera présent à Davos pour rencontrer la délégation américaine. Pendant que les Européens tentent de défendre leur souveraineté contre Washington, les Américains dialoguent avec Moscou. L’Ukraine, une fois de plus, risque de se retrouver reléguée au second plan des préoccupations internationales.
La paix. On en parle comme d’un objectif évident, souhaitable, atteignable. Mais quelle paix? Une paix qui récompense l’agresseur? Qui entérine l’annexion de territoires ukrainiens? Qui dit au monde entier : « Envahissez vos voisins, attendez quelques années, et vous garderez vos conquêtes »? Cette paix-là n’est pas la paix. C’est une capitulation déguisée. C’est une invitation à d’autres guerres, d’autres invasions. Zelensky le sait. C’est pour ça qu’il continue de se battre. Pour une vraie paix. Une paix juste. Pas un armistice qui prépare la prochaine guerre.
Les élections : le défi démocratique
Organiser un scrutin sous les bombes
Oleh Didenko, chef de la commission électorale ukrainienne, a reconnu les « défis énormes » que représenterait l’organisation des premières élections depuis l’invasion de 2022. Comment organiser un scrutin démocratique quand 20% de votre territoire est occupé par l’ennemi? Quand des millions de citoyens sont réfugiés à l’étranger? Quand les sirènes retentissent plusieurs fois par jour?
Ces questions n’ont pas de réponse facile. Mais elles sont essentielles. La légitimité démocratique est précisément ce qui distingue l’Ukraine de son agresseur. Poutine organise des scrutins-farces où il obtient 87% des voix. L’Ukraine, elle, se débat avec les vraies questions de la démocratie en temps de guerre. Cette différence mérite d’être défendue.
Un Américain condamné en Russie
L’affaire a fait peu de bruit, mais elle illustre parfaitement le régime russe. Charles Wayne Zimmerman, un citoyen américain, a été condamné à cinq ans de prison pour avoir « illégalement transporté des armes » sur son yacht à Sotchi. Les détails de l’affaire restent flous, mais le message est clair : en Russie, n’importe qui peut devenir un pion dans les jeux du Kremlin.
Cette condamnation survient alors que les tensions russo-américaines atteignent un nouveau sommet. Est-ce une coïncidence? Rien n’est jamais fortuit dans la Russie de Poutine. Chaque arrestation, chaque condamnation d’étranger peut servir de monnaie d’échange dans les négociations futures. La diplomatie des otages, version XXIe siècle.
Jour 1426. Un chiffre qui devrait nous glacer le sang. Presque quatre années que des gens meurent, que des villes brûlent, que des enfants grandissent dans la terreur. Et nous? Nous débattons du Groenland. Des tarifs douaniers. Des prochaines élections. L’Ukraine saigne, et nous regardons ailleurs. Il y a des moments où l’indifférence devient complicité. Où le silence équivaut à un abandon. Nous en sommes là. La question n’est plus de savoir ce que fait l’Ukraine pour survivre — elle fait tout ce qu’elle peut. La question est de savoir ce que nous faisons, nous, pour mériter encore d’être appelés ses alliés.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,426 (20 janvier 2026)
Ukraine Crisis Media Center – Day 1,426 (20 janvier 2026)
Sources secondaires
Politis – Invasion de l’Ukraine : quatre années en enfer (janvier 2026)
Euronews – Europe’s impossible puzzle (20 janvier 2026)
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